Senegalese philosopher
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« Une loi attendue dans le monde entier », voilà comment la ministre française de la Culture, Catherine Pégard, qualifie le texte pour faciliter les restitutions d'œuvres pillées pendant la colonisation. Le projet de loi a été adopté ce lundi 13 avril 2026 à l'Assemblée nationale. Il permettrait de passer désormais par décret, plutôt que par une loi spécifique à chaque restitution. Et les musées vont avoir un rôle majeur à jouer, souligne le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, professeur émérite à l'université Columbia à New York. Il est l'invité de Charlotte Idrac. RFI : Que pensez-vous de ce texte sur les restitutions qui vient d'être adopté à l'Assemblée en France ? Souleymane Bachir Diagne : Il était temps. Ce texte lève une restriction qui permettait jusqu'à présent, devant des demandes de restitutions, de dire : « Écoutez, il y a un principe d'inaliénabilité, donc on ne touche pas, on ne soulève pas la question. » Donc, maintenant, le champ est libre, si vous voulez. Cela veut dire que des négociations peuvent s'engager entre, je dirais, des acteurs sur le terrain. Un musée français, un musée africain ou des musées du Nord à un musée du Sud, à la condition, bien entendu d'établir une liste de demandes fondées aussi sur des recherches de provenances. Est-ce que vous pensez qu'avec cette loi, on va aller vers une multitude de demandes de restitution de la part des pays ou des musées ? Je ne vois pas des demandes énormes se profiler pour une raison très simple : les restitutions qui ont déjà eu lieu ont concerné des objets qui avaient été pillés à la suite d'expéditions coloniales extrêmement violentes. Celle qui a mis fin, par exemple, au dernier royaume du Dahomey, le royaume du roi Béhanzin, ou celle par les Britanniques qui a saccagé et détruit Benin City, les fameux Bronzes du Bénin qui se retrouvent partout dans le monde aujourd'hui. Celles-là étaient des œuvres qu'il était facile d'identifier et il fallait à tout prix évidemment les restituer comme réparation. Il y a des tas d'autres œuvres qui se retrouvent dans les musées, et souvent d'ailleurs dans des réserves. Et donc il y a matière à faire des recherches patientes, scientifiques, de provenances. Toutes les œuvres ne sont pas des œuvres qui ont été arrachées par la violence. Par conséquent, l'idée qu'il y aurait maintenant des listes en attente avec des milliers et des milliers d'objets présentés comme une forme, une sorte d'addition par les États africains, je ne vois pas cela arriver. Est-ce que, selon vous, il faut tout restituer ? Alors c'est là que s'engagent les négociations. Dire qu'il faut tout restituer, c'est tomber dans un identitarisme qui consisterait à dire en gros chacun chez soi, rentrez à la maison. Que toutes les œuvres qui ont été produites par des humains se retrouvent dans les aires culturelles qui les ont produites, et puis voilà. Je ne le crois pas. Il existe aujourd'hui des musées qu'on peut appeler des musées universels, c'est-à-dire des musées qui ont vocation à présenter la créativité de l'humanité dans son ensemble. Par exemple ? Aujourd'hui, le Louvre est devenu un musée vraiment universel, où il n'y a pas simplement les œuvres de l'Europe ou des œuvres dont on estime qu'elles ont préparé la créativité européenne, comme les œuvres égyptiennes ou les œuvres de Mésopotamie. Il y a aussi les œuvres des quatre autres continents, et c'est la raison pour laquelle vous avez la galerie des cinq continents. Vous avez le musée du Louvre-Lens qui est dans cette dynamique également. Vous avez le Metropolitan Museum à New York, que je connais bien. Cette question des restitutions, finalement, elle touche pour vous, à la manière dont on conçoit aujourd'hui les musées ? Absolument. Je crois que cette question de la restitution n'est pas simplement un transvasement, ce n'est pas simplement un voyage retour des objets. L'art africain a été véritablement à l'origine de la grande révolution artistique du XXᵉ siècle. Donc, il est tout à fait naturel que cet art africain ait toute la place qui lui revient dans les musées, dans les grandes capitales cosmopolites comme New York ou Paris ou Saint-Pétersbourg, etc. Dans le camp des critiques, il y avait, ou il y a, cet argument que les pays d'origine n'auraient pas Les infrastructures muséales adaptées pour les restitutions d'œuvres. Qu'est-ce que vous en pensez ? Eh bien, c'est une excellente occasion pour qu'une coopération s'installe entre musées du Nord et musées du Sud. Et les premiers pas, c'est peut-être aider aussi à l'édification d'un musée au sud qui puisse recevoir non seulement les œuvres qui seraient éventuellement restituées, mais également des œuvres d'autres époques, d'autres continents, de telle sorte que, grâce à la circulation internationale, les musées universels se développent aussi dans ce que l'on appelle le sud global. Donc une circulation, un dialogue, entre des œuvres ? Tout à fait un dialogue des œuvres entre elles. D'abord, ouvrir les musées avec des prêts, ce serait une excellente manière de procéder et de faire en sorte que les œuvres dont il est question, lorsqu'on pose le problème des restitutions, ne soient pas des œuvres qui divisent, mais des œuvres qui réunissent.
Comment penser l'universalisme malgré la colonisation ? C'est le titre que l'on pourrait donner à l'ouvrage d'inspiration humaniste du philosophe Souleymane Bachir Diagne. Il s'attache à réhabiliter le concept d'universel face aux controverses actuelles qui se focalisent sur les particularités avec un ton souvent teinté d'exclusion. Délaissant le terme de « pluriversel », l'auteur soutient qu'il est indispensable d'affirmer le concept d'universel, d'autant plus qu'aujourd'hui, notre village global nous a rendu plus conscient que jamais de former une seule humanité.Article de la revue Acropolis d'avril 2026, par Isabelle OHMANN, philosophe, Rédactrice en chef de la revue Acropolis. Article lu par Noëlle Vannini.Abonnez-vous gratuitement à notre newsletter philosophique :www.revue-acropolis.comSaviez-vous que Nouvelle Acropole est réalisée à 100% par des bénévoles ? Nous dépendons donc beaucoup de nos étudiants et amis pour la divulgation ! N'oubliez pas de vous abonner à la chaîne et si possible de la partager sur vos réseaux sociaux. Ce sera d'une grande aide !
La laïcité en France a 120 ans. C'est en effet le 9 décembre 1905 qu'a été votée en France la loi de séparation des églises et de l'État. Mais quel regard porte aujourd'hui le monde sur cette loi ? Et est-ce que la laïcité est menacée par la montée des fondamentalismes religieux ? Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne enseigne à l'université Columbia de New York. Il reconnait que la laïcité traverse une crise, mais croit toujours à ce concept. De passage à Paris, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Souleymane Bachir Diagne, il y a la laïcité à la française dont on célèbre aujourd'hui les 120 ans. Mais il y a, dites-vous, d'autres formes de laïcité, est-ce qu'il y a un socle commun ? Souleymane Bachir Diagne : Je crois qu'un socle commun effectivement est clairement établi, c'est celui de la séparation entre les religions et l'État. L'idée étant que les constitutions sur lesquelles sont fondés les États nations sont œuvre humaine et non pas dictées par une transcendance religieuse. Et une des traductions possibles d'un tel principe, c'est une forme de neutralité de l'État vis à vis des différentes confessions religieuses et, par conséquent, on peut considérer que, lié à ces principes, il y a le principe également de pluralisme. L'État admet qu'il y a une pluralité de confessions, de dénominations, de philosophies, de spiritualité et qu'il doit lui-même, en tant qu'État, se tenir à équidistance. Alors en France, la laïcité, c'est considéré comme la séparation de l'Eglise et de l'État. On ne parle pas de pluralisme. Pourquoi ajoutez-vous cette dimension de pluralisme ? Peut-être parce que la laïcité à la française est trop brutale et trop dans la confrontation avec les religions ? Je le crois en effet, parce que toutes les péripéties qui ont accompagné l'histoire de France après la Révolution, ce sont des péripéties qui mettaient face à face la République et la restauration de la monarchie. Et l'Église était du côté opposé à la République. Donc en effet, on peut considérer que 1905, c'est une victoire après confrontation de la République sur la religion. Donc cet aspect confrontation et victoire finale est en quelque sorte lisible, probablement, dans cette affirmation de la laïcité française. Encore que le principe de liberté de conscience étant posé dans la laïcité française également, on peut considérer que la liberté de conscience, c'est une manière de parler du pluralisme des voies. Cette conscience peut prendre les directions qu'elle souhaite. Au Mali, lors de l'adoption d'une nouvelle Constitution il y a bientôt trois ans, le principe de laïcité a été réaffirmé, mais il a été combattu, non pas d'ailleurs par le Haut Conseil islamique de Mahmoud Dicko, mais par une Ligue malienne des imams et érudits pour la solidarité islamique, Limama, qui a demandé à ce que le terme de laïcité soit remplacé par celui d'État multiconfessionnel. Oui, c'était un moment intéressant. Il y a toujours eu dans l'islam, si vous voulez, cette circonspection concernant le mot de laïcité même. Donc, voilà probablement ce qui était dans l'esprit de cette proposition de mettre plutôt état multiconfessionnel. On se rend compte que l'expression elle-même est une forme de reconnaissance du pluralisme des confessions, et donc semble capturer cet élément fondamental qui entre dans la définition de la laïcité. Mais abandonner le mot aurait été probablement un mauvais signal. Supprimer le mot laïcité, c'était probablement la porte ouverte à une remise en question radicale des principes sur lesquels un État moderne aujourd'hui est fondé. Mon vieux maître Althusser disait: « On n'abandonne pas un concept ». Althusser ? Oui, il avait dit : « On n'abandonne pas un concept comme on abandonne un chien. » Alors, quand on voit aujourd'hui la montée du communautarisme dans plusieurs pays, quand on voit l'érosion du modèle laïc en Turquie, quand on voit la montée du nationalisme chrétien aux États-Unis, la montée du nationalisme hindou en Inde, est-ce que ce socle commun de laïcité n'est pas menacé ? Il est certain que cette laïcité connaît une crise aujourd'hui, quand on voit tous les fondamentalismes religieux d'un bout à l'autre de la planète. Mais c'est non seulement ce socle commun de laïcité qui est menacé, mais de manière plus générale, c'est l'idée même de la démocratie qui est menacée. Et j'ajouterai même, c'est l'idée d'humanité qui est menacée. Un universel humain, une manière de vivre le pluralisme de nos cultures, de nos langues, mais avec un sentiment d'une humanité partagée. Nous vivons dans un monde qui est aujourd'hui très fragmenté par des ethno- nationalismes et différentes formes de tribalisme qui instrumentalisent les différentes religions. Aujourd'hui, toutes les religions, on les voit embarquées dans ces ethno-nationalismes. On voit que la laïcité est une sorte de victime collatérale de cette tribalisation de notre humanité. À lire aussiLaïcité en France: dix choses à savoir sur la loi de séparation des Églises et de l'État À lire aussiPeut-on encore enseigner la laïcité à l'école française ?
durée : 00:58:57 - Le Cours de l'histoire - par : Xavier Mauduit - Peut-on encore concevoir un musée universel ? Au musée du Louvre, la Galerie des cinq continents met en perspective des œuvres d'art africaines, asiatiques, européennes, américaines et précolombiennes, et invite à réinterroger la notion d'universalisme pour en dépasser les racines impérialistes. - réalisation : Maïwenn Guiziou, Anna Holveck, Jeanne Delecroix, Jeanne Coppey, Raphaël Laloum, Chloé Rouillon, Solène Roy - invités : Souleymane Bachir Diagne Philosophe, professeur de philosophie française et africaine à l'Université de Columbia, directeur de l'Institut d'Études africaines Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:58:57 - Le Cours de l'histoire - par : Xavier Mauduit, Maïwenn Guiziou - Peut-on encore concevoir un musée universel ? Au musée du Louvre, la Galerie des cinq continents met en perspective des œuvres d'art africaines, asiatiques, européennes, américaines et précolombiennes, et invite à réinterroger la notion d'universalisme pour en dépasser les racines impérialistes. - réalisation : Anna Holveck - invités : Souleymane Bachir Diagne Philosophe, professeur de philosophie française et africaine à l'Université de Columbia, directeur de l'Institut d'Études africaines
#KöşedekiKitapçı'da
UNESCO 2025 : Pr Souleymane Bachir Diagne : « Fondements Philosophiques de la Tolérance dans le Soufisme »
Que signifie la notion de « civilisation judéo-chrétienne » ? C'est l'interrogation de l'historienne franco-tunisienne Sophie Bessis dans son essai « La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture » (Éditions Les Liens qui Libèrent », 2025), dans lequel elle dénonce la récupération politique de cette expression apparue dans les années 1980 qui occulte deux millénaires d'antijudaïsme puis d'antisémitisme en Europe, qui exclut l'apport de l'Orient et qui efface l'islam des références culturelles. (Rediffusion) Dans la réédition fin 2024 de son livre « La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands » (Éd. Riveneuve), Sophie Bessis analyse ces deux fondamentalismes qui veulent imposer une vision du monde exclusive et rigide, une lecture éclairante qui résonne aujourd'hui dans la reconfiguration de l'ordre mondial. ► La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture (Éditions Les Liens qui libèrent, 2025) ► La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands (Éditions Riveneuve, réédité 2024) – Postface de Souleymane Bachir Diagne Émission initialement diffusée le 13 avril 2025. À lire aussiLa «civilisation judéo-chrétienne», une «imposture utile à tellement de monde», selon l'historienne Sophie Bessis
Que signifie la notion de « civilisation judéo-chrétienne » ? C'est l'interrogation de l'historienne franco-tunisienne Sophie Bessis dans son essai « La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture » (Éditions Les Liens qui Libèrent », 2025), dans lequel elle dénonce la récupération politique de cette expression apparue dans les années 1980 qui occulte deux millénaires d'antijudaïsme puis d'antisémitisme en Europe, qui exclut l'apport de l'Orient et qui efface l'islam des références culturelles. (Rediffusion) Dans la réédition fin 2024 de son livre « La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands » (Éd. Riveneuve), Sophie Bessis analyse ces deux fondamentalismes qui veulent imposer une vision du monde exclusive et rigide, une lecture éclairante qui résonne aujourd'hui dans la reconfiguration de l'ordre mondial. ► La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture (Éditions Les Liens qui libèrent, 2025) ► La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands (Éditions Riveneuve, réédité 2024) – Postface de Souleymane Bachir Diagne Émission initialement diffusée le 13 avril 2025. À lire aussiLa «civilisation judéo-chrétienne», une «imposture utile à tellement de monde», selon l'historienne Sophie Bessis
The third in our series of conversations about the late Alice Notley. Lindsay Turner returns to the podcast to discuss a selection from Waltzing Matilda, "Dec. 12, 1980." A poet, critic, and translator, Lindsay Turner is the author of the poetry collections The Upstate (University of Chicago Press, 2023) and Songs & Ballads (Prelude Books, 2018). Her translations from the French include books by Souleymane Bachir Diagne, Anne Dufourmantelle, Stéphane Bouquet, Frédéric Neyrat, Richard Rechtman, Ryoko Sekiguchi, and others. Her translation of Bouquet's The Next Loves was longlisted for the National Translation Awards, shortlisted for the Best Translated Book Award, and named a New York Times top 10 poetry collection of 2019, and she has twice received French Voices Grants for her translation work. Originally from northeast Tennessee, she lives in Cleveland, Ohio, where she is Associate Professor of English and Creative Writing at Case Western Reserve University. Take a look at Lindsay's Substack, "stay you are so fair."You can listen to Notley reading from Waltzing Matilda on the PennSound archive of her recordings.Please follow the podcast if you like what you hear, and leave a rating and review. Share an episode with a friend! (Post it to your social media feeds?) You can also subscribe to my Substack, which I haven't used in a while, but may again. I'm also on Bluesky, now and then.
Que signifie la notion de « civilisation judéo-chrétienne » ? C'est l'interrogation de l'historienne franco-tunisienne Sophie Bessis dans son essai qui vient de paraître La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture (éditions Les Liens qui libèrent, 2025), dans lequel elle dénonce la récupération politique de cette expression apparue dans les années 1980 qui occulte deux millénaires d'antijudaïsme puis d'antisémitisme en Europe, qui exclut l'apport de l'Orient et qui efface l'islam des références culturelles. Dans la réédition fin 2024 de son livre La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands (éditons Riveneuve), Sophie Bessis analyse ces deux fondamentalismes qui veulent imposer une vision du monde exclusive et rigide, une lecture éclairante qui résonne dans la reconfiguration actuelle de l'ordre mondial.► La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture (Éditions Les Liens qui libèrent, 2025)► La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands (Éditions Riveneuve, réédité 2024) – Postface de Souleymane Bachir DiagneÀ lire aussiLa «civilisation judéo-chrétienne», une «imposture utile à tellement de monde», selon l'historienne Sophie Bessis
Que signifie la notion de « civilisation judéo-chrétienne » ? C'est l'interrogation de l'historienne franco-tunisienne Sophie Bessis dans son essai qui vient de paraître La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture (éditions Les Liens qui libèrent, 2025), dans lequel elle dénonce la récupération politique de cette expression apparue dans les années 1980 qui occulte deux millénaires d'antijudaïsme puis d'antisémitisme en Europe, qui exclut l'apport de l'Orient et qui efface l'islam des références culturelles. Dans la réédition fin 2024 de son livre La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands (éditons Riveneuve), Sophie Bessis analyse ces deux fondamentalismes qui veulent imposer une vision du monde exclusive et rigide, une lecture éclairante qui résonne dans la reconfiguration actuelle de l'ordre mondial.► La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture (Éditions Les Liens qui libèrent, 2025)► La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands (Éditions Riveneuve, réédité 2024) – Postface de Souleymane Bachir DiagneÀ lire aussiLa «civilisation judéo-chrétienne», une «imposture utile à tellement de monde», selon l'historienne Sophie Bessis
Cet épisode a été relu par Prince Sadjo Barry. Il a été écrit, produit, incarné, réalisé et mis en musique par Mathis Grosos.Vous avez entendu dans cet épisode : Nadège Beausson Diagne, Juliette Oumi Smadja, Clément-Amadou Sall, Penda Diouf, Eva Doumbia, Anthony Martine, Amine Boudelaa, une assistance de direction, Matiss Nourly, Zaher, chargée d'action culturelle, Angelica-Kyomi Tisseyre Sékiné et Wassim, membre de la Commission jeune de la Faïencerie. Les références de l'épisode : La chaîne YouTube « Histoires Crépues »Colette Guillaumin, L'idéologie raciste : Genèse et langage actuel, 1972.Souleymane Bachir Diagne, Universaliser, 2024.Amandine Gay, Ouvrir la voix, 2017.Noire n'est pas mon métier, 2018Beverley Skeggs, Des femmes respectables : Classe et genre en milieu populaire, 2015.Amélie Gregorio, L'arabe colonisé dans le théâtre français, 2020.Alice Diop, La Mort de Danton, 2011.Wayne Brekhus, Une sociologie de l'« invisibilité » : réorienter notre regard, 2005.Reni Eddo Lodge, Le Racisme est un problème de blancs, 2017.Douce Dibondo, La Charge raciale, vertige d'un silence écrasant, 2025.Le podcast « Kiffe ta race » de Rokhaya Diallo et Grace LyLes recommandations de l'AJAR pour des rédactions antiracistesDes spectacles sur l'antiracisme, la colonisation et ses héritages : Rébecca Chaillon, Carte Noire nommée désir, Eva Doumbia, Autophagies, Eva Doumbia, Le Iench, Eva Doumbia, Chasselay et autres massacres, Betty Tchomanga, Histoire(s) Décoloniale(s), Nicolas Lambert, La France, Empire, Salim Djaferi, Koulounisation,Nadège Beausson-Diagne, Mon Corps est une révolution, Sabine Pakora, La Freak, journal d'une femme vaudoue, Amadou Sall, Li Dess, Anthony Martine, Quand on dort, on n'a pas faim (prochainement), Marine Bachelot Nguyen, Nos Corps empoisonnés, Penda Diouf, Pistes…, Caroline Guiela Nguyen, Saigon…Pour aller plus loin : Maxime Cervulle et Béatrice Hamidi, Les Damné·es de la scène : penser les controverses théâtrales sur le racisme, 2024.Khemais Ben Lakhdar, L'appropriation culturelle : histoire, domination et création, 2024.Anas Daif, Et un jour je suis devenu arabe, 2024. Nesrine Slaoui, Illégitimes, 2021.Maboula Soumahoro, Le Triangle et l'hexagone, 2019.Stuart Hall, Race, ethnicité, nation, 2019. Robin DiAngelo. Fragilité blanche - Ce racisme que les Blancs ne voient pas Emilie Tran Nguyen, Je ne suis pas « chintoque » : histoire du racisme anti-asiatique, 2024. Get bonus content on Patreon Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Cet épisode a été relu par Prince Sadjo Barry. Il a été écrit, produit, incarné, réalisé et mis en musique par Mathis Grosos.Vous avez entendu dans cet épisode : Nadège Beausson Diagne, Juliette Oumi Smadja, Clément-Amadou Sall, Penda Diouf, Eva Doumbia, Anthony Martine, Amine Boudelaa, une assistance de direction, Matiss Nourly, Zaher, chargée d'action culturelle, Angelica-Kyomi Tisseyre Sékiné et Wassim, membre de la Commission jeune de la Faïencerie. Les références de l'épisode : La chaîne YouTube « Histoires Crépues »Colette Guillaumin, L'idéologie raciste : Genèse et langage actuel, 1972.Souleymane Bachir Diagne, Universaliser, 2024.Amandine Gay, Ouvrir la voix, 2017.Noire n'est pas mon métier, 2018Beverley Skeggs, Des femmes respectables : Classe et genre en milieu populaire, 2015.Amélie Gregorio, L'arabe colonisé dans le théâtre français, 2020.Alice Diop, La Mort de Danton, 2011.Wayne Brekhus, Une sociologie de l'« invisibilité » : réorienter notre regard, 2005.Reni Eddo Lodge, Le Racisme est un problème de blancs, 2017.Douce Dibondo, La Charge raciale, vertige d'un silence écrasant, 2025.Le podcast « Kiffe ta race » de Rokhaya Diallo et Grace LyLes recommandations de l'AJAR pour des rédactions antiracistesDes spectacles sur l'antiracisme, la colonisation et ses héritages : Rébecca Chaillon, Carte Noire nommée désir, Eva Doumbia, Autophagies, Eva Doumbia, Le Iench, Eva Doumbia, Chasselay et autres massacres, Betty Tchomanga, Histoire(s) Décoloniale(s), Nicolas Lambert, La France, Empire, Salim Djaferi, Koulounisation,Nadège Beausson-Diagne, Mon Corps est une révolution, Sabine Pakora, La Freak, journal d'une femme vaudoue, Amadou Sall, Li Dess, Anthony Martine, Quand on dort, on n'a pas faim (prochainement), Marine Bachelot Nguyen, Nos Corps empoisonnés, Penda Diouf, Pistes…, Caroline Guiela Nguyen, Saigon…Pour aller plus loin : Maxime Cervulle et Béatrice Hamidi, Les Damné·es de la scène : penser les controverses théâtrales sur le racisme, 2024.Khemais Ben Lakhdar, L'appropriation culturelle : histoire, domination et création, 2024.Anas Daif, Et un jour je suis devenu arabe, 2024. Nesrine Slaoui, Illégitimes, 2021.Maboula Soumahoro, Le Triangle et l'hexagone, 2019.Stuart Hall, Race, ethnicité, nation, 2019. Robin DiAngelo. Fragilité blanche - Ce racisme que les Blancs ne voient pas Emilie Tran Nguyen, Je ne suis pas « chintoque » : histoire du racisme anti-asiatique, 2024. Get bonus content on Patreon Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
This is Fatima Seck and you're listening to Conversations in Atlantic Theory, a podcast dedicated to books and ideas generated from and about the Atlantic world. In collaboration with the Journal of French and Francophone Philosophy, these conversations explore the cultural, political, and philosophical traditions of the Atlantic world, ranging from European critical theory to the black Atlantic to sites of indigenous resistance and self-articulation, as well as the complex geography of thinking between traditions, inside traditions, and from positions of insurgency, critique, and counternarrative.Today's discussion is with Souleymane Bachir Diagne, who teaches in the Departments of Philosophy and French at Columbia University. He is the author of a number of books on the history of logic, comparative philosophy, and the legacy of life philosophy in the francophone African tradition. In this conversation, we discuss his new book Open to Reason: Muslim Philosophers in Conversation with the Western Tradition, which examines the place of reason and rationality in the Islamic philosophical practices in Western Africa from the medieval period forward.
Notre Grand invité Afrique ce samedi 11 janvier au matin est philosophe. Enseignant à la Columbia University à New York, le Sénégalais Souleymane Bachir Diagne s'interroge, dix ans après l'attentat qui a décimé Charlie Hebdo à Paris, sur l'évolution des rapports à la liberté d'expression, sur les oppositions entre les visions européennes et africaines, sur les difficultés à mener un débat serein aujourd'hui sur ces thèmes, sur l'espoir néanmoins de croire que l'humanité saura se relever. Il répond aux questions de Guillaume Thibault.
Au son des archives de RFI, nous racontons le siècle d'Amadou Mahtar Mbow, né en 1921 à Dakar et décédé en 2024, après l'enregistrement de ce portrait. Après avoir évoqué son enfance coloniale, sa formation à l'École coranique et française, sa passion familiale pour l'histoire de l'Afrique et ses grands résistants, sa vocation pour l'enseignement et sa vision philosophique de la libération des Africains. Nous retraçons l'engagement d'Amadou Mahtar Mbow pour la décolonisation, pour l'éducation de base, pour l'Unesco et sa vision avant-gardiste de la restitution des biens culturels et des œuvres d'art. (Rediffusion du 19/11/2021) Avec Lamine Sagna, sociologue et auteur du livre Amadou Mahtar Mbow, une légende à raconter, aux éditions Karan et la participation des chercheurs de Columbia University ; Souleymane Bachir Diagne, philosophe et Mamadou Diouf, historien des idées.
durée : 00:17:44 - Divers aspects de la pensée contemporaine - par : Emmanuelle Huisman Perrin - Avec Alain Policar, politiste, et Souleymane Bachir Diagne, philosophe. - réalisation : Jean-Christophe Francis
Le monde actuel, avec son accélération technologique, ses défis sur les individus et les guerres destructrices nous presse et nous brutalise… L'espérance reste une lueur à conserver, pour redonner du sens, nous dit Yann Boissière, rabbin et fondateur des Voix de la Paix, dans son dernier ouvrage, « Le devoir d'espérance, faire face à la crise spirituelle ». En cette fin d'année mouvementée dans le monde entier, cette émission donne la parole à des écrivains et des poètes de plusieurs confessions religieuses qui nous livrent leur regard sur cette espérance qui nourrit le cœur des humains. Invité en studio :Yann Boissière, rabbin libéral de la synagogue Beaugrenelle à Paris, fondateur et président de l'association « Les voix de la paix », auteur de« Le devoir d'espérance, faire face à la crise spirituelle » (Éd. Desclée de Brouwer, 2024)Participation de :- Lama Jigmé Thrinlé Gyatso, moine bouddhiste, poète, co-président de l'Union Bouddhiste de France- Karima Berger, écrivaine franco-algérienne, musulmane, autrice de : « Les gardiennes du secret. Les grandes figures féminines de l'imaginaire musulman » (Éd. Albin Michel, 2022), présidente du salon Écritures et Spiritualités- Souleymane Bachir Diagne, philosophe sénégalais, musulman, professeur de Philosophie et de Littérature, et directeur de l'Institut d'études africaines à l'Université de Columbia à New York, auteur de nombreux ouvrages dont le dernier : « Universaliser. Pour un dialogue des cultures » (Albin Michel, 2024)- Anne Soupa, théologienne catholique, autrice avec Christine Pedotti de : « Espérez ! Manifeste pour la renaissance du christianisme » (Éd. Albin Michel, 2022) - Gérard Kurkdjian, musicien, spécialiste des musiques sacrées du monde, vient de publier « L'Autre monde – Poésies » (Éd. Complicités, nov 2024) : lecture en musique de son poème « La danse des astres ».
Le monde actuel, avec son accélération technologique, ses défis sur les individus et les guerres destructrices nous presse et nous brutalise… L'espérance reste une lueur à conserver, pour redonner du sens, nous dit Yann Boissière, rabbin et fondateur des Voix de la Paix, dans son dernier ouvrage, « Le devoir d'espérance, faire face à la crise spirituelle ». En cette fin d'année mouvementée dans le monde entier, cette émission donne la parole à des écrivains et des poètes de plusieurs confessions religieuses qui nous livrent leur regard sur cette espérance qui nourrit le cœur des humains. Invité en studio :Yann Boissière, rabbin libéral de la synagogue Beaugrenelle à Paris, fondateur et président de l'association « Les voix de la paix », auteur de« Le devoir d'espérance, faire face à la crise spirituelle » (Éd. Desclée de Brouwer, 2024)Participation de :- Lama Jigmé Thrinlé Gyatso, moine bouddhiste, poète, co-président de l'Union Bouddhiste de France- Karima Berger, écrivaine franco-algérienne, musulmane, autrice de : « Les gardiennes du secret. Les grandes figures féminines de l'imaginaire musulman » (Éd. Albin Michel, 2022), présidente du salon Écritures et Spiritualités- Souleymane Bachir Diagne, philosophe sénégalais, musulman, professeur de Philosophie et de Littérature, et directeur de l'Institut d'études africaines à l'Université de Columbia à New York, auteur de nombreux ouvrages dont le dernier : « Universaliser. Pour un dialogue des cultures » (Albin Michel, 2024)- Anne Soupa, théologienne catholique, autrice avec Christine Pedotti de : « Espérez ! Manifeste pour la renaissance du christianisme » (Éd. Albin Michel, 2022) - Gérard Kurkdjian, musicien, spécialiste des musiques sacrées du monde, vient de publier « L'Autre monde – Poésies » (Éd. Complicités, nov 2024) : lecture en musique de son poème « La danse des astres ».
durée : 00:18:02 - Le monde d'Elodie - par : Elodie SUIGO - Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Mardi 19 novembre 2024 : le philosophe Souleymane Bachir Diagne. Il vient de publier un nouvel ouvrage aux éditions Albin Michel, "Universaliser - L'humanité par les moyens d'humanité".
Pierre-Édouard Deldique reçoit dans Idées, émission qui a pour thème cette semaine la quête de l'universel : Souleymane Bachir Diagne, philosophe, professeur à l'Université Columbia de New York, auteur de l'essai « Universaliser, pour un dialogue des cultures » (Albin Michel) et Ulrich Metende, philosophe, universitaire, auteur de : « Du Désir de vie, essai sur une écologie de libération en postcolonie » publié chez Kala/Hermann. Souleymane Bachir Diagne a mis la question de l'universalité et des singularités au cœur de sa réflexion et de son engagement, appelant à un universel riche de tous les particuliers.Dans son nouvel essai, « Universaliser, pour un dialogue des cultures » (Albin Michel) il montre que l'universel tient compte du pluriel du monde, mais que l'humanité n'est pas une juxtaposition de tribus. Aucune région du monde ne peut à elle seule décréter ce qu'est l'universel, il nous faut le forger ensemble.
Pierre-Édouard Deldique reçoit dans Idées, émission qui a pour thème cette semaine la quête de l'universel : Souleymane Bachir Diagne, philosophe, professeur à l'Université Columbia de New York, auteur de l'essai « Universaliser, pour un dialogue des cultures » (Albin Michel) et Ulrich Metende, philosophe, universitaire, auteur de : « Du Désir de vie, essai sur une écologie de libération en postcolonie » publié chez Kala/Hermann. Souleymane Bachir Diagne a mis la question de l'universalité et des singularités au cœur de sa réflexion et de son engagement, appelant à un universel riche de tous les particuliers.Dans son nouvel essai, « Universaliser, pour un dialogue des cultures » (Albin Michel) il montre que l'universel tient compte du pluriel du monde, mais que l'humanité n'est pas une juxtaposition de tribus. Aucune région du monde ne peut à elle seule décréter ce qu'est l'universel, il nous faut le forger ensemble.
durée : 00:59:32 - Le Souffle de la pensée - par : Géraldine Mosna-Savoye - Sartre est-il l'un des premiers penseurs à appeler au décentrement de l'Europe ou échoue-t-il au contraire à promouvoir un véritable universalisme ? On en discute avec le philosophe Souleymane Bachir Diagne, qui chemine avec le texte "Orphée noir" de Jean-Paul Sartre depuis l'adolescence. - réalisation : Nicolas Berger - invités : Souleymane Bachir Diagne Philosophe, professeur de philosophie française et africaine à l'Université de Columbia, directeur de l'Institut d'Études africaines
Dans son nouvel essai, le philosophe Souleymane Bachir Diagne a mis la question de l'universalité au cœur de sa réflexion. Dans un monde plus que jamais divisé, comment réinventer l'universel ? Quel peut être le rôle des langues et de la Francophonie ? Invité : le philosophe Souleymane Bachir Diagne. Son essai « Universaliser » est publié chez Albin Michel.Et la chronique Ailleurs nous emmène à Vilnius en Lituanie. Pascal Sliwanski, directeur de l'Institut français de Lituanie et le conseiller de coopération et d'action culturelle présentera le programme et l'idée du projet « l'Écho français en Lituanie » en écho de la saison de la Lituanie en France.
Dans son nouvel essai, le philosophe Souleymane Bachir Diagne a mis la question de l'universalité au cœur de sa réflexion. Dans un monde plus que jamais divisé, comment réinventer l'universel ? Quel peut être le rôle des langues et de la Francophonie ? Invité : le philosophe Souleymane Bachir Diagne. Son essai « Universaliser » est publié chez Albin Michel.Et la chronique Ailleurs nous emmène à Vilnius en Lituanie. Pascal Sliwanski, directeur de l'Institut français de Lituanie et le conseiller de coopération et d'action culturelle présentera le programme et l'idée du projet « l'Écho français en Lituanie » en écho de la saison de la Lituanie en France.
En cette période de guerre au Moyen-Orient, de souverainisme en Afrique et de repli identitaire en Europe et aux États-Unis, Souleymane Bachir Diagne décide d'aller à contre-courant et publie Universaliser aux éditions Albin Michel. Le philosophe sénégalais reconnaît que la civilisation de l'universel et que la démocratie sont en danger, notamment en Afrique de l'Ouest. Mais il garde espoir. De passage à Paris, le professeur de philosophie à l'université Columbia de New York répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Souleymane Bachir Diagne, vous voulez réinventer l'universel face au monde d'apartheid généralisé que nous vivons aujourd'hui, mais que répondez-vous à ceux qui disent qu'on ne peut pas aimer tous les hommes et que tout naturellement, on se préoccupe d'abord de ceux avec qui on partage une identité familiale, religieuse ou nationale ? Souleymane Bachir Diagne : Cette question est au centre de mon propos. Il y a là un instinct, c'est notre côté animal, disons. L'instinct de tribu est réel. En revanche, nous n'avons rien d'équivalent quand il s'agit de l'humanité en général. L'humanité, ça peut paraître une abstraction. Il n'y a pas d'instinct d'humanité, mais précisément l'humanité. Cela se construit d'abord sur le plan philosophique, nous avons le sentiment qu'en effet être humains ensemble signifie que nous partageons quelque chose de fondamental. Et il y a la religion. C'est la religion qui nous enseigne, et c'est d'ailleurs ce qui est au cœur de toutes les grandes religions humaines, qui nous enseigne que mon prochain, ce n'est pas forcément mon proche.Vous écrivez dans votre livre que la religion peut être ouverture, mais aussi clôture. Et vous qui êtes spécialiste de la pensée islamique, est-ce que vous ne craignez pas qu'on assiste aujourd'hui à une intensification des guerres de religion, témoin le conflit sanglant au Proche-Orient ? Eh bien oui, voilà un exemple, malheureusement, d'instrumentalisation de la religion. Alors je viens juste, à propos de l'humanité, d'en parler comme un facteur d'ouverture à l'autre, d'ouverture au-delà de la tribu. Malheureusement, la même religion peut être également instrumentalisée pour être au contraire une force de clôture et être à ce moment-là embarquée dans nos tribalismes.Et est-ce que cette tendance n'est pas très lourde et n'est pas en train de prendre le dessus sur la dimension ouverture de toute religion ? Aujourd'hui, il y a toutes les raisons de croire qu'il en est bien ainsi. La manière dont ces religions sont instrumentalisées, la manière dont le terrorisme dans le Sahel, ma région, s'habille des vêtements de la religion, prétend tuer des civils, massacrer des villages entiers, pour la plus grande gloire de Dieu. Eh bien, nous voyons bien que la religion aujourd'hui présente ce visage-là. Toutes les religions.Et vous ne vous sentez pas un peu seul quand vous combattez tout cela ? Je ne crois pas. Je ne me sens pas seul parce qu'il y a cette aspiration vers l'humanité qui est réelle. Nous vivons un monde fragmenté, on le voit. En revanche, il suffit de peu pour que nous nous rendions compte de la réalité de cette aspiration à l'humanité. Il a suffi, par exemple, des images à la télévision de l'ouverture des Jeux olympiques [à Paris le 26 juillet dernier, NDLR] pour se rendre compte que tout le monde adhérait à l'idée d'humanité que nous voyons ainsi sur nos écrans. Autrement dit, l'aspiration est là et qui doit pouvoir dominer le scepticisme profond où nous met aujourd'hui la situation que nous vivons dans le monde.La civilisation de l'universel est en danger, dites-vous. Mais est-ce que la démocratie elle-même n'est pas aussi en danger ? La démocratie est en danger. Étant citoyen de l'Ouest africain, je m'en rends compte aujourd'hui, la démocratie est en danger partout dans le Sahel. La crise de la démocratie a pris la forme d'un retour des coups d'État en Afrique de l'Ouest. Il est inquiétant de voir qu'une partie de la jeunesse a adhéré à ces coups d'État, non pas simplement parce que les militaires avaient promis de s'occuper de la guerre et d'être plus efficaces que les pouvoirs civils, mais en estimant que, au fond, la démocratie devait venir après d'autres idéaux qui étaient un panafricanisme ou un souverainisme, que la démocratie, au fond, avait moins d'importance. Là se trouve une vraie crise, parce que croire que ce qu'on baptise « panafricanisme ». D'ailleurs, ce n'en est pas un, parce que le panafricanisme, il est en train de s'inventer à la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), il n'est pas en train de s'inventer à l'Association des États du Sahel. Et ce panafricanisme-là de la Cédéao, lui, il vaut la peine de se battre pour lui et il ne sera réel qu'entre des démocraties.Et vous dites que le phénomène nouveau, ce n'est pas l'arrivée de coups d'État, c'est l'arrivée de justifications de ces coups d'État ?Oui, ce sont ces justifications-là qui sont la marque la plus claire de la crise de la démocratie. Parce que ces justifications signifient un certain scepticisme démocratique où on dit que la démocratie ne sert à rien ou que la démocratie a moins de valeur qu'un souverainisme ou un autre type de panafricanisme qui, à la réflexion, n'a pas de véritable contenu.
durée : 00:10:58 - L'invité de 7h50 du week-end - Souleymane Bachir Diagne est l'une des grandes voix africaines de la philosophie, professeur à l'Université Columbia de New York. Il est l'auteur de cet essai : "Universaliser, l'humanité par les moyens d'humanité”, chez Albin Michel.
Le Mawlid, ou Maouloud, ou encore appelé Gamou au Sénégal ou Mevlit en Turquie, marque l'anniversaire de la naissance du Prophète Mahomet, que de nombreux musulmans fêtent le 12 de Rabia al Awal, le troisième mois de l'année musulmane. Cette date correspondait cette année à la nuit du 14 au 15 septembre. Un anniversaire célébré dans différentes régions du monde, souvent organisé par des tariqas, des confréries soufies. Dans cette émission, nous évoquons ces célébrations au Sénégal, en Guinée et en Turquie – à Istanbul, sur les traces de théologiens et penseurs soufis comme Ibn Arabi, al-Ghazali et Rûmi, mais aussi de cheikhs, de penseurs et de marabouts sur le continent africain. Si le Mawlid n'est pas une fête canonique, c'est devenu une fête populaire, religieuse et même officielle dans certains pays musulmans qui ont institué un jour férié, - à l'exception de l'Arabie Saoudite où domine le wahhabisme, une doctrine très rigoriste de l'islam, qui interdit la vénération et le culte des saints. Chaque année, la célébration du Mawlid – qui se déroule y compris chez les chiites - occasionne des débats : est-ce une « innovation blâmable » comme l'assurent les plus rigoristes, qui prônent un retour à un islam épuré ? Pour ceux qui célèbrent cet anniversaire, au contraire, il s'agit d'une innovation louable qui a des fondements dans le Coran et la Sunna et qui permet de célébrer l'amour du Prophète et de rappeler ses enseignements.Entretiens :- Alioune Bah, philosophe guinéen, directeur du master Philosophie et Psychopédagogie à l'Université de Sonfonia en Guinée, chercheur associé à l'Université de Strasbourg, auteur de « L'islam rationnel de Souleymane Bachir Diagne » paru aux éditions Riveneuve- Djim Dramé, islamologue, chef du Laboratoire d'islamologie de l'IFAN, l'Institut Fondamental d'Afrique Noire, à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et récemment nommé directeur des affaires religieuses du Sénégal. Reportage à Dakar / Gwendal Lavina.Entretiens à Istanbul avec :- Kenan Gürsoy, professeur émérite de philosophie de l'Université de Galatasaray, ancien ambassadeur de Turquie au Vatican, président de la Fondation Cenan (ancien tekke, couvent soufi)- Emre Ömürlü, musicologue et musicien soufi- Nur Artiran, maître soufie, présidente et fondatrice de la « Rumi and Şefik Can Foundation for education and culture ».
À l'heure des replis identitaires, de la fermeture des espaces de dialogue, des tensions et des guerres qui font l'actualité du monde, nous parlons ouverture, pluralisme et philosophie en islam avec le grand philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne et Alioune Bah, jeune philosophe guinéen qui vient de publier un ouvrage sur la pensée de son mentor intitulé « L'islam rationnel de Souleymane Bachir Diagne » (éditions Riveneuve). Alioune Bah revient sur la pensée du philosophe sénégalais, inspiré du poète et philosophe Mohammed Iqbal, autour d'une religion en mouvement, ancrée dans un monde pluriel en profonde mutation.Une conversation entre deux philosophes de générations différentes, qui propulsent leurs réflexions sur l'islam des lumières à l'aune du temps présent et des générations futures.Souleymane Bachir Diagne invite à se décentrer et à revenir à l'essence de l'humanité, notamment dans la guerre à Gaza.« On a le sentiment que l'existence même de l'autre est la négation de ma propre existence. On ne peut pas imaginer situation plus tribale que cela. »Invités en studio :- Souleymane Bachir Diagne, philosophe sénégalais, professeur de Philosophie et de Littérature et directeur de l'Institut d'études africaines à l'Université de Columbia à New York, auteur de nombreux ouvrages dont « Comment philosopher en islam » (Éd. Philippe Rey, 2013), « Le fagot de ma mémoire » (Éd. Philippe Rey, 2021)- Alioune Bah, philosophe guinéen, directeur du master Philosophie et Psychopédagogie à l'Université de Sonfonia en Guinée, chercheur associé à l'Université de Strasbourg, auteur de « L'islam rationnel de Souleymane Bachir Diagne » (Éd. Riveneuve, 2023).
durée : 00:12:28 - L'invité de 7h50 du week-end - par : Ali Baddou, Marion L'hour - Souleymane Bachir Diagne, professeur de philosophie à l'université Columbia à New York, spécialiste de l'islam et de l'universalisme et notre invité de 7h50.
Sind die aktuellen Kriege und Konflikte unlösbar? Wie könnte die Vorstellung des "Ubuntu" dazu beitragen, Brücken zwischen Ideologien zu bauen? Der aus dem Senegal stammende Philosoph Souleymane Bachir Diagne vertraut in Gemeinsinn. Detjen, Stephan
Souleymane Bachir Diagne is one of the foremost scholars of Islamic and African philosophy. Currently a professor at Columbia University in New York, he remains deeply connected to the continent and to his home country Senegal. Before moving to the US, he taught in the humanities department at Cheikh Anta Diop University in Dakar for 20 years. During our conversation, he gave illuminating historical context to the democratic crisis in Senegal. He explained why Senegalese democracy is so resilient. This interview was recorded before the election so forgive us for not discussing the result. We also talked about the situation in Israel and Gaza and the relationship between Jews, and Muslims. We also discussed the wedge this conflict has driven between the black and Jewish communities. And we talked a lot about the concept of Ubuntu, the idea of a common humanity, and how that idea can help us frame our attitude towards the current conflict in the Middle East. Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.
Many wars have been waged on African soil. But it also means that Africans have something to say about conflict resolution. At a moment in time, where conflict seems to be all around us, Limitless Africa wanted to highlight three approaches to peace. Souleymane Bachir Diagne is one of the foremost scholars of Islamic and African philosophy and a professor at Columbia University in New YorkJoseph Nkurunziza is a medical doctor and CEO of Never Again Rwanda, a peace-building NGO which works in 22 out of the 30 districts of the country.Former refugee Victor Ochen supports local communities still affected by war with his organisation AYINET, the African Youth Initiative Network. Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.
À l'heure des replis identitaires, de la fermeture des espaces de dialogue, des tensions et des guerres qui font l'actualité du monde, nous parlons ouverture, pluralisme et philosophie en islam avec le grand philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne et Alioune Bah, jeune philosophe guinéen qui vient de publier un ouvrage sur la pensée de son mentor intitulé « L'islam rationnel de Souleymane Bachir Diagne » (éditions Riveneuve). Alioune Bah revient sur la pensée du philosophe sénégalais, inspiré du poète et philosophe Mohammed Iqbal, autour d'une religion en mouvement, ancrée dans un monde pluriel en profonde mutation.Une conversation entre deux philosophes de générations différentes, qui propulsent leurs réflexions sur l'islam des lumières à l'aune du temps présent et des générations futures.Alors que le ramadan a commencé, mois sacré pour les musulmans, Souleymane Bachir Diagne invite à se décentrer et à revenir à l'essence de l'humanité, notamment dans la guerre à Gaza. « Il faut espérer que ce mois de ramadan apporte la possibilité de se parler, de comprendre qu'au bout du compte la guerre ne résout jamais rien. On a le sentiment que l'existence même de l'autre est la négation de ma propre existence. On ne peut pas imaginer situation plus tribale que cela. » Invités en studio :- Souleymane Bachir Diagne, philosophe sénégalais, professeur de Philosophie et de Littérature et directeur de l'Institut d'études africaines à l'Université de Columbia à New York, auteur de nombreux ouvrages dont « Comment philosopher en islam » (Éd. Philippe Rey, 2013), « Le fagot de ma mémoire » (Éd. Philippe Rey, 2021)- Alioune Bah, philosophe guinéen, directeur du master Philosophie et Psychopédagogie à l'Université de Sonfonia en Guinée, chercheur associé à l'Université de Strasbourg, auteur de « L'islam rationnel de Souleymane Bachir Diagne » (Éd. Riveneuve, 2023).
For our final episode of this season we are delighted to welcome Professor Soulaymane Bachir Diagne, who teaches at Columbia University, and is one of the world's most distinguished philosophers. Professor Diagne guides us through his autobiography, "Le Fagot de Ma Memoire." Le fagot is a bundle of twigs. In Francophone Africa it refers to the wood that's used to make a fire. Here, Professor Diagne has collected the twigs of his memory, interweaving the story of his professional trajectory, and the Muslim beliefs and motivations that have guided him. We'd love to know what you think of our Muslim Footprints Podcast - please share your thoughts at the.ismaili/feedback
La réflexion portera sur l'importance dans la philosophie iqbalienne du mot prophétique: « Ne dénigrez pas le temps, car le temps est Dieu. ». Après avoir enseigné à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar et celle Northwestern à Chicago, Souleymane Bachir Diagne est depuis 2008 professeur dans les départements d'Études francophones et de philosophie à Columbia University, New York, où il dirige également l'Institut d'Etudes Africaines. Ses recherches et enseignements s'inscrivent en histoire de la philosophie et de la logique algébrique, en histoire de la philosophie islamique ainsi qu'en philosophie africaine. Ses ouvrages les plus récents en français sont : En quête d'Afrique(s). Universalisme et pensée décoloniale (avec Jean-Loup Amselle), Paris, Albin Michel, 2018 ; La controverse. Dialogue sur l'islam (avec Remi Brague), Paris, Stock, 2019, Le fagot de ma mémoire, Paris, Philippe Rey, 2021, De langue à langue. L'hospitalité de la traduction, Paris, Albin Michel, 2022. Souleymane Bachir Diagne est membre associé de l'Académie Royale de Belgique et membre de l'American Academy of Arts and Sciences. Pour plus d'informations visitez notre site: https://consciencesoufie.com/
Parce que la terre inquiète, le philosophe enquête. Depuis que le monde est langage, y a toujours un lutin de la pensée qui passe devant, pour nous éclairer. Celui-là porte des p'tits chapeaux, fait de la batterie, fredonne parfois des comptines yiddish, a un sens entêtant de la ritournelle (que ce soit en musique, en littérature ou en philo : il en a même fait sa thèse), il fréquente de façon gourmande la partition des Sartre, Jacques Rancières et autres Deleuze. Mais parce que la terre inquiète, Aliocha Wald Lasowski arpente le tout-monde - des outremers en Afrique jusqu'en France et aux États-Unis - à la rencontre de ceux et celles qui ont approché Édouard Glissant. S'ensuit une conversation autour des défis écologiques, culturels, identitaires qui guettent notre humanité. Imaginaire et politique de la créolisation (avec Raphaël Confiant, Souleymane Bachir Diagne, Amin Maalouf, Regis Debray notamment) paraît aux Éditions de l'Aube.Les choix musicaux de Aliocha Wald LasowskiChic Good TimesGalactic Storm Stupid Boss.
durée : 00:58:00 - Toute une vie - Poète génial, intellectuel respecté et figure des décolonisations, Léopold Sédar Senghor a aussi été un président autoritaire dont l'exercice du pouvoir est toujours critiqué au Sénégal. Son œuvre est aujourd'hui relue comme une pensée importante de l'émancipation. - invités : Elgas Journaliste, sociologue ; Souleymane Bachir Diagne philosophe, professeur de philosophie française et africaine à l'Université de Columbia, directeur de l'Institut d'Études africaines; Roland Colin Anthropologue, ancien élève et compagnon de route de Senghor; Elara Bertho Docteure en lettres modernes, chercheuse au CNRS dans le laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM); Mohamed Mbougar Sarr Romancier, prix Goncourt 2021 pour son livre "La plus secrète mémoire des hommes"; Amzat Boukari-Yabara Docteur du Centre d'études africaines de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), spécialiste du panafricanisme
durée : 00:58:06 - Avec philosophie - par : Géraldine Muhlmann - L'approche consistant à considérer la tradition comme une entité immuable est aujourd'hui largement critiquée et remise en question. Loin d'être quelque chose de figé, la tradition est sans cesse réinventée, le passé étant orienté vers le futur suivant la pensée prospective de Gaston Berger. - invités : Séverine Kodjo-Grandvaux philosophe, chercheuse associée au Laboratoire d'études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie de l'université Paris 8; Souleymane Bachir Diagne philosophe, professeur de philosophie française et africaine à l'Université de Columbia, directeur de l'Institut d'Études africaines; Jean-Pierre Olivier de Sardan anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au LASDEL (Niger) ; Bado Ndoye professeur de philosophie à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar
durée : 00:59:05 - Avec philosophie - par : Géraldine Muhlmann - Continent de 54 nations, l'Afrique est parfois encore appréhendée comme un tout homogène. Comment et pourquoi affirmer une unité africaine malgré l'indéniable pluralité de ce continent ? N'est-ce pas pour reconnaître une expérience commune, à savoir celle de la colonisation ? - invités : Nadia Yala Kisukidi romancière, philosophe et maîtresse de conférences en philosophie à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis; Souleymane Bachir Diagne philosophe, professeur de philosophie française et africaine à l'Université de Columbia, directeur de l'Institut d'Études africaines; Felwine Sarr écrivain, musicien, économiste et universitaire
durée : 00:29:12 - L'Heure bleue - Souleymane Bachir Diagne est l'un des philosophes les plus importants de notre temps. Portrait dans l'Heure Bleue.
Peacelam - Le pluralisme comme fondement du dialogue des civilisations (Pr Souleymane Bachir Diagne --- Send in a voice message: https://podcasters.spotify.com/pod/show/librairie-majalis/message
durée : 01:58:41 - Les Matins du samedi - par : Quentin Lafay - Que nous apprennent les philosophies africaines sur le monde contemporain ? - invités : Nadia Yala Kisukidi maîtresse de conférences en philosophie à l'Université Paris 8; Souleymane Bachir Diagne philosophe, professeur de philosophie française et des questions philosophiques en Afrique dans les départements de philosophie et de Français à l'Université de Columbia, directeur de l'Institut d'Etudes africaines
durée : 00:59:11 - Avec philosophie - par : Géraldine Muhlmann - La traduction est une étape constitutive de l'établissement d'un texte : elle est une interprétation du texte lui-même. Mais la traduction peut-elle rendre les mille nuances et significations d'un texte, d'une langue ? - invités : Barbara Cassin philosophe, philologue, directrice de recherche au CNRS et Académicienne; Souleymane Bachir Diagne philosophe, professeur de philosophie française et des questions philosophiques en Afrique dans les départements de philosophie et de Français à l'Université de Columbia, directeur de l'Institut d'Etudes africaines
Éloge du décentrement, de l'ouverture et de l'hospitalité de la traduction par le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, une des voix les plus inspirantes de notre temps... Nous avons rendez-vous aujourd'hui avec le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, humaniste, engagé et bienveillant, nourri par sa triple culture : africaine, française et américaine. Auteur d'ouvrages remarquables et remarqués, citons L'encre des savants, Comment philosopher en Islam ? Souleymane Bachir Diagne est de passage à Paris, entre Dakar et New-York pour la sortie de son nouvel essai De langue à langue l'hospitalité de la traduction: un éloge de la traduction qui est au coeur de toute son oeuvre car traduire, c'est donner dans une langue, l'hospitalité à ce qui a été pensé dans une autre. En somme, c'est faire humanité ensemble. Avec le philosophe Souleymane Bachir Diagne pour son livre De langue à langue, paru chez Albin Michel sur l'hospitalité et la traduction. Souleymane Bachir Diagne sera le 1er professeur en titre à l'ENS, dans le cadre du nouveau Programme Suds, en partenariat avec de nombreuses universités africaines.
Comment décloisonner les savoirs et faire circuler équitablement les idées et les humains qui les portent ? La prestigieuse École Normale Supérieure (ENS) lance son programme Suds, en partenariat avec plusieurs universités africaines. Regards croisés et décentrés pour une nouvelle compréhension du monde. Émission enregistrée dans le cadre du colloque Modernités africaines de l'École Normale Supérieure qui s'est tenu début juin 2022. Pourquoi lancer, comme l'historien Achille Mbembe l'avait proposé, un « campus nomade » entre France, Europe, et Afrique ? Comment de façon pérenne, décloisonner les savoirs, décentrer les regards et faire circuler les idées et les humains qui les portent ? Pourquoi commencer par un cours interdisciplinaire et international, hybride et mobile, sur les nouvelles compréhensions du monde en partenariat avec le CNRS et des universités africaines sur tout le continent ? Quels sont les enjeux intellectuels, scientifiques, pédagogiques, mais aussi politiques, environnementaux et sociaux de ce programme Suds, ambitieux et inspirant dans la forme comme dans le fond ? Avec Leïla Vignal, professeure et directrice du Département de Géographie à l'École normale supérieure (ENS), Frédéric Worms (philosophe et directeur de l'ENS) et Lionel Zinsou (économiste et président de la Fondation de l'ENS) pour annoncer le lancement du Programme Suds de l'ENS à la rentrée 2022-2023. Il s'agit d'un programme transversal et durable de recherche, d'enseignement et de rencontres en partenariat avec des universités africaines, dont le 1er professeur en titre sera Souleymane Bachir Diagne.
durée : 02:00:36 - Les Matins - par : Guillaume Erner - .
durée : 01:59:11 - Les Matins du samedi - par : Caroline Broué - En cette Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, Sylvie Sandeau qui publie "Celle qui souriait trop pour être autiste" / Le professeur de philosophie à l'Université de Columbia Souleymane Bachir Diagne, qui a ouvert les Ateliers de la pensée (Dakar) sur le thème "Le bruit et l'effroi". - invités : Sylvie Sandeau; Souleymane Bachir Diagne philosophe, professeur de philosophie française et des questions philosophiques en Afrique dans les départements de philosophie et de Français à l'Université de Columbia, directeur de l'Institut d'Etudes africaines
durée : 00:53:17 - L'Heure bleue - par : Laure Adler, Céline Villegas - L'Heure Bleue poursuit sa réflexion sur le monde, son actualité, l'Histoire et l'Europe avec deux philosophes, Souleymane Bachir Diagne et Krzysztof Pomian.