POPULARITY
Si le pop-corn est aujourd'hui indissociable des salles de cinéma, ce n'est ni un hasard, ni une tradition ancestrale. C'est le résultat d'une convergence historique, économique et technologique très précise, qui remonte aux États-Unis, au début du XXᵉ siècle.À l'origine, le cinéma n'est pas un loisir populaire. Dans les années 1910 et 1920, les grandes salles américaines veulent ressembler à des théâtres d'opéra : moquettes épaisses, rideaux luxueux, orchestres, et une clientèle plutôt bourgeoise. La nourriture y est mal vue. Le pop-corn, vendu dans la rue par des marchands ambulants, est associé aux classes populaires, au bruit, aux miettes et aux odeurs. Les exploitants de salles n'en veulent pas.Tout change avec l'arrivée du cinéma parlant, notamment après le succès de The Jazz Singer, puis surtout avec la Grande Dépression à partir de 1929. Des millions d'Américains perdent leur emploi. Le cinéma devient l'un des rares divertissements encore abordables : quelques cents pour oublier la crise pendant deux heures.Or, le pop-corn possède alors trois avantages décisifs :Premièrement, il est extrêmement bon marché. Le maïs est produit en masse aux États-Unis, se conserve longtemps, et un sac de grains coûte peu. Pour un vendeur, le bénéfice est énorme : le prix de vente peut être multiplié par dix ou plus par rapport au coût de production.Deuxièmement, il est facile à préparer sur place. Dans les années 1930, les machines à pop-corn portables se répandent. Elles attirent visuellement l'attention, diffusent une odeur appétissante et fonctionnent devant les clients, ce qui rassure sur l'hygiène.Troisièmement, le pop-corn est peu périssable. Contrairement aux sandwiches ou aux pâtisseries, il ne nécessite ni réfrigération ni cuisine complexe.Au début, les vendeurs s'installent simplement devant les cinémas. Certains exploitants tentent de les chasser, mais constatent vite un phénomène frappant : les salles situées près des vendeurs de pop-corn attirent davantage de spectateurs. Progressivement, des directeurs de cinéma décident d'installer leurs propres stands à l'intérieur.Pendant la Seconde Guerre mondiale, le phénomène s'amplifie. Le sucre est rationné, ce qui rend les confiseries rares et chères. Le pop-corn, lui, n'est pas rationné. Il devient la friandise dominante.Dans les années 1950, avec l'arrivée de la télévision, les cinémas traversent une nouvelle crise. Pour survivre, ils augmentent fortement leurs marges sur la nourriture. Le pop-corn devient alors une source majeure de profits, parfois plus rentable que la vente des billets eux-mêmes.Peu à peu, l'habitude se transforme en rituel culturel. Aujourd'hui, le pop-corn n'est pas seulement une collation : il est un symbole du cinéma. Et si l'on mange du pop-corn plutôt qu'autre chose, ce n'est pas parce qu'il serait intrinsèquement meilleur… mais parce qu'il était, au bon moment, le produit parfait pour sauver économiquement les salles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À la veille de la Saint-Valentin, focus sur une industrie criminelle aussi méconnue qu'efficace : l'arnaque aux sentiments. Derrière les promesses d'amour se cache une économie mondialisée, ultra-organisée et désormais dopée à l'intelligence artificielle, qui brasse chaque année des milliards d'euros. L'arnaque aux sentiments repose sur un modèle efficace. Les escrocs créent de faux profils sur des sites de rencontres, des réseaux sociaux ou des applications de messagerie. Ils mettent en scène des identités valorisantes : ingénieurs expatriés, médecins humanitaires, entrepreneurs prospères, voire parfois des personnalités connues. L'objectif est clair, instaurer une relation affective intense en échangeant quotidiennement pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, afin de bâtir un climat de confiance solide. Progressivement, le lien émotionnel s'intensifie, la victime s'attache, se projette, et baisse sa vigilance. Puis vient le moment du piège. Une urgence surgit, un billet d'avion à payer pour une rencontre tant attendue, un problème de santé soudain, un compte bancaire bloqué. La victime, déjà émotionnellement engagée, envoie de l'argent. D'abord de petites sommes, pour se rassurer. Puis, l'engrenage se met en place. Les demandes deviennent plus fréquentes, plus importantes, jusqu'à provoquer parfois un véritable effondrement financier. Des usines à arnaques en Asie et une tradition bien ancrée en Afrique Loin du cliché de l'escroc solitaire derrière son écran, l'arnaque sentimentale est aujourd'hui une industrie mondialisée, structurée et hiérarchisée. Certaines enquêtes récentes ont révélé l'existence de véritables « usines à arnaques » en Asie du Sud-Est. Dans d'immenses complexes, des plateaux entiers d'ordinateurs sont occupés par des équipes qui se relaient 24 heures sur 24 afin de couvrir tous les fuseaux horaires. Selon une étude de l'université du Texas, ces seuls réseaux asiatiques auraient extorqué près de 75 milliards de dollars entre 2020 et 2024. Une somme vertigineuse, qui illustre la dimension industrielle de cette cybercriminalité. L'Afrique de l'Ouest constitue également un foyer historique de ces pratiques, notamment pour les victimes francophones. En Côte d'Ivoire, les « brouteurs », au Nigeria les « yahoo boys », et au Cameroun les « feymen » incarnent ces figures désormais bien connues. La méthode y reste souvent plus artisanale, moins structurée qu'en Asie, mais les gains peuvent être considérables. Certains escrocs expérimentés parviennent à générer plusieurs dizaines de milliers d'euros par an. Intelligence artificielle, banques sous pression et humanité détournée La montée en puissance de l'intelligence artificielle a marqué un tournant. Désormais, les escrocs peuvent produire de faux appels vidéo ultracréditbles, combinant voix, visage et gestuelle réalistes. La fraude devient ainsi industrielle, automatisée et surtout hyper-personnalisée. La frontière entre le vrai et le faux s'efface, renforçant encore la vulnérabilité des victimes. Cette explosion des arnaques pose un défi majeur aux banques. L'enjeu est financier, juridique et réputationnel. Les établissements doivent gérer un afflux croissant de litiges tout en respectant leurs obligations de vigilance sur les mouvements de fonds. Mais comment bloquer un virement lorsque le client est lui-même persuadé d'agir par amour ? Pour répondre à ce défi, des acteurs spécialisés ont émergé, à l'image de Feedzaï, qui développe des solutions capables d'identifier en temps réel les transactions suspectes grâce à l'analyse comportementale et à l'intelligence artificielle. Toutefois, même les technologies les plus avancées ne peuvent tout empêcher. Car la véritable faille reste humaine. L'arnaque aux sentiments exploite ce qu'il y a de plus intime : le besoin d'amour, de reconnaissance et de lien. La manipulation émotionnelle est au cœur du système. Dans cette économie souterraine mondialisée, l'amour devient peu à peu un produit financier comme un autre.
Notre invitée, Samantha Marcolin, retrace son parcours singulier, de la philosophie aux ressources humaines, puis à la psychologie du travail. Un parcours marqué par une expérience très concrète du terrain : centre d'appels, fonctions RH pendant une dizaine d'années, puis la crise de 2008, les transformations, les dossiers de RPS. Progressivement, un décalage s'installe : celui entre les discours, les outils, les indicateurs… et ce qui se passe réellement dans l'activité.Nous discutons de la manière dont la fonction RH s'est historiquement construite à distance du travail. À partir d'un exemple très parlant (les standards de performance des caissières), nous montrons comment l'explication des difficultés glisse rapidement vers l'individu (motivation, implication, attitude) au lieu d'interroger l'organisation et les conditions de réalisation du travail.Pour nous toutes et tous, l'enjeu est direct : savoir déjouer la psychologisation, remettre la discussion sur le terrain du travail réel, et analyser les dispositifs qui produisent de l'absurde et de la souffrance. Primes indexées sur des indicateurs inatteignables, objectifs qui encouragent les contournements, politiques “zéro accident” qui invisibilisent les situations à risque : ce sont des effets ordinaires d'une gestion qui cherche à réduire l'incertitude — et qui, paradoxalement, en fabrique toujours davantage.Nous abordons également ce que le passage de RH à psychologue du travail oblige à désapprendre : la certitude, la posture d'expert, la promesse de résultats prédéfinis. Le travail du ou de la psy ne consiste pas à appliquer des solutions, mais à créer les conditions pour que le travail puisse être dit, discuté et transformé, sans ajouter de la souffrance à la souffrance.Retrouvez Samantha - sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/samantha-marcolin70a9955a/- sur Mastodon : https://mastodon.social/@shamanta- chez elle : https://www.actyc.fr/Retrouvez également- la recherche que nous évoquons dans l'entretien : https://doi.org/10.3917/geco.107.0042 (accès payant / cairn)- les articles : https://www.larevuecadres.fr/articles/la-fonction-ressources-humaines-au-defi-du-travail-et-d-elle-meme/7100 ; https://www.larevuecadres.fr/articles/la-grh-sait-elle-penser-le-travail-reel/7101# Travail réel / prescrit – psychologisation – RPS – indicateurs – organisation du travail – loyautés – pouvoir d'agir
Progressivement je vais intégrer un support vidéo au cours de mes prochaines rencontres. Le format demeure fidèle au contenu auquel vous tes habitués et demeure toujours disponible en version audio sur les plateformes habituelles, mais pour ceux qui le souhaitent pourront regarder les prochaines entrevues en vidéo sur Spotify et Youtube.Cette nouvelle étape est rendu possible grâce la générosité et au support de mes 3 nouveaux partenaires, soit: Gabriel et sa chaine Youtube Gabriel Rancourt cycling, Cycle LM, et le CNCB que je remercie du fond de mon coeur.
Attaché à sculpter « l'essence des choses », Constantin Brancusi aura bouleversé l'art moderne grâce à ses formes épurées dont s'inspireront les designers du monde entier.Né en 1876 dans un petit village roumain, Brancusi quitte très jeune son foyer pour explorer le pays, avant de prendre la route de Paris, la capitale des arts.
durée : 00:05:51 - Le Reportage de la rédaction - Le nouveau programme d'éducation à la vie affective et relationnelle, devenu discipline à part entière depuis le début de l'année scolaire, se déploie dans les établissements du premier degré. Malgré les pressions extérieures et les formations au compte-gouttes des enseignants.
durée : 00:05:51 - Le Reportage de la rédaction - Le nouveau programme d'éducation à la vie affective et relationnelle, devenu discipline à part entière depuis le début de l'année scolaire, se déploie dans les établissements du premier degré. Malgré les pressions extérieures et les formations au compte-gouttes des enseignants.
durée : 00:04:28 - Le Reportage de la rédaction - Le nouveau programme d'éducation à la vie affective et relationnelle, devenu discipline à part entière depuis le début de l'année scolaire, se déploie dans les établissements du premier degré. Malgré les pressions extérieures et les formations au compte-gouttes des enseignants.
durée : 00:04:28 - Le Reportage de la rédaction - Le nouveau programme d'éducation à la vie affective et relationnelle, devenu discipline à part entière depuis le début de l'année scolaire, se déploie dans les établissements du premier degré. Malgré les pressions extérieures et les formations au compte-gouttes des enseignants.
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l'actualité en présence d'invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
Le président de Manpower France revient sur son baromètre, qui a été présenté, annonçant les intentions d'embauche des entreprises pour les trois prochains mois. Avec une hausse de 35 % par rapport à fin 2025, il nous dévoile les raisons de cette embellie. Mention légales : Vos données de connexion, dont votre adresse IP, sont traités par Radio Classique, responsable de traitement, sur la base de son intérêt légitime, par l'intermédiaire de son sous-traitant Ausha, à des fins de réalisation de statistiques agréées et de lutte contre la fraude. Ces données sont supprimées en temps réel pour la finalité statistique et sous cinq mois à compter de la collecte à des fins de lutte contre la fraude. Pour plus d'informations sur les traitements réalisés par Radio Classique et exercer vos droits, consultez notre Politique de confidentialité.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:05:31 - L'invité de "ici Maine" - Le musée Carré Plantagenêt du Mans "va fermer progressivement" entre fin août et novembre 2026 afin d'être restructuré explique ce lundi la nouvelle directrice des Musées du Mans, Manon Six. Le musée Tessé attendra que le centre de conservation sorte de terre pour avoir son tour. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
durée : 00:58:32 - Le Cours de l'histoire - par : Xavier Mauduit, Maïwenn Guiziou - La Documentation française est fondée en 1945 avec la vocation de produire une information fiable et impartiale à destination des décideurs politiques. Progressivement, elle s'engage à diffuser l'information aux citoyens et citoyennes. Aujourd'hui, sa mission rencontre le développement du numérique. - réalisation : Laurence Millet, Sam Baquiast - invités : Sabine Jansen Historienne, professeure des universités au Conservatoire national des arts et métiers; Lucile Josse Administratrice de l'État, sous-directrice des publics et des produits au sein de la Direction de l'Information Légale et Administrative (DILA); Julien Winock Responsable d'édition des "Cahiers français"
durée : 00:58:32 - Le Cours de l'histoire - par : Xavier Mauduit - La Documentation française est fondée en 1945 avec la vocation de produire une information fiable et impartiale à destination des décideurs politiques. Progressivement, elle s'engage à diffuser l'information aux citoyens et citoyennes. Aujourd'hui, sa mission rencontre le développement du numérique. - réalisation : Maïwenn Guiziou, Laurence Millet, Sam Baquiast, Jeanne Delecroix, Jeanne Coppey, Raphaël Laloum, Chloé Rouillon, Solène Roy - invités : Sabine Jansen Historienne, professeure des universités au Conservatoire national des arts et métiers, Lucile Josse Administratrice de l'État, sous-directrice des publics et des produits au sein de la Direction de l'Information Légale et Administrative (DILA), Julien Winock Responsable d'édition des "Cahiers français" Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
“Edward Weston” Modernité révéléeà la Maison Européenne de la Photographie, Parisdu 15 octobre 2025 au 25 janvier 2026Entretien avecLaurie Hurwitz,commissaire d'exposition et responsable de la collection vidéos d'artiste de la MEP, co-commissaire de l'exposition,par Anne-Frédérique Fer, à Paris, 14 octobre 2025, durée 19'46,© FranceFineArt.https://francefineart.com/2025/10/19/3655_edward-weston_maison-europeenne-de-la-photographie/Communiqué de presse Commissaires :Simon Baker & Laurie Hurwitz, MEP, ParisPolly Fleury & Hope Kingsley, Wilson Centre for Photography, LondresChargée de production : Elisa Monteillet, MEP, ParisCette exposition a été réalisée avec le soutien du Wilson Centre of Photography sur une idée de Michael Wilson.La MEP présente Modernité révélée, la plus grande exposition dédiée à Edward Weston à Paris depuis près de trente ans. Figure majeure de la modernité photographique, Weston a forgé un langage visuel radicalement novateur, fondé sur la clarté, la rigueur formelle et une exploration approfondie du médium photographique.Conçue à l'initiative de Michael Wilson — fondateur du Wilson Centre for Photography à Londres et l'un des plus grands collectionneurs de photographies au monde — l'exposition réunit un ensemble rare de tirages d'époque issus de sa collection, dont plusieurs sont présentés pour la première fois en France. Ces oeuvres offrent un éclairage exceptionnel sur l'évolution du travail de Weston et sur l'émergence d'un modernisme photographique pleinement affirmé.S'étendant sur plus de trois décennies, de 1908 à 1945, le parcours retrace la trajectoire artistique de Weston. Ses premières photographies pictorialistes, réalisées en Californie dans les années 1910 et au début des années 1920, s'inscrivent dans les traditions visuelles du XIXe siècle : flous soigneusement maîtrisés, mises en scène élaborées, et présence de symboles allégoriques. Progressivement, son regard se transforme : les images gagnent en netteté, les compositions s'épurent, et l'accent se porte de plus en plus sur la forme, la surface et la structure. Dès les années 1920, certaines oeuvres tendent vers l'abstraction géométrique — bien que Weston n'ait jamais adopté un style unique. Cette transformation s'opère de manière continue : les motifs se croisent, les techniques évoluent, révélant un artiste en constante recherche, affûtant sans relâche son regard.L'exposition met en lumière les grandes étapes de ce cheminement, notamment son séjour au Mexique, où il collabore étroitement avec Tina Modotti. Ensemble, ils créent des portraits et des nus empreints d'une liberté nouvelle et d'une radicalité inédite. Ces images dialoguent avec ses paysages évocateurs de la côte californienne, autour de Point Lobos et Carmel.Le coeur de l'exposition rassemble ses séries les plus emblématiques : gros plans sensuels de formes naturelles — poivrons, coquillages, fruits et légumes — photographiés avec une intensité presque obsessionnelle ; paysages de dunes et de rochers à Point Lobos et dans la Death Valley ; nus lumineux de Charis Wilson, sa muse et compagne. Weston y révèle la beauté universelle des choses les plus simples, qu'il transforme en formes sculpturales épurées. Portraits, nus, natures mortes et paysages se répondent dans une mise en relation inédite, dévoilant les résonances profondes de son oeuvre. Chez Weston, les formes naturelles prennent souvent des qualités anthropomorphiques subtiles, témoignant de la puissance formelle et de la richesse expressive de son regard.[...] Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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La théorie de Darwin dit que toutes les espèces vivantes descendent d'ancêtres communs. Or, dans chaque génération, apparaissent des variations individuelles. Certaines de ces différences offrent un avantage — par exemple une meilleure adaptation au milieu — et augmentent les chances de survie et de reproduction. Progressivement, ces traits bénéfiques se répandent dans la population : c'est la sélection naturelle. Au fil du temps, ce mécanisme produit des transformations profondes, jusqu'à l'apparition de nouvelles espèces. Darwin avait déjà réuni l'essentiel de ses observations et réflexions sur l'évolution dès les années 1830, à son retour du voyage du Beagle. Pourtant, il garda sa théorie dans ses tiroirs pendant plus de vingt ans. Pourquoi une telle hésitation ?D'abord, pour des raisons scientifiques. Darwin savait que sa thèse — l'idée que les espèces se transforment par sélection naturelle — allait à l'encontre du paradigme dominant de l'époque : la fixité des espèces, soutenue par la majorité des naturalistes et par l'Église. Il voulait donc accumuler des preuves irréfutables. Il passa des années à étudier la botanique, l'élevage de pigeons, la géologie ou encore la distribution des espèces pour consolider son argumentaire.Ensuite, pour des raisons personnelles et sociales. Darwin était conscient que sa théorie allait heurter les croyances religieuses profondes de la société victorienne. Lui-même, issu d'une famille anglicane, redoutait de choquer son entourage, notamment son épouse Emma, très croyante. Publier une telle idée risquait aussi de ternir sa réputation et d'entraîner des polémiques violentes.Un autre facteur est lié à son tempérament. Darwin était méthodique, perfectionniste et souvent hésitant. Il réécrivait sans cesse ses notes, cherchant à rendre son raisonnement inattaquable. Il parlait de sa théorie comme d'un “crime” à confesser.Ce n'est qu'en 1858, lorsqu'il reçut un manuscrit d'Alfred Russel Wallace — jeune naturaliste qui, de son côté, avait abouti à la même idée de sélection naturelle — que Darwin fut contraint d'agir. Ne voulant pas être devancé, il accepta de publier ses travaux en même temps que ceux de Wallace lors d'une présentation commune à la Société linnéenne de Londres.L'année suivante, en 1859, Darwin fit paraître L'Origine des espèces. L'ouvrage connut un immense retentissement, déclenchant débats, controverses et enthousiasmes.En résumé, Darwin n'a pas tant hésité par manque de conviction que par prudence. Il voulait à la fois renforcer la solidité scientifique de sa théorie et se protéger des tempêtes sociales et religieuses qu'il pressentait. Wallace, en quelque sorte, fut l'élément déclencheur qui le poussa à franchir le pas. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Quand on pense aux drapeaux nationaux, on imagine presque toujours un rectangle. Pourtant, la Suisse fait figure d'exception : son drapeau est carré. Ce détail, qui attire souvent la curiosité, a des racines historiques et symboliques profondes.L'origine du drapeau suisse remonte au Moyen Âge. Dès le XIVᵉ siècle, lors des batailles menées par la Confédération helvétique naissante, les soldats portaient une croix blanche cousue sur leurs vêtements ou bannières rouges. Cette croix n'était pas un emblème religieux, mais un signe distinctif permettant de se reconnaître au milieu des combats. Progressivement, cette croix blanche sur fond rouge est devenue l'un des symboles de l'unité helvétique.Le choix du format carré s'explique par l'usage militaire. Les enseignes de guerre médiévales suisses étaient carrées ou presque carrées, plus faciles à manier sur les champs de bataille et adaptées aux piques et hallebardes portées par les fantassins. Ce format s'est transmis à travers les siècles, au point de devenir une marque d'identité visuelle.Ce n'est toutefois qu'au XIXᵉ siècle, avec la création de l'État fédéral moderne en 1848, que le drapeau suisse a été officialisé dans sa forme actuelle : un carré rouge orné en son centre d'une croix blanche aux branches égales et élargies. Cette codification visait à distinguer la Suisse sur la scène internationale, notamment après le Congrès de Vienne (1815) où sa neutralité avait été reconnue.Aujourd'hui, la Suisse partage cette particularité avec un seul autre État : le Vatican, dont le drapeau est également carré. Partout ailleurs, les drapeaux nationaux sont rectangulaires, ce qui rend celui de la Suisse immédiatement reconnaissable. Fait amusant : lors des compétitions sportives ou dans certaines institutions internationales, on représente parfois le drapeau suisse en format rectangulaire pour des raisons pratiques. Mais la version officielle reste bien le carré.Le drapeau suisse a aussi inspiré d'autres symboles universels. Le plus célèbre est celui de la Croix-Rouge : créée à Genève en 1863, l'organisation a adopté comme emblème une croix rouge sur fond blanc, soit l'inverse exact du drapeau national. Ce choix illustre combien ce petit carré rouge frappé d'une croix blanche est associé, dans le monde entier, à des valeurs de neutralité, de protection et d'assistance.En résumé, le drapeau suisse est carré parce qu'il hérite de traditions militaires médiévales et parce qu'il a été officialisé ainsi au XIXᵉ siècle. Cette singularité géométrique en fait l'un des emblèmes les plus distinctifs au monde, à la fois simple, ancien et immédiatement identifiable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Tout le monde connait Vinicius Jr. pour ses qualités et ses performances répétées sous les couleurs du Real Madrid depuis plusieurs saisons maintenant. Mais à son arrivée dans la capitale madrilène, le joueur brésilien était la risée du football. Ses qualités ne se limitaient qu'à sa vitesse de course selon beaucoup d'observateurs et fans de football. Et pourtant...Pour plus d'interviews et d'anecdotes sur tes joueurs préférés, abonne-toi à Colinterview !Malgré les moqueries et les doutes, Vinícius a travaillé sans relâche. Avec détermination, Vini a peaufiné son jeu et transformé chaque critique en motivation. Progressivement, il s'est imposé comme l'un des joueurs les plus redoutables sur la scène mondiale, au point d'effleurer des doigts le Ballon d'Or. Aujourd'hui, Vinícius est l'une des figures incontournables du Real et du football international.Son histoire est celle d'une ascension fulgurante, d'un joueur moqué qui, par sa persévérance et son talent, a su déjouer les pronostics pour devenir une véritable star du football mondiale, en plus d'être l'une des figures de la lutte contre le racisme.Pour plus de récits inspirants et d'anecdotes sur les plus grands noms du football, abonne-toi à Colinterview !
Artistes générés par intelligence artificielle fulgurants, milliers de chansons générées chaque jour… Les plateformes voient déferler une vague musicale créée par l'IA, soulevant aussi d'enthousiasme que de craintes pour l'avenir de cette industrie. Mention légales : Vos données de connexion, dont votre adresse IP, sont traités par Radio Classique, responsable de traitement, sur la base de son intérêt légitime, par l'intermédiaire de son sous-traitant Ausha, à des fins de réalisation de statistiques agréées et de lutte contre la fraude. Ces données sont supprimées en temps réel pour la finalité statistique et sous cinq mois à compter de la collecte à des fins de lutte contre la fraude. Pour plus d'informations sur les traitements réalisés par Radio Classique et exercer vos droits, consultez notre Politique de confidentialité.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Durant tout l'été, Christophe Bourroux revient sur une innovation qui a changé la vie des automobilistes. 9 juin 1946 : la première autoroute s'ouvre à la circulation en France, à la sortie de Paris, entre le tunnel de Saint-Cloud et Orgeval 30 km au total. Les autoroutes vont mettre du temps à s'étendre. Après-guerre et pendant les 30 glorieuses, la reine de la route, c'est la nationale...Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Comprendre ce qu'est une offensive informationnelle, comment elle naît, comment elle grandit et se propage, c'est déjà un premier antidote au poison de la désinformation. Progressivement, la recherche parvient à mettre en lumière les opérations d'ingérence étrangère, la façon dont s'organisent les opérations d'influence et comment elles peuvent affecter le débat public dans des moments-clé de la vie démocratique. Celles orchestrées par la Russie recèlent un intérêt particulier. Les démocraties ont leurs faiblesses. Le dispositif informationnel de la Russie s'appuie sur ces failles, et sur la caisse de résonance que constituent les réseaux sociaux pour en tirer profit. Notre invitée, Christine Dugoin-Clément nous montre comment se déploie cette « stratégie du chaos ». Nous verrons avec elle, que ce système bien documenté, n'est pas lui-même infaillible. Christine Dugoin-Clément est chercheuse à la chaire «Risques» de l'IAE Paris-Sorbonne et à l'Observatoire de l'intelligence artificielle de Paris 1 Panthéon Sorbonne. Elle est l'auteur de « Géopolitique de l'ingérence russe-la stratégie du chaos » aux PUF. La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Pays de l'AES: la réalité derrière les images de logements flambant neufs.
Comprendre ce qu'est une offensive informationnelle, comment elle naît, comment elle grandit et se propage, c'est déjà un premier antidote au poison de la désinformation. Progressivement, la recherche parvient à mettre en lumière les opérations d'ingérence étrangère, la façon dont s'organisent les opérations d'influence et comment elles peuvent affecter le débat public dans des moments-clé de la vie démocratique. Celles orchestrées par la Russie recèlent un intérêt particulier. Les démocraties ont leurs faiblesses. Le dispositif informationnel de la Russie s'appuie sur ces failles, et sur la caisse de résonance que constituent les réseaux sociaux pour en tirer profit. Notre invitée, Christine Dugoin-Clément nous montre comment se déploie cette « stratégie du chaos ». Nous verrons avec elle, que ce système bien documenté, n'est pas lui-même infaillible. Christine Dugoin-Clément est chercheuse à la chaire «Risques» de l'IAE Paris-Sorbonne et à l'Observatoire de l'intelligence artificielle de Paris 1 Panthéon Sorbonne. Elle est l'auteur de « Géopolitique de l'ingérence russe-la stratégie du chaos » aux PUF. La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Pays de l'AES: la réalité derrière les images de logements flambant neufs.
Les impôts sur la fortune — ces taxes qui frappent le patrimoine net d'un individu au-delà d'un certain seuil — ont connu un recul massif à travers le monde depuis les années 1990. Si dans les années 1980, une douzaine de pays de l'OCDE les appliquaient, ils ne sont plus qu'une poignée aujourd'hui (comme la Norvège ou l'Espagne). Pourquoi ce recul ?1. Un rendement fiscal jugé faibleL'un des arguments les plus fréquemment avancés est celui de la faible efficacité de l'impôt sur la fortune. En France, avant sa suppression en 2018, l'ISF ne représentait qu'environ 0,5 % des recettes fiscales de l'État. Dans d'autres pays, les coûts liés à la collecte (évaluation, contentieux, contrôles) étaient jugés disproportionnés par rapport aux sommes récoltées. Les patrimoines sont complexes à évaluer (immobilier, œuvres d'art, parts non cotées, etc.), ce qui rend leur taxation techniquement coûteuse.2. Un risque de fuite des capitauxUn autre argument majeur repose sur la fuite des contribuables fortunés. Les pays appliquant un impôt sur la fortune devenaient parfois moins attractifs fiscalement, ce qui incitait certains riches contribuables à délocaliser leur résidence fiscale. En France, par exemple, plusieurs études et rapports parlementaires ont documenté des départs de contribuables vers la Belgique, la Suisse ou le Royaume-Uni. Ce phénomène — réel ou anticipé — a joué un rôle important dans les décisions politiques de suppression.3. Des effets négatifs sur l'investissementCertains économistes et responsables politiques ont souligné que l'impôt sur la fortune pouvait dissuader l'investissement productif, notamment lorsqu'il concernait des actifs comme des entreprises familiales ou des biens professionnels. En frappant le capital, y compris non liquide, cet impôt pouvait forcer certains contribuables à vendre des actifs pour le payer, nuisant à la stabilité des entreprises.4. Une pression fiscale déjà élevée par ailleursDans plusieurs pays, les fortunes sont déjà indirectement taxées via d'autres dispositifs : impôt sur les plus-values, sur les successions, sur les revenus du capital, taxes foncières… Dès lors, les gouvernements ont estimé que rajouter une couche avec l'impôt sur la fortune relevait d'une forme de double imposition peu justifiable.5. Un tournant idéologique et politiqueDepuis les années 1980, le monde occidental a connu un tournant vers des politiques plus libérales, axées sur l'attractivité, la compétitivité fiscale et la limitation des charges sur le capital. L'impôt sur la fortune, souvent perçu comme symbolique mais peu efficace, est ainsi devenu politiquement impopulaire, même à gauche dans certains pays.En France, l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) a été supprimé en 2018 sous la présidence d'Emmanuel Macron, et remplacé par l'Impôt sur la fortune immobilière (IFI). L'ISF ne rapportait qu'environ 5 milliards d'euros par an, et ses détracteurs estimaient qu'il nuisait à l'investissement et encourageait l'exil fiscal. Le nouvel impôt (IFI) se concentre uniquement sur les actifs immobiliers, laissant de côté les capitaux financiers. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La presse malienne est dithyrambique après la pose de la première pierre d'un complexe de transformation aurifère situé à Sénou, commune VI du district de Bamako. « Ce 16 juin 2025 restera gravé dans l'histoire du Mali, s'exclame L'Aube, comme un retour au passé glorieux de Kankou Moussa, demeuré jusqu'à aujourd'hui l'homme le plus riche du monde. Un record jamais égalé et toujours détenu par celui qui était jadis à la tête de l'Empire du Mali. » L'Aube fait donc allusion à Kankou Moussa, roi des rois de l'empire malien au XIVe siècle, considéré par certains comme l'homme le plus riche de tous les temps, avec une fortune évaluée à 400 milliards de dollars. Une fortune principalement constituée d'or. Retour au présent : désormais, poursuit L'Aube, « Bamako ne se contentera plus d'être un simple exportateur de matières premières. Dans un geste empreint de détermination et de conviction, le Général d'Armée Assimi Goïta a officiellement lancé les travaux de construction de la première raffinerie d'or de l'industrie minéralogique malienne. Cette raffinerie, conçue pour être la plus grande d'Afrique de l'Ouest avec une capacité de traitement de 200 tonnes d'or par an, est le fruit d'une stratégie nationale bien pensée, poursuit le quotidien malien, qui repose sur un partenariat stratégique avec la Fédération de Russie, à travers le groupe industriel Yadran. Le Mali détiendra une participation majoritaire de 62% du capital. Dans un contexte mondial où les ressources naturelles sont souvent synonymes de prédation, cette collaboration représente un acte d'indépendance économique significatif pour Bamako. » Offensive économique La symbolique est forte, renchérit Sahel Tribune. Pour un pays classé 3e producteur d'or en Afrique, mais longtemps confiné à l'exportation de minerai brut, cette raffinerie incarne un saut qualitatif vers la souveraineté économique. (…) Cette raffinerie s'inscrit dans la continuité des réformes initiées par le gouvernement de transition, pointe encore le quotidien malien. Depuis 2022, Bamako multiplie les initiatives : audit des contrats miniers, relèvement des parts de l'État, obligation pour les exploitants d'affiner l'or localement… une ligne claire s'impose, insiste Sahel Tribune : faire de l'or un levier de développement maîtrisé et redistributif. » Exit les compagnies occidentales ! Et pour ce faire, la junte malienne a opéré un grand coup de balai. « Progressivement, Bamako avance ses pions, relève L'Infodrome à Abidjan, pour reprendre le contrôle de ses ressources naturelles. » Avant-hier, « dans le bras de fer entre l'État malien et le groupe canadien Barrick, le tribunal de commerce de Bamako a ordonné la mise sous administration provisoire de la mine de Loulo-Gounkoto pour une durée de six mois. Cette décision, sollicitée par les autorités maliennes, vise à relancer les activités d'extraction sur ce site stratégique situé à l'ouest du pays, à l'arrêt depuis janvier. » « Les juges ont ainsi nommé Zoumana Makadji administrateur provisoire de la mine d'or, précise Jeune Afrique. Ancien ministre malien de la Santé et de l'Hygiène publique au Mali, Zoumana Makadji est un expert-comptable jouissant d'une bonne réputation à Bamako, présenté comme "intègre et doté d'une moralité". Avec cette décision, Barrick, jusque-là opérateur de Loulo-Gounkoto, n'a plus la main sur la gestion du site, d'un point de vue opérationnel comme financier. » Pression maximale C'est le dernier épisode en date d'un long bras-de-fer. Depuis son arrivée au pouvoir, la junte exerce une pression maximale pour tirer un meilleur profit des revenus de l'industrie minière. « Il y a deux ans, rappelait récemment Le Monde Afrique, le président Assimi Goïta avait introduit une réforme du code minier permettant à l'État de prendre jusqu'à 30 % des parts dans les nouveaux projets et réduisant les avantages fiscaux des entreprises étrangères. Le gouvernement malien exige que les contrats existants soient renégociés, quelles que soient les conventions passées avec les administrations précédentes. Une revendication exprimée sur fond de hausse continue des cours de l'or, dont le Mali est le troisième producteur africain et qui constitue 75 % de ses recettes d'exportation. »
La presse malienne est dithyrambique après la pose de la première pierre d'un complexe de transformation aurifère situé à Sénou, commune VI du district de Bamako. « Ce 16 juin 2025 restera gravé dans l'histoire du Mali, s'exclame L'Aube, comme un retour au passé glorieux de Kankou Moussa, demeuré jusqu'à aujourd'hui l'homme le plus riche du monde. Un record jamais égalé et toujours détenu par celui qui était jadis à la tête de l'Empire du Mali. » L'Aube fait donc allusion à Kankou Moussa, roi des rois de l'empire malien au XIVe siècle, considéré par certains comme l'homme le plus riche de tous les temps, avec une fortune évaluée à 400 milliards de dollars. Une fortune principalement constituée d'or. Retour au présent : désormais, poursuit L'Aube, « Bamako ne se contentera plus d'être un simple exportateur de matières premières. Dans un geste empreint de détermination et de conviction, le Général d'Armée Assimi Goïta a officiellement lancé les travaux de construction de la première raffinerie d'or de l'industrie minéralogique malienne. Cette raffinerie, conçue pour être la plus grande d'Afrique de l'Ouest avec une capacité de traitement de 200 tonnes d'or par an, est le fruit d'une stratégie nationale bien pensée, poursuit le quotidien malien, qui repose sur un partenariat stratégique avec la Fédération de Russie, à travers le groupe industriel Yadran. Le Mali détiendra une participation majoritaire de 62% du capital. Dans un contexte mondial où les ressources naturelles sont souvent synonymes de prédation, cette collaboration représente un acte d'indépendance économique significatif pour Bamako. » Offensive économique La symbolique est forte, renchérit Sahel Tribune. Pour un pays classé 3e producteur d'or en Afrique, mais longtemps confiné à l'exportation de minerai brut, cette raffinerie incarne un saut qualitatif vers la souveraineté économique. (…) Cette raffinerie s'inscrit dans la continuité des réformes initiées par le gouvernement de transition, pointe encore le quotidien malien. Depuis 2022, Bamako multiplie les initiatives : audit des contrats miniers, relèvement des parts de l'État, obligation pour les exploitants d'affiner l'or localement… une ligne claire s'impose, insiste Sahel Tribune : faire de l'or un levier de développement maîtrisé et redistributif. » Exit les compagnies occidentales ! Et pour ce faire, la junte malienne a opéré un grand coup de balai. « Progressivement, Bamako avance ses pions, relève L'Infodrome à Abidjan, pour reprendre le contrôle de ses ressources naturelles. » Avant-hier, « dans le bras de fer entre l'État malien et le groupe canadien Barrick, le tribunal de commerce de Bamako a ordonné la mise sous administration provisoire de la mine de Loulo-Gounkoto pour une durée de six mois. Cette décision, sollicitée par les autorités maliennes, vise à relancer les activités d'extraction sur ce site stratégique situé à l'ouest du pays, à l'arrêt depuis janvier. » « Les juges ont ainsi nommé Zoumana Makadji administrateur provisoire de la mine d'or, précise Jeune Afrique. Ancien ministre malien de la Santé et de l'Hygiène publique au Mali, Zoumana Makadji est un expert-comptable jouissant d'une bonne réputation à Bamako, présenté comme "intègre et doté d'une moralité". Avec cette décision, Barrick, jusque-là opérateur de Loulo-Gounkoto, n'a plus la main sur la gestion du site, d'un point de vue opérationnel comme financier. » Pression maximale C'est le dernier épisode en date d'un long bras-de-fer. Depuis son arrivée au pouvoir, la junte exerce une pression maximale pour tirer un meilleur profit des revenus de l'industrie minière. « Il y a deux ans, rappelait récemment Le Monde Afrique, le président Assimi Goïta avait introduit une réforme du code minier permettant à l'État de prendre jusqu'à 30 % des parts dans les nouveaux projets et réduisant les avantages fiscaux des entreprises étrangères. Le gouvernement malien exige que les contrats existants soient renégociés, quelles que soient les conventions passées avec les administrations précédentes. Une revendication exprimée sur fond de hausse continue des cours de l'or, dont le Mali est le troisième producteur africain et qui constitue 75 % de ses recettes d'exportation. »
En France, l'érosion du littoral menace aussi le patrimoine maritime. C'est le cas du phare de la Coubre, sur la façade atlantique, qui doit être déconstruit dans les prochaines années. Sur place, les responsables du site et les habitants réfléchissent déjà à la façon de garder une trace de ce monument emblématique de leur région. Gravir les 300 marches en colimaçon du phare de la Coubre, en France, c'est le prix à payer pour profiter d'un panorama exceptionnel. À 64 mètres du sol, le plus haut phare de la côte charentaise offre une vue imprenable sur la plage, les dunes, la forêt domaniale de la Coubre et ses étendues de pins. Impossible, évidemment, de rater l'océan Atlantique. Il est bien là. « Progressivement, il avance, il avance », commente Damien Joussemet. Le responsable du phare de la Coubre connaît les chiffres par cœur. Ils sont implacables. En 1905, année de la construction du phare, l'océan était à deux kilomètres. Cent-vingt-cinq ans plus tard, le voici à 150 mètres. Inexorablement, le trait de côte recul et la pression s'accentue sur l'édifice. « Plus l'océan se rapproche, plus il y a un risque d'infiltration d'eau sous la structure. Puisqu'il n'est pas construit sur de la roche, mais sur du sable, sa stabilité est menacée », explique Damien Joussemet. Aucune date n'est arrêtée, mais l'État va bel et bien le déconstruire dans les années à venir. Déconstruire et non démolir. Le détail a son importance pour cet édifice inscrit aux monuments historiques depuis 2011. « L'objectif est de récupérer des éléments qu'il faut absolument garder et conserver pour les valoriser, mais aussi pour les présenter aux générations qui ont connu le phare actuel et celles qui ne l'ont pas connu parce qu'on a vraiment des pépites du patrimoine », souligne Damien Joussemet. Parmi les trésors à conserver, l'escalier métallique en colimaçon réalisé dans les ateliers d'un certain Gustave Eiffel, la coupole, la lourde lanterne et la lentille de Fresnel. « Dans notre culture marine, ces bâtiments ont une âme » Les équipes du phare préparent donc déjà son testament. Son devenir est encore au stade de la réflexion, mais Damien Joussemet imagine déjà qu'un musée pourrait accueillir certaines pièces de l'édifice : « Il pourrait y avoir une partie mémorielle et une partie du musée où l'on fait intervenir les nouvelles technologies pour pouvoir présenter des choses que l'on ne pourra plus voir dans de nombreuses années, notamment le panorama actuel. Il y aura un après-phare qui aura peut-être une forme totalement différente, mais qui sera aussi un symbole du territoire dont on sera très fier. » La disparition annoncée de cette silhouette rouge et blanche attriste certains habitants. « Dans notre culture marine, ces bâtiments ont une âme. Ici, on aime nos phares, et on aime celui de la Coubre », confie Raphaël Descamps. Adepte de chants marins, il a écrit une chanson pour lui rendre hommage. Une façon de participer, à son échelle, à l'héritage du phare de la Coubre. À lire aussiGrand reportage : face à la montée des eaux, la nature peut nous rendre service
La pension de vieillesse passera progressivement à 65 ans : Shafick Osman dénonce une « escroquerie politique » by TOPFM MAURITIUS
Le mot « français » vient du nom d'un peuple germanique : les Francs.Au Ve siècle, après la chute de l'Empire romain, les Francs — un peuple germanique — s'installent en Gaule et y fondent un royaume sous la dynastie mérovingienne, puis carolingienne.Le nom Francie désigne au départ le territoire contrôlé par les Francs, centré autour de l'actuelle Île-de-France.Progressivement, ce nom va s'étendre à l'ensemble du royaume, puis donner son nom au pays : France.2. Langue d'oïl, langue romane… et françaisAu Moyen Âge, plusieurs langues ou dialectes étaient parlés dans le territoire de la future France :Langue d'oïl au nord (issue du latin vulgaire, comme l'espagnol ou l'italien)Langue d'oc au sudEt des langues celtiques ou germaniques dans certaines régionsParmi ces idiomes, le dialecte de la région parisienne (Île-de-France), influencé par les Francs, va peu à peu s'imposer, notamment parce que c'est celui de la cour royale et de l'administration.3. Un nom politique et culturel : le "français"À partir du XIIIe siècle, ce dialecte dominant est appelé « français », car c'est celui de la France politique, du royaume de France, et des rois de France. Il devient la langue prestigieuse, celle des lettrés, des lois, et des échanges officiels.4. Une reconnaissance officielle1539 : L'ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François Ier, impose que les actes juridiques soient rédigés en français et non plus en latin. Cela contribue à renforcer l'identité linguistique nationale.Ce « français » est donc le nom donné à la langue du royaume de France, devenue langue officielle et identitaire.Notre langue s'appelle le français parce qu'elle descend d'un dialecte roman parlé dans la région contrôlée par les Francs, et qu'elle est devenue la langue de la France royale, avant de s'imposer à tout le territoire. Ce nom est donc un héritage historique et politique, plus qu'un simple reflet linguistique.Mais alors question subsidaire, pourquoi le peuple germanique des Francs s'appelaient ainsi ? Si les Romains les ont appelé les Francus, c'est parce que ce terme est dérivé de l'ancien germanique frank, qui signifie « libre ». Pourquoi libre ?Plusieurs hypothèses coexistent :Hypothèse sociale : les Francs auraient été ainsi nommés pour insister sur leur statut de « peuples libres », en opposition aux esclaves ou aux peuples soumis à Rome.Hypothèse politique : il pourrait aussi s'agir d'un nom d'alliance désignant une coalition de tribus germaniques libres.Hypothèse militaire ou symbolique : certains linguistes ont proposé que le mot soit lié au franca, une sorte de javelot (mais cette hypothèse est minoritaire). Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le Groenland, immense île glacée située entre l'Atlantique Nord et l'Arctique, est aujourd'hui rattaché au Royaume du Danemark. Pourtant, il ne s'agit ni d'une colonie classique ni d'une terre peuplée majoritairement de Danois. Alors pourquoi le Groenland est-il danois ? Pour le comprendre, il faut remonter dans l'histoire.Des Inuits aux VikingsLe Groenland est habité depuis des millénaires par des peuples inuit venus de l'Arctique canadien. Vers l'an 982, l'explorateur viking Erik le Rouge, originaire de Norvège, fonde les premières colonies européennes sur la côte sud-ouest de l'île. À cette époque, le Groenland est associé à la Norvège, royaume dont dépendaient les Vikings installés en Islande et au Groenland.Une union avec le DanemarkAu XIVe siècle, la Norvège entre en union avec le Danemark, formant la Couronne dano-norvégienne. Lorsque cette union est dissoute en 1814 à la suite des guerres napoléoniennes, la Norvège est cédée à la Suède, tandis que le Danemark conserve le Groenland, l'Islande et les îles Féroé.C'est donc par héritage historique, à travers l'union médiévale entre la Norvège et le Danemark, que le Groenland devient officiellement danois.Une colonie puis une province danoiseAu XIXe siècle, le Groenland devient une colonie danoise à part entière. En 1953, il est intégré à la Constitution du Danemark et devient une province danoise, avec représentation au Parlement danois.Mais cette intégration politique ne signifie pas assimilation culturelle : la population est majoritairement inuite, avec sa propre langue et ses traditions. Progressivement, une volonté d'autonomie se fait sentir.Une autonomie croissanteEn 1979, le Danemark accorde au Groenland un statut d'autonomie interne, lui permettant de gérer ses affaires locales. En 2009, un nouveau pas est franchi avec l'octroi du « gouvernement autonome » : le Groenland obtient le contrôle de presque tous les domaines, sauf la défense, les affaires étrangères et la monnaie, qui restent gérés par Copenhague.Aujourd'hui, le Groenland est un territoire autonome au sein du Royaume du Danemark, avec son propre gouvernement et son propre Parlement. Il est même sorti de l'Union européenne en 1985, contrairement au Danemark, à la suite d'un référendum.En résuméLe Groenland est danois en raison de liens historiques anciens avec la Norvège, puis du héritage politique laissé par l'union avec le Danemark. Mais il est aussi un territoire autonome, à l'identité forte, qui pourrait un jour — qui sait ? — choisir de devenir totalement indépendant. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Fini le boulevard du Général-de-Gaulle à Dakar. Voici le boulevard Mamadou-Dia. Au Sénégal, les autorités débaptisent certaines rues portant des noms français. Pareil au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Mais comme le sujet est sensible, au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko confie cette nouvelle nomination des rues à un Conseil national de la mémoire et de la gestion du patrimoine historique. Michel Ben Arrous est géographe et chercheur associé aux universités de Genève et de Saint-Louis du Sénégal. Au micro de Christophe Boisbouvier, il analyse la stratégie du pouvoir sénégalais. RFI : Le boulevard Charles de Gaulle qui devient le boulevard Mamadou Dia, c'est tout un symbole, non ? Michel Ben Arrous : C'est un symbole, c'est une boucle qui se referme. Mamadou Dia, pour mémoire, c'était le président du Conseil à l'époque de l'indépendance du Sénégal, dans un pouvoir bicéphale avec Senghor. Et Mamadou Dia était déjà opposé à De Gaulle.Au Niger, il y a quelques mois, le nouveau régime a rebaptisé le boulevard Charles de Gaulle, boulevard Djibo Bakary, du nom du Mamadou Dia du Niger, celui qui avait appelé à voter « non » à Niamey en 1958… Oui, tout à fait. Donc, tout cet effort-là est fait au Niger, comme d'ailleurs dans les autres États de l'AES, au Burkina et au Mali.Est-ce que derrière tous ces changements de noms au Sénégal et dans les autres pays du Sahel, on peut parler d'une réappropriation de leur histoire par les habitants ? Oui, certains vont même jusqu'à parler de « décolonisation symbolique ». Mais sur la réappropriation de l'histoire, c'est tout à fait vrai. D'autant plus que c'est l'histoire des sociétés colonisées qui avait été occultée par cette toponymie coloniale, par ces pratiques de nomination commémorative toujours à la gloire de l'entreprise coloniale française. Donc les histoires locales avaient disparu, étaient devenues invisibles. Effectivement, elles reviennent en avant. Maintenant pour parler de « décolonisation », c'est peut-être un petit peu plus compliqué dans la mesure où le principe même de nommer des rues est une importation totalement coloniale. Et le principe de nommer des rues avec des ambitions idéologiques, une toponymie commémorative, ça aussi, c'est une importation coloniale qui tranche totalement avec les pratiques, on va dire anciennes, mais qui existent encore, de nommer des grottes, des arbres, même à Dakar.En 2022, quand il était maire de Ziguinchor, Ousmane Sonko a débaptisé cinq avenues qui portaient des noms français en disant « En France, vous ne verrez jamais une rue Hitler ». Que pensez-vous de cette comparaison ? Je pense qu'elle appelle deux séries de remarques. La première, c'est qu'il utilise la toponymie comme un instrument de politique internationale. Ces renominations, elles ne s'adressent pas seulement aux ziguinchorois, à ses administrés, elles s'adressent aussi au public international qui peut l'écouter. Et elles sont en particulier un outil dans ses relations avec la France. L'autre série de remarques, c'est le sort qui a été réservé à ces renominations. Au départ, à l'époque coloniale en tout cas, c'était très simple, les noms venaient d'en haut, c'était l'administration coloniale, le gouverneur et un conseil administratif qui donnaient les noms. Sous Senghor, c'était encore plus concentré, c'était par décret présidentiel que les noms changeaient. Progressivement sous Abdou Diouf, puis surtout sous Abdoulaye Wade et ensuite Macky Sall, cette capacité de renommer a été dévolue aux collectivités locales. Donc a priori, Ousmane Sonko était tout à fait fondé quand il était maire de Ziguinchor à proposer des changements de noms de rues. Mais le gouverneur de l'époque, qui n'avait a priori aucune capacité d'intervention dans ce dossier, a voulu contester les noms qui ont été invalidés par la Cour suprême. Donc ça montre que les collectivités locales n'ont jamais été jusqu'à présent épargnées par les sollicitations du pouvoir politique. Et ce qui change et ce qui peut être apaisera ou clarifiera les compétences de chacun, c'est le projet de rebaptisation qui a été annoncé par le président actuel Bassirou Diomaye Faye en Conseil des ministres, en décembre dernier, et qui prévoit de créer une commission à laquelle participerait le Premier ministre, donc l'ancien maire de Ziguinchor, Ousmane Sonko, à laquelle participeraient aussi le ministre des Collectivités locales, le ministre de la Culture et le secrétaire d'État chargé du patrimoine historique, en collaboration avec les collectivités locales. Donc, il y a un équilibrage à trouver, qui peut être clarifiera les choses, qui apaisera peut-être ces questions de renominations.À Saint-Louis du Sénégal, il y a une statue du Général Faidherbe, le colonisateur français du Sénégal, qui a failli être déboulonnée en 2020 lors de la tempête politique provoquée par l'assassinat de George Floyd aux États-Unis. Et puis finalement, elle a résisté, elle est toujours là. Comment l'expliquez-vous ? Oui, certains voudraient la conserver comme symbole historique, d'autres voudraient l'enlever. On se focalise parfois sur l'inscription de la statue sur son socle, qui est évidemment intenable, qui dit « Au gouverneur Faidherbe, le Sénégal reconnaissant », ça je ne pense pas que ça va durer très longtemps. Mais on se retrouve à nouveau dans une symbolique où, pour faire place nette, si j'ose dire, les collectivités locales réemploient finalement des techniques qui sont d'importation coloniale. De la même manière que la nomination des rues, les statues commémoratives, ce n'est pas quelque chose qui a une longue existence en Afrique. Changer une statue pour une autre, c'est réemployer des techniques, des pratiques qui finalement sont peut-être l'héritage colonial le plus profond.À écouter aussiSénégal: «Les populations n'utilisent pas les noms coloniaux des rues»
Au début du 20ème siècle, la consommation de drogues n'apparaît pas encore tout à fait comme un problème de société. Progressivement, les Etats en découvrent les ravages, les marchés lucratifs et les ressorts. La prohibition et les contrôles s'installent de façon différenciées selon les pays, les centres urbains ou les périphéries. La drogue représente désormais un danger pour la société. Les autorités dictent ce qu'il est juste ou non de consommer pour éviter de mettre la nation en péril. Avec une logique de distinction parfois subtile : l'utilisation populaire et massive des amphétamines, fraîchement découvertes par l'industrie pharmaceutique dans les années 30, est légale tandis que la répression règne sur la consommation de LSD, compagnon des contestations aussi sociales que politiques des années 60 et 70. Dans les années 1980, le nouvel ennemi c'est l'héroïne, dont la consommation est jugée comme une pathologie. Suite de cet entretien avec Sandro Cattacin, sociologue, spécialiste de la politique helvétique en matière de drogue, professeur à l'université de Genève et président du Think Tank "Penser la Suisse" il est au micro de Céline Roduit pour Histoire Vivante.
Quinze ans après le déclenchement de l'insurrection de Boko Haram, la situation s'est sensiblement améliorée autour du bassin du lac Tchad, avec le retour de millions de déplacés et de réfugiés dans leur communauté d'origine. Si le groupe armé nigérian affilié à l'État islamique s'est essentiellement replié sur des îles du lac Tchad et dans certaines poches terrestres où ils vivent de racket, ailleurs, ce sont des pans entiers de ce grand bassin géographique qui renaissent économiquement. Certains observateurs locaux estiment que depuis fin 2020, Maiduguri redevient un hub économique. La capitale du Borno, dans le Nord-Est du Nigeria, est notamment traversée par plusieurs axes, globalement débarrassés de la menace Boko Haram. Ils mènent à l'Est du Tchad, au Nord du Niger, et bien sûr au Sud du Cameroun. De notre correspondant à Maiduguri,Bientôt 20 ans qu'Abdullahi sillonne la route Maiduguri-Gamboru menant au Tchad. Ce commerçant convoie des véhicules achetés à Lagos, au Nigeria, pour des clients en roulant sur cet axe jusqu'au Soudan. Entre 2013 et 2016, il est contraint à l'arrêt, car Boko Haram occupe alors de nombreuses localités sur les 148 kilomètres entre Maiduguri et Gamboru.« Nous sommes en mesure de circuler sur cette route en toute tranquillité d'esprit »Courant 2016, lorsque cette route a réouvert, Abdullahi a repris son activité sous escorte militaire, malgré les risques : « Nous devions garer notre voiture près de ce panneau de bienvenue, puis attendre l'arrivée de militaires de leurs casernes. Plusieurs véhicules militaires à l'avant, d'autres à l'arrière, nos voitures au milieu... Et nous roulions ainsi jusqu'à la frontière de Gamboru. Les militaires s'arrêtaient là car nous étions suffisamment en sécurité pour continuer notre trajet sans escorte. Puis, au retour, en arrivant à la frontière de Gamboru, on devait attendre de nouveau l'escorte. »Depuis 2022, certaines semaines, Abdullahi et son équipe livrent jusqu'à une dizaine de véhicules SUV, car la route A3 subit de moins en moins d'attaques : « Six ou sept checkpoints. Ce sont les principaux points de contrôle habituels. Les militaires descendent et procèdent à des vérifications. Vous devez payer les taxes imposées. Progressivement, nous sommes en mesure de circuler sur cette route en toute tranquillité d'esprit. »À lire aussiAu nord-est du Nigeria, une timide reprise économique malgré d'immenses défis sécuritairesLa clientèle étrangère encore frileuse pour se rendre GamboruAu milieu de Gamboru Market, Alhaji Umar vend en gros du tissu wax. Malgré la nette amélioration de la sécurité dans Maiduguri, sa clientèle étrangère reste angoissée à l'idée de venir sur place : « Mes clients du Tchad et du Cameroun ne viennent plus ici comme avant à cause de Boko Haram. Mais nous communiquons avec eux via WhatsApp. Ils choisissent ce dont ils ont besoin et nous leur livrons. Dans l'autre sens, certains commerçants traversent la frontière avec des marchandises à livrer ici de temps en temps. En raison de l'insurrection, ce n'est plus fréquent. »Mais Alhaji Umar reste optimiste, car grâce à la réduction des attentats kamikazes, au moins, ses clients locaux se déplacent jusqu'à sa boutique pour négocier en direct.À lire aussiCameroun: l'Extrême-Nord, théâtre de la résurgence des attaques de Boko Haram
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué, vendredi 7 mars, que le déminage de la bombe de la Seconde Guerre mondiale découverte sur les voies de la gare du Nord était terminé.
« Ce sont mes ami-es qui m'ont alertée et m'ont fait comprendre que mon rapport à l'alcool était devenu problématique. Je n'étais plus vraiment la même : quand tu commences à mentir, à tout calculer pour être sûre qu'il y ait de l'alcool car tout tourne autour de ça. »
« Savon » et « malnutrition » : difficile au premier abord, de voir un lien entre ces deux mots. Pourtant, le savon est considéré aujourd'hui comme l'un des outils de l'arsenal déployé pour combattre la malnutrition, et vous allez voir pourquoi. À Madagascar, plusieurs organisations qui interviennent dans les régions fortement touchées par la malnutrition chronique ont mis en place des ateliers pour enseigner la fabrication artisanale de ce produit d'hygiène et permettre de lutter plus efficacement contre ce fléau. Dans la région montagneuse du Bongolava, 52% des enfants souffrent de malnutrition chronique. Reportage sur ces Hautes-Terres centrales. Le poignet souple, Lanto mélange avec ardeur le liquide blanchâtre dans sa bassine. Progressivement, la pâte s'épaissit. « J'achète les ingrédients au marché à la ville : la soude et l'huile. Après, je rajoute l'eau et je fabrique le savon à la maison, une fois par semaine. Une bassine pleine comme celle-là, ça me fait 60 morceaux. Je vends en priorité aux membres de notre Association Villageoise d'épargne et de crédit. Et s'il en reste, je peux aussi le vendre à d'autres villageois », explique-t-elle.L'hygiène, un pilier de la lutte contre la malnutritionSi la vente de savon permet d'accroître les revenus de celles qui en fabriquent, elle a surtout permis de rendre plus accessible un produit d'hygiène de base, mais coûteux, financièrement et en déplacements. Un produit pourtant essentiel dans la lutte contre la malnutrition ... « La lutte contre la malnutrition, c'est évidemment d'avoir une alimentation équilibrée. Mais la cause sous-jacente de la malnutrition, c'est aussi la question hygiène. Et ça, on le sait moins ». Reine Rasoamiaramanana coordonne les actions sur terrain dans la région Bongolava, pour Action Contre la Faim. « Même si on est bien nourri, le manque d'hygiène crée la dénutrition. Je pense notamment aux effets des maladies diarrhéiques ... Donc on promeut les techniques de lavage de mains au niveau de nos bénéficiaires », dit-elle.Se laver les mains, un geste accessible et vitalSeulement, l'ONG s'est rendu compte que beaucoup de familles bénéficiaires des programmes de lutte contre la malnutrition n'adoptaient pas les comportements enseignés. « Pourquoi ça ? Parce qu'ils n'ont pas à disposition de savon, les savons sont très chers et ne sont pas à leur portée. C'est pour cela qu'on leur a appris à fabriquer eux-mêmes leur propre savon », indique-t-elle.Dans la commune rurale d'Ambararatabe où vit Lanto et dans ses environs, rares sont donc les habitants qui marchent encore 3 longues heures pour rallier la ville la plus proche pour y acheter du savon. À cinquante kilomètres de là, au pied des collines rases d'Ankadinondry Sakay, Dina et Safidy, deux jeunes agricultrices, se sont elles-aussi lancées dans la production artisanale des précieuses barres blanches. « Avant, j'achetais du savon à chaque fois que j'avais du linge sale. Et quand je n'avais pas d'argent, bah je ne pouvais pas faire la lessive et le linge s'accumulait. Maintenant, plus besoin de se casser la tête pour savoir où et quand trouver du savon : j'utilise le stock que je me suis fabriqué », dit l'une. « Et en plus, c'est 3 fois plus rentable de le faire soi-même ! » ajoute l'autre. « Oui, et maintenant, on peut se laver les mains avant de préparer les aliments, et on peut aussi dire aux enfants "filez nettoyer vos mains avec du savon avant de manger !" et ils y vont », raconte-t-elle. Petits changements pour grands effets. Le lavage des mains au savon a déjà démontré les impacts majeurs sur la santé publique partout dans le monde. Couplé à une alimentation plus nutritive, il contribue aujourd'hui à réduire la malnutrition sur l'île.
durée : 00:02:53 - Ma vie au boulot - par : Sandrine Foulon - Ce samedi, Sandrine Foulon répond à la question de Thierry. A 61 ans, il habite Colmar et il aimerait vraiment lever le pied sans attendre un an de plus. Mais les syndicats ont-ils une chance d'obtenir que la retraite progressive soit mise en place ? La négociation est en cours jusqu'au 14 novembre.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre deux policiers passés à tabac au bas d'un immeuble de la cité marseillaise de la Castellane, marquée par les trafics de drogue. Pour Natacha Polony, les paroles caricaturales et démagogues de Bruno Retailleau ont permis d'occulter le débat sur l'État de droit, pourtant essentiel et passionnant, alors même que tout l'enjeu des années à venir est de trouver un équilibre entre la souveraineté populaire et la préservation des principes fondamentaux de liberté individuelle.Le magazine Marianne est en kiosques et en ligne chaque jeudi."Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti". Albert CamusMarianne TV : https://tv.marianne.net/Marianne.net : https://www.marianne.net/ Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Ernesto Guevara, dit "le Che" (1928-1967) est incontestablement l'une des plus grandes icônes révolutionnaires du XXe siècle.Né dans une famille bourgeoise, en Argentine, dans les années 1920, il ne manifeste que peu d'intérêt pour la politique durant sa jeunesse. Ce grand lecteur cultive un goût pour l'aventure qui le mène sur les routes du continent sud-américain. Progressivement, il adhère à la doctrine marxiste-léniniste et entend combattre l'impérialisme américain. En 1955, lors d'un voyage au Mexique, il rencontre Fidel Castro. L'année suivante, il débarque à Cuba pour mener une guérilla contre le gouvernement de Fulgencio Batista. Che Guevara devient alors l'un des dirigeants de la Révolution cubaine et le fer de lance de l'épuration et de la répression menées par le régime castriste.Dans un récit inédit d'Au coeur de l'Histoire, Virginie Girod relate le véritable parcours d'un homme dont l'image, brandie depuis plus de cinq décennies comme symbole de révolte, est aujourd'hui entachée par les nombreux témoignages attestant des actes de cruauté dont il s'est rendu coupable.Thèmes abordés : marxisme-léninisme, révolution, impérialisme, Argentine, Cuba, Fidel Castro, guérilla Au cœur de l'Histoire est un podcast Europe 1- Présentation : Virginie Girod- Ecriture du récit : Frédéric Pennel- Production : Armelle Thiberge et Morgane Vianey- Réalisation : Nicolas Gaspard- Composition des musiques originales : Julien Tharaud et Sébastien Guidis- Promotion et coordination des partenariats : Marie Corpet- Visuel : Sidonie Manginhighlight_europe1 Bibliographie :Jean Cormier, Che Guevara. Le temps des révélations, éditions du RocherAlain Foix, Che Guevara, GallimardFrançois Kersaudy, Dix faces cachées du communisme, Perrin
Nous sommes au cœur de l'épicentre de la Révolution industrielle, à Londres. C'est entre 1840 et 1852 qu'est érigée ce qui, à l'époque, est la plus grande horloge du monde. Une horloge qui reçoit le nom de sa plus grosse cloche : Big Ben. L'engin devient le centre du temps britannique et donc mondial. Le Royaume-Uni, en effet, domine alors l'économie, à l'échelle de la planète. Big Ben va en sonner le rythme avec le célèbre air du Westminster Quarters. Progressivement, la vie quotidienne de l'humanité va se déconnecter du temps solaire et du temps religieux. Dans l'Europe urbaine, puis progressivement ailleurs, le début et la fin du travail ainsi que les horaires de repas vont s'organiser sur des emplois du temps plus artificiels et laïques. C'est dans ce contexte que l'on va voir s'installer et évoluer la pratique du petit déjeuner autour d'une trilogie fameuse, d'origine non européenne, apparue au XVIIIe siècle : thé, café, chocolat. De quelle manière le petit déjeuner est-il une affaire de géopolitique ? Invité : Christian Grataloup, professeur émérite à l'Université Paris Diderot. « Le monde dans nos tasses – L'étonnante histoire du petit déjeuner » ; Dunod poche. Sujets traités : petit déjeuner, Révolution industrielle, Londres, Big Ben, Westminster Quarters, thé, café, chocolat, géopolitique Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be : https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.
Découvrez l'abonnement "Au Coeur de l'Histoire +" et accédez à des heures de programmes, des archives inédites, des épisodes en avant-première et une sélection d'épisodes sur des grandes thématiques. Profitez de cette offre sur Apple Podcasts dès aujourd'hui ! Les Francs-maçons tireraient dans l'ombre les ficelles du pouvoir, souhaiteraient instaurer un nouvel ordre mondial et seraient au service de Satan. Au rayon des théories du complot, la franc-maçonnerie est en tête de gondole. Il faut dire que la culture du secret qui imprègne cette société discrète n'a pas manqué d'apporter sa pierre à l'édifice des soupçons et des fantasmes. Or, la franc-maçonnerie ce n'est pas que du mystère. C'est aussi de l'histoire ! Et pour tout savoir sur le sujet, Virginie Girod reçoit Jacques Ravennes, Franc-maçon et écrivain, ainsi qu'Eric Giacometti, journaliste et auteur. Une interview en partenariat avec les éditions JC Lattès, à l'occasion de la sortie du nouveau roman du duo d'auteurs “La Clef et la Croix”, où on peut y suivre l'essor de la franc-maçonnerie sous l'Empire Napoléonien. Cette société discrète aurait vu le jour en Angleterre, au début du XVIIème siècle, initiée par des maçons opératifs, c'est-à-dire ceux qui construisaient les châteaux. Progressivement elle aurait été rejointe par des nobles locaux, séduits par la liberté de parole qui y résidait. On pouvait discuter de tout, de politique ou de religion, sans crainte. Ce qui n'était pas évident à l'époque, d'où le secret. “En 1717, quelques loges à Londres, quatre, se sont regroupées et ont fondé en Angleterre la première obédience européenne et en France, elle arrive en 1725 à Paris” détaille Jacques Ravenne. La franc-maçonnerie c'est surtout “un regroupement d'hommes et de femmes qui se réunissent autour de la pratique d'un rituel pour réfléchir en général, pour réfléchir sur l'avenir de la société”, explique l'auteur, lui-même Franc-maçon. De grands noms de l'histoire ont d'ailleurs été séduit par la société discrète, dont la famille de Napoléon et Joséphine de Beauharnais. On ignore cependant si le Corse était lui-même Franc-maçon. Mais même si les ambitions affichées sont nobles, Eric Giacometti reconnaît qu'il existe des dérives : “L'objectif affiché de la maçonnerie est de faire progresser l'humanité. Très bien. Mais à côté de ça, vous avez eu certains de ses membres qui n'ont pas fait ça et qui ont, au contraire confondu intérêt personnel avec grandeur d'âme de la maçonnerie.” Et qu'en est-il des rites et des symboles associés à la Franc-maçonnerie ? A suivre, en écoutant l'épisode ! Thèmes : Franc-maçonnerie, Lumières, Napoléon, Société secrète, mythes "Au cœur de l'histoire" est un podcast Europe 1 Studio- Auteure et Présentatrice : Virginie Girod - Production : Nathan Laporte et Caroline Garnier- Réalisation : Clément Ibrahim- Composition de la musique originale : Julien Tharaud - Edition et Diffusion : Nathan Laporte- Coordination des partenariats : Marie Corpet- Visuel : Sidonie Mangin
Cette semaine, Anaïs et Marie ne sont pas seules. Thomas Lilti, médecin et réalisateur (Hippocrate, Première Année, Un Métier sérieux), décortique avec elles Les Petits Mouchoirs (2010).Le film raconte l'histoire d'une bande d'amis partis en vacances alors que l'un des membres du groupe, Ludo, est à l'hôpital. Progressivement, des tensions apparaissent et ces copains vont devoir lever le voile sur leurs petits secrets.La grande force du film réside dans son casting de stars (François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel, Jean Dujardin, Gilles Lellouche ou encore Laurent Laffite), avec Guillaume Canet à la réalisation.Alors, qu'a pensé Thomas Lilti des Petits Mouchoirs?Après le duel entre Anaïs la spooky et Marie la cheesy dans la saison précédente, nos deux amies unissent leurs forces pour s'attaquer au meilleur du pire du cinéma mondial. Elles vont mutuellement se faire découvrir des films qu'elles considèrent comme des chefs-d'œuvre, mais à propos desquels la critique n'est pas unanime. Alors, navets ou coups de génie?AMIES est un podcast d'Anaïs Bordages et Marie Telling produit par Slate Podcasts.Direction éditoriale: Christophe CarronProduction éditoriale, montage et réalisation: Aurélie RodriguesMusique: «Superhero», Samuel West | Pedigree CutsIllustration: Aurélie Rodrigues et Emma RazafimahefaSuivez Slate Podcasts sur Instagram et Facebook.
Plus d'un quart des navires marchands du monde sont démantelés dans les chantiers de Chittagong, au sud du pays. À leur bord, se trouvent des tonnes d'amiante très difficiles à traiter. L'industrie essaie de se moderniser, mais l'essentiel du travail est encore dangereux et polluant. Reportage. De notre envoyé spécial à Chittagong, sud du Bangladesh,Fazlul Karim aimait son travail de démolition des navires de Chittagong. Pendant plus de vingt ans, ces chantiers ont représenté son petit royaume, où il régnait avec fierté : « j'avais toujours rêvé d'y travailler, et j'étais devenu le meilleur coupeur, assure-t-il, d'un air vantard. Dès qu'il y avait des coques difficiles à couper, ou des tuyaux qui résistaient, c'est moi qu'on appelait. » Mais ce travail était difficile. Et « l'atmosphère chaotique, poursuit-il, en plissant les yeux et mimant l'effort. Des fumées flottaient, on n'y voyait rien et on pouvait à peine respirer. Et dès qu'on coupait les tuyaux, on voyait l'amiante qui volait ». L'amiante. C'est finalement lui qui a abattu ce robuste gaillard. Cette poudre organique et toxique, inhalée sans précautions, a ravagé ses poumons, qui ont aujourd'hui perdu 40% de leur capacité respiratoire. À 55 ans, Fazlul Karim ne peut plus faire d'efforts, à peine monter des marches. Il a dû arrêter de travailler, n'a plus de revenus réguliers et doit en plus payer 75 euros par mois de médicaments. « Si j'avais su ce que faisait l'amiante, je me serais protégé, conclut-il dans une voix sifflante, les yeux embués. Mais pendant toutes ces années, on ne nous a rien dit ». Ce n'est qu'en 2016, et grâce à un médecin spécialisé venu d'Inde, que Fazlul Karim et d'autres travailleurs de ces chantiers du sud du Bangladesh ont pu mettre un mot sur leur manque chronique de souffle: l'amiantose. Sur les cent ouvriers étudiés par ce médecin, un tiers souffraient de cette maladie causée par l'inhalation de l'amiante, et qui peut entraîner des cancers. Des navires européens envoyés au BangladeshLe Bangladesh compte la deuxième plus grande industrie de démolition des navires marchands du monde, après l'Inde. Entre 2020 et 2022, 500 cargos, pétroliers ou porte-conteneurs ont terminé leur vie à Chittagong, soit 27% de tous les bateaux démantelés du monde, selon le décompte de l'ONG Ship Breaking Platform. Les navires sont complètement désossés, l'essentiel des matériaux est recyclé, et ces épaves représentent ainsi la première source d'approvisionnement en acier du pays. Mais ce démantèlement est polluant et dangereux pour les ouvriers : il est réalisé à même la plage, en tirant ou découpant souvent les pièces sur le sable, et les carburants comme les produits toxiques peuvent s'échapper en mer. Et il y a l'amiante : cette fibre toxique a été interdite dans la construction des bateaux depuis 2011, mais les navires qui arrivent au Bangladesh ont plus de vingt ans, et en portent donc encore à leur bord. Une étude du département d'ingénierie marine de l'Université de Dacca a calculé qu'environ 17 000 tonnes d'amiante étaient arrivées sur ces navires entre 2010 et 2018. La convention de Bâle sur le contrôle du transport et de l'élimination des déchets dangereux interdit aux pays de l'OCDE et de l'Union européenne d'exporter leurs navires contenant des déchets toxiques, comme l'amiante, dans les pays en développement. Toutefois, les armateurs contournent cette régulation en revendant ces bateaux en fin de vie à des intermédiaires douteux, qui les font passer sous un pavillon de complaisance au Panama ou dans les Caraïbes. Et c'est ainsi que des dizaines de navires grecs, japonais ou coréens arrivent chaque année au Bangladesh. Des fours en « amiante »Et comme pour le reste des matériaux de ces bateaux, l'amiante est recyclé. Dans un petit atelier situé près des chantiers, deux menuisiers découpent des planches de fibre, dans un nuage de poussière blanche. « C'est de l'amiante, affirme simplement l'un d'entre eux, Mohammed Abdul Salam, la trentaine, en plantant des clous dedans. Ces planches viennent des chantiers de bateau et nous les découpons pour faire des fours. » À côté de lui s'empilent des dizaines de petits foyers peints en bleu ou rose. « l'amiante retient très bien la chaleur, et c'est très résistant, poursuit l'artisan. Cela permet d'utiliser moins de bois pour faire chauffer la nourriture, c'est pour cela que les gens adorent ces fours. Avant, ils utilisaient des fours en ciment, mais ils étaient deux fois plus chers et ils se brisaient plus facilement ». Les deux menuisiers fabriquent entre 70 et 80 fours par jour. À l'extérieur de leur atelier, une pile de chutes s'empile. « On ne peut plus rien faire de ces morceaux, confie Abdul Salam. Des gens les récupèrent et les utilisent pour faire du terrassement ». L'association des chantiers de démolition a fait analyser le matériau utilisé par ces menuisiers. Leurs résultats indiquent que cela n'est pas de l'amiante. Nous n'avons toutefois pas pu réaliser ces tests de manière indépendante pour le confirmer. Un désamiantage plus encadréProgressivement, les chantiers se modernisent: sur la quarantaine qui opèrent, quatre ont reçu la certification de la convention de Hong Kong, qui garantit de meilleurs conditions de travail et un processus moins polluant. Le groupe PHP, pionnier dans le domaine, a investi 14 millions de dollars (12,9 millions d'euros) depuis dix ans pour réduire son impact environnemental et social: sur leur ponton que nous visitons, les travailleurs portent des équipements modernes de protection, une rigole a été construite autour pour récolter les liquides et les retraiter. Et surtout, une salle de désamiantage a été installée : les pièces amiantées des navires, qui peuvent être transportées, comme les tuyaux, sont traitées dans cette pièce, placée sous pression pour éviter que les particules en sortent. L'espace peut être entièrement nettoyé après usage pour enlever les fibres. « Si nous trouvons de l'amiante friable, nous pouvons aussi confiner une partie du bateau pour traiter cette zone. Nous l'avons fait en 2019 », assure Sehal Anwar, un des responsables qualité et sécurité de PHP. L'amiante récupéré est ensuite mélangé à du plâtre, placé dans des sacs en plastique et entreposé dans les entrepôts de la société. Ce traitement représente une exception au Bangladesh, mais les autorités veulent pousser à la modernisation des autres chantiers : le pays a ratifié en juin dernier (2023) les statuts de la convention de Hong Kong, qui s'imposeront donc à tout le secteur à partir de juin 2025. Ces règles demeurent toutefois indicatives et non opposables légalement, et l'impact dépendra donc de la bonne volonté des chantiers et des autorités locales. (Avec Redwan Ahmed)
Éminente pédiatre à l'origine de la pédagogie Lóczy, Emmi Pikler était une fervente défenseuse de la sieste en extérieur. Cette pratique, jugée presque aberrante dans les pays occidentaux, fait pourtant partie des habitudes des pays nordiques. Elle commence à être adoptée, petit à petit, par des structures françaises convaincues de ses bienfaits, comme la crèche Jean de la Fontaine à Brest.D'où vient la sieste en plein air ?Si nos ancêtres faisaient parfois dormir les bébés dehors par nécessité ou par manque de place, la pratique est devenue plus réfléchie il y a quelques siècles. En Suède, en Finlande et en Norvège, les populations ont constaté que les bébés qui dormaient à l'extérieur semblaient plus apaisés et souffraient moins d'infections respiratoires. Progressivement, les poussettes se sont alignées devant les crèches, mais aussi devant les maisons, les parents plaçant volontairement leur enfant à l'extérieur durant son sommeil.Cette coutume est désormais parfaitement établie, à tel point que les parents laissent souvent dormir leurs enfants à l'extérieur tous ensemble, pendant qu'ils se réunissent au chaud pour partager une boisson ou discuter.Dans la pouponnière créée par Emmi Pikler dans les années 50, de tout-petits bébés accueillis dès leur naissance dormaient eux aussi à l'extérieur. L'intégralité des siestes était réalisée sur la terrasse, et ce quelle que soit la météo. La réussite de la pédagogie menée par la pédiatre a contribué à populariser cette pratique.Les bienfaits concrets pour la santéAu-delà des observations empiriques menées par les parents ou les établissements, la sieste en extérieur a donné lieu à diverses études. Ces dernières mettent en évidence que l'air frais disponible dehors peut aider à diminuer la fréquence des infections des voies respiratoires supérieures. Ceci s'explique par le fait que l'air d'un lieu confiné comme une maison ou un appartement est riche en allergènes et en polluants. Ces substances fragilisent l'organisme du bébé. Au contraire, l'air extérieur contient une variété de microbes qui stimulent le système immunitaire et lui permettent de se préparer à affronter une gamme plus élargie d'agents pathogènes.D'autre part, dormir dans un environnement naturel favorise un sommeil plus profond et plus réparateur. Les enfants qui dorment bien ont plus de chance d'obtenir un développement cognitif complet et une croissance harmonieuse.L'exposition régulière à l'extérieur encourage enfin les plus jeunes à développer leur curiosité et leur sens de l'exploration. Elle renforce le lien entre les enfants et l'environnement, ce qui a des effets positifs durables sur la santé mentale et émotionnelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Jérôme Goudard est aujourd'hui l'un des avocats pénalistes les plus en vue de la place parisienne.Pourtant, comme il le dit lui-même, rien ne le prédestinait à devenir pénaliste.Travaillant au départ pour de grands cabinets anglo-saxons de droit des affaires, il s'est découvert une passion pour le droit pénal sur le tard. Mais, à l'époque, il n'a aucune expérience dans le domaine et peine à se faire sa place.Alors, à tout juste 30 ans, il décide de créer son propre cabinet et c'est en tant que commis d'office qu'il défend ses premiers clients.Progressivement, on lui confie des dossiers plus sérieux et plus médiatisés : grand banditisme, trafics de stupéfiants, assassinats.En 2018, l'une des personnes les plus recherchées d'Europe lui demande même d'assurer sa défense. Il s'agit de David Gras, en cavale depuis 7 ans pour plusieurs braquages à main armée, qui décide de se rendre de son plein gré. Convaincu que chacun a le droit à une défense, Jérôme Goudard nous parle de cette histoire incroyable et d'un quotidien dans lequel il côtoie des criminels, voire des sociopathes. Un quotidien pas comme les autres qu'il documente à travers les réseaux sociaux. Au cours de cette discussion passionnante, le pénaliste nous explique le fonctionnement du système judiciaire et son rôle en tant qu'avocat pénaliste.On découvre un métier dont on entend beaucoup parler, mais que l'on connait peu.Un métier qui demande de l'empathie, de la passion et, évidemment, une grande éloquence.Il suffit d'écouter Jérôme Goudard pour constater qu'il n'en manque pas…Bonne écoute !===========================
Paris met la pression sur Bruxelles pour résoudre le conflit des agriculteurs. Leur ministre, Marc Fesneau, sera ce mercredi après-midi à la Commission européenne pour obtenir des aménagements rapides de la PAC. La Politique agricole commune, censée protéger les agriculteurs, est de plus en plus décriée par ses bénéficiaires. La PAC est depuis soixante ans l'alpha et l'oméga de l'agriculture européenne. C'est grâce aux prix garantis par la PAC que la production agricole européenne a bondi à partir des années 60. La priorité est alors de nourrir la population à un prix modéré en soutenant une activité considérée comme la clé de voûte de la souveraineté alimentaire. En 2023, c'est toujours le plus gros poste de dépenses de l'UE à 27. La PAC assure encore plus de la moitié du revenu perçu par les agriculteurs européens. Les Français en sont les premiers bénéficiaires. Mais ils ne cessent pourtant de s'appauvrir. En trente ans, leur revenu a décliné de 40 %.La générosité de la PAC en reculUn déclin qui commence quand la PAC réduit son filet protecteur. À partir des années 90, pour limiter l'explosion de ses dépenses, l'UE met fin aux prix garantis et au rachat des excédents. Progressivement, le marché décide du prix et donc du revenu agricole. Et ce prix tend à baisser. Les tracasseries pour recevoir les aides de Bruxelles, toujours indispensables, augmentent, comme les diverses charges supportées par les agriculteurs. Les subsides de la PAC compensent de moins en moins bien le manque à gagner. Le retour de l'inflation aggrave leur situation déjà précaire. La flambée du carburant et des engrais alourdit leurs coûts. Et la hausse des taux d'intérêts réduit leur capacité d'endettement. C'est dans ce contexte toujours plus difficile qu'ils doivent s'adapter à une nouvelle métamorphose de la PAC. La PAC se verdit à partir du premier janvier 2023. Bruxelles impose des exigences environnementales. Sans tenir compte des pressions économiques toujours plus fortes que subissent les agriculteurs.Un pari hasardeux sur le modèle économiqueLa montée en gamme de leur production était supposée entraîner spontanément une hausse de leurs revenus, mais avec l'inflation, cette hypothèse magique ne se réalisera pas. Les consommateurs privilégient le prix comme en témoigne la crise du bio. Le verdissement de l'agriculture nécessite un meilleur accompagnement financier et réglementaire pour préserver le modèle économique de la ferme Europe. La hausse du budget de la PAC n'est pas d'actualité, elle pourrait être l'un des enjeux des élections européennes. À titre de comparaison, les États-Unis ou le Japon dépensent beaucoup plus que les 27 pour soutenir leurs agriculteurs. Les Suisses sont les champions du monde avec des subventions trois plus élevées que celles de l'Union Européenne.Les accords de l'échange en accusationLes agriculteurs dénoncent aussi les accords de libre échange signés au nom des 27. Le président Macron est à la manœuvre pour suspendre la signature d'un accord avec le Mercosur pénalisant les viandes françaises. L'autre sujet de crispation pour les Français comme pour les Polonais ou les Roumains, c'est celui des produits ukrainiens autorisés en Europe sans droits de douane. Une largesse qui pourrait être revue à la baisse.
People First Podcast I Western and Central Africa I World Bank Group
La deuxième saison de People First Podcast démarre avec un nouvel épisode consacré au parc solaire de Danzi, la plus grande centrale solaire d'Afrique centrale.L'accès à l'électricité contribue au développement socio-économique des populations, mais reste un défi majeur sur le continent africain.En République centrafricaine, les investissements dans les énergies renouvelables soutenus par la Banque mondiale permettent à de nombreux ménages de sortir de l'obscurité, avec la perspective d'emplois et de meilleures conditions de vie sur une planète vivable.Écoutez People First Podcast maintenant ! Laissez un commentaire ici. Votre avis nous intéresse !Séquences00:00 Introduction00:22 Défi de l'accès à l'énergie en Afrique00:34 Zoom sur la République centrafricaine01:39 Danzi sort progressivement de l'obscurité02:51 Lumière sur les projets PURACEL et PASEEL04:30 Impact positif sur la qualité de vie des populations 07:11 Opportunités commerciales émergentes 07:43 SENI PLUS pour renforcer le système de santé08:21 Du chômage à l'emploi des jeunes09:17 Engagement de la Banque mondiale pour faciliter la transition vers des sources d'énergie moins polluantes10:10 Investir dans les infrastructures énergétiques pour accroître le taux d'électrification en Centrafrique10:18 Danzi, la petite ville lumière10:45 ConclusionÀ propos du People First Podcast:People First Podcast vient apporter un éclairage humain et concret sur les thématiques de développement spécifiques aux habitants d'Afrique de l'Ouest et du centre, et sur la contribution de la Banque mondiale. People First Podcast, pour un développement durable et inclusif !À propos du Groupe de la Banque mondiale:Le Groupe de la Banque mondiale est l'une des plus importantes sources de financement et de connaissances au monde pour les pays à faible revenu. Ses cinq institutions partagent l'engagement de réduire la pauvreté, d'accroître la prospérité partagée et de promouvoir le développement durable.
Au début du 20ème siècle, la consommation de drogues nʹapparaît pas encore tout à fait comme un problème de société. Progressivement, les Etats en découvrent les ravages, les marchés lucratifs et les ressorts. La prohibition et les contrôles sʹinstallent de façon différenciées selon les pays, les centres urbains ou les périphéries. La drogue représente désormais un danger pour la société. Les autorités dictent ce quʹil est juste ou non de consommer pour éviter de mettre la nation en péril. Avec une logique de distinction parfois subtile : lʹutilisation populaire et massive des amphétamines, fraîchement découvertes par lʹindustrie pharmaceutique dans les années 30, est légale tandis que la répression règne sur la consommation de LSD, compagnon des contestations aussi sociales que politiques des années 60 et 70. Dans les années 1980, le nouvel ennemi cʹest lʹhéroïne, dont la consommation est jugée comme une pathologie. Suite de cet entretien avec Sandro Cattacin, sociologue, spécialiste de la politique helvétique en matière de drogue, professeur à lʹuniversité de Genève et président du Think Tank "Penser la Suisse" il est au micro de Céline Roduit pour Histoire Vivante. Production : Anaïs Kien
durée : 00:02:31 - Les histoires du monde - par : Anthony BELLANGER - Depuis qu'ils sont revenus au pouvoir à l'été 2021, les Talibans cherchent à se débarrasser de leur statut de paria sur la scène internationale. Dans cette quête, la Chine pourrait bien aider.
durée : 00:02:31 - Les histoires du monde - par : Anthony BELLANGER - Depuis qu'ils sont revenus au pouvoir à l'été 2021, les Talibans cherchent à se débarrasser de leur statut de paria sur la scène internationale. Dans cette quête, la Chine pourrait bien aider.