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Visionary Marketing diffuse des interviews d'experts, de marketeurs, d'innovateurs, de personnalités du monde du Web et de l'entreprise sur les sujets de l'innovation et du marketing

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Paris, France


    • Feb 19, 2026 LATEST EPISODE
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    Marketing d’influence 2026 : l’année de la professionnalisation

    Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 40:54


    Claire Decommer, directrice marketing de Reech, nous présente la dixième édition du rapport 2026 du marketing d’influence. Au programme : consolidation du secteur, montée en puissance de TikTok, professionnalisation des pratiques et fin du bricolage. Même si l’UGC et le bouche-à-oreille restent pour nous la meilleure voie de progrès pour les marketeurs. Voici notre analyse et le compte-rendu de cet entretien, à retrouver intégralement dans notre podcast du jour. Marketing d’influence 2026 : la professionnalisation s’impose, les bricoleurs ont vécu Depuis dix ans, Reech prend le pouls du marketing d’influence en France. Chaque année, l’agence et éditeur de logiciels publie une étude de référence qui analyse les comportements et les attentes des parties prenantes du secteur (créateurs de contenu, consommateurs, annonceurs et agences). Pour cette 10e édition, Reech a choisi de donner la parole aux professionnels du marketing et de la communication. Cela avait déjà été le cas lors de l’édition 2022. 402 annonceurs et agences actifs en France ont répondu à l’enquête, menée en octobre et novembre 2025. Claire Decommer, qui pilote cette initiative depuis ses débuts, en détaille les principaux enseignements. Le constat de départ est sans ambiguïté : 94 % des répondants considèrent le marketing d’influence comme un levier performant, et 98 % estiment que sa part va continuer de progresser dans le mix marketing des entreprises. Des chiffres quasi unanimes qui tranchent avec les débats encore vifs il y a quelques années sur la légitimité du secteur. LE marketing di’nfluence, 2026 montre que le marketing d’influence s’est clairement imposé auprès des marketeurs français Un marché qui s’installe dans la durée Dix ans d’existence, cela méritait bien une édition anniversaire. Mais au-delà du symbole, les chiffres 2026 racontent surtout une histoire de maturité accélérée. En 2022, 74 % des marques déclaraient avoir mené au moins une campagne d’influence au cours des deux dernières années. Elles sont aujourd’hui 83 %. Deux tiers d’entre elles pratiquent le levier depuis trois ans ou plus, et une sur cinq depuis plus de sept ans. Le marketing d’influence n’est plus un terrain d’expérimentation réservé aux marques pionnières. Il s’est installé comme un élément structurel des stratégies de communication. Pour autant, la route vers la généralisation n’est pas dégagée. Les 15 % de marques qui ne pratiquent pas encore l’influence invoquent des freins en pleine mutation. Si le manque de budget reste le premier obstacle (33 %, contre 44 % en 2022), c’est désormais la résistance interne qui s’impose comme le principal frein émergent. 29 % des répondants non-praticants déclarent être bloqués par leur direction. Ce chiffre est en forte hausse par rapport aux 12 % de 2022. On pense que la méfiance s’est transformée. En 2022, on était encore sur une méconnaissance du secteur, avec des préjugés très négatifs liés aux stars de téléréalité. Aujourd’hui, c’est une crainte plus rationnelle, liée à la « brand safety » : confier les clés de sa communication à un créateur de contenu comporte un risque réel — Claire Decommer, Reech Autrement dit, le marketing d’influence n’est plus ignoré — il est scruté, parfois redouté. Ce n’est pas un recul : c’est une marque de maturité. Les directions qui posent des questions difficiles sur la mesure du ROI ou sur les risques de bad buzz raisonnent désormais comme elles le feraient pour n’importe quel autre levier de communication. Les quelques obstacles sur la route du marketing d’influence en 2026 : les directions ne sont pas toujours convaincues. Marketing d’influence en 2026 : Instagram indétrônable, TikTok incontournable Sur le terrain des plateformes, la cartographie se redessine avec une clarté inhabituelle. Instagram consolide sa domination absolue (94 % des marques, 95 % des agences) sans que nul ne semble envisager sérieusement de s’en passer. Mais la vraie vedette de 2026, c’est TikTok. 86 % des agences et 64 % des marques l’utilisent désormais pour leurs campagnes d’influence. Il s’agit d’un niveau inédit pour un réseau autre qu’Instagram. « Les marques et les agences ne testent plus TikTok. Elles l’ont intégré comme un standard », résume Claire Decommer. Et cela ne semble pas poser de problème dans un pays si soucieux de sa « souveraineté ». TokTok toujours plus haut dans le paysage du marketing d’influence en 2026 Cette montée en puissance de TikTok se fait notamment au détriment de Facebook. Encore au coude-à-coude avec TikTok en 2022, il tombe aujourd’hui en quatrième position. Il n’est plus utilisé que par 22 % des marques (-7 points) et seulement 14 % des agences (-25 points). La chute de X (ex-Twitter) est encore plus marquée. 2 % des marques seulement l’utilisent encore pour des campagnes d’influence (-4 points), contre 6 % des agences (-13 points). Bluesky, censé en récupérer les réfugiés du réseau de Musk, n’a encore séduit aucun annonceur du panel. « Il n’y a plus que les politiques et quelques journalistes », observe-t-on avec une ironie lucide dans le secteur. Je ne pense pas que ce soit la fin annoncée de Facebook pour l’influence au global. En revanche, pour l’organique, on ne voit quasi plus aucune campagne qui intègre Facebook en première intention — Claire Decommer, Reech YouTube consolide sa troisième place (52 % des agences, +10 points ; 44 % des marques, +3 points). Tandis que Twitch continue son ascension discrète mais régulière : 19 % des agences, 9 % des marques. Snapchat, longtemps passé sous les radars, revient en force sur le marché français . Au point d’être partenaire de cette édition de l’étude. Son positionnement est fondé sur la proximité entre créateurs et audiences, c’est précisément ce que les annonceurs recherchent le plus. Quant à BeReal, 16 % des agences envisagent d’y lancer des campagnes en 2026, il est à surveiller. Marketing d’influence 2026 : TikTok n’en finit pas de grimper … et suscite beaucoup moins de critiques que les médias sociaux américains. Est-ce justifié ? La rémunération financière, passage obligé du marketing d’influence en 2026 L’un des enseignements les plus significatifs de cette édition concerne la rémunération des créateurs de contenu. 86 % des agences et 68 % des marques rémunèrent désormais financièrement les influenceurs avec lesquels elles collaborent. Ce chiffre est en forte progression dans les deux cas par rapport à 2022. L’ère du seeding gratuit comme modèle dominant est révolue. Le « Seeding » (envoie de produit gratuit) n’a pas disparu Le seeding — l’envoi gratuit de produits — n’a pas pour autant disparu. Il reste pratiqué par 51 % des marques et 33 % des agences, et demeure pertinent dans des secteurs comme l’édition ou la cosmétique. Mais il n’est plus la norme. Un contrat en bonne et due forme a remplacé le coup de fil informel, les cahiers des charges se sont étoffés. Alors qu’on y incluait en moyenne 3,1 points en 2022, on en compte 3,4 en 2026. Avec quatre répondants sur cinq qui précisent désormais le nombre et le type de contenus attendus, et autant qui formalisent un brief d’intention. Une rémunération financière, c’est un contrat. Et un contrat permet de mieux cadrer les attentes de chaque côté. On voit d’ailleurs que le niveau de satisfaction vis-à-vis des collaborations est en hausse. On passe ainsi de 7,1 à 7,4 sur 10 — Claire Decommer, Reech La professionnalisation se mesure aussi à l’aune de la certification. Le Certificat de l’Influence Commerciale Responsable de l’ARPP — créé en septembre 2021 — est désormais connu de 79 % des agences et 59 % des marques, contre une notoriété quasi nulle en 2022. 75 % des répondants le jugent utile. Certaines agences l’exigent systématiquement avant d’activer un créateur ; d’autres en financent le passage pour les profils qu’elles souhaitent intégrer dans leurs campagnes. Les macro-influenceurs reprennent la main — mais les micro ne disparaissent pas L’étude 2026 met en évidence un glissement notable dans les typologies de créateurs sollicités. 61 % des répondants déclarent collaborer fréquemment avec des créateurs entre 100 000 et 500 000 abonnés (+21 points), tandis que seulement 28 % travaillent avec des créateurs de moins de 10 000 abonnés, soit un recul de 10 points. Une évolution que l’on peut lire comme un arbitrage entre puissance de frappe et efficacité opérationnelle. Les micro-influenceurs ne perdent pas la bataille de l’authenticité — ils perdent peut-être celle de l’efficacité opérationnelle. Activer moins de profils plus importants, c’est aussi une rationalisation des ressources — Claire Decommer, Reech Ce serait toutefois une erreur de lire ce chiffre comme la mort annoncée des petits créateurs. Les micro-influenceurs continuent d’occuper un espace stratégique, notamment via l’UGC — User Generated Content —, c’est-à-dire la production de contenus en marque blanche que les annonceurs réutilisent sur leurs propres canaux, sans nécessairement demander une publication sur le compte de l’influenceur. Une pratique en pleine expansion, citée en premier par les annonceurs parmi les types de partenariats, et confirmée par 61 % des créateurs sondés en 2024 comme l’un des principaux formats reçus. La sélection des influenceurs, quelle que soit leur taille, obéit à des critères de plus en plus précis. Le taux d’engagement de l’audience (79 %), l’adéquation des valeurs du créateur à celles de la marque (82 %), l’absence de polémiques (70 %) et la crédibilité de la communauté priment sur la simple taille de l’audience. Les annonceurs ne courent plus après les chiffres : ils cherchent de la qualité. ROI : le grand chantier qui reste ouvert Si un frein traverse l’ensemble du rapport avec une constance implacable, c’est bien la mesure du retour sur investissement. La difficulté à calculer le ROI d’une campagne d’influence est citée par un répondant sur deux comme principal obstacle au développement du levier. Et pourtant, la perception n’est pas que le ROI est insuffisant — seuls 19 % l’estiment tel, en net recul par rapport à 2022 —, mais bien qu’il est difficile à mesurer avec les outils disponibles. L’équipement en plateformes de gestion progresse, mais reste insuffisant : 40 % des marques seulement disposent d’un outil dédié à la gestion des campagnes d’influence, contre 59 % des agences. Une anomalie de marché, comme le qualifie Claire Decommer, qui n’hésite pas à faire le parallèle avec le SEO : « Je connais très peu d’autres domaines marketing où l’on pratique un levier sans disposer d’un outil pour le faire correctement. » La bonne nouvelle, c’est que l’amorçage d’une collaboration devient de plus en plus fluide : 71 % des agences (+10 points) et 61 % des marques (+8 points) déclarent identifier facilement des créateurs pour leurs campagnes. En revanche, la détermination de la rémunération reste un écueil majeur — seules 18 % des marques déclarent y parvenir facilement, le seul indicateur en recul de l’ensemble de l’étude. L’absence de grilles tarifaires standardisées, consubstantielle à la diversité du secteur, n’est pas près de disparaître. On ne va pas forcément ne sélectionner que des influenceurs certifiés, mais si on les retient pour d’autres critères, on peut exiger qu’ils passent le certificat et le financer pour eux avant de les activer — Claire Decommer, Reech On n’en est pas encore au niveau des USA avec le 1:1 nous explique Claire, mais l’amplification média est devenue incontournable… pour ceux qui en ont les moyens car les prix sont bien montés aussi. Pas étonnant donc que beaucoup se plaignent du manque de budget et que d’autres cherchent le ROI avec une loupe. L’amplification et les budgets : le signe d’une pratique qui s’assume La visibilité organique se réduit inexorablement sur les grandes plateformes. La réponse du marché est l’amplification — c’est-à-dire l’achat publicitaire directement sur le contenu de l’influenceur, pour en augmenter la portée. En 2022, un peu plus d’un tiers des répondants avaient déjà pratiqué l’amplification. Ils sont aujourd’hui près de deux tiers, et 53 % l’utilisent souvent, dont 22 % de manière systématique. Les budgets alloués augmentent en conséquence, même si la grande majorité des annonceurs y consacre encore moins de 25 % du budget total de la campagne — bien loin des pratiques américaines, où la parité investissement création / médiatisation est la norme. Plus globalement, les budgets dédiés au marketing d’influence progressent dans tous les segments d’entreprises. Et cette progression se fait, pour 58 % des marques (+16 points par rapport à 2022), au détriment d’autres postes du budget de communication. L’influence ne s’additionne plus : elle se substitue. 69 % des répondants anticipent encore une hausse de leur budget influence dans les deux prochaines années. L’intelligence artificielle : l’angle mort de l’édition 2026 L’intelligence artificielle générative est frappante par son absence dans cette édition du rapport — du moins en façade. Claire Decommer assume ce choix tout en nuançant : l’IA n’est pas absente du secteur, mais elle n’y joue pas le rôle que certains anticipaient. Les deux premiers critères d’appréciation du marketing d’influence cités par les annonceurs sont la confiance entre le créateur et sa communauté (67 %, +9 points) et la créativité des contenus (67 %, +11 points). Deux dimensions que l’IA ne saurait, pour l’heure, reproduire de manière convaincante. Il y a des choses que l’IA ne pourra pas ou pas encore remplacer. Ce plébiscite pour une relation incarnée suggère que, sur ces aspects-là, l’IA n’est pas tout à fait prête à répondre aux besoins des annonceurs, qui tiennent à bénéficier de la caution et de l’authenticité d’un vrai créateur — Claire Decommer, Reech Un double obstacle pour les créateurs virtuels Ce n’est pas nier l’impact de l’IA sur le secteur. Elle accompagne déjà les créateurs dans leur production, les agences dans leur ciblage, les annonceurs dans leur reporting. Mais les créateurs virtuels entièrement générés par algorithme se heurtent à un double obstacle : la réglementation (l’IA Act impose d’indiquer clairement les contenus générés) et, plus fondamentalement, l’attente d’authenticité des audiences. Claire Decommer suggère que la question méritera d’être intégrée à l’étude 2027 — une piste que nous attendons avec intérêt de voir creusée. Encadré — L’IA générative dans le marketing d’influence : accélérateur, pas remplaçant L’intelligence artificielle générative est à la fois présente et absente dans le marketing d’influence 2026. Présente, parce que les outils prolifèrent : génération de briefs, suggestions de créateurs, production de variations de contenus, analyse automatisée des performances. Absente, parce qu’aucun des acteurs du marché n’a encore placé l’IA au cœur de sa stratégie d’influence au sens strict.Les créateurs virtuels — avatars entièrement générés par IA, capables de publier des contenus sponsorisés — existent et font régulièrement la une des médias spécialisés. Leur déploiement à grande échelle se heurte pourtant à des obstacles concrets : l’IA Act européen impose une mention explicite sur les contenus générés par l’IA destinés au public, ce qui réduit mécaniquement leur impact en termes d’authenticité perçue. Or c’est précisément sur l’authenticité que repose la valeur du marketing d’influence — les annonceurs le confirment cette année encore, en plaçant la confiance entre le créateur et sa communauté en tête de leurs critères d’appréciation.L’IA générative trouvera vraisemblablement sa place non pas comme substitut au créateur humain, mais comme outil d’amplification : production de formats multiples à partir d’un contenu source, personnalisation des messages selon les audiences, automatisation du reporting. Le vrai sujet pour 2027 sera de mesurer jusqu’où cette assistance technologique modifie la nature du travail créatif — et si les audiences, de plus en plus averties, savent faire la différence. Ce que disent les partenaires de l’étude Deux des partenaires de cette édition ont livré leur lecture des résultats. Mohamed Mansouri, directeur délégué de l’ARPP, se félicite de la progression du Certificat de l’Influence Commerciale Responsable. [Les] résultats confirment l’ancrage du Certificat de l’Influence Commerciale Responsable dans l’écosystème. La progression très significative de sa notoriété et la reconnaissance de son utilité illustrent l’attente forte des acteurs pour des repères communs en matière d’influence responsable — Mohamed Mansouri, directeur délégué de l’ARPP Sophie Roosen, directrice Marque et Impact à l’Union des marques, insiste quant à elle sur la valeur prospective de l’étude pour l’ensemble des acteurs. Le marketing d’influence évolue à grande vitesse et redéfinit les codes de la communication. Cette dixième édition apporte des insights précieux pour anticiper les tendances et innover. À l’Union des marques, nous sommes ravis de nous associer à une démarche qui éclaire l’avenir des stratégies d’influence marketing — Sophie Roosen, directrice Marque et Impact, Union des marques La fin du bricolage Le fil conducteur de cette dixième édition du rapport Reech est finalement assez simple à formuler. Le marketing d’influence 2026 est un secteur adulte, qui exige désormais des pratiques matures. Contrats en bonne et due forme, outils de mesure dédiés, cahiers des charges structurés, certifications éthiques, budgets conséquents. Le temps du contact informel sur Instagram et de l’envoi de produits sans contrepartie est révolu pour les acteurs sérieux. Le conseil de Claire Decommer aux marques et aux agences pour naviguer dans ce paysage en 2026-2027 tient en deux verbes pronominaux. Se structurer et se faire accompagner. Qu’il s’agisse de s’appuyer sur une agence spécialisée, d’adopter une technologie dédiée ou de se former, les ressources existent. Avec l’UMICC (Union des métiers des influenceurs et des créateurs de contenu) et l’ARPP en tête. Aux créateurs de contenu, elle livre le même message. Il faut exploiter les ressources qui n’existaient pas il y a quelques années, et qui peuvent les aider à professionnaliser leur activité. Pour aller plus loin, le rapport complet est disponible sur le site de Reech. Rendez-vous en 2027 pour la onzième édition — avec, espérons-le, un chapitre entier consacré à l’intelligence artificielle générative et à son impact réel sur les pratiques. Marketing d’influence en 2026 : des budgets de plus en plus envahissants Télécharger le rapport Reech 2026 Rapport REECH 2026 sur le marketing d’influence en france À propos de Claire DecommerClaire Decommer est directrice marketing de Reech, agence et éditeur de solutions technologiques spécialisés dans le marketing d’influence en France. Elle supervise notamment la publication de l’étude annuelle Reech, qui fait référence dans le secteur depuis dix ans. The post Marketing d’influence 2026 : l’année de la professionnalisation appeared first on Marketing and Innovation.

    Emploi et IA : l’apocalypse attendra encore un peu

    Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 38:22


    Le discours sur impact de l’intelligence artificielle (IA) et emploi a atteint son paroxysme. Les gros titres hurlent aux licenciements massifs, les communiqués de presse vantent l’IA comme la solution miracle pour réduire les coûts salariaux. Pourtant, derrière cette cacophonie d’alertes et de battage médiatique se cache une réalité bien plus nuancée. J.P. Gownder, vice-président et analyste principal au sein de l’équipe Future of Work de Forrester, analyse depuis des décennies la transformation du monde du travail par la technologie. Son dernier rapport, The Forrester AI Job Impact Forecast for the US 2025-2030, tranche dans le vif avec une rigueur empirique. Le verdict ? L’apocalypse de l’emploi n’est pas pour demain, mais un ajustement mesuré se profile à l’horizon. IA et emploi aux USA : l’apocalypse attendra encore un peu JP Gownder est catégorique sur le sujet de l’emploi et de l’IA : l’apocalypse peut attendre. Au moins jusqu’en 2030. Ouf ! Toutes les images de cet article ont été réalisées avec une combinaison de Midjourney, Gemini Nano Banana pro et Adobe Photoshop Le fossé entre les annonces et la réalité Lorsque Klarna a annoncé qu’elle cessait de recruter des humains, le monde de la tech a pris note. La fintech suédoise est devenue l’emblème de la réduction des effectifs pilotée par l’IA. Pourtant, un examen plus attentif révèle un schéma que Gownder a observé au fil de centaines d’échanges avec des entreprises : le décalage entre les déclarations des dirigeants et la réalité opérationnelle. Neuf entreprises sur dix qui annoncent des licenciements liés à l’IA ne disposent pas encore de solutions d’IA matures. La plupart des suppressions de postes sont donc motivées par des raisons financières, et l’IA n’est qu’un bouc émissaire, du moins pour l’instant — J.P. Gownder, Forrester Ce phénomène rappelle ce qui s’est passé après la victoire d’IBM Watson à Jeopardy en 2011, quand la panique autour des suppressions d’emplois imminentes s’est révélée prématurée d’une bonne demi-décennie. Les rouages de ce décalage sont simples à comprendre. Un PDG annonce une réduction d’effectifs de 20 %, l’IA devant reprendre le travail. Mais mettre en place une solution d’IA capable d’accomplir réellement ces tâches demande 18 à 24 mois, « à condition que ça fonctionne ». Entre-temps, le travail doit bien être fait. Gownder a vu des entreprises licencier des salariés en invoquant les capacités de l’IA, puis recruter discrètement des équipes dans des pays à bas coûts quelques semaines plus tard. « Ils licencient des gens à cause de l’IA, observe-t-il, et trois semaines après, ils embauchent une équipe en Inde parce que la main-d’œuvre y est tellement moins chère ». Le discours sur l’IA sert souvent de paravent commode à un bon vieil arbitrage sur les coûts. La trajectoire de Klarna illustre parfaitement ce schéma. Après avoir réduit agressivement ses effectifs de 40 % et vanté un chatbot IA capable de faire le travail de 700 agents du service client, l’entreprise a fait marche arrière. Son PDG Sebastian Siemiatkowski a reconnu que cette automatisation à outrance avait engendré un service « de moindre qualité ». L’entreprise recrute désormais des agents humains selon un modèle « à la Uber ». Comprendre la prévision de 6 % de pertes d’emplois Les prévisions de Forrester tablent sur une perte nette de 6 % des emplois d’ici 2030, soit environ 10,4 millions de postes dans l’économie américaine. La moitié de cet impact provient de l’IA générative ; le reste de l’automatisation, de la robotique et des applications d’IA non générative. Ce chiffre peut sembler modeste au regard des prédictions apocalyptiques qui circulent dans les médias, mais il faut le remettre en contexte. Durant la Grande Récession de 2008-2009, les États-Unis ont perdu 8,7 millions d’emplois. Ces pertes étaient toutefois temporaires, liées à une conjoncture macroéconomique qui a fini par se retourner. Les emplois que Forrester prévoit de voir disparaître sont « structurellement remplacés par le travail des machines » et pourraient ne jamais revenir. Impact de l’IA sur l’emploi : Je m’attends à voir beaucoup plus de travail en freelance et de missions de conseil, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de parcours professionnels classiques. JP Gownder La méthodologie derrière ce chiffre s’appuie sur la base de données O-Net du Bureau of Labor Statistics. Celui-ci recense plus de 800 catégories d’emplois avec des informations détaillées sur les compétences et les tâches requises. En croisant ces données avec les capacités actuelles et prévisionnelles de l’IA, Gownder et Michael O’Grady ont identifié les métiers les plus exposés à l’automatisation. « Pour les emplois qui impliquent des compétences et des tâches fortement impactées par l’IA et l’automatisation, nous prévoyons davantage de suppressions de postes, explique Gownder. Dans les catégories moins touchées, nous en prévoyons évidemment moins ». Le paradoxe de Solow et la productivité de l’IA La célèbre observation de Robert Solow selon laquelle « on voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité » trouve un nouvel écho à l’ère de l’IA. Le parallèle est instructif. Il a fallu près de trois décennies pour que l’impact du web sur la productivité se concrétise. Le commerce en ligne ne bouleverse véritablement le commerce traditionnel que maintenant, comme en témoigne la fermeture des commerces indépendants de New York à Paris. La fenêtre de cinq ans retenue par Forrester serait-elle trop étroite ? Gownder reconnaît les limites inhérentes à l’exercice de prévision. « Toute projection au-delà de cinq ans relève davantage de l’impression que de l’analyse ». Pourtant, le rythme d’adoption des technologies s’est considérablement accéléré. Le téléphone a mis 75 ans pour atteindre 100 millions d’utilisateurs après son invention en 1878. L’ordinateur personnel y est parvenu en 16 ans. Le téléphone mobile en sept ans. ChatGPT ? Deux mois. Cette compression suggère que si le paradoxe de Solow reste d’actualité, son horizon temporel pourrait être nettement plus court. « S’il y a une apocalypse de l’emploi, on aura moins de gens qui travaillent, c’est le principe même d’une apocalypse. Ces gens-là devraient donc produire davantage. On ne peut pas avoir d’apocalypse de l’emploi sans voir la productivité globale augmenter ». — J.P. Gownder, Forrester Les données de productivité racontent une histoire qui donne à réfléchir. De 1947 à 1973, la productivité du travail aux États-Unis progressait de 2,7 % par an. Le cycle économique actuel affiche 1,8 %. Même en isolant les trimestres écoulés depuis le lancement de ChatGPT, on n’obtient que 2,2 %. Les chiffres ne mentent pas, et ils ne montrent pas encore les gains révolutionnaires promis par les apôtres de l’IA. IA et emploi : où se situent les points de tension L’impact de l’IA sur l’emploi aux États-Unis ne sera pas uniforme. Les agents des centres d’appels subissent une pression continue, amorcée avec les serveurs vocaux interactifs et désormais amplifiée par des solutions bien plus sophistiquées. Rédacteurs techniques et créateurs de contenus web se trouvent en terrain miné. Les souscripteurs en assurance voient les algorithmes empiéter sur leur territoire : la vision par ordinateur peut désormais évaluer les dégâts d’un accident de voiture à partir de simples photos. Les postes de débutants impliquant la création de tableurs ou de présentations sont sous pression croissante. Un cas plus nuancé Le développement logiciel présente un cas plus nuancé. « Si vous êtes développeur débutant, souligne Gownder, on sait que Claude fait un excellent travail pour générer du code basique ». Mais les développeurs seniors, dotés d’une vision architecturale et d’une compréhension systémique, restent indispensables. Un schéma se répète dans l’ensemble du travail intellectuel : l’IA augmente plus qu’elle ne remplace, transformant les fiches de poste plutôt qu’elle n’élimine les postes eux-mêmes. « Ce n’est pas qu’il n’y aura pas d’emplois qui disparaîtront, précise-t-il, mais ils sont bien plus spécifiques et limités, et il faut concevoir la bonne technologie pour remplacer tel ou tel poste. Ce n’est pas tout le monde qui disparaît ». IA et emploi: les titres de journaux sont clairs, c’est l’apocalypse. La réalité est plus nuancée. Le travail manuel présente sa propre dynamique. La robotique jouera un rôle dans certains secteurs : le tri et la préparation de commandes en entrepôt ont progressé grâce à la vision par ordinateur, et le BTP a vu des expérimentations avec des robots poseurs de briques ou couleurs de béton. Mais les robots humanoïdes qui font la une des médias ont peu de chances d’être déployés massivement dans les entreprises d’ici la fin de la période couverte par les prévisions. Le monde physique, avec ses variations infinies et ses imprévus constants, résiste obstinément à l’automatisation. Cols blancs : fausses pistes et vrais défis Les cols blancs représentent désormais environ 60 % de la population active aux États-Unis comme en Europe, un basculement spectaculaire par rapport aux générations précédentes. Ces « analystes symboliques », selon l’expression de Charles Handy, ne produisent pas de biens physiques, ce qui a conduit certains à supposer que leur travail serait facilement transférable à des systèmes d’IA. Gownder réfute cette idée. « La plupart des emplois de bureau sont en réalité assez productifs, parce qu’il y a quelque chose à l’autre bout pour lequel quelqu’un est prêt à payer ». Les ingénieurs logiciels créent des applications qui permettent d’autres activités. Par ailleurs, les médecins produisent des résultats de santé. Quant à eux, les analystes aident les organisations à prendre de meilleures décisions. Des difficultés pratiques Les difficultés pratiques du déploiement de l’IA dans les environnements de bureau corroborent ces objections théoriques. Ensuite, les hallucinations restent un problème récurrent, introduisant des marges d’erreur que les travailleurs intellectuels doivent repérer et corriger. Les salariés manquent souvent des compétences et de la compréhension nécessaires pour utiliser efficacement les outils d’IA. Les organisations surestiment ce que l’IA peut accomplir. « Quand ça échoue, c’est spectaculaire », observe Gownder. Les incidents Deloitte en Australie et au Canada, où des contenus générés par IA truffés d’hallucinations flagrantes ont été livrés à des clients gouvernementaux, illustrent les risques réputationnels d’une automatisation prématurée. Le rapport destiné au gouvernement australien contenait des citations académiques inventées et même une fausse citation d’un jugement de la Cour fédérale. Les deux gouvernements ont exigé des remboursements. « Vous n’avez pas intérêt à produire de la bouillie générée par l’IA et à la présenter comme votre travail sans relecture, sans recul. C’est la garantie de l’échec ». — J.P. Gownder, Forrester Une étude de la Harvard Business Review confirme ces inquiétudes. Les chercheurs ont constaté que les dirigeants qui utilisaient ChatGPT pour faire des prévisions devenaient nettement plus optimistes, plus confiants, et produisaient des prévisions moins bonnes que ceux qui consultaient leurs pairs. Le ton péremptoire de l’IA génère un fort sentiment d’assurance, sans le garde-fou de la régulation sociale et du scepticisme salutaire qu’apporte la consultation entre humains. L’impact sur les marketeurs et les professionnels du digital Pour les étudiants qui se destinent au marketing digital et aux métiers connexes, le tableau est complexe mais pas nécessairement sombre. « Les marketeurs sont en première ligne de la transformation des métiers, pas de leur remplacement », note Gownder. La nuance est de taille. Transformation implique évolution des rôles plutôt qu’élimination. « Je travaille avec beaucoup de marketeurs qui me disent : « Je me suis engagé pour devenir un excellent marketeur, pas un expert en IA. Pourquoi est-ce que j’apprends tous ces outils ? » Mais inévitablement, ils ne peuvent plus faire leur travail sans utiliser une forme ou une autre d’outil d’IA ». La prescription pour les jeunes professionnels est claire : combiner une formation classique avec une véritable compréhension des capacités et des limites de l’IA. Ceux qui maîtriseront les deux domaines seront recherchés. Ceux qui résisteront à la technologie ou n’en comprendront pas les limites auront du mal à s’en sortir. L’essentiel est d’aborder l’IA comme un outil d’augmentation plutôt que de remplacement — utiliser ces outils pour enrichir son expertise existante tout en restant conscient de leurs limites. Le jugement, l’éthique et la connaissance institutionnelle qu’apportent les professionnels expérimentés ne peuvent pas être facilement répliqués par des algorithmes. Les freelances face à l’IA Si l’IA augmente plutôt qu’elle ne remplace les salariés classiques, la question se pose : les freelances et les travailleurs de la gig economy vont-ils absorber les déplacements d’emploi ? L’économie des cols blancs connaît une transition plus large vers davantage de travail indépendant et de missions à tous les niveaux. « D’une certaine manière, observe Gownder, cela peut donner aux gens une certaine liberté, parce qu’ils peuvent travailler avec des clients variés, fixer leurs propres horaires, travailler où ils veulent ». La flexibilité qui définit le travail à la tâche s’accorde bien avec la nature par projets des flux de travail augmentés par l’IA. Pourtant, le tableau n’est pas uniformément positif. Aux États-Unis, où l’accès aux soins dépend de l’emploi, le travail indépendant peut s’avérer précaire. La gig economy compte désormais plus de 64 millions de travailleurs américains et contribue à hauteur de près de 1 270 milliards de dollars à l’économie. L’IA remodèle ce paysage de façon contradictoire : les plateformes utilisent des algorithmes pour mettre en relation travailleurs et clients plus efficacement, mais la même technologie permet aux clients de gérer eux-mêmes des tâches qu’ils sous-traitaient auparavant. Les freelances qui tireront le mieux leur épingle du jeu seront ceux qui combineront culture technologique et compétences distinctement humaines — esprit critique, créativité et confiance du client. Je m’attends à voir beaucoup plus de travail en freelance et de missions de conseil, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de parcours professionnels classiques — J.P. Gownder, Forrester De nouvelles niches émergent tandis que d’autres se contractent. L’ingénierie de prompts, le conseil en éthique de l’IA et les métiers liés à l’entraînement des modèles représentent des domaines de croissance qui n’existaient pas avant la vague actuelle d’IA générative. Cette bifurcation pourrait s’avérer l’un des effets les plus significatifs de l’IA sur le marché du travail : certains travailleurs gagnent en flexibilité et en autonomie, d’autres perdent en stabilité et en avantages sociaux. Naviguer dans la transformation des emplois par l’IA Pour les travailleurs en début ou en fin de carrière, la transition vers l’IA présente des défis distincts. Les jeunes professionnels font face au paradoxe d’entrer sur un marché du travail qui peut valoriser leur aisance numérique tout en menaçant les postes de débutants qui servaient traditionnellement de terrain d’apprentissage. Le conseil de Gownder est direct : combiner une formation classique avec une véritable compréhension des capacités et des limites de l’IA. Les travailleurs plus âgés, souvent caricaturés comme réfractaires à la technologie, ont leur propre voie à tracer. « L’un des préjugés associés aux travailleurs seniors, c’est qu’ils seraient incapables d’adopter la technologie, observe Gownder. C’est quelque chose sur quoi on peut travailler ». L’essentiel est d’aborder l’IA comme un outil d’augmentation plutôt que de remplacement, en utilisant ces outils pour enrichir son expertise existante tout en restant conscient de leurs limites. Le jugement, l’éthique et la connaissance institutionnelle qu’apportent les travailleurs expérimentés ne peuvent pas être facilement répliqués par des algorithmes. Pour les dirigeants d’entreprise, la prescription est presque contre-intuitive. « L’ironie de l’IA, c’est que la façon de réussir aujourd’hui passe par l’investissement dans vos collaborateurs humains ». La technologie peut augmenter la productivité, mais seulement lorsque les salariés possèdent les compétences, la motivation et le cadre éthique pour la déployer efficacement. L’élément humain, loin d’être rendu obsolète, devient plus crucial que jamais. La vision à long terme sur l’IA et l’emploi américain L’impact de l’IA sur l’emploi aux États-Unis se déploiera sur des années, pas des mois. La prévision de 6 % de Forrester représente une transformation significative affectant des millions de travailleurs, mais il s’agit d’un glissement mesuré, pas d’un effondrement soudain. Les organisations qui tireront leur épingle du jeu seront celles qui résisteront à la tentation de confondre annonces sur l’IA et capacités réelles de l’IA, qui investiront dans leur main-d’œuvre au lieu de supposer que la technologie la rendra obsolète, et qui aborderont l’automatisation avec la même rigueur qu’elles apporteraient à tout investissement majeur. L’ironie de l’IA, c’est que la façon de réussir aujourd’hui passe par l’investissement dans vos collaborateurs humains. Investissez dans vos équipes, aussi contre-intuitif que cela puisse paraître — J.P. Gownder, Forrester Le travail de Gownder chez Forrester fournit une grille de lecture pour naviguer dans cette transformation : empirique plutôt qu’hystérique, spécifique plutôt que généralisatrice, attentive tant aux capacités réelles de l’IA qu’à ses limites persistantes. L’apocalypse de l’emploi fait de bons gros titres, mais les faits pointent vers quelque chose de plus complexe et, en fin de compte, de plus gérable. Pour ceux qui accepteront de s’adapter, d’investir dans leurs compétences et de garder la tête froide, l’avenir du travail reste une histoire humaine, augmentée mais non remplacée par l’intelligence artificielle. J.P. Gownder est vice-président et analyste principal au sein de l’équipe Future of Work de Forrester. Diplômé de Harvard, il étudie les impacts conjoints de la technologie et des facteurs humains sur l’avenir du travail, aidant ses clients à concevoir des stratégies qui stimulent la productivité, la collaboration et le travail hybride efficace. Ses recherches portent sur la façon dont des technologies comme les terminaux, les logiciels collaboratifs, la réalité étendue et l’intelligence artificielle transforment notre façon de travailler et nos lieux de travail. The post Emploi et IA : l’apocalypse attendra encore un peu appeared first on Marketing and Innovation.

    L’IA, un bouleversement de nos sociétés et économies ?

    Play Episode Listen Later Jan 26, 2026 23:00


    L’IA n’est pas seulement un outil nous explique Fred Cavazza dans un récent billet fort intéressant. Les rapports sur l’impact de l’IA sur l’emploi, la société et les entreprises fleurissent actuellement aux quatre coins du globe. Certains annoncent des révolutions imminentes tant pour les sociétés que pour nos économies, tandis que d’autres minimisent l’impact de l’intelligence artificielle et ressuscitent le bon vieux paradoxe de Solow, alias paradoxe de la productivité (« L’informatique est visible partout, sauf dans les statistiques de productivité »). Il est donc très difficile de se forger une opinion, et encore plus de conseiller les entrepreneurs et les étudiants sur ce qu’il convient de faire à l’avenir. Visionary Marketing s’est donné pour mission d’essayer d’éclaircir ce sujet de la manière la plus rationnelle et la plus éclairée possible. L’IA : au-delà de l’outil, un bouleversement de nos sociétés et économies Les plateformes d’IA devraient-elles devenir des contribuables comme les autres ? Le grand amour des Français pour les impôts n’épargnera pas l’intelligence artificielle, estime Cavazza. En effet, selon lui, l’IA n’est pas un outil ! Le premier sujet que nous allons traiter dans cette série, est l’analyse de Fred Cavazza sur l’impact de l’IA sur la société et l’économie (voir le billet original en français et mon interprétation en anglais), qui décrit l’intelligence artificielle comme une source de bouleversement profond. Je connais Fred depuis des années et je sais à quel point il maîtrise ces deux sujets, ce qui rend son rapport particulièrement précieux. Avec son aimable autorisation, j’ai traduit son article du français pour éclairer cette question. L’autre rapport est celui de JP Gownder de Forrester, que j’interviewerai prochainement. Je soumettrai les hypothèses de Fred à JP pour voir ce qu’il en pense, notamment sur cette idée de bouleversement par l’IA. J’espère que nos lecteurs, et en particulier mes étudiants qui se posent beaucoup de questions à ce sujet, pourront ainsi séparer le bon grain de l’ivraie après ces deux interviews et podcasts. Il a beaucoup été question d’IA et de bouleversement de l’économie et de la société à Davos cette année. L’IA n’est pas un outil, elle remodèle notre société et notre économie Synthèse de l’article de Frédéric Cavazza. L'IA constitue une rupture civilisationnelle plus qu'une innovation technologique. Elle marque l'entrée réelle dans la quatrième révolution industrielle en externalisant, pour la première fois, les capacités cognitives et créatives des humains. Les gains de productivité liés à l'IA sont déjà concrets et profondément asymétriques. Un écart croissant se creuse entre les travailleurs capables de collaborer avec l'IA et ceux qui conservent des modes de travail hérités du XXe siècle. La montée en puissance des agents IA remet en cause la création de valeur des cols blancs. Les agents intelligents transforment les tâches des travailleurs du savoir, fragilisent certains modèles économiques et annoncent une recomposition rapide des emplois de bureau. L'intégration de l'IA impose un nouveau cadre juridique et fiscal. À l'image des personnes morales, les agents IA doivent être dotés d'un statut permettant de clarifier leurs responsabilités et de réintégrer leur valeur dans le contrat social. Les impacts socio-économiques dépassent largement la seule question du travail. L'IA touche aux équilibres psychologiques, culturels et démographiques, rendant indispensable un débat collectif pour anticiper les tensions sociales à venir. Note : le billet de Frédéric est disponible sur son site et aussi en lecture dans notre podcast du jour L’IA est-elle au cœur d’un bouleversement de notre civilisation ? À mon avis, la vision de Fred sur l’avenir de l’IA et de la civilisation est très juste. Certaines de ses prédictions relèvent un peu de la science-fiction, mais le monde réel imite tellement souvent la SF (pensez à l’obsession d’Altman pour Her de Jonze) qu’il pourrait bien avoir raison. Comme l’affirme Fred, l’impact de l’IA pourrait aller bien au-delà des avancées technologiques auxquelles nous assistons actuellement. Cependant, je pense que nous n’en sommes encore qu’aux prémices. Je peux facilement imaginer ce que Cowork d’Anthropic pourrait faire à l’avenir, mais je ne vois pas cela se produire aujourd’hui, même si j’utilise Claude de manière intensive et avancée depuis des années. Cela prendra du temps et de la maturation pour intégrer de manière transparente ces technologies afin d’exécuter des flux de travail (workflows) correctement et pas seulement des tâches. Les logiciels dits agentiques sont vraiment prometteurs, et nous pouvons même en avoir un aperçu dans ce type d’applications ou dans Manus qui vient d’être racheté par Meta, ce qui n’est pas innocent. Cependant, les gains de productivité rendus possibles par ces technologies sont souvent inégaux. Même pour les utilisateurs avancés. L’autre jour, après une réunion de mentorat d’une heure et demie au cours de laquelle j’ai donné des conseils stratégiques, j’ai utilisé mon projet Claude habituel pour rédiger un résumé exécutif sans égal de ma recommandation pendant que je faisais cuire des œufs sur le plat pour la famille. Pourtant, il a fallu trois étapes complexes et trois suites logicielles pour y parvenir correctement. Mais ne vous y trompez pas, nous y arriverons un jour. C’est juste le timing qui n’est pas bon ; ce n’est pas encore le cas. L’innovation demande du temps et des efforts. Comme le souligne Fred, il existe également une forte résistance au changement, comme toujours dans le domaine de l’innovation, et ce n’est pas seulement le cas en Europe, même si l’adoption est traditionnellement à la traîne sur notre continent. L’impact de l’IA, même sur l’emploi, sera certainement important, mais il faudra peut-être des années avant qu’il n’apparaisse dans les statistiques, pour reprendre les termes de Robert Solow. Cela dit, la vision de Forrester est plus nuancée, et nous la passerons en revue très prochainement avec JP Gownder. Le temps nous dira si la vérité se situe quelque part entre les deux, comme je le pressens. C’est certainement moins romantique ou effrayant (selon votre point de vue), mais 40 ans de mise en œuvre de l’innovation technologique m’ont appris à rester stoïque. Lire le billet de Frédéric Cavazza sur son site The post L’IA, un bouleversement de nos sociétés et économies ? appeared first on Marketing and Innovation.

    Capital-investissement : le branding est un atout stratégique

    Play Episode Listen Later Jan 12, 2026 58:59


    Le branding est l’un des leviers de création de valeur les plus sous-estimés du monde du capital-investissement. Si les fonds de private equity excellent en effet dans l’identification d’entreprises prometteuses et l’optimisation de leurs structures financières, l’image de marque est souvent reléguée au second plan, réduite à des logos et des chartes graphiques au lieu de la traiter comme un actif stratégique. Or, les faits démontrent qu’il s’agit d’une erreur. Un investissement stratégique dans la valeur de la marque peut transformer radicalement la perception du marché et, in fine, la valorisation de l’entreprise. Marc Rust, directeur de création et stratège de marque chez Consequently Creative, démontre depuis des années que le branding mérite sa place à la table du comité stratégique de l’entreprise. Un de ses faits d’armes — avoir fait passer une entreprise de 80 à 120 millions de dollars uniquement grâce au branding — illustre parfaitement ce qu’un positionnement stratégique peut accomplir lorsqu’il est correctement déployé.Voici le compte-rendu de mon interview avec Marc depuis Boston. Branding et capital-investissement : valoriser les ETI grâce au storytelling Le terme « branding » pose d’emblée un problème dans l’univers du capital-investissement. Lors d’événements de networking, Marc Rust constate que mentionner le branding provoque ce qu’il appelle une « disruption cognitive » Le capital-investissement (en anglais : private equity) est un mode d’investissement de capital où un investisseur ou fonds d’investissement utilise des capitaux pour acheter des parts d’une entreprise non cotée en bourse. Source: Wikipedia Le branding n’est pas qu’une affaire de logos Le mot « branding » pose problème d’entrée de jeu dans les milieux professionnels, même dans les pays anglo-saxons. Quand il discute avec d’autres professionnels, Marc Rust observe que le simple fait de prononcer ce terme provoque ce qu’il appelle une « disruption cognitive ». Par là il entend que ses interlocuteurs pensent aussitôt à l’identité visuelle, un sujet qui leur paraît bien éloigné des préoccupations sérieuses de l’investissement en capital. Peu ont une idée précise de ce que recouvre ce terme de branding. Les autres le balaient d’un revers de main, le réduisant à un travail de graphistes. C’est passer à côté de l’essentiel : le branding et le message sont de puissants moteurs de croissance. Ils doivent nourrir la stratégie dès le départ, et non être plaqués après coup comme un simple habillage. Selon Marc Rust, la vraie définition du branding, c’est « ce que vous représentez dans l’esprit des personnes que vous cherchez à toucher et à convaincre ». Ce n’est pas une valeur innée de l'entreprise. C’est au contraire un objet qu’elle peut façonner par un travail appliqué et un investissement constant. Tout se joue dans la distinction entre ce que produit l’entreprise et l’apport de valeur au client. La plupart des organisations axent leur communication sur leurs prestations et leurs savoir-faire. Pourtant, répondre à la question « en quoi cela compte pour le client » permet de mieux cerner les difficultés, les attentes et les objectifs du public visé. C’est reconnaître que le message ne s’adresse pas à l’entreprise mais à ses clients, et qu’il faut donc leur parler dans leur langue, et non dans un jargon incompréhensible. Le capital-investissement aujourd’hui Le paysage du capital-investissement s’est profondément transformé depuis dix ans. L’approche classique — racheter une entreprise, tailler dans les effectifs, la rendre « lean and mean » (efficace et compétitive), puis la revendre — ne correspond plus ni aux attentes des marchés actuels ni à celles des talents qu’ils cherchent à attirer. Les fonds qui réussissent ont adopté une autre philosophie. Il accompagnent les entreprises cible, créent de la valeur tangible dans le long terme, puis préparent une stratégie de sortie (« exit strategy ») qui reflète cette valeur accumulée. Cette évolution donne une importance incomparable au branding, car la création de valeur repose autant sur la perception que sur la réalité du terrain. Quand on évoque le branding dans le capital investissement, la plupart des gens pensent aussitôt à l’identité visuelle — un sujet qui leur semble sans rapport avec les activités sérieuses d’investissement. À tort, estime Marc Rust. Visuel réalisé avec Midjourney Un branding efficace suppose que l’on soit capable de s’adresser à plusieurs publics à la fois. L’alignement interne vient en premier. Ceux qui conçoivent les produits et services doivent avoir une vue très claire de la valeur perçue de leur entreprise, surtout en période de transition. Après une acquisition, cet alignement est souvent mis à rude épreuve. Les salariés se posent des questions sur les intentions de la nouvelle direction, les suppressions de postes éventuelles, le cap stratégique qui sera donné. Chez Consequently Creative, nous répondons à ces exigences posées par ces turbulences en réunissant les équipes pour mettre en exergue ce qui les définit, en construisant un récit autour de la logique d’acquisition et d’un projet d’avenir ancré dans les forces existantes plutôt que dans les transformations imposées par le haut de la pyramide. Au-delà de l’interne, les entreprises doivent aussi se positionner clairement face à leurs concurrents et partenaires. Et enfin il y a les clients, qui seront au cœur de la croissance pendant la période de transition, et enfin l’acquéreur potentiel qui représente l’opportunité de sortie. Chacun de ces publics mérite une attention particulière, et le branding fournit le cadre pour s’adresser à tous de manière cohérente, tout en préservant un fil narratif commun. Une marque forte se paie au prix fort Les acquéreurs acceptent de payer une surcote significative pour les actifs dotés d’une image de marque solide. Les entreprises qui dégagent une impression de qualité et de cohérence obtiennent donc de meilleures valorisations, quel que soit le secteur. Cet avantage se manifeste à chaque point de contact : présence sur le marché, qualité du service client, professionnalisme du processus commercial, présentation des produits, façon de décrire et de positionner les offres. L’essentiel est de tout centrer sur le client : lui expliquer en quoi cela le concerne et comment telle ou telle fonctionnalité répond à sa situation particulière. Les acquéreurs acceptent de payer une surcote significative pour les actifs dotés d’une image de marque solide, affirme Marc Rust. Visuel réalisé avec Midjourney Construire une marque va bien au-delà de la communication marketing. Et sur ce terrain, les ETI disposent d’un avantage que les grands groupes n’ont pas. N’ayant pas d’image ancrée dans les esprits depuis des décennies, elles jouissent d’une souplesse inaccessible aux acteurs historiques. Elles peuvent se présenter comme des innovateurs même lorsque leur offre n’a rien de révolutionnaire, ou mettre en avant la technologie, les besoins clients ou adopter différents angles d’approche. Prétendre que les entreprises de taille moyenne n’auraient pas les moyens d’investir sérieusement dans le branding reviendrait à passer à côté de cette opportunité. Le budget consacré à la marque devrait au contraire être généreux, précisément parce que le retour sur investissement peut être considérable et que, sur ce terrain, l’agilité l’emporte sur la taille. L’IA : un outil, pas une solution La révolution de l’intelligence artificielle a créé de nouvelles tentations pour les entreprises en quête de raccourcis. Des outils génèrent désormais logos, déclarations de mission (« mission statements ») et architectures de marque complètes en un clin d’œil. Mais Marc Rust nous met en garde : traiter l’IA comme une solution, c’est oublier ce qu’elle est vraiment — une technologie qui doit intervenir à la toute fin du processus stratégique. Illustration de la méthode POST préconisée par Marc Rust. Celle-ci indique clairement dans quel ordre il faut procéder pour mettre en œuvre une technologie avec succès. Image réalisée avec Gemini et Adobe Photoshop. La méthode POST qu’il préconise commence par comprendre les personnes (le public visé), puis définir les objectifs (les buts commerciaux), ensuite élaborer la stratégie (comment y parvenir), et seulement alors choisir la technologie. Inverser cette séquence — adopter l’IA parce que tout le monde s’y met — c’est exactement le contraire de ce qu’il faut faire. Le danger du branding piloté par l’IA, c’est qu’on finit par tout accepter sans esprit critique. Quand les outils produisent du contenu à la chaîne, l’utilisateur devient un récepteur passif : il ferme les yeux et laisse la machine tenir le volant. Marc Rust cite le chanteur Tom Waits : « Le monde est un enfer, et la mauvaise littérature enlaidit encore notre souffrance ». L’IA aggrave ce problème quand elle est déployée sans réflexion, en générant des contenus sans aspérité, incapables de différencier une entreprise sur un marché encombré. Le contenu médiocre existait avant l’IA, mais l’intelligence artificielle amplifie le phénomène. Le monde est un enfer, et la mauvaise littérature enlaidit encore notre souffrance.Tom Waits Cela dit, l’IA rend de vrais services quand on l’utilise à bon escient : brainstorming, génération d’idées, test de concepts, synthèse de données. Elle fait un excellent sparring partner pour la réflexion stratégique. L’essentiel est de garder la main — de rester maître plutôt que de céder le contrôle à des systèmes automatisés incapables de comprendre le contexte métier ou les dynamiques concurrentielles. Branding B2B : l’impératif relationnel L’idée selon laquelle les entreprises B2B auraient moins besoin de branding que celles qui s’adressent au grand public mérite sérieusement d’être battue en brèche. Le branding, c’est essentiellement le fait de créer des liens. Ce qui nous rappelle la fameuse phrase de Bernard Cova : « Le lien importe plus que le bien« . Et ces liens impliquent que ce sont les humains qui prennent des décisions — qu’ils soient consommateurs individuels ou acheteurs institutionnels. Au supermarché, on choisit souvent le plus beau produit plutôt que celui dont la facture est objectivement supérieure. Les achats B2B obéissent à des ressorts similaires : tout le monde veut travailler avec des entreprises qui paraissent compétentes, innovantes et en phase avec ses propres valeurs. « L’idée selon laquelle les entreprises B2B auraient moins besoin de branding que celles qui s’adressent au grand public mérite d’être sérieusement battue en brèche » Certes, le branding B2B peut nécessiter moins d’investissement dans la durée que le B2C, car il dépend moins d’une présence permanente sur les réseaux sociaux ou de campagnes de retargeting publicitaire. Mais les ressorts fondamentaux restent les mêmes : bâtir la confiance par un apport de valeur constant dans le temps. Chaque interaction avec une entreprise devrait apporter quelque chose d’utile, et c’est l’accumulation de ces apports de valeur qui crée la confiance. Valeur + valeur + valeur = confiance — une équation qui vaut aussi bien pour le B2B que le B2C. L’impératif : faire sortir les anecdotes du placard Quelle est l’erreur la plus répandue chez les fonds de private equity qui effectuent un rebranding après une acquisition ? C’est de foncer tête baissée sans chercher à comprendre les publics concernés, nous explique Marc. Cette critique ne vise pas à dénigrer les professionnels du capital-investissement — elle reflète simplement le fait que l’expertise en branding n’est pas leur cœur de métier. La solution, c’est de s’associer à des agences qui savent comment l’empathie nourrit à la fois la croissance et la culture d’entreprise. Se précipiter sur un rafraîchissement visuel sans travail stratégique préalable, c’est passer à côté des « raisons d’y croire » (reasons to believe) qu’une vraie étude aurait pu faire émerger. Marc Rust illustre son propos par deux exemples parlants. En travaillant avec un groupe propriétaire d’une centaine de résidences pour seniors aux États-Unis, son équipe a découvert que les résidents n’étaient pas la cible marketing principale. En réalité, le vrai client dans la plupart des cas « la fille aînée » — le membre de la famille qui endosse généralement le rôle d’aidant auprès de parents vieillissants — car c’est elle qui prend les décisions dans la plupart des foyers. Cette découverte a bouleversé le message, le positionnement et toute l’approche marketing de l’entreprise, produisant ainsi une différenciation bien plus nette que celle des concurrents qui continuaient à s’adresser directement aux résidents. De même, une étude menée pour le Simmons College de Boston a révélé que les femmes choisissaient cet établissement pour la qualité de ses enseignements. Le genre n’était en fait qu’un critère secondaire. Cette découverte a permis de construire un storytelling bien plus riche autour des programmes, des enseignants et des débouchés, sous le thème délibérément fédérateur du leadership, plutôt qu’un discours centré sur le genre. Le prix de la négligence Ce qui laisse peut-être le plus perplexe, c’est la fréquence à laquelle les acquéreurs délaissent leurs cibles sitôt la transaction bouclée. Des entreprises sont rachetées — parfois à prix d’or — puis laissées à l’abandon au lieu d’être accompagnées vers leur potentiel de croissance. Marc Rust compare le développement d’une entreprise à la culture d’une plante : une graine poussera avec un minimum d’attention, mais un tuteur qui aide la vigne à grimper vers la lumière produit des plants plus vigoureux et des fruits plus gros. Le même principe vaut pour les sociétés acquises. Négliger la transformation de la marque conduit à des échecs prévisibles. Les équipes ne peuvent pas adhérer à une stratégie si personne n’a pris la peine d’énoncer clairement ce que l’entreprise représente. Les clients ne perçoivent pas la valeur si elle reste inexprimée. La culture se fissure faute d’alignement interne, et ce désalignement engendre des résistances qui sapent l’efficacité commerciale. À terme, le marché ne sait plus ce que l’entreprise incarne, le positionnement concurrentiel s’érode. Et en fin de compte, l’opportunité d’investissement s’évapore, emportant avec elle la surcote que le branding stratégique aurait pu générer. Perspectives : tendances 2026 et au-delà Trois tendances méritent l’attention des professionnels du capital-investissement soucieux de créer de la valeur par la marque. Premièrement, le changement générationnel a profondément modifié les attentes des collaborateurs comme des clients. Les millennials et la génération Z veulent travailler pour des organisations qui se préoccupent de leur public et portent des valeurs auxquelles ils peuvent s’identifier. L’ancien manuel du private equity — acheter, dégraisser, revendre — n’attire plus ni les talents ni la fidélité client nécessaires à une croissance durable. Deuxièmement, l’IA exige une implication volontaire, et non une acceptation passive. Comprendre ces outils et les déployer avec discernement — tout en préservant le jugement humain — distinguera les fonds qui réussissent de ceux qui se noient dans un contenu générique. Les gagnants garderont les yeux ouverts, utilisant l’IA pour des tâches précises au lieu de la laisser piloter les décisions. Troisièmement, les relations d’affaires exigent qu’on respecte les étapes de la confiance. Le développement commercial reste fondamentalement une affaire de lien humain, mais trop d’entreprises veulent conclure avant d’avoir instauré cette confiance. L’équivalent d’une demande en mariage au premier rendez-vous s’affiche quotidiennement dans des demandes de mise en relation sur LinkedIn qui brûlent l’étape de la démonstration de valeur. Comprendre qu’une relation se construit par des contacts répétés et un apport de valeur régulier constitue un véritable avantage concurrentiel. Quant aux opportunités d’investissement dans l’IA, Marc Rust se montre prudemment optimiste. Il a récemment accompagné un éditeur de logiciels pour drones ayant racheté une société d’IA afin d’améliorer leurs capacités d’analyse vidéo pour des applications de défense — permettant des décisions tactiques plus rapides tout en réduisant le besoin de surveillance humaine permanente. Voilà un usage intelligent de l’IA comme outil, précisément le modèle qui mérite qu’on y investisse. Reste que le boom actuel attire inévitablement des sociétés qui affichent une valeur hypothétique. La vigilance s’impose. La créativité, un avantage concurrentiel L’observation la plus préoccupante de Marc Rust concerne peut-être la façon dont les dirigeants assimilent créativité et risque. C’est un contresens total : la créativité est l’outil le plus puissant pour se différencier et croître. Sur des marchés noyés sous l’uniformité générée par l’IA, la créativité humaine et un point de vue qui dérange deviennent plus précieux que jamais. Les entreprises qui prospéreront seront celles qui auront l’audace d’être différentes — d’avancer avec un parti pris affirmé pendant que leurs concurrents se fondent dans un positionnement interchangeable. Prenons la métaphore du recrutement. Quand ils reçoivent un candidat en entretien, les recruteurs ne cherchent pas à vérifier s’il possède les compétences requises — cette question a été tranchée en amont. Ils cherchent à savoir s’il est différent, s’il apporte une énergie susceptible de bousculer les habitudes. Il en va de même pour les entreprises : la différenciation attire l’attention et justifie une valorisation supérieure, tandis que l’uniformité conduit à être traité comme une commodité. Aux entrepreneurs désireux d’attirer du capital investissement, le conseil est simple : construisez un récit clair, exprimé dans le langage de vos interlocuteurs plutôt qu’en jargon interne. Assurez l’alignement dans toute l’organisation. Mobilisez vos commerciaux pour qu’ils relaient ce récit. Identifiez les passionnés au sein de l’entreprise et donnez-leur la parole — l’enthousiasme sincère est plus convaincant que la communication institutionnelle la plus léchée. Ces étapes préparent le terrain pour une valorisation maximale avant l’entrée d’un fonds et posent les bases d’une croissance soutenue sous la nouvelle gouvernance. Branding et soif de croissance Alimenter la création de valeur par le branding en capital-investissement. Image générée avec Gemini à partir de notre texte Le branding en capital-investissement pose en définitive une question simple : quelle est votre soif de croissance ? La réponse à cette question est source de croissance ou de décroissance, de fructification des investissements ou de stagnation. C’est ce qui fait que les multiples de sortie récompensent la vision stratégique ou sanctionnent la négligence de la marque. Dans un monde où la perception façonne de plus en plus la réalité, les fonds qui maîtrisent le storytelling stratégique capteront une valeur sublimée — faisant passer des entreprises de 80 à 120 millions de dollars, ou bien plus encore. The post Capital-investissement : le branding est un atout stratégique appeared first on Marketing and Innovation.

    Callbots et service client : l’ère de la maturité

    Play Episode Listen Later Jan 5, 2026 27:32


    Les callbots s’imposent désormais comme des acteurs incontournables du service client. Après des années d’expérimentations et de promesses parfois décevantes, le marché semble avoir atteint sa maturité. Pour faire le point sur cette évolution, nous avons interviewé Samir Dilmi, Chief Revenue Officer de Dydu. Cet éditeur français de solutions d’IA conversationnelle compte parmi ses clients des entreprises comme Orange, TotalEnergies ou SNCF Connect. Son éclairage permet de comprendre ce qui distingue un callbot efficace d’une expérience frustrante. Et surtout d’entrevoir ce que sera le service client de demain. Callbots et service client : où en est-on vraiment en 2026 ? Callbots et service client : où en est-on vraiment en 2026 ? Visuel par Grandview Research Un marché qui a basculé L’année 2025 marque un tournant décisif pour l’IA conversationnelle vocale. Pour la première fois, les callbots ont dépassé les chatbots dans la répartition du chiffre d’affaires de Dydu. Ce basculement traduit une transformation profonde des attentes des entreprises. Comme l’explique Samir Dilmi, « nous avons dépassé le stade des POCs et de l’hésitation. Les entreprises ne se demandent plus s’il faut déployer un callbot, mais comment le prioriser et accélérer sa mise en production ». Les chiffres viennent étayer ce constat. Selon Gartner, l’IA conversationnelle devrait permettre de réduire les coûts de main-d’œuvre des centres de contact de 80 milliards de dollars d’ici 2026, tandis que selon Grandview Research, le marché mondial des chatbots et callbots pourrait atteindre 27 milliards de dollars d’ici 2030. Ce que les callbots changent vraiment au service client Les performances annoncées par les éditeurs méritent d’être contextualisées. Dydu revendique 30 % d’appels automatisés intégralement et 60 à 80 % d’appels préqualifiés. Mais ces chiffres concernent spécifiquement les demandes de niveau 1, c’est-à-dire les requêtes à fort volume mais faible complexité. « J’ai besoin de ma dernière facture, je ne retrouve pas mon justificatif de domicile, où est mon colis ? » : voilà le terrain de jeu naturel des callbots. La conséquence pour le service client est significative. Avec moins de demandes simples à traiter, les agents humains peuvent se concentrer sur des sujets nécessitant une expertise plus poussée. Cette évolution est d’ailleurs suivie de près par l’AFRC (Association Française de la Relation Client), dont plusieurs membres témoignent de cette transformation des métiers vers davantage de valeur ajoutée. Nous n’avons encore rien vu de l’essor des callbots. Prévision de Samir Dilmi — visuel réalisé avec Gemini et Photoshop. Cette mutation ne se fait pas sans accompagnement. « La transition se passe bien lorsque les équipes sont accompagnées et formées », précise Samir Dilmi. « Le turnover élevé dans les centres d’appel s’explique en partie par la répétition des mêmes questions, auxquelles on répond systématiquement : consultez votre espace client. Cette lassitude, on la rencontrera moins avec les callbots. » Trois cas d’usage à forte valeur ajoutée Les Callbots peuvent, s’ils sont bien implémentés, contribuer à l’amélioration du service client en débarrassant les équipes des réponses répétitives. Ils peuvent ainsi se concentrer sur la valeur ajoutée à apporter au client. Image produite avec Midjourney L’expérience de Dydu, forte de plus de 160 projets déployés, permet d’identifier les scénarios où les callbots génèrent le plus de valeur. La prise de rendez-vous constitue le premier cas emblématique. Qu’il s’agisse de rendez-vous médicaux ou de créneaux SAV, ces parcours peuvent être intégralement automatisés. « Vous pouvez modifier votre rendez-vous médical à minuit, un samedi soir, sans aucune difficulté, et par téléphone, puisqu’une partie de la population préfère encore appeler », illustre Samir Dilmi. Le suivi de colis représente un autre domaine d’excellence. Le bot reproduit exactement le travail de l’agent : demande du numéro de colis, localisation de la commande, estimation du délai de livraison. Ces demandes constituent un volume considérable dans le secteur du retail. Enfin, le premier niveau d’assistance technique offre des perspectives intéressantes, notamment pour les bailleurs sociaux confrontés aux astreintes. « L’urgence dépend toujours de notre propre perception. Quelqu’un qui entend un goutte-à-goutte lié à un joint défaillant n’a pas la même urgence que celui qui détecte une fuite de gaz », explique Samir Dilmi. Le callbot permet de trier et d’évaluer la criticité des demandes, évitant qu’une vraie urgence attende derrière quelqu’un qui avait simplement besoin d’une facture. L’expérience utilisateur, entre frustration et satisfaction Les critiques envers les callbots sont nombreuses : conversations en boucle, incompréhensions systématiques, impossibilité de joindre un humain. Samir Dilmi n’élude pas le sujet : « Tout dépend de ce que l’entreprise qui déploie le callbot a souhaité mettre en place. Lorsqu’un utilisateur ne peut pas escalader vers un humain, c’est que l’entreprise a conçu un parcours qui ne le permet pas. » Dydu préconise systématiquement des parcours complémentaires. Un conseil pratique pour les utilisateurs : « Si le callbot est bien conçu et que vous souhaitez absolument parler à un humain, répétez votre demande une seconde fois : vous serez alors transféré vers un conseiller. » Le vrai cauchemar de la relation client, c’est de raccrocher sans avoir reçu de réponse, avec une frustration accrue. Un bon parcours doit toujours prévoir cette sortie : « Je vais vous transférer vers mon collègue humain afin qu’il puisse répondre à votre demande. » L’IA générative change-t-elle la donne ? L’intégration de l’IA générative améliore significativement la compréhension contextuelle des callbots. Dydu adopte une approche agnostique vis-à-vis des modèles : Mistral, GPT ou Gemini peuvent être utilisés selon les cas d’usage. « Chaque modèle possède ses spécificités. Nous sélectionnons celui qui est le plus adapté au cas d’usage concerné », précise Samir Dilmi. Cependant, l’IA générative n’est pas la panacée. La latence supplémentaire, même d’une seconde, peut nuire à l’expérience téléphonique. Surtout, certains sujets imposent des réponses strictement contrôlées. « Pour la politique de remboursement, par exemple, nous veillons à ce que tous les clients reçoivent exactement la même réponse. Ces sujets engagent juridiquement l’entreprise, nous ne laissons donc aucune liberté à l’IA générative », explique-t-il. Dydu privilégie donc l’apprentissage supervisé et restreint la créativité de l’IA sur les sujets sensibles. La donnée, toujours au cœur du problème Plus ça change, plus c’est la même chose. La qualité des réponses dépend avant tout de la qualité des données sources. « Souvent, les clients découvrent que leurs données se contredisent. Ils avaient choisi d’alimenter le bot avec l’ensemble des informations de leur site internet, mais certaines pages obsolètes n’ont jamais été supprimées. L’IA générative produit alors une réponse agrégée qui ne correspond pas exactement à ce que la marque souhaitait communiquer », constate Samir Dilmi. Le problème n’est donc pas tant le modèle que la source des données et leur organisation chez le client. Conseils pour une implémentation réussie Plusieurs écueils peuvent compromettre un projet de callbot. Le premier consiste à vouloir déployer un callbot parce que « quelqu’un à la direction a dit qu’il fallait le faire », sans avoir réfléchi aux objectifs et aux indicateurs de mesure. Le second tient à la sous-estimation de la complexité technique. « La mise en place d’un callbot diffère sensiblement de celle d’un chatbot. Il faut souvent coordonner plusieurs prestataires, notamment ceux qui gèrent la téléphonie, et cette dimension est rarement anticipée », prévient Samir Dilmi. Côté éthique, la transparence s’impose. Les voix de synthèse sont aujourd’hui si réalistes qu’elles peuvent induire en erreur. « Nous recommandons de se présenter dès le début de l’échange : Bonjour, je suis Alex, votre agent virtuel. Cela évite les malentendus et respecte les droits des utilisateurs, notamment en matière de RGPD ». Dydu pratique par ailleurs l’apprentissage supervisé : ce sont des humains qui analysent les conversations mal comprises, pas le bot qui apprend seul de ses échanges. Horizon 2030 : vers 70 % d’interactions automatisées Les interactions vocales ne se limiteront plus au téléphone. Bornes de tramway, bornes de parking : la voix va se généraliser comme interface. « Ce n’est plus seulement ‘j’appelle mon service client’, ce sera également un bouton sur une borne pour demander un renseignement », anticipe Samir Dilmi. Les pourcentages d’automatisation devraient progresser significativement. De 60 à 80 % sur le niveau 1 aujourd’hui, on pourrait atteindre 60 à 70 % des interactions globales d’ici 2030. Mais Samir Dilmi refuse le discours sur le remplacement de l’humain : « Les bots ne sont pas là pour remplacer les conseillers. Ils existent parce que les centres d’appel sont déjà saturés, au maximum de leurs capacités de recrutement et de leurs budgets. Malgré cela, des demandes restent non traitées. » L’IA assiste également le conseiller en temps réel, l’aidant à trouver la bonne information et à répondre plus rapidement. Le résultat attendu n’est pas la disparition de l’humain mais une meilleure qualité de service globale. « Lorsque j’appelle mon assurance après un incendie, j’ai besoin de parler à quelqu’un qui comprend ma situation, qui connaît ma zone géographique, et non à un bot qui me récite la procédure standard liée aux sinistres », conclut Samir Dilmi. L’empathie reste l’apanage de l’humain. Callbots et service client : l’ère de la maturité Les callbots ont atteint un niveau de maturité qui leur permet de traiter efficacement les demandes simples et répétitives du service client. Leur succès repose sur trois piliers : des objectifs clairement définis, des données sources de qualité, et des parcours qui préservent toujours la possibilité d’escalader vers un humain. L’IA générative améliore la compréhension mais doit être encadrée sur les sujets engageant l’entreprise. À l’horizon 2030, le callbot ne remplacera pas le conseiller humain : il lui permettra de se concentrer sur ce qui fait la différence, l’expertise et l’empathie. Une évolution qui pourrait bien revaloriser le métier de conseiller client. The post Callbots et service client : l’ère de la maturité appeared first on Marketing and Innovation.

    Au cœur du secteur de l’auto-édition de livres électroniques

    Play Episode Listen Later Dec 3, 2025 30:10


    Le paysage de l’auto-édition de livres électroniques s’est profondément transformé au cours de la dernière décennie. Ce qui était autrefois perçu avec scepticisme par l’industrie de l’édition est devenu une voie légitime, souvent privilégiée par les auteurs du monde entier. Pour mieux comprendre l’état actuel de ce marché en pleine évolution, nous avons interviewé Kris Austin, dont la plateforme Draft2Digital accompagne plus de 300 000 auteurs publiant plus d’un million de titres sur les marchés internationaux. Depuis Oklahoma City, il nous a livré son analyse de la façon dont les auteurs indépendants transforment le monde de l’édition. Au cœur du secteur de l’auto-édition de livres électroniques Avec des parts de marché atteignant 40 % des ventes aux États-Unis, les livres électroniques ouvrent de nouvelles perspectives aux écrivains capables de tirer parti des plateformes d’auto-édition comme Draft2Digital. Pouvez-vous nous présenter Draft2Digital et sa mission ? Draft2Digital accompagne actuellement plus de 300 000 auteurs qui publient de manière indépendante plus d’un million de titres. Nous sommes en activité depuis 2012, et le secteur a considérablement évolué depuis. Notre objectif est d’aider les auteurs à réaliser leurs rêves en supprimant les obstacles techniques et en rendant le processus de publication aussi fluide et simple que possible. Quelles langues et quels marchés couvrez-vous ? Nous avons publié des livres dans plus d’une centaine de langues. Si l’anglais reste prédominant, environ 15 à 20 % des ventes proviennent de titres non anglophones, l’espagnol et l’allemand se classant respectivement en deuxième et troisième position. Notre distribution atteint 180 pays, et près de 40 % de l’ensemble des ventes s’effectuent hors des États-Unis. Environ 15 à 20 % des ventes proviennent de titres non anglophones L’entrepreneur Kris Austin, figure du secteur de l’auto-édition de livres électroniques, nous a répondu depuis Oklahoma City. Comment l’auto-édition a-t-elle évolué depuis 2012 ? Lorsque nous avons démarré en 2012, l’auto-édition n’en était qu’à ses balbutiements. Le véritable déclic s’est produit en 2007, quand Amazon a lancé le Kindle, déclenchant l’explosion des livres numériques. À l’époque, être auteur indépendant restait stigmatisé. Beaucoup estimaient qu’ils n’avaient pas la même crédibilité que les auteurs publiés par des maisons d’édition traditionnelles. Aujourd’hui, cette perception a totalement changé. De nombreux auteurs choisissent désormais l’auto-édition en premier lieu . Nous voyons également apparaître des auteurs hybrides qui alternent entre édition traditionnelle et indépendante selon leurs objectifs. L’attention s’es t déplacée vers la qualité du livre et la demande des lecteurs plutôt que vers le modèle de publication lui-même. Quels types de livres dominent le marché des eBooks ? La majorité de nos livres électroniques relèvent de la fiction de genre : roman s d’amour, heroic fantasy, policiers et thrillers. Ces catégories de fiction narrative représentent environ 80 % des ventes d’ebooks. Notre service d’impression à la demande présente un schéma différent, avec approximativement 40 % de fiction et 60 % de non-fiction. Tous ces ouvrages s’adressent à d es lecteurs grand public qui lisent pour le plaisir. La fiction de genre (romance, fantasy, policiers et thrillers) représente environ 80 % des ventes d’eBooks Grâce à l’auto-édition de livres électroniques, les auteurs peuvent trouver des lecteurs partout dans le monde sans quitter leur domicile. Image créée avec Midjourney L’auto-édition de livres électroniques est-elle viable pour les ouvrages riches en images, comme la photographie ? C’est possible, mais plus exigeant. Les livres comportant beaucoup d’images nécessitent généralement un maquettiste professionnel pour obtenir la mise en page souhaitée, particulièrement en format numérique où la présentation peut s’avérer délicate. Pour les éditions papier, l’impression couleur et la mise en page impliquent une complexité supplémentaire par rapport aux publications uniquement textuelles. [NDLR Voir notre exemple de livre photo ci-dessous et sur notre site antimuseum.com] https://antimuseum.com/wp-content/uploads/2025/01/Livre-Photo-Darius-V4-2024-Landscape-couverture.pdf Comment réussir dans son auto-édition de livre électronique ? Les auteurs qui réussissent le mieux abordent l’édition comme un projet d’entreprise. Après avoir créé un livre dont ils sont fiers, ils se concentrent sur le marketing, la visibilité, les ventes et la distribution. Ils adoptent un état d’esprit entrepreneurial. Cela dit, cette activité peut aussi fonctionner à temps partiel. Notamment pour les auteurs qui écrivent des séries comportant plusieurs tomes. L’un des avantages de l’édition indépendante est qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un lectorat massif pour réussir. Les auteurs indépendants conservent généralement 60 à 80 % des produits de leurs ventes. Ceci leur permet de fixer des prix compétitifs et de cibler efficacement des marchés de niche. Même avec 2 000 lecteurs potentiels, si vous captez ce public et le fidélisez, vous pouvez envisager le futur sereinement. Les auteurs indépendants conservent généralement 60 à 80 % des produits de leurs ventes Si l’écriture est votre rêve, l’auto-édition de livres électroniques peut le concrétiser, affirme Draft2Digital. Comment Draft2Digital aide-t-il les auteurs à toucher un public mondial ? D’abord, la disponibilité est essentielle. Les auteurs téléchargent leur manuscrit au format Word sur notre site, accompagné d’une image de couverture. Je recommande de ne pas dépenser plus de 100 dollars pour une couverture au démarrage. Notre système convertit l’ensemble en formats numériques et assure la distribution vers des milliers de boutiques, dont les grands ecommerçants, les plateformes plus petites et les bibliothèques aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie. Ils sont disponibles généralement en quelques jours. Des métadonnées précises — titre, description et catégorie — sont essentielles pour aider les lecteurs à trouver votre livre. Quelles stratégies marketing fonctionnent pour les auteurs inconnus ? La visibilité constitue toujours un défi. Les auteurs qui réussissent établissent le contact avec leurs lecteurs sur les réseaux sociaux. Ils choisissent aussi les plateformes en fonction de leur public cible. Facebook peut convenir à une démographie plus âgée, tandis que TikTok touche les lecteurs plus jeunes. Les auteurs doivent identifier où se rassemble leur audience et investir des efforts pour construire ces connexions. Rien n’est gratuit quand on vend un produit, cela exige un travail constant. Quelles sont les principales différences de pratiques de lecture selon les pays ? Les préférences de lecture varient considérablement d’un pays à l’autre. Certains, comme les États-Unis, adoptent les livres électroniques de manière massive, tandis que d’autres, comme l’Allemagne, privilégient encore nettement le papier. Certains marchés, comme le Canada, montrent une préférence pour les coffrets de livres. Il faut noter que les lecteurs allemands consomment beaucoup de livres en anglais. Nous vendons donc des quantités importantes de titres imprimés dans cette langue dans ce pays. Quel est l’équilibre actuel entre ebooks et livres papier ? Lorsque les ebooks ont commencé à se développer vers 2007, nombreux étaient ceux qui craignaient la mort du livre imprimé. Cela ne s’est jamais produit. La croissance des ebooks a atteint son pic vers 2013, mais le livre papier est resté dominant. Actuellement, environ 60 % des livres vendus sont imprimés et 40 % sont des ebooks, bien que cette proportion varie selon les genres. Les lecteurs de romans d’amour achètent principalement des ebooks en raison de leur coût inférieur et de leur praticité, tandis que les lecteurs d’ouvrages sérieux préfèrent le papier pour le plaisir du toucher et sa facilité de consultation. Ce ratio est resté relativement stable depuis des années. Environ 60 % des livres vendus sont imprimés et 40 % sont des ebooks Les gens lisent-ils moins qu’avant ? Les statistiques de lecture fluctuent par cycles successifs. Nous avons connu un pic significatif pendant les confinements liés au Covid, et les statistiques baissent depuis. Nous observons une reprise cependant. Les livres sont désormais en concurrence avec le streaming et les réseaux sociaux dans une course à l’attention, mais les lecteurs assidus trouveront toujours des livres qui leurs plaisent. Nous sommes optimistes quant au fait que les jeunes générations découvriront des livres qui leur parlent et développeront des habitudes de lecture. Comment l’intelligence artificielle affecte-t-elle le marché des ebooks ? Les livres écrits par l’IA sont présents sur l’ensemble du marché. Nous soutenons l’utilisation de l’IA comme outil pour structurer un plan, faire du brainstorming et diverses autres formes d’assistance. L’IA, tout comme les traitements de texte et les correcteurs orthographiques avant elle, peut aider les auteurs de manière régulière. En revanche, nous ne cautionnons pas les contenus entièrement générés par l’IA. Les livres écrits par l’IA sont devenus un défi majeur C’est devenu un défi majeur, des plateformes comme Amazon qui sont submergées par ce type de contenu. Cela nuit au secteur et complique la recherche de livres de qualité. L’IA finira peut-être par produire une excellente littérature, mais nous n’en sommes pas encore là, et cela reste un défi permanent pour le marché. Comment aidez-vous les auteurs à se démarquer sur un marché saturé ? Nous entretenons des relations commerciales avec tous les grands distributeurs. Notre mission consiste à identifier les livres prometteurs et à les proposer pour une mise en avant et des opérations promotionnelles. Nous soumettons des milliers de titres chaque année avec un taux de réussite de 60 %. Les auteurs peuvent postuler via notre site pour participer à ces programmes. Nous investissons également massivement dans la formation des auteurs à travers notre podcast Self Publishing Insiders. Nous y interviewons des leaders du secteur, des auteurs indépendants à succès et des prestataires de services pour aider les auteurs à améliorer leurs stratégies marketing et commerciales. https://www.draft2digital.com/blog/category/self-publishing-insiders-podcast Quelles sont vos prévisions pour l’avenir de l’édition numérique ? Les auteurs indépendants ont fait la preuve de leur agilité et leur capacité à répondre rapidement aux attentes des lecteurs dans un secteur qui met du temps à s’adapter. Les éditeurs traditionnels se tournent de plus en plus vers les auteurs indépendants pour comprendre comment fonctionner différemment. Ils recrutent activement des auteurs indépendants à succès dans le monde de l’édition traditionnelle. Je m’attends à ce que l’édition traditionnelle adopte davantage de caractéristiques de l’édition indépendante : plus d’agilité, de souplesse et de réactivité. Cette convergence va continuer à s’accélérer dans les années à venir. Réflexions conclusives sur l’auto-édition de livres électroniques La révolution de l’auto-édition de livres électroniques a fondamentalement modifié le paysage de l’édition. Ce que décrit Kris Austin n’est pas simplement un changement de canaux de distribution, mais une démocratisation fondamentale du métier d’auteur. Avec des plateformes comme Draft2Digital qui suppriment les obstacles techniques et offrent un accès au marché mondial, les facteurs déterminants du succès sont passés des gardiens du temple aux lecteurs eux-mêmes. Pour les auteurs en herbe, le message est clair : un contenu de qualité, un sens des affaires et un contact direct avec les lecteurs comptent plus que jamais. La stigmatisation de l’auto-édition a cédé la place à la reconnaissance que, en définitive, la valeur d’un livre réside dans sa capacité à trouver et satisfaire son public cible, quelle que soit la façon dont il l’atteint. En savoir plus sur Draft2Digital The post Au cœur du secteur de l’auto-édition de livres électroniques appeared first on Marketing and Innovation.

    IA : 4 innovations concrètes pour la distribution

    Play Episode Listen Later Nov 25, 2025 35:12


    L'IA s'insinue partout, et le secteur de la distribution n'y fait pas exception. Visionary Marketing était partenaire média de Tech for Retail 2025, comme les deux années précédentes. Ce rendez-vous annuel incontournable permet d’observer les évolutions technologiques du secteur. Nous avons sélectionné quatre innovations qui illustrent comment l’IA permet de répondre aux défis opérationnels du commerce. Elles couvrent la gestion des stocks, la traçabilité des flux, l‘optimisation des approvisionnements et l‘analyse comportementale. Voici en résumé et en interview, ces quatre innovations passées à la loupe de Visionary Marketing. IA : 4 innovations concrètes sur le salon Tech for Retail 2025 Mon focus de cette année sur Tech for Retail 2025 s’est porté sur 4 innovations sélectionnées sur le salon 4 innovations IA concrètes pour le secteur de la distribution Nous avons sélectionné 4 innovations sur le salon Tech for Retail 2025 : La première avec la société Brain Corp qui propose des robots d’inventaire autonomes en vue de réduire la démarque inconnue. La 2e concerne IBM qui déploie des palettes connectées pour tracer les flux logistiques en temps réel avec Auchan. La suivante concerne la société XXII qui transforme les caméras de surveillance en outils d’analyse comportementale. Enfin, Metreecs applique l’IA prédictive à la gestion des stocks. Ces quatre solutions partagent une caractéristique commune. Elles offrent des solutions concrètes par l’IA à des problèmes connus du secteur de la distribution. Brain Corp et ses robots à inventaires La démarque inconnue représente entre 5 et 7 % du stock pour certains retailers, selon David Philippe, Business Development Manager chez Brain Corp. Cette perte s’explique par plusieurs facteurs : erreurs d’emplacement, ruptures non détectées, écarts de prix entre l’afficha ge et l’encaissement. Pour un groupe de magasins, le montant cumulé devient significatif. IA et distribution : David Philippe de Brain Corp sur son stand. Le robot de Brain Corp réalise les inventaires de manière autonome Brain Corp, société américaine spécialisée dans l’IA et la robotique, a développé des robots qui circulent de manière autonome dans les rayons. Ces robots photographient les produits et utilisent la technologie RFID pour comparer l’état réel des rayons. Le système détecte les produits manquants, mal placés ou affichés au mauvais prix, puis génère les alertes de réassort. On travaille par zone, il faut apprendre une fois le parcours dans les rayons au robot, après on peut chaque nuit faire l’inventaire tranquillement de telle ou telle zone explique David Philippe. La programmation fonctionne par apprentissage : un opérateur guide le robot une première fois avec une poignée et un écran tactile. Ensuite, le robot opère seul et retourne automatiquement à sa station de charge. Le déploiement est déjà avancé aux États-Unis. 40 000 robots nettoyeurs et environ un millier de robots d’inventaire fonctionnent chez les grands distributeurs américains. L’entreprise se développe maintenant en Europe, où les retailers cherchent à travailler en flux tendu pour concurrencer le commerce en ligne. Ces robots peuvent aussi fonctionner dans les entrepôts. Cela nécessite cependant une organisation adaptée et des hauteurs de stockage compatibles avec les capacités d’analyse d’image. L’interview complète de David Philippe sur le salon : IBM Smart Green Pallet : traçabilité et IoT pour la logistique Environ 300 millions de palettes circulent en Europe, avec une durée de vie moyenne de 18 mois. Louis Pichon, responsable des activités retail chez IBM, indique que 15 à 18 % du stock de palettes disparaît chaque année. Soit par perte, soit par remplacement. Cette situation génère des coûts directs et des litiges entre les différents acteurs de la chaîne logistique. Patricia Cotte et Louis Pichon d’IBM consulting devant la Smart Green Pallet. Cette solution a été déployée chez Auchan. L’IBM Smart Green Pallet combine deux approches. D’une part, elle est fabriquée à partir de plastique 100 % recyclé provenant des poubelles jaunes. D’autre part, elle intègre des capteurs connectés en 4G qui transmettent trois types d’informations. La géolocalisation en temps réel, la température des produits transportés et les chocs subis durant le transport. Ces données permettent de suivre les palettes en permanence, de garantir le respect de la chaîne du froid et de documenter les litiges éventuels. Le fait d’avoir une géolocalisation des assets est très important pour les retailers, cela permet de mieux utiliser son stock, de limiter ses pertes et de limiter les litiges avec les différents acteurs de la chaîne logistique précise Louis Pichon. Les résultats sont mesurables : le taux de perte passe de 15-18 % à 1-2 %, avec un objectif de zéro perte à terme. IA et distribution : l’IA permet aussi d’améliorer la logistique. Photo du capteur développé par IBM consulting ci-dessus La solution est sortie de phase pilote en septembre 2024 et compte déjà 50 000 supports déployés chez Auchan sur le flux frais. IBM ne commercialise pas seulement une palette connectée, mais un écosystème complet : l’asset physique, le capteur IoT et la plateforme de gestion de données avec ses alertes. L’entreprise vise 200 à 300 000 capteurs déployés en 2025, puis un doublement l’année suivante. Des discussions sont en cours avec des retailers américains pour des pilotes en 2026. L’interview complète de Louis Pichon sur le salon : XXII : analyse vidéo et IA pour comprendre les flux clients Les e-commerçants analysent chaque clic, chaque parcours, chaque hésitation de leurs visiteurs. Le commerce physique disposait jusqu’à présent d’études comportementales ponctuelles, coûteuses et réalisées sur des échantillons restreints. Alexandre Boutillon, Head of Growth chez XXII, explique que la « computer vision » permet désormais d’analyser les flux clients en masse et en continu, sur l’ensemble des points de vente. XXII, entreprise française spécialisée dans l’analyse vidéo en temps réel, se positionne comme un collecteur et agrégateur de données. La solution permet d’utiliser les caméras déjà installées dans les magasins et applique des algorithmes d’IA pour analyser les déplacements, identifier les zones de forte affluence, mesurer les temps d’attente ou observer les interactions entre clients et vendeurs. L’entreprise ne produit que des données brutes et des métriques statistiques, laissant l’interprétation aux équipes métier qui connaissent leurs lieux de vente et leurs objectifs. Nous analysons les flux de masse pour obtenir des retours statistiques et des métriques adaptées au point de vente, plutôt que des données sorties d’une étude très spécifique dans un lieu donné précise Alexandre Boutillon. Le déploiement commence par un pilote sur un magasin test, qui permet de valider la solution et de préparer l’organisation interne du client. Cette phase demande souvent de créer des services data ou de former des experts capables d’exploiter les nouvelles informations. Une fois le pilote validé, la mise à l’échelle s’opère sur l’ensemble du réseau. XXII travaille avec des enseignes de toutes tailles : Carrefour pour l’optimisation des parcours clients et des interactions vendeurs, Iris Galerie avec sa centaine de points de vente dans le monde. L’interview complète d’Alexandre Boutillon sur le salon : Metreecs : IA prédictive pour l’optimisation des stocks Thibaut Pellegrin a expérimenté les limites des méthodes de prévision classiques lorsqu’il a cofondé Valespir, une entreprise de maroquinerie en cuir de pommes. En échangeant avec des professionnels du secteur, il a constaté que beaucoup d’entreprises utilisent des modèles statistiques simples : elles regardent l’année précédente et appliquent un pourcentage d’augmentation uniforme. Cette méthode ignore la fin de vie des produits, la saisonnalité, les tendances externes ou les ruptures de stock passées. Réduire les surstocks et diminuer les coûts Metreecs, une startup franco américaine très en vue, confondée par Thibaut, propose une solution d’anticipation de la demande basée sur l’IA. L’objectif est double : réduire le surstock pour diminuer les coûts, et réduire les ruptures pour augmenter le chiffre d’affaires. L’innovation consiste à prévoir au niveau le plus fin possible, c’est-à-dire par SKU (Stock Keeping Unit ou gestion d’unité des stocks) et par magasin. Cette granularité permet à chaque point de vente d’avoir un assortiment adapté à sa réalité locale. Tous nos clients doivent prévoir de petites quantités sur les magasins et se baser sur un réseau de distribution très complexe. La grande nouveauté avec Metreecs, c’est la capacité de prévoir au niveau SKU, magasin, ce qui permet d’avoir un assortiment juste explique Thibaut Pellegrin. Les modèles de machine learning intègrent désormais beaucoup plus de facteurs qu’avant : météo pour le retail physique, tendances de recherche Google pour l’e-commerce, événements locaux, historique détaillé des ruptures de stock. 1 million de CA supplémentaire en un an Les résultats chez Les Néréides, client historique de Metreecs, illustrent le potentiel de la solution : la reconstitution des ruptures sur les produits permanents a généré plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire en un an. Un produit performant qui a manqué dans de nombreux magasins représente un manque à gagner invisible dans les tableurs Excel, mais que l’IA détecte et quantifie. Metreecs accompagne aujourd’hui Benetton en Italie, Anne Fontaine ou Maison-la-Biche en France. L’entreprise, initialement positionnée sur la mode et la bijouterie, étend son offre vers d’autres secteurs : pétrochimie, agroalimentaire, chocolaterie. Elle propose deux formules : une solution SaaS standardisée pour la suggestion et l’optimisation logistique, et un service sur mesure qui adapte les modèles d’IA aux besoins spécifiques de clients ayant des contraintes particulières. L’interview complète de Thibaut Pellegrin sur ce thème de l’IA et de la distribution : IA et distribution : des solutions opérationnelles Ces quatre innovations partagent plusieurs caractéristiques. Elles répondent toutes à des besoins concrets du terrain et s’appuient sur des dispositifs connus : caméras de surveillance pour XXII, palettes en circulation pour IBM, systèmes d’inventaire et ERP pour Brain Corp, données historiques pour Metreecs. Ces solutions produisent ensuite un retour sur investissement mesurable : réduction de la démarque inconnue, diminution des pertes de palettes, optimisation des stocks, augmentation du chiffre d’affaires. Enfin, elles ne nécessitent pas de refonte complète des organisations, mais demandent une adaptation progressive des équipes. Ces solutions IA résolvent des problèmes opérationnels concrets du secteur de la distribution. La robotique autonome libère les équipes des tâches répétitives d’inventaire. L’IoT appliqué aux palettes réduit les pertes et sécurise la chaîne du froid. L’analyse vidéo (computer vision) fournit aux retailers physiques des données comparables à celles du e-commerce. L’IA prédictive remplace les approximations statistiques par des prévisions intégrant de multiples facteurs. Ces solutions sont pour certaines déjà déployées à grande échelle et démontrent leur efficacité sur des cas d’usage variés. En conclusion, ces solutions industrielles témoignent de la maturité croissante de l'IA. Si elles ne font pas forcément la une des journaux ou ne sont pas au cœur des conversations familiales, et suscitent moins d'engouement que l'IA générative, leurs retombées sont indéniablement plus tangibles et concrètes. The post IA : 4 innovations concrètes pour la distribution appeared first on Marketing and Innovation.

    Copywriting et IA : entre disruption et humanité

    Play Episode Listen Later Nov 20, 2025 62:35


    L'ère de l'IA générative a bouleversé de nombreux métiers, et le copywriting figure en première ligne de cette transformation. Entre enthousiasme initial et désillusion, où se situe la vérité ? Sélim Niederhoffer est l'auteur du best-seller Le guide du copywriting vendu à plus de 15 000 exemplaires. Eyrolles vient de publier une nouvelle édition enrichie de cet ouvrage avec 80 pages inédites. Fort des questions de centaines de copywriters formés depuis 2021, le livre offre un regard lucide sur l'avenir du copywriting à l'ère de l'IA. Lors d'un webinaire organisé par Visionary Marketing, il a exploré la réalité du métier face aux outils génératifs. Il y a détaillé les nouvelles compétences requises et la valeur irremplaçable de la créativité humaine malgré l'automatisation. Voici un résumé commenté de ce webinaire que vous pourrez découvrir en intégralité sur notre chaîne vidéo ou en podcast. Copywriting et IA : entre disruption et humanité Le copywriting et l’IA, une relation à la « je t’aime, moi non plus ». Sur fond de disruption et de résistance de l’humanité. image produite avec Midjourney Un best-seller qui se réinvente pour 2025 Le succès du Guide du copywriting ne doit rien au hasard. Avec près de 500 commentaires sur Amazon et des dizaines de milliers de lecteurs conquis, l'ouvrage s'est imposé comme la référence francophone sur le sujet. Sélim Niederhoffer identifie trois facteurs clés de ce succès. D'abord, la qualité intrinsèque du contenu, saluée massivement par les lecteurs. Ensuite, un timing parfait. La sortie en mars 2021, en plein troisième confinement, alors que de nombreux professionnels aspiraient à se reconvertir. Par ailleurs, le marché français ne proposait aucune véritable référence récente en librairie. Enfin, une approche pédagogique unique où chaque chapitre constitue une méthode concrète applicable immédiatement. Pour cette édition 2025, l'auteur a mené un travail de fond considérable. Il confie avoir d'abord relu intégralement la première version. Cela lui a permis d'éliminer ce qui n'était plus pertinent dans le contexte actuel. Par ailleurs, le livre s’est enrichi de 80 pages nouvelles intégrant cinq années de pratique professionnelle intensive. Parmi les ajouts majeurs figure naturellement un chapitre consacré à l’intelligence artificielle. À cela on ajoutera le copywriting des réseaux sociaux, et un approfondissement sur comportements consommateurs et parcours d’achat. Il reconnaît avoir sous-estimé ce dernier critère en 2021. Selon Sélim Niederhoffer, malgré l’entrée dans une ère de l’automatisation avec l’IA générative, le copywriting reste une affaire d’humains. Illustration produite avec Midjourney La philosophie du partage à l’ère numérique Une décision éditoriale important mérite qu’on y prête attention. Sélim a choisi de révéler l’architecture idéale pour une page produit qu’il enseignait jusqu’alors uniquement dans ses formations payantes. Cette approche suscite naturellement l’interrogation : pourquoi offrir ce qui constituait un avantage concurrentiel ? Sa réponse traduit une vision profondément démocratique de la connaissance. Il explique adopter une approche républicaine du savoir. Il souhaite que chacun puisse accéder aux ressources nécessaires pour lancer son activité. Particulièrement ceux qui, comme lui autrefois, ne viennent pas d’un milieu familiarisé avec le langage du business. Cette philosophie du partage s’inscrit dans une réflexion plus large sur la circulation des idées. Sélim Niederhoffer n’ignore pas que son ouvrage fait l’objet de piratage sur diverses plateformes illégales, mais refuse de s’en offusquer. Il y voit une forme de validation et se souvient avoir, à ses débuts, eu recours au téléchargement illégal de musique par manque de moyens, avant d’investir massivement dans des places de concert. Cette réciprocité différée lui semble incarner l’essence même des échanges humains. Il fait référence au concept anthropologique du don et du contre-don. Celui-ci a été théorisé par Marcel Mauss dès 1905, rappelant que ces mécaniques psychologiques transcendent les époques. Pour Marcel Mauss le don/contre-don est une forme de contrat social, basé sur la réciprocité, pour appartenir à une société. Mais le don/contre-don a aussi une logique économique (laquelle est loin d'être uniquement basée sur l'utilitarisme) SI & Management (Pr Bernard FALLERY) Selon Sélim, « un jeune de 20 ans qui pirate aujourd’hui son livre pourrait devenir un collaborateur dans dix ans ». Pour lui, la valeur réside moins dans le contrôle que dans la dissémination des connaissances. Pour corroborer ses dires, nous avons cité l'exemple emblématique de Seth Godin. Celui-ci, en 1999, offrit gratuitement son livre Unleashing the Ideavirus. Pourtant il sa version commerciale resta au sommet des ventes Amazon pendant cinq années consécutives. Ce livre est toujours disponible gratuitement sur le site de Visionary Marketing, et cela vous donnera peut-être l'envie de l'acheter. L’irruption de l’IA : entre vertige et adaptation L’arrivée de ChatGPT et des intelligences artificielles génératives a provoqué une onde de choc dans l’écosystème du copywriting. Sélim Niederhoffer décrit avec franchise ce parcours émotionnel collectif. D’abord le vertige face à un outil générant du texte à une vitesse surhumaine, puis une réelle inquiétude professionnelle. Celle-ci s’est matérialisée par une baisse de 30% des missions disponibles sur les plateformes de free-lance. Cette statistique, que nous n’avons pas pu confirmer formellement semble cependant en phase avec nos observations du terrain. Du moins dans certains secteurs comme la conception, le design et le marketing. Ceci tendrait à montrer, l’impact des nouvelles avancées technologiques sur certains pans du marché du travail indépendant. Après les mots magiques, le copywriting pour vendre mieux, le best-seller de Sélim Niederhoffer Pourtant, après ce moment de flottement, une troisième phase s’est dessinée : l’apprentissage d’une utilisation intelligente de ces outils. Niederhoffer partage sa méthodologie personnelle qui illustre parfaitement cette complémentarité homme-machine. Il commence toujours par un travail de conception analogique, stylo et papier en main, élaborant son plan, structurant ses idées, définissant sa stratégie. Ce n’est qu’ensuite qu’il sollicite l’IA comme un « sparring partner créatif », lui demandant d’améliorer une accroche (« hook »), de raccourcir une formulation, d’ajouter du rythme ou de la musicalité à un passage. La conception stratégique : l’irremplaçable humain À l'inverse du vocable de copywriting, son équivalent français de concepteur-rédacteur révèle une vérité fondamentale souvent occultée dans les débats sur l’automatisation : avant la rédaction vient la conception. L’idée, la stratégie, le positionnement créatif ne peuvent émerger ex nihilo d’une IA. Sélim insiste sur ce point crucial : seul l’humain peut poser les bonnes questions, celles qui permettront à l’intelligence artificielle de générer des réponses pertinentes. Sans maîtrise de concepts fondamentaux comme la pyramide de Maslow, les Life Force 8 de Drew Eric Whitman, ou le SONCAS (ou SONCASE si on y ajoute l'environnement) sur les motivations d’achat, impossible de solliciter efficacement l’IA. Cette réalité se résume dans l’adage américain qu’il cite : « You don’t know what you don’t know » – on ne sait pas ce qu’on ne sait pas. On aurait pu citer Socrate également, les vérités les plus profondes sont souvent éternelles. Ainsi, un utilisateur qui ignore l’existence du SONCAS ne peut demander à ChatGPT de construire une séquence d’emails respectant chaque élément de cette grille d’analyse. La formation, loin de perdre sa pertinence, devient au contraire le socle indispensable pour tirer parti de ces outils. D’ailleurs, Sélim constate que tous ses clients du CAC 40 lui demandent désormais d’intégrer la maîtrise de l’IA à ses formations en copywriting, preuve que les grandes organisations reconnaissent l'importance de cette complémentarité. La valeur ajoutée du copywriter face au client Une question légitime se pose néanmoins : si le client ne connaît ni la pyramide de Maslow ni le SONCAS, pourquoi paierait-il pour une expertise dont il ne perçoit pas la valeur ? Sélim Niederhoffer reconnaît la complexité de cet enjeu commercial. La situation varie considérablement selon la maturité du client. Un jeune entrepreneur lancé dans le dropshipping, armé de tutoriels YouTube sur l’automatisation et d’outils low-code comme Lovable pour créer son site Shopify, ne se posera pas immédiatement la question de la qualité éditoriale. Son point focal restera le retour sur investissement à court ou très court terme. En revanche, deux barrières psychologiques persistent chez tout client potentiel, même armé d'IA. Premièrement, l'incertitude quant à ses propres capacités : il doute de savoir évaluer la qualité de ce que produit ChatGPT et préfère s'en remettre à un professionnel de l'écriture et de la communication. Deuxièmement, et peut-être plus déterminant, le manque d'envie ou de temps. Même avec l'IA qui facilite grandement le processus, créer du contenu de qualité demeure chronophage et exigeant. Ces deux facteurs garantissent la pérennité du métier, même si le volume global de missions diminue structurellement. Le texte survivra-t-il à la dictature de l'image ? Face à la surenchère visuelle des plateformes sociales et à l’efficacité apparente des contenus vidéo, d’aucuns prophétisent la mort du texte. Sélim Niederhoffer réfute cette idée avec des arguments historiques et pratiques. Il rappelle que depuis les années 1960 et la révolution créative de Bill Bernbach chez DDB, le métier s’est organisé en binômes complémentaires : le copywriter pour les mots, le directeur artistique pour le visuel. Cette complémentarité n’a jamais signifié la subordination de l’un à l’autre. Plus encore, le texte conserve une puissance intrinsèque indéniable. La preuve la plus éclatante reste cette publicité légendaire de Martin Conroy pour le Wall Street Journal, composée exclusivement de texte, qui raconte l’histoire de deux hommes au parcours identique dont l’un devient patron d’usine et l’autre simple manager intermédiaire. La différence ? L’un lit le Wall Street Journal. Cette page de vente, considérée comme la plus rentable de l’histoire publicitaire, a tourné pendant 29 années consécutives, générant des millions de dollars de revenus. Elle ne fut remplacée que lorsqu’une variante parvint enfin à surpasser ses performances. Niederhoffer confirme par ailleurs que ses propres tests démontrent l’efficacité persistante des publications textuelles sur LinkedIn, malgré les algorithmes favorisant la vidéo. Les mots déclenchent toujours des guerres, on le déplore, mais on ne peut nier leur impact, comme l'a démontré la fameuse dépêche d'EMS. Les mots fédèrent aussi des mouvements, construisent des idéologies. Dans le commerce, le choix même d’un vocabulaire n’est pas anodin : en B2B on recherche la rationalité et l’investissement, en B2C le plaisir et l’émotion. Le mot, loin d’être mort, conserve pleinement son pouvoir d’influence. L’IA peut-elle maîtriser la psychologie humaine ? À ce stade de la discussion, une interrogation s'impose à nous. Les intelligences artificielles (le pluriel sied mieux), nourries de millions d’œuvres littéraires, de chansons, de scénarios cinématographiques et d’analyses psychologiques, peuvent-elles égaler voire surpasser l’humain dans la compréhension des mécanismes émotionnels ? Niederhoffer répond avec honnêteté : probablement oui, à terme. Leur base d'entraînement dépassant infiniment les capacités humaines individuelles, elles excellent déjà dans les diagnostics médicaux avec un taux de réussite de 95% selon Microsoft (même si l'INSERM nuance ce résultat). Les signaux actuels confirment cette trajectoire. Sam Altman, patron d’OpenAI, révèle que les utilisations de ChatGPT pour des conseils psychologiques et relationnels représentent une part considérable du trafic. Sélim Niederhoffer, fort de dix années passées dans le coaching en séduction, constate que tout son contenu a été digéré par ces systèmes, rendant accessible gratuitement ce qui nécessitait auparavant un accompagnement humain payant. Le scénario du film Her, où un homme tombe amoureux de son assistant vocal, ne relève plus de la pure science-fiction. D’ailleurs, le fait que le patron d'OpenAI soit explicitement fan de ce film et cherche à en reproduire la vision nous interpelle profondément. Faut-il encore devenir copywriter en 2025 ? La question se pose légitimement aux étudiants et professionnels en reconversion : ce métier n’est-il que le futur ex-métier d’avenir ? Sélim Niederhoffer, tout en reconnaissant les transformations profondes, maintient une vision optimiste et nuancée. Le besoin d’écrire pour vendre persistera, selon lui, même si l’appellation « copywriter » devra sans doute évoluer. D’ailleurs, auprès des artisans locaux avec lesquels il travaille, il ne se présente jamais ainsi, préférant des formulations plus accessibles comme communication ou écriture pour vendre. Il envisage d’ailleurs de décliner son expertise en une série de six ouvrages ciblés par secteur professionnel, abandonnant peut-être le terme copywriting au profit de titres plus explicites comme Écrire pour vendre pour les startups, pour les artisans, pour les coachs et consultants. Cette réflexion se nourrit aussi du succès relatif de son second livre Les Mots magiques en comparaison du Guide du Copywriting. Ceci l’a amené à questionner la force des promesses éditoriales. Une liste de mots suscite moins d’intérêt qu’un guide complet, surtout à l’ère où l’IA excelle dans la génération de listes. Quant aux jeunes souhaitant se former, Sélim Niederhoffer leur recommande de revenir aux fondamentaux. Comprendre ce qu’est une offre, maîtriser l’étude concurrentielle, analyser en profondeur le marché et surtout, développer une compréhension psychologique fine des clients… Cette focalisation sur les besoins humains des entreprises et la résolution de problèmes constitue le socle pérenne du métier. L’entrepreneuriat, au fond, consiste à créer de la valeur en aidant des personnes humaines. Cette vérité transcende les évolutions technologiques. Nous ne pouvons qu'être d'accord avec Sélim sur ce point. L’humain au cœur du copywriting Selon notre invité, le copywriting à l’ère de l’IA n’est ni l’apocalypse professionnelle redoutée ni l’eldorado technologique espéré. Il s’agit d’une transformation qui redistribue les cartes sans pour autant remettre les compteurs à zéro. Les tâches mécaniques et répétitives migrent vers l’automatisation, libérant les copywriters pour ce qu’ils font de mieux. Concevoir des stratégies, comprendre les aspirations humaines, créer des connexions émotionnelles authentiques. La vraie « disruption » ne viendra donc pas de l’IA remplaçant les humains, mais des professionnels sachant harmoniser leur créativité native avec la puissance computationnelle de ces outils. Comme le souligne Sélim, les copywriters travaillent avec des humains, pour des humains. Le copywriting de demain appartiendra à ceux qui sauront « danser avec l’IA », tout en restant profondément, irréductiblement humains. Acheter le Guide du copywriting version 2025 The post Copywriting et IA : entre disruption et humanité appeared first on Marketing and Innovation.

    La transition écologique entrepreneuriale, comme différenciation

    Play Episode Listen Later Nov 17, 2025 65:14


    La transition écologique entrepreneuriale oblige à concilier performance économique et engagement environnemental. Ce qui n’est pas facile. Dans un contexte économique très difficile, la question de la survie entrepreneuriale prend une dimension nouvelle. Ces interrogations, loin d’être un dilemme, constituent aujourd’hui l’une des clés de la réussite durable selon Thomas Burbidge. Entrepreneur spécialisé dans l’accompagnement des indépendants et auteur du livre « Sauver sa peau, sa boîte et la planète » publié chez Eyrolles, il nous distille ici ses conseils. Ce billet est le résumé d’un webinaire qui a eu lieu le 14 novembre sur LinkedIn. Vous en trouverez la vidéo en fin d’article. La transition écologique entrepreneuriale, aller au-delà de l’impératif moral La transition écologique entrepreneuriale est un élément de différenciation qui peut elle aussi emmener l’entrepreneur vers les sommets. image antimuseum.com Dans son livre Thomas démontre que l’engagement écologique représente désormais un levier stratégique incontournable. Selon lui, il est possible de réussir sa transition écologique entrepreneuriale et d’assurer la pérennité de son entreprise. À travers son podcast « Young, White & Freelance » et ses accompagnements, Thomas a observé plus de 10 000 entrepreneurs. Ceux-ci sont confrontés à une double exigence. Maintenir son activité à flot tout en répondant aux enjeux environnementaux. Son approche pragmatique révèle comment transformer cette apparente contrainte en véritable opportunité de différenciation et de croissance durable. Pour Thomas Burbidge il n’y a pas de sens à choisir entre entrepreneuriat et environnement. Image produite avec Midjourney L’entrepreneur face à l’urgence écologique : entre conscience et impuissance L’observation du terrain révèle un paradoxe frappant chez les entrepreneurs d’aujourd’hui. Thomas Burbidge identifie une déconnexion troublante entre la conscience écologique et l’action quotidienne. Cette fracture s’exprime particulièrement dans les entreprises de services où l’impact environnemental semble moins visible que dans l’industrie manufacturière. « Je voyais beaucoup chez nos clients une espèce de déconnexion. D'un côté, j’ai mon entreprise, j’ai mon quotidien, j’ai mes clients, je facture, je réalise mes prestations. Et de l’autre côté, j’ai cette espèce de frustration de me dire l’écologie, c’est un sujet qui me touche. Je vois à quel point c’est la cause ultime qui fait que notre espèce humaine risque de disparaître à terme ». Les solopreneurs impuissants face aux géants industriels Cette dichotomie s’explique par un sentiment d’impuissance particulièrement prégnant chez les solopreneurs. Face aux géants industriels, l’entrepreneur individuel éprouve souvent l’impression de ne pouvoir « faire aucune différence ». Cette perception erronée constitue l’un des principaux obstacles à l’engagement dans une véritable transition écologique entrepreneuriale. « Je ne suis qu’un entrepreneur tout seul derrière son ordinateur. J’ai mon carnet de commandes, je ne suis pas une multinationale. Je ne peux pas renverser un marché tout entier. Je fais de la prestation de services. J’ai l’impression que je ne peux faire aucune différence ». Repenser l’entrepreneuriat : au-delà du fantasme de l’enrichissement L’analyse de Thomas Burbidge souligne que l'entrepreneuriat est trop souvent présenté comme un « véhicule d’enrichissement personnel ». Cela a créé des attentes irréalistes déconnectées de la réalité économique. Cette vision réductrice entrave paradoxalement la capacité d’innovation nécessaire à une transition écologique entrepreneuriale réussie. « Les statistiques ne vont pas dans le sens de cette vision idyllique. Un entrepreneur sur deux au bout de deux ans met la clé sous la porte parce qu’il n’a pas réussi à trouver le modèle de rentabilité juste pour payer ses factures et satisfaire ses besoins primaires personnels ». Cette réalité du terrain, où les entrepreneurs peinent parfois simplement à « faire rentrer l’argent qu’il me faut pour payer mon loyer, pour payer ma nourriture », explique en partie la difficulté à intégrer des préoccupations écologiques perçues comme secondaires. Pourtant, c’est justement dans cette fragilité économique que réside l’opportunité de différenciation par l’engagement environnemental. L’écologie comme stratégie de résilience d’entreprise Thomas Burbidge tente de reconnecter les enjeux écologiques avec la survie même de l’entreprise. Citant les travaux de Timothée Parique, il rappelle une vérité fondamentale souvent occultée dans notre économie dématérialisée. « 100 % de nos entreprises et de notre économie dépendent de la disponibilité de ressources naturelles. Tout ce qu’une entreprise construit, que ce soit du service ou du produit prend racine dans une ressource naturelle ». Cette dépendance, invisible dans notre économie numérique, crée une vulnérabilité structurelle majeure. Un ordinateur portable, symbole de notre économie dématérialisée, représente « 850 kg de matières premières, de métaux rares, de cuivre, de plastique qui vient du pétrole[1] ». Ces ressources, non renouvelables à l’échelle humaine, constituent les fondations fragiles sur lesquelles reposent nos modèles économiques. Thomas Burbidge établit ainsi un lien direct entre préservation des ressources et pérennité entrepreneuriale. Il positionne la transition écologique entrepreneuriale comme une nécessité stratégique plutôt qu’une contrainte morale. Le pouvoir unique de l’entrepreneur dans la transformation écologique L’entrepreneur occupe une position stratégique unique dans l’écosystème économique, particulièrement favorable à l’impulsion d’une transition écologique entrepreneuriale efficace. Thomas Burbidge identifie cette singularité comme un avantage concurrentiel décisif. « L’entrepreneur se situe à la jonction entre les deux. J’ai la flexibilité, l’agilité qui me permet de changer mon offre pour qu’elle prenne en considération les enjeux écologiques. Mais j’ai aussi la main sur la demande. En effet, je suis aussi une personne qui consomme autant pour moi que pour la vie de mon entreprise ». Cette double influence sur l’offre et la demande confère aux entrepreneurs un levier d’action particulièrement puissant. À cela s’ajoute leur « compétence médiatique », leur capacité à « créer du contenu, diffuser des idées. Ils peuvent fédérer des personnes dans des communautés », autant d’outils essentiels pour accélérer les transformations sociétales. L’entrepreneur devient ainsi un « pollinisateur » d’idées, diffusant les bonnes pratiques « d’entreprise en entreprise » grâce à son parcours professionnel diversifié. Cette capacité de dissémination place la transition écologique entrepreneuriale au cœur des dynamiques d’innovation sociétale. De l’impact direct à l’impact potentiel : une grille d’analyse pragmatique Pour orchestrer une transition écologique entrepreneuriale efficace, Thomas Burbidge propose une grille d’analyse en trois niveaux d’impact. L’impact direct correspond aux ressources directement consommées par l’activité. L’impact indirect concerne les comportements induits par la solution créée. Enfin, l’impact potentiel évalue les changements de comportement générés chez les utilisateurs. L’exemple du développement de sites web illustre parfaitement cette approche systémique selon Thomas. Au-delà de la consommation électrique (impact direct) et de l’hébergement permanent des données (impact indirect), la finalité du site web détermine son impact potentiel global. « Le but, ce n’est pas que chaque individu devienne un surhomme, parfait sur toute la ligne écologique, mais c’est de se demander c’est quoi le rôle que j’ai envie de jouer et pour lequel j’ai les bonnes compétences et les bonnes appétences pour contribuer à la lutte contre le changement climatique ». Cette approche permet d’éviter le piège de la culpabilisation individuelle tout en maintenant une exigence d’analyse critique, condition sine qua non d’une transition écologique entrepreneuriale authentique et durable. L’économie régénérative : vers un nouveau paradigme entrepreneurial Thomas introduit aussi dans son livre le concept d’économie régénérative, que nous avons déjà abordé avec Navi Radjou dans ces colonnes, comme dépassement des limites actuelles de la transition écologique entrepreneuriale. Contrairement aux approches purement défensives, cette vision transforme l’entreprise en acteur de régénération des ressources dont elle dépend. L’exemple de Papa Outang, entreprise de pâte à tartiner qui finance la préservation de la forêt de Bornéo, illustre selon l'auteur cette approche originale. « L’objectif de l’entreprise est de protéger l’intégralité de la forêt tropicale à Bornéo. Et c’est l’objectif de l’entreprise, la raison même de son existence. La vente de pâte à tartiner est l’excuse pour générer les fonds pour racheter la forêt en vue de la protéger ». Cette révolution conceptuelle repositionne l’entreprise comme solution plutôt que comme problème, créant un cercle vertueux où croissance économique et régénération environnementale se renforcent mutuellement. Elle ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour une transition écologique entrepreneuriale véritablement transformatrice. Premiers pas vers l’action : conseils pratiques Pour l’entrepreneur prêt à franchir le pas de la transition écologique entrepreneuriale, Thomas Burbidge recommande de commencer par cartographier les dépendances aux ressources naturelles. Dans le secteur numérique, cela peut se traduire par une démarche d’autonomie énergétique ou l’adoption systématique du matériel reconditionné. L’auteur insiste particulièrement sur l’importance d’une approche progressive, adaptée aux moyens et au contexte de chaque entrepreneur. « On part tous et toutes d’un endroit différent et l’idée, c’est d’y aller étape par étape, petit à petit, mais de plus en plus fort. Donc chacun son chemin et je pense que c’est important qu’on célèbre le fait que tout le monde s’engage sur ce chemin plus que le fait d’arriver au bout du chemin ». Cette philosophie du progrès continu a pour but d'éviter l’écueil du perfectionnisme paralysant tout en maintenant l’exigence d’amélioration constante, pierre angulaire d’une transition écologique entrepreneuriale réussie selon Thomas. L’anticipation comme avantage concurrentiel Au-delà de l’impact environnemental positif, Thomas Burbidge met en évidence la dimension stratégique de l’engagement précoce dans une transition écologique entrepreneuriale. Les entreprises qui développent dès aujourd’hui ces compétences se positionnent favorablement pour les défis de demain. « Quoiqu’il arrive, le monde va aller dans ce sens, il y a un moment donné où malheureusement on sera si proche du précipice que tout le monde va s’exciter dans tous les sens pour essayer de trouver des solutions. Les personnes qui dès maintenant les maîtrisent, qui les mettent en place sans plus attendre, qui les explorent auront vraiment beaucoup de travail dans l'avenir ». Impératif moral vs différenciation stratégique L’approche développée par Thomas Burbidge dans « Sauver sa peau, sa boîte et la planète » démontre que la transition écologique entrepreneuriale n’est pas seulement un impératif moral, mais une stratégie de différenciation et de résilience économique. En repositionnant l’entrepreneur comme acteur central de la transformation sociétale, l’auteur ouvre de nouvelles perspectives pour concilier performance économique et impact environnemental positif. Trois leviers identifiés Les trois leviers identifiés – transformation de l’entreprise, évolution du mode de vie et engagement citoyen – offrent un cadre d’action complet pour les entrepreneurs désireux de s’engager dans cette voie. L’exemple des entreprises régénératives illustre le potentiel transformateur de cette approche, où l’activité économique devient un moyen de résoudre les défis environnementaux plutôt que de les aggraver. Pour les entrepreneurs d’aujourd’hui, la question n’est plus de savoir s’il faut s’engager dans une transition écologique entrepreneuriale, mais comment le faire efficacement. L’analyse de Thomas Burbidge fournit les outils conceptuels et pratiques pour transformer cette nécessité en occasion favorable, créant ainsi les conditions d’un entrepreneuriat véritablement durable et porteur de sens. Dans un monde où les défis environnementaux s’intensifient, les entrepreneurs qui sauront maîtriser les codes de la transition écologique entrepreneuriale détiennent les clés de la réussite future. Ils ne se contenteront pas de survivre aux mutations en cours : ils en seront les architectes. Acheter -> Sauver sa peau, sa boîte et la planète Pour approfondir vos connaissances Pour approfondir cette réflexion, nous vous invitons à découvrir d’autres analyses sur Visionary Marketing, notamment nos articles sur l’innovation responsable et les nouveaux modèles économiques régénératifs. Notes [1] Nos recherches n'ont pas permis de confirmer ce chiffre de 850 kg. Mais on comprend bien que l'impact de la construction d'un ordinateur n'est pas neutre. Il est probablement moindre, cependant, que celui de la fabrication d'une voiture, fusse-t-elle électrique. À ce titre, un ordinateur portable génère environ 330 kg CO₂eq sur son cycle de vie, soit 19 fois moins qu’une voiture électrique (6,2 tonnes CO₂eq rien qu’à la fabrication) (The Restart Project, Circular Computing, UFC Que Choisir, HelloCarbo). The post La transition écologique entrepreneuriale, comme différenciation appeared first on Marketing and Innovation.

    Formeazy facilite le coaching des solopreneurs

    Play Episode Listen Later Nov 3, 2025 17:24


    Le nombre de solopreneurs explose en France et ils sont nombreux à avoir besoin de coaching. En même temps que ces créations d'entreprises se font plus nombreuses, la pérennité des entreprises créées ne cesse en effet de décliner. Face à ce constat, une plateforme innovante émerge depuis l'océan Indien pour apporter des solutions concrètes aux … The post Formeazy facilite le coaching des solopreneurs appeared first on Marketing and Innovation.

    Rédaction Web : les mots peuvent encore être magiques

    Play Episode Listen Later Oct 27, 2025 68:14


    L'intelligence artificielle prétend révolutionner la rédaction Web, et pourtant la valeur des mots n'a jamais été aussi importante. Sélim Niederhoffer, formateur en copywriting et auteur à succès avec plus de 14 000 exemplaires vendus pour son Guide du Copywriting, vient de publier un nouvel ouvrage chez Eyrolles. Celui-ci est intitulé Les Mots Magiques. Cette question … The post Rédaction Web : les mots peuvent encore être magiques appeared first on Marketing and Innovation.

    La boîte à outils du marketing digital 3e édition

    Play Episode Listen Later Oct 22, 2025 60:18


    Avec plus de 15 000 exemplaires vendus, La Boîte à outils du marketing digital s'impose comme une référence incontournable. Pour cette troisième édition chez Dunod, Stéphane Truphème et Philippe Gastaud ont entièrement revu leur ouvrage pour intégrer les transformations induites par l'IA. Cette nouvelle édition propose 57 outils clés enrichis de packs de prompts pour … The post La boîte à outils du marketing digital 3e édition appeared first on Marketing and Innovation.

    Économie régénérative : un modèle pour la France

    Play Episode Listen Later Oct 21, 2025 21:44


    L'économie régénérative constitue aujourd'hui un enjeu majeur pour l'avenir de nos sociétés et de notre planète. Au-delà des concepts théoriques, cette approche commence à prendre racine dans les territoires français. Elle est portée par des entrepreneurs et des entreprises engagées. Navi Radjou, expert en innovation frugale et auteur de référence sur l'économie Jugaad, nous livre sa … The post Économie régénérative : un modèle pour la France appeared first on Marketing and Innovation.

    Les tendances de la communication en 2025

    Play Episode Listen Later Oct 6, 2025 6:28


    Quelles sont les tendances de la communication en cette fin 2025 ? Le métier de communicant traverse une mutation sans précédent. Intelligence artificielle, paysage médiatique fragmenté, fake news, défis réglementaires : les nuages s'accumulent à une vitesse vertigineuse. Comment garder le cap dans cette tempête et anticiper plutôt que subir ? Nous sommes heureux d'annoncer … The post Les tendances de la communication en 2025 appeared first on Marketing and Innovation.

    La bulle de l’IA va-t-elle bientôt éclater ?

    Play Episode Listen Later Oct 1, 2025 40:21


    La bulle de l'IA va-t-elle éclater ou l'IA générative est-elle là pour durer ? Le secteur de l'intelligence artificielle connaît une euphorie financière sans précédent. Pourtant, la situation demeure très confuse. Les investissements dans l'IA atteignent des sommets vertigineux. Citons la levée de fonds de 40 milliards de dollars d'OpenAI avec une valorisation de 300 … The post La bulle de l'IA va-t-elle bientôt éclater ? appeared first on Marketing and Innovation.

    IA et Marketing B2B, hâtons-nous lentement !

    Play Episode Listen Later Sep 17, 2025 21:36


    En matière d'IA et de marketing B2B, on vous le répète tous les jours, il faut aller vite de peur d'être dépassé par la technologie… mais mieux encore, il faut se hâter lentement pour reprendre la devise du fondateur de l'empire romain. Dans ce billet publié sur le blog de Zenbaia, et dont vous trouverez … The post IA et Marketing B2B, hâtons-nous lentement ! appeared first on Marketing and Innovation.

    Qu’est-ce qu’une bonne musique de pub ?

    Play Episode Listen Later Sep 16, 2025 24:39


    Qu'est-ce qui fait qu'une musique de pub est véritablement bonne ? Dans un monde où les formats publicitaires évoluent constamment et où l'intelligence artificielle commence à s'immiscer dans la création musicale, nous avons souhaité explorer ces transformations avec un professionnel aguerri du secteur. Frédéric Schumann, compositeur et arrangeur diplômé des conservatoires de Metz et Strasbourg, … The post Qu'est-ce qu'une bonne musique de pub ? appeared first on Marketing and Innovation.

    L’IA sonne-t-elle le glas des développeurs IT ?

    Play Episode Listen Later Sep 12, 2025 27:53


    L'intelligence artificielle et les développeurs sont-ils des partenaires naturels ou l'IA représente-t-elle au contraire une menace existentielle pour l'avenir des programmeurs ? Alors que les modèles d'intelligence artificielle gagnent en sophistication, de nombreuses interrogations émergent concernant l'évolution du métier de développeur. L'IA va-t-elle effectivement remplacer intégralement les programmeurs, comme le prédisent Eric Schmidt et Dario … The post L'IA sonne-t-elle le glas des développeurs IT ? appeared first on Marketing and Innovation.

    Impact environnemental de l’IA décryptage par un expert

    Play Episode Listen Later Sep 4, 2025 81:04


    Les commentaires sur l'impact environnemental de l'IA oscillent souvent entre catastrophisme et technosolutionnisme. Mais où se situe la vérité ? Le 24 juillet 2025, jour symbolique du dépassement de la Terre, nous avons interrogé Yves Grandmontagne, fondateur et rédacteur en chef de DCMAG (Data Center Magazine), sur l'IA et son impact environnemental. Cette transcription commentée est … The post Impact environnemental de l'IA décryptage par un expert appeared first on Marketing and Innovation.

    Neurosciences et relation client

    Play Episode Listen Later Sep 3, 2025 17:54


    Les neurosciences, au-delà de l'effet de mode et de la fausse idée de manipulation qui leur est associée, peuvent jouer un rôle dans la relation et l'expérience client. À l'heure où l'intelligence artificielle domine les conversations marketing, Frédéric Canevet, Product Manager Software B2B chez Eloquant et fondateur de Conseilsmarketing.fr, nous rappelle l'importance de comprendre le … The post Neurosciences et relation client appeared first on Marketing and Innovation.

    Formation des entrepreneurs, une grosse marge de progression

    Play Episode Listen Later Aug 26, 2025 21:20


    En matière de formation des entrepreneurs, la France peut mieux faire. L'entrepreneuriat français traverse une période paradoxale. Jamais les créations d'entreprises n'ont été aussi nombreuses, pourtant leur pérennité ne cesse de décliner. Selon mon invité, cette équation troublante trouve ses racines dans notre approche de l'accompagnement entrepreneurial, trop souvent centrée sur les aspects techniques au … The post Formation des entrepreneurs, une grosse marge de progression appeared first on Marketing and Innovation.

    Tourisme responsable, le bénévolat cinq étoiles

    Play Episode Listen Later Aug 20, 2025 6:58


    Christopher Hill propose une alternative convaincante au surtourisme avec son entreprise de tourisme responsable, Hands-Up Holidays. Son approche démontre que les agences de voyage peuvent agir positivement plutôt qu'exploiter des lieux, des ressources et des personnes. De plus, son modèle de voyage solidaire remet en question l'idée selon laquelle luxe et responsabilité sociale ne peuvent … The post Tourisme responsable, le bénévolat cinq étoiles appeared first on Marketing and Innovation.

    IA, cette Formule 1 en hors-piste

    Play Episode Listen Later Jul 28, 2025 18:18


    Les chatbots dopés à l'intelligence artificielle générative bouleversent nos sociétés à une vitesse vertigineuse, et cela nous amène à nous poser la question fondamentale de savoir où va l'IA. Pour y répondre, on peut s'en remettre aux nombreux auteurs d'essais sur le sujet ou, au contraire, se tourner vers un homme de lettres qui manipule … The post IA, cette Formule 1 en hors-piste appeared first on Marketing and Innovation.

    Les consommateurs français et le marketing d’influence

    Play Episode Listen Later Jul 21, 2025 29:08


    L'univers de l'influence marketing continue d'évoluer, transformant les habitudes des consommateurs et redéfinissant les stratégies des marques. En 2025, comme chaque année, l'étude influence de Reech nous offre un éclairage précieux sur ces mutations. Cette neuvième édition se distingue cependant des précédentes par un focus inédit sur les consommateurs, après avoir scruté les créateurs de … The post Les consommateurs français et le marketing d'influence appeared first on Marketing and Innovation.

    La logistique, élément clé de la réussite en e-commerce

    Play Episode Listen Later Jul 18, 2025 31:00


    La logistique est un des piliers fondamentaux, sinon le plus important du e-commerce qui représente désormais 11 % de la totalité du commerce de détail. À l'issue des Trophées du e-commerce organisés par Colissimo en juin 2025, j'ai eu le plaisir de m'entretenir avec Jean-Yves Gras, directeur général du leader de la logistique e-commerce. Dans cette … The post La logistique, élément clé de la réussite en e-commerce appeared first on Marketing and Innovation.

    Zenabaia fait sortir les agents IA du laboratoire

    Play Episode Listen Later Jul 15, 2025 14:03


    Décidément, les agents IA étaient à l'honneur au BtoB Summit de 2025. Après Salesapps, je suis allé discuter avec notre confrère Philippe Guiheneuc. Celui-ci m'a expliqué les principes du nouveau projet Zenbaia d'Hervé Gonay. J'ai interviewé Philippe lors du BtoB Summit de juillet 2025, qui m'a décrit sa démarche concrète et pragmatique pour déployer ces … The post Zenabaia fait sortir les agents IA du laboratoire appeared first on Marketing and Innovation.

    Modern selling IA : 20 % à 50 % de gain de temps

    Play Episode Listen Later Jul 3, 2025 13:07


    l'IA transforme radicalement l'univers de la vente B2B et accélère la transition vers le « modern selling ». Ce BtoB Summit 2025 était sans aucun doute la plus belle édition à laquelle il nous a été donné d'assister depuis les débuts de cette franchise. J'ai eu la chance d'y retrouver Stéphane Renger, co-fondateur et directeur général de Salesapps. L'entreprise … The post Modern selling IA : 20 % à 50 % de gain de temps appeared first on Marketing and Innovation.

    Le vieil Internet est mort, vive le nouveau marketing digital

    Play Episode Listen Later Jul 1, 2025 9:34


    Si le « vieil » Internet donne de sérieux signes de fatigue, un nouveau marketing digital est cependant possible. Ce 1er juillet 2025 je me suis rendu à la journée Comundi dédiée au sujet « zéro click, comment rester visible sur Internet. J'ai répondu aux questions des organisateurs sur ce sujet dans un long billet que je vous … The post Le vieil Internet est mort, vive le nouveau marketing digital appeared first on Marketing and Innovation.

    IA générative : entre effet de mode et véritable révolution

    Play Episode Listen Later Jun 27, 2025 63:06


    L'IA générative est-elle un effet de mode ou une véritable « révolution« ? La révolution de l'IA fait couler beaucoup d'encre depuis l'avènement de ChatGPT, mais, derrière les discours marketing et les effets d'annonce, que se cache-t-il vraiment ? Pour décrypter cette transformation technologique majeure, j'ai eu le plaisir de recevoir deux experts reconnus du secteur : … The post IA générative : entre effet de mode et véritable révolution appeared first on Marketing and Innovation.

    Hôtellerie-restauration française : cap sur l’expérience client

    Play Episode Listen Later Jun 18, 2025 32:52


    Le secteur café-hôtellerie-restauration (CHR) français découvre enfin les enjeux de l'expérience client. Mais cette prise de conscience arrive-t-elle trop tard ? Analyse d'un secteur en pleine mutation technologique. Le 19 mars dernier, au salon Food Hotel Tech de la Porte de Versailles, une conférence révélait l'ampleur d'un phénomène encore méconnu : l'irruption de l'expérience client dans le secteur … The post Hôtellerie-restauration française : cap sur l'expérience client appeared first on Marketing and Innovation.

    Prolétarisation numérique et IA : comment en sortir ?

    Play Episode Listen Later Jun 17, 2025 27:42


    La prolétarisation, nous expliquait le regretté Bernard Stiegler, c'est quand par facilité, on finit par ne plus rien comprendre au numérique, qui rythme pourtant nos journées. Si le philosophe se plaignait déjà du Web à ce sujet, L'IA générative nous fait progresser d'un énorme cran vers ce stade. Dans un monde où les données nous … The post Prolétarisation numérique et IA : comment en sortir ? appeared first on Marketing and Innovation.

    La chaîne de valeur numérique à l’ère de l’IA générative

    Play Episode Listen Later Jun 16, 2025 21:40


    Quelle est la chaîne de valeur du numérique et comment évolue-t-elle dans cette ère de l'IA générative ? Dans un monde où l'information surabonde, mais où le discernement fait parfois défaut, David Fayon nous livre une analyse percutante des transformations numériques en cours. Son dernier ouvrage « Informez-vous ! » offre une grille de lecture essentielle pour … The post La chaîne de valeur numérique à l'ère de l'IA générative appeared first on Marketing and Innovation.

    Le corpoworking : une solution de travail flexible innovante et prometteuse

    Play Episode Listen Later Jun 3, 2025 19:39


    Je pratique le corpoworking depuis 12 ans. Quand j'ai créé mon entreprise, plutôt que de chercher des bureaux tout seul ou rester chez moi, je me suis rapproché d'une autre société. Celle-ci m'a hébergé, mes salariés et moi-même, pendant des années. Cela m'a permis de décoller beaucoup plus vite et de profiter de son écosystème. … The post Le corpoworking : une solution de travail flexible innovante et prometteuse appeared first on Marketing and Innovation.

    L’intelligence collective pour un futur désirable

    Play Episode Listen Later May 26, 2025 18:45


    J'ai reçu Olivier Zara il y a quelques semaines pour parler de son dernier ouvrage intitulé l'intelligence collective pour sauver la planète. Mais face à l'accumulation de messages anxiogènes d'une part, et la multiplication des attitudes et comportements antiécologistes d'autre part, peut-on encore espérer que nous sortions des blabla politiques pour entrer véritablement dans l'action ? … The post L'intelligence collective pour un futur désirable appeared first on Marketing and Innovation.

    Dark Web : ce côté obscur de la toile

    Play Episode Listen Later May 22, 2025 11:08


    Flare est un éditeur de logiciels québécois qui s'est spécialisé dans le balayage du Dark Web, qu'on n'hésite pas à appeler Web obscur ou « côté obscur de la toile » au Québec, et ils ont bien raison. Sur ce Dark Web, originellement conçu pour protéger l'anonymat des utilisateurs, et largement dévoyé par les cybercriminels, on trouve … The post Dark Web : ce côté obscur de la toile appeared first on Marketing and Innovation.

    La fin des mots de passe n’est pas pour demain

    Play Episode Listen Later May 21, 2025 9:43


    La fin des mots de passe n'arrivera pas demain, même s'ils énervent tout le monde. Faire disparaître les mots de passe est le but de tous, mais cela prendra du temps. Pourtant, ce dispositif de sécurité est un peu la bête noire des utilisateurs et des entreprises, et c'est aussi leur talon d'Achille. J'ai rencontré … The post La fin des mots de passe n'est pas pour demain appeared first on Marketing and Innovation.

    Le grand saut des ETI vers « plus » d'agilité 

    Play Episode Listen Later May 21, 2025 12:36


    Les ETI en forte croissance doivent adopter l'agilité et elles n'ont pas le choix. On parle de méthode agile dans les projets IT depuis 25 ans, même si ses principes préexistaient dans quelques protométhodologies comme le RAD ou le modèle en spirale, mais pour les ETI c'est maintenant que ça se passe en face du grand … The post Le grand saut des ETI vers « plus » d'agilité  appeared first on Marketing and Innovation.

    Google AI Overviews : défis et opportunités

    Play Episode Listen Later May 13, 2025 24:53


    Mais où est donc passé Google AI Overviews, ex SGE, déjà disponible dans 100 pays sauf la France ? Roland Debrabant est cofondateur et directeur associé chez Noiise, une agence d'acquisition de trafic riche de 80 collaborateurs qui est active dans les domaines du référencement naturel, de l'achat d'espaces publicitaires, de la création de sites … The post Google AI Overviews : défis et opportunités appeared first on Marketing and Innovation.

    Sport et luxe : les marques en pleine compétition

    Play Episode Listen Later May 12, 2025 6:31


    Comment les marques de luxe créent-elles l'expérience client dans les événements sportifs ? J'ai assisté au Monte-Carlo Masters 2025, où les grandes marques se battent pour séduire une clientèle haut de gamme. Rolex, Sergio Tacchini ou encore Replay sont visibles partout sur les cours de ce célèbre tournoi de tennis. Ces marques s'appuient sur les … The post Sport et luxe : les marques en pleine compétition appeared first on Marketing and Innovation.

    IA et photographie : menace et remède à la fois

    Play Episode Listen Later May 9, 2025 10:17


    L'IA et son usage en photographie font penser aux frères ennemis. Les usagers semblent bien contents d'y recourir, mais en même temps, ils considèrent ces innovations technologiques comme une menace. Tous les ans, lors du salon de la photo, une étude est réalisée par l'AFNUM (l'Alliance française des industries du numérique). Celle-ci permet de voir … The post IA et photographie : menace et remède à la fois appeared first on Marketing and Innovation.

    Planter sa boîte en 3 leçons sans coup férir

    Play Episode Listen Later May 6, 2025 48:47


    Il y a quelques semaines, j'interviewais mon ancien compère Hervé Kabla dans le cadre de la sortie de son nouveau livre intitulé : Comment planter sa boîte en 50 leçons. De ces 50 leçons, j'en ai extrait trois pour lesquelles j'ai demandé à Hervé de nous prodiguer quelques conseils avec l'appui d'anecdotes bien senties. L'interview … The post Planter sa boîte en 3 leçons sans coup férir appeared first on Marketing and Innovation.

    Le média comme arme de disruption narrative

    Play Episode Listen Later May 5, 2025 12:36


    À l'heure où les discours se confondent dans le bruit ambiant des réseaux, le média PR4VD4 se positionne en marge. Ce projet atypique, difficile à classer, n'a rien d'un simple média. Il se décrit lui-même comme une « opération », un espace de « sabotage narratif » où la vérité n'est plus une fin, mais … The post Le média comme arme de disruption narrative appeared first on Marketing and Innovation.

    Modèles LLM : GPT, Deepseek, Mistral, Claude… quelle IA choisir ?

    Play Episode Listen Later Apr 23, 2025 79:48


    L'intelligence artificielle générative et en particulier les modèles de LLM (Large Language Models ou grands modèles de langage) bouleverse le paysage numérique actuel. Depuis l'arrivée fracassante de ChatGPT, le public découvre ces outils aux capacités impressionnantes. Du fait de cette abondance d'offres (ChatGPT, Deepseek, Mistral, Claude), il devient compliqué de choisir le meilleur outil adapté … The post Modèles LLM : GPT, Deepseek, Mistral, Claude… quelle IA choisir ? appeared first on Marketing and Innovation.

    Les cinq défis du métier de consultant

    Play Episode Listen Later Apr 22, 2025 9:53


    Dominique Perriot=Mathonna, qui nous a déjà présenté le vrai-faux du conseil, décrit dans cette nouvelle interview les cinq défis liés au métier de consultant. Dans l'interview précédente, il insistait déjà sur l'écoute et la collaboration avec les clients. Aujourd'hui, il explique que chaque mission est une aventure nécessitant une analyse fine pour identifier les problèmes … The post Les cinq défis du métier de consultant appeared first on Marketing and Innovation.

    Search IA : la fin des moteurs de recherche traditionnels ?

    Play Episode Listen Later Apr 17, 2025 9:35


    Comment le Search IA transforme-t-il l'Internet et quel rôle jouons-nous dans cette métamorphose ? Dans cet article, Clover Meyer décrit l'état actuel de l'adoption des moteurs de recherche propulsés par l'IA. Une métamorphose qui s'inscrit dans la continuité des changements qui ont impacté les moteurs de recherche ces dernières années. En s'appuyant sur les points … The post Search IA : la fin des moteurs de recherche traditionnels ? appeared first on Marketing and Innovation.

    B-A-BA du prompt pour l’IA générative

    Play Episode Listen Later Apr 16, 2025 8:23


    Vous désirez connaître les rudiments des différentes méthodes de prompting en IA générative, comprendre comment l'IA interagit avec votre prompt, et pourquoi cela est essentiel pour optimiser vos résultats ? Alors ce B-A-BA du prompt est fait pour vous. Ce manuel décrit le fonctionnement des chatbots d'IA générative et les différentes méthodes de prompting. Il … The post B-A-BA du prompt pour l'IA générative appeared first on Marketing and Innovation.

    Le mentorat, outil de développement personnel et de transformation

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2025 19:25


    Une étude récente a démontré que le mentorat en entreprise s'est imposé ces dernières années comme un outil précieux de développement des personnes et de transformation des organisations. Je me suis rendu à la restitution de cette étude de 2025 sur le mentorat en entreprise, réalisée par EMCC France avec le concours d'IESEG conseil. On … The post Le mentorat, outil de développement personnel et de transformation appeared first on Marketing and Innovation.

    L’IA n’est pas un Far West juridique !

    Play Episode Listen Later Apr 8, 2025 21:33


    Malgré les apparences, IA et loi ne sont pas incompatibles. Si de nombreuses questions se posent quant à l'utilisation de l'IA, nous a expliqué Aurore Sauviat, avocate associée chez Lawderis Avocats au Com' en Or Day de Lille le 20 mars 2025, des réponses juridiques existent. Créer avec l'IA mène-t-il forcément à la contrefaçon ? … The post L'IA n'est pas un Far West juridique ! appeared first on Marketing and Innovation.

    Nouveau moteur d’images de ChatGPT : promesses et réalité

    Play Episode Listen Later Apr 2, 2025 19:04


    Voilà, je voudrais faire une petite démonstration à partir de la nouvelle version du moteur d'images de ChatGPT, qui fait frémir tout l'Internet — celle avec les dessins Ghibli, Disney, etc. Je voulais faire quelque chose de très clinique. Je n'ai pas d'avis positif ni négatif sur ce bidule. Je teste le logiciel et je … The post Nouveau moteur d'images de ChatGPT : promesses et réalité appeared first on Marketing and Innovation.

    Personnalisation, le remède à la pression commerciale sur mobile

    Play Episode Listen Later Mar 31, 2025 26:10


    La personnalisation sur mobile est le remède absolu à la pression commerciale dans le marketing mobile selon  Benoît Bole, DG de Link Mobility France et CEO de l'Europe de l'Ouest. Link Mobility est une société norvégienne, spécialiste de la communication mobile professionnelle (alias agrégateur) et leader sur le marché européen. Le marketing mobile, en plein … The post Personnalisation, le remède à la pression commerciale sur mobile appeared first on Marketing and Innovation.

    Aux IA les corvées, aux humains les pensées 

    Play Episode Listen Later Mar 20, 2025 28:55


    L'avenir du marketing de contenu devrait se lire ainsi : aux IA les corvées, à l'humain la pensée. Mais pas pour les raisons habituellement avancées. Dans ce texte qui sera diffusé en même temps que ma prise de parole au Com en or Congress de Lille, le 20 mars à 14 h, je démystifie plusieurs … The post Aux IA les corvées, aux humains les pensées  appeared first on Marketing and Innovation.

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