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Quatre ans après le coup d'État contre Alpha Condé, que reste-t-il du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), le parti fondé dans la clandestinité par l'ancien président sous le règne de Lansana Conté ? Né dans les années 1980, le RPG a poursuivi son combat pour la démocratie jusqu'à ce que son chef accède au pouvoir en 2010. Entre nostalgie des luttes passées et gouvernance décevante, ce dernier laisse un souvenir mitigé dans son ancien fief de Kankan. De notre envoyé spécial à Kankan, La cour du siège du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de Kankan est encore ouverte. Le grand bâtiment en briques, lui, est vide et sa porte fermée à clé. Le siège est en effet fermé depuis mai 2025, date de la suspension du parti par l'administration. Le RPG est même, aujourd'hui, menacé de perdre son statut juridique. C'est donc dans sa concession familiale que Sory Sanoh, le responsable du parti pour la Haute-Guinée, accueille le visiteur, sans nier les difficultés auxquelles sa formation est aujourd'hui confrontée. « Le RPG traverse une période difficile parce que nous sommes acculés de part et d'autre. La vie politique nous est interdite. Nos cadres susceptibles de prendre la relève sont en prison pour une durée indéfinie, tandis que d'autres - il faut le reconnaître - ont claqué la porte et sont partis ailleurs. Alors nous autres qui sommes là, nous nous débrouillons pour faire marcher le parti », confie-t-il. Saramoudou Condé, lui, cultive la nostalgie du RPG, même s'il dit soutenir également son tombeur, Mamadi Doumbouya. Y ayant adhéré à l'époque de la clandestinité, il ne peut oublier les décennies de luttes réprimées et se souvient tout particulièrement de la mobilisation qui avait accompagné l'emprisonnement d'Alpha Condé, en 1998. « On ne pouvait pas le lâcher puisqu'on voyait qu'il était soutenu non seulement à l'intérieur mais aussi à l'extérieur du pays. Plus de 500 documents étaient alors arrivés chez [Lansana] Conté pour demander la libération d'Alpha Condé. On était au courant de tout cela », se remémore celui-ci. Alpha Condé n'avait finalement été libéré que trois ans plus tard, en 2001. Sentiments mitigés Le bilan de ses années au pouvoir, après 2010, laisse toutefois un sentiment mitigé, surtout chez les jeunes qui n'ont pas connu les luttes des années 1990. Beaucoup, à Kankan, reprochent en effet à Alpha Condé le peu d'infrastructures construites pendant ses 11 ans à la tête du pays.C'est par exemple le cas de Djanamadi Keita, un militant du RPG nommé administrateur du marché de Sogbé sous le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). « Quand Mamadi Doumbouya est arrivé, on ne l'aimait pas du tout. Mais à la fin, on a vu qu'il ne parlait pas et agissait, travaillait. Ici, nous avons prié pour que quelqu'un travaille pour notre pays, pour qu'il le façonne, pour qu'il le transforme comme les pays émergents. Et bien, avec Mamadi Doumbouya, en une année, on a vu que tous les projets laissés par Alpha Condé s'étaient accélérés. Concernant la route de Kankan à Conakry par exemple, alors que les travaux traînaient depuis des années, le chantier a été fini en quelques mois seulement. Ce sont des choses qui marquent la population », affirme-t-il. L'électricité devrait aussi arriver ces prochains mois. Djanamadi Keita soutient Mamadi Doumbouya, certes, mais n'a jamais envisagé de jeter sa carte du RPG, le parti pour lequel ses parents se sont tant battus. À lire aussiGuinée: Mamadi Doumbouya élu président dès le premier tour, selon les résultats provisoires
L'année 2025 s'achève, comme l'observe Afrik.com, « sur une séquence électorale dense et symbolique » pour la Guinée, la Côte d'Ivoire et la Centrafrique. « Des scrutins majeurs, chacun révélateur de dynamiques politiques propres, mais aussi de défis communs », souligne le site internet, concernant la « participation électorale, la crédibilité des processus et le rapport entre pouvoir et opposition ». En Guinée, d'abord : les différents médias du pays confirment que le premier tour de l'élection présidentielle s'est déroulé dans « le calme », malgré une certaine « confusion », pointée notamment par Guinée360, au moment de la prorogation de l'heure de clôture des bureaux de vote. « Force est de reconnaître que le scrutin s'est déroulé dans le calme et la sérénité », affirme Le Djely, en rappelant que « la dernière présidentielle, en 2020, s'était tenue dans un climat de quasi-chaos ». Mais le journal en ligne guinéen note un bémol : « la mobilisation des électeurs n'a pas été à la hauteur des attentes exprimées par les autorités », ce qui doit donc leur servir de « message ». Le Djely constate, entre autres, que « de nombreux jeunes préféraient suivre les matchs » de la Coupe d'Afrique des nations. Autre explication possible de « ce peu d'enthousiasme » constaté par Le Djely : « le boycott observé chez une partie des sympathisants des opposants absents au scrutin ». Et donc, en parallèle, « le sentiment que l'issue de l'élection était connue d'avance ». « Une suite de la transition ? » Depuis le Burkina Faso, Wakat Séra rappelle effectivement le contexte : pour prendre le pouvoir « en tant que civil », après le coup d'État de 2021, « le général Mamadi Doumbouya a pris le soin de faire le nettoyage autour de lui, contraignant ses opposants à l'exil ». « Le président déchu, Alpha Condé, et les deux anciens Premiers ministres ont dû suivre, en spectateurs, loin de leur pays, cette élection présidentielle présentée comme la fin de la transition politique élastique et fermée imposée à la Guinée par le général Mamadi Doumbouya. » Mais Wakat Séra pose une question : « Avec les mêmes au pouvoir, sauf tsunami, n'assistera-t-on pas à une suite de la transition ? » Le site burkinabè pose, aussi, une autre question, concernant cette fois-ci la Côte d'Ivoire : « Jusqu'à quand » se poursuivra le « règne presque sans partage du parti présidentiel sur la vie politique ivoirienne ? » Puisque, « comme un remake de la victoire écrasante de son candidat Alassane Ouattara à la présidentielle, c'est vers un raz-de-marée que se dirige le RHDP » après les législatives de ce week-end, selon Wakat Séra. Alors « jusqu'à quand » ? La question « demeurera sans réponse tant que le PPA-CI (de l'ancien président Laurent Gbagbo, NDLR) continuera à bouder les élections, que le PDCI n'aura pas de plan B alors que son président Tidjane Thiam est inéligible sur décision de la justice de son pays, et que le RHDP n'ouvrira pas réellement le jeu politique pour permettre à ses adversaires de se mesurer à lui, à armes plus ou moins égales ». « L'enjeu dépasse la simple arithmétique électorale » En Centrafrique, aussi, « les rapports de force sont déséquilibrés ». « Le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, évolue en situation de quasi-monopole politique », rappelle Le Pays, depuis Ouagadougou. « Face à lui, une opposition morcelée, presque évanescente. Dans un pays meurtri par plus d'une décennie de violences et toujours exposé à des attaques sporadiques de groupes armés résiduels, cette asymétrie politique, résume Le Pays, fait du chef de l'État le grand favori » d'un scrutin inédit, puisqu'il s'agissait non seulement d'une présidentielle et de législatives, mais aussi d'élections municipales et régionales: les premières depuis presque 40 ans. « Dans ces trois pays, l'enjeu central de tous ces scrutins dépasse largement la simple arithmétique électorale. À Bangui, à Conakry comme à Abidjan, la réconciliation nationale et l'apaisement doivent constituer le cœur battant des politiques publiques, et non de simples slogans de circonstance, écrit Le Pays. L'Afrique contemporaine regorge d'exemples de pouvoirs électoralement confortés mais brutalement renversés, non par les urnes, mais par les armes. Les vainqueurs de ces scrutins doivent en tirer les leçons, et se rappeler que gouverner exige certes une main ferme, mais surtout une main tendue, seule garante d'une paix durable et à même de barrer la route aux fracas des armes. »
L'année 2025 s'achève, comme l'observe Afrik.com, « sur une séquence électorale dense et symbolique » pour la Guinée, la Côte d'Ivoire et la Centrafrique. « Des scrutins majeurs, chacun révélateur de dynamiques politiques propres, mais aussi de défis communs », souligne le site internet, concernant la « participation électorale, la crédibilité des processus et le rapport entre pouvoir et opposition ». En Guinée, d'abord : les différents médias du pays confirment que le premier tour de l'élection présidentielle s'est déroulé dans « le calme », malgré une certaine « confusion », pointée notamment par Guinée360, au moment de la prorogation de l'heure de clôture des bureaux de vote. « Force est de reconnaître que le scrutin s'est déroulé dans le calme et la sérénité », affirme Le Djely, en rappelant que « la dernière présidentielle, en 2020, s'était tenue dans un climat de quasi-chaos ». Mais le journal en ligne guinéen note un bémol : « la mobilisation des électeurs n'a pas été à la hauteur des attentes exprimées par les autorités », ce qui doit donc leur servir de « message ». Le Djely constate, entre autres, que « de nombreux jeunes préféraient suivre les matchs » de la Coupe d'Afrique des nations. Autre explication possible de « ce peu d'enthousiasme » constaté par Le Djely : « le boycott observé chez une partie des sympathisants des opposants absents au scrutin ». Et donc, en parallèle, « le sentiment que l'issue de l'élection était connue d'avance ». « Une suite de la transition ? » Depuis le Burkina Faso, Wakat Séra rappelle effectivement le contexte : pour prendre le pouvoir « en tant que civil », après le coup d'État de 2021, « le général Mamadi Doumbouya a pris le soin de faire le nettoyage autour de lui, contraignant ses opposants à l'exil ». « Le président déchu, Alpha Condé, et les deux anciens Premiers ministres ont dû suivre, en spectateurs, loin de leur pays, cette élection présidentielle présentée comme la fin de la transition politique élastique et fermée imposée à la Guinée par le général Mamadi Doumbouya. » Mais Wakat Séra pose une question : « Avec les mêmes au pouvoir, sauf tsunami, n'assistera-t-on pas à une suite de la transition ? » Le site burkinabè pose, aussi, une autre question, concernant cette fois-ci la Côte d'Ivoire : « Jusqu'à quand » se poursuivra le « règne presque sans partage du parti présidentiel sur la vie politique ivoirienne ? » Puisque, « comme un remake de la victoire écrasante de son candidat Alassane Ouattara à la présidentielle, c'est vers un raz-de-marée que se dirige le RHDP » après les législatives de ce week-end, selon Wakat Séra. Alors « jusqu'à quand » ? La question « demeurera sans réponse tant que le PPA-CI (de l'ancien président Laurent Gbagbo, NDLR) continuera à bouder les élections, que le PDCI n'aura pas de plan B alors que son président Tidjane Thiam est inéligible sur décision de la justice de son pays, et que le RHDP n'ouvrira pas réellement le jeu politique pour permettre à ses adversaires de se mesurer à lui, à armes plus ou moins égales ». « L'enjeu dépasse la simple arithmétique électorale » En Centrafrique, aussi, « les rapports de force sont déséquilibrés ». « Le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, évolue en situation de quasi-monopole politique », rappelle Le Pays, depuis Ouagadougou. « Face à lui, une opposition morcelée, presque évanescente. Dans un pays meurtri par plus d'une décennie de violences et toujours exposé à des attaques sporadiques de groupes armés résiduels, cette asymétrie politique, résume Le Pays, fait du chef de l'État le grand favori » d'un scrutin inédit, puisqu'il s'agissait non seulement d'une présidentielle et de législatives, mais aussi d'élections municipales et régionales: les premières depuis presque 40 ans. « Dans ces trois pays, l'enjeu central de tous ces scrutins dépasse largement la simple arithmétique électorale. À Bangui, à Conakry comme à Abidjan, la réconciliation nationale et l'apaisement doivent constituer le cœur battant des politiques publiques, et non de simples slogans de circonstance, écrit Le Pays. L'Afrique contemporaine regorge d'exemples de pouvoirs électoralement confortés mais brutalement renversés, non par les urnes, mais par les armes. Les vainqueurs de ces scrutins doivent en tirer les leçons, et se rappeler que gouverner exige certes une main ferme, mais surtout une main tendue, seule garante d'une paix durable et à même de barrer la route aux fracas des armes. »
La presse guinéenne est unanime : l'évènement du week-end aura été le grand rassemblement en faveur du général Mamadi Doumbouya, candidat à l'élection présidentielle du 28 décembre. C'était samedi à Kankan, la deuxième ville du pays après la capitale Conakry. « La forte affluence enregistrée, la densité de la participation et l'occupation structurée de l'espace urbain témoignent d'un moment politique majeur, largement relayé par les observateurs et les médias », relate le site AfricaGuinée qui poursuit : « par son ampleur et sa visibilité, cette mobilisation réussie aujourd'hui à Kankan, s'inscrit comme un signal politique fort dans le paysage national pour l'accession du président Mamadi Doumbouya à la magistrature suprême ». Guinée News renchérit : « à ce stade de l'échéance électorale, jamais une mobilisation populaire d'une telle ampleur n'avait été enregistrée. Dans cette dynamique exceptionnelle, la région de Kankan se distingue particulièrement, portée par le leadership affirmé de Sékou Bill Condé, directeur régional de campagne ». Celui-ci est d'ailleurs présent sur la majorité des photos publiées par le site : carrure imposante à l'image de son mentor, et casquette et tee-shirt blanc siglés « GMD président », GMD pour « général Mamadi Doumbouya ». Doumbouya en roue libre… Pour Le Pays au Burkina Faso, « le doute n'est plus permis en Guinée Conakry. Le président Mamadi Doumbouya fera mordre la poussière à ses huit challengers. (…) Mamadi Doumbouya est d'autant plus en roue libre que ni l'opposant historique, Cellou Dalein Diallo, ni le président évincé, Alpha Condé, ne sont dans les starting-blocks. Autant dire qu'il n'y a que des candidats de moindre envergure qui accompagnent le président-général à cette course au palais de Sékhoutoureya. Il n'y a qu'à voir les moyens déployés sur le terrain par les différents candidats, pour s'en convaincre. Pendant que Mamadi Doumbouya mène une campagne presqu'à l'américaine, les autres concurrents, faute de moyens pour soulever des foules, font dans la campagne de proximité, pour espérer glaner des voix ». Un boulevard pour Touadéra En Centrafrique, à présent, « la campagne pour le quadruple scrutin – présidentiel, législatif, municipal et régional – du 28 décembre a débuté samedi, avec des meetings à Bangui de plusieurs candidats, dont le président sortant Faustin-Archange Touadéra. (…) Des milliers de personnes, constate Jeune Afrique, se sont déplacées au Stade 20 000 places de la capitale, en soutien au chef d'État, candidat du Mouvement cœurs unis, le parti de la majorité présidentielle. Le président Touadéra avait récemment fait modifier la Constitution, rappelle le site panafricain, afin de l'autoriser à briguer un troisième mandat. Son principal concurrent, Anicet-Georges Dologuélé, opposant et candidat du parti URCA, a sillonné la capitale à la tête d'un cortège ambulant ». Il y a quelques jours Le Journal de Bangui écrivait : « cette présidentielle de 2025 s'annonce comme un moment charnière pour la Centrafrique. Si Faustin-Archange Touadéra part avec un avantage institutionnel considérable, ses challengers Dologuélé et Dondra en tête entendent capitaliser sur l'usure du pouvoir et l'aspiration croissante à un renouvellement démocratique ». L'avantage au sortant… Reste que là aussi, les jeux semblent déjà faits… « Faustin-Archange Touadéra est serein, constate Jeune Afrique. En tout cas, c'est ce qu'il aime dire à ses interlocuteurs. En bon mathématicien – il a enseigné cette matière à l'université de Bangui –, peut-être fait-il même l'addition de ses soutiens, politiques et financiers, pour arriver à cette conclusion. Tandis que ses adversaires, notamment Anicet-Georges Dologuélé ou Henri-Marie Dondra, se retrouvent confrontés à l'habituelle question du manque de moyens des opposants, le chef de l'État n'a pas ce problème. Les caisses de son parti se sont remplies à l'approche de l'échéance électorale, et lui-même sait pouvoir compter sur de généreux donateurs. L'avantage du sortant. Mais aussi, pointe encore Jeune Afrique, le résultat de la mise sur pied d'un hétéroclite réseau où se côtoient ministres, hommes et femmes d'affaires, conseillers de l'ombre ou alliés étrangers. Tissée en particulier depuis 2016, cette toile – qui a tendance à se confondre avec l'économie de la Centrafrique elle-même – est un avantage certain ». Et on revient au Pays à Ouagadougou qui est sur la même ligne : « sauf cataclysme, Touadéra remportera, au soir du 28 décembre prochain, haut la main, la présidentielle dont le seul enjeu est le taux de participation ». Et ce, malgré « les difficultés liées au retrait des cartes d'électeurs, malgré l'insécurité provoquée par les groupes armés qui continuent de sévir dans certaines zones du pays, en dépit de la présence de la force de maintien onusienne, la Minusca, des sociétés militaires russes et des forces rwandaises (…). »
La presse guinéenne est unanime : l'évènement du week-end aura été le grand rassemblement en faveur du général Mamadi Doumbouya, candidat à l'élection présidentielle du 28 décembre. C'était samedi à Kankan, la deuxième ville du pays après la capitale Conakry. « La forte affluence enregistrée, la densité de la participation et l'occupation structurée de l'espace urbain témoignent d'un moment politique majeur, largement relayé par les observateurs et les médias », relate le site AfricaGuinée qui poursuit : « par son ampleur et sa visibilité, cette mobilisation réussie aujourd'hui à Kankan, s'inscrit comme un signal politique fort dans le paysage national pour l'accession du président Mamadi Doumbouya à la magistrature suprême ». Guinée News renchérit : « à ce stade de l'échéance électorale, jamais une mobilisation populaire d'une telle ampleur n'avait été enregistrée. Dans cette dynamique exceptionnelle, la région de Kankan se distingue particulièrement, portée par le leadership affirmé de Sékou Bill Condé, directeur régional de campagne ». Celui-ci est d'ailleurs présent sur la majorité des photos publiées par le site : carrure imposante à l'image de son mentor, et casquette et tee-shirt blanc siglés « GMD président », GMD pour « général Mamadi Doumbouya ». Doumbouya en roue libre… Pour Le Pays au Burkina Faso, « le doute n'est plus permis en Guinée Conakry. Le président Mamadi Doumbouya fera mordre la poussière à ses huit challengers. (…) Mamadi Doumbouya est d'autant plus en roue libre que ni l'opposant historique, Cellou Dalein Diallo, ni le président évincé, Alpha Condé, ne sont dans les starting-blocks. Autant dire qu'il n'y a que des candidats de moindre envergure qui accompagnent le président-général à cette course au palais de Sékhoutoureya. Il n'y a qu'à voir les moyens déployés sur le terrain par les différents candidats, pour s'en convaincre. Pendant que Mamadi Doumbouya mène une campagne presqu'à l'américaine, les autres concurrents, faute de moyens pour soulever des foules, font dans la campagne de proximité, pour espérer glaner des voix ». Un boulevard pour Touadéra En Centrafrique, à présent, « la campagne pour le quadruple scrutin – présidentiel, législatif, municipal et régional – du 28 décembre a débuté samedi, avec des meetings à Bangui de plusieurs candidats, dont le président sortant Faustin-Archange Touadéra. (…) Des milliers de personnes, constate Jeune Afrique, se sont déplacées au Stade 20 000 places de la capitale, en soutien au chef d'État, candidat du Mouvement cœurs unis, le parti de la majorité présidentielle. Le président Touadéra avait récemment fait modifier la Constitution, rappelle le site panafricain, afin de l'autoriser à briguer un troisième mandat. Son principal concurrent, Anicet-Georges Dologuélé, opposant et candidat du parti URCA, a sillonné la capitale à la tête d'un cortège ambulant ». Il y a quelques jours Le Journal de Bangui écrivait : « cette présidentielle de 2025 s'annonce comme un moment charnière pour la Centrafrique. Si Faustin-Archange Touadéra part avec un avantage institutionnel considérable, ses challengers Dologuélé et Dondra en tête entendent capitaliser sur l'usure du pouvoir et l'aspiration croissante à un renouvellement démocratique ». L'avantage au sortant… Reste que là aussi, les jeux semblent déjà faits… « Faustin-Archange Touadéra est serein, constate Jeune Afrique. En tout cas, c'est ce qu'il aime dire à ses interlocuteurs. En bon mathématicien – il a enseigné cette matière à l'université de Bangui –, peut-être fait-il même l'addition de ses soutiens, politiques et financiers, pour arriver à cette conclusion. Tandis que ses adversaires, notamment Anicet-Georges Dologuélé ou Henri-Marie Dondra, se retrouvent confrontés à l'habituelle question du manque de moyens des opposants, le chef de l'État n'a pas ce problème. Les caisses de son parti se sont remplies à l'approche de l'échéance électorale, et lui-même sait pouvoir compter sur de généreux donateurs. L'avantage du sortant. Mais aussi, pointe encore Jeune Afrique, le résultat de la mise sur pied d'un hétéroclite réseau où se côtoient ministres, hommes et femmes d'affaires, conseillers de l'ombre ou alliés étrangers. Tissée en particulier depuis 2016, cette toile – qui a tendance à se confondre avec l'économie de la Centrafrique elle-même – est un avantage certain ». Et on revient au Pays à Ouagadougou qui est sur la même ligne : « sauf cataclysme, Touadéra remportera, au soir du 28 décembre prochain, haut la main, la présidentielle dont le seul enjeu est le taux de participation ». Et ce, malgré « les difficultés liées au retrait des cartes d'électeurs, malgré l'insécurité provoquée par les groupes armés qui continuent de sévir dans certaines zones du pays, en dépit de la présence de la force de maintien onusienne, la Minusca, des sociétés militaires russes et des forces rwandaises (…). »
De la prudence, des interrogations et même du scepticisme… Dans la presse africaine ce matin, la reconnaissance de la Palestine par le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et le Portugal, beaucoup de questions subsistent : « Cette reconnaissance va-t-elle faire bouger les lignes ? Rien n'est moins sûr », commente notamment au Burkina Faso, le journal Le Pays dans ses colonnes édito. L'un des points soulevés est la place de Washington sur l'échiquier géopolitique : « Tant que le pays de l'Oncle Sam continuera de mettre Israël sous son parapluie, il ne faut pas rêver d'une solution à deux États dans cette partie du monde. (…) Du reste, on est fondé à croire que l'action des dix pays occidentaux, vise à se donner bonne conscience. En tout cas, elle est loin d'être sincère car, nombre parmi ces pays, à commencer par la France, soutenaient ouvertement Israël dans sa folie meurtrière dans la bande de Gaza. Si ce n'est pas de l'hypocrisie, cela y ressemble fort », peut-on lire. Et si la grande majorité des pays africains a reconnu l'État palestinien dès 88, après la déclaration d'indépendance de la Palestine par l'OLP de Yasser Arafat, aujourd'hui « Ils ont beau crier leur ras-le-bol, leur voix reste inaudible. Le seul pays dont l'action a secoué l'Israël, c'est l'Afrique du Sud qui avait saisi la Cour internationale de justice. Mais la suite, on la connaît. Le pays de Cyril Ramaphosa a été sanctionné plus tard par le président américain... » Dans le journal du Niger, la reconnaissance de la Palestine par le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et le Portugal est un événement diplomatique majeur. Le média souligne « une décision prise sous le poids des victimes et de la pression internationale », après deux ans de guerre à Gaza et rappelle que des organisations comme Amnesty International ont accusé Israël de crimes de guerre, ce qui accentue l'urgence d'une action diplomatique. Le soutien historique de l'Afrique à la Palestine La presse met aussi en avant le lien particulier entre l'Afrique et la Palestine, tout comme son soutien historique. Une mise en relief nécessaire : avec 52 pays sur 54 ayant officiellement reconnu l'État palestinien (les exceptions sont le Cameroun et l'Érythrée) « L'Afrique est le principal soutien diplomatique du peuple palestinien sur la scène internationale », déclare le média Sénégalais Sénéplus. « Cette cohésion remarquable ne relève pas du hasard. Elle puise ses racines dans l'histoire commune des luttes anticoloniales et anti-impérialistes qui ont marqué le XXe siècle. Les peuples africains, ayant vécu l'expérience de la domination coloniale, reconnaissent dans le combat palestinien un écho de leurs propres luttes pour l'indépendance et la dignité », peut-on lire. Alors que l'Afrique du Sud a saisi dès le mois de Décembre 2023 la CIJ - l'organe judiciaire des Nations unies. Le média Sénéplus y analyse aussi une « continuité historique, la détermination du continent à porter la voix palestinienne dans les instances internationales ». La Guinée après le référendum constitutionnel Oui, avec cette question « Le vote et après » ? C'est même le titre d'un Edito dans le média guinéen ledjely... D'après ce dernier « On s'achemine vers le retour à l'ordre constitutionnel. Car même si l'on n'a encore aucun résultat, l'approbation de la nouvelle Constitution ne fait l'ombre d'aucun doute ». Le journal guinéen rappelle aussi un contexte de suspension des principaux partis politiques du pays « le "Oui" est assuré de l'emporter » déclare-t-il. « D'autant que les partisans de cette tendance sont les seuls à avoir battu campagne au cours des trois dernières semaines. Ainsi donc, (…) on scrutera tout particulièrement le taux de participation. Celui-ci se révélant pertinent en raison de l'appel au boycott lancé par Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé et Sidya Touré, à la veille du scrutin ». « Mais plus que ces réformes, ce qui intrigue, c'est que la nouvelle Constitution n'aborde pas la question de la candidature des militaires. Et comme on le sait, ce qui n'est pas interdit par la loi, est autorisé », commente l'observateur Paalga. Le média du Burkina Faso - pays dirigé par des militaires - précise que « selon les spécialistes de la scène politique guinéenne... la candidature du général Mahamadi Doumbouya ne fait plus de mystère ».
De la prudence, des interrogations et même du scepticisme… Dans la presse africaine ce matin, la reconnaissance de la Palestine par le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et le Portugal, beaucoup de questions subsistent : « Cette reconnaissance va-t-elle faire bouger les lignes ? Rien n'est moins sûr », commente notamment au Burkina Faso, le journal Le Pays dans ses colonnes édito. L'un des points soulevés est la place de Washington sur l'échiquier géopolitique : « Tant que le pays de l'Oncle Sam continuera de mettre Israël sous son parapluie, il ne faut pas rêver d'une solution à deux États dans cette partie du monde. (…) Du reste, on est fondé à croire que l'action des dix pays occidentaux, vise à se donner bonne conscience. En tout cas, elle est loin d'être sincère car, nombre parmi ces pays, à commencer par la France, soutenaient ouvertement Israël dans sa folie meurtrière dans la bande de Gaza. Si ce n'est pas de l'hypocrisie, cela y ressemble fort », peut-on lire. Et si la grande majorité des pays africains a reconnu l'État palestinien dès 88, après la déclaration d'indépendance de la Palestine par l'OLP de Yasser Arafat, aujourd'hui « Ils ont beau crier leur ras-le-bol, leur voix reste inaudible. Le seul pays dont l'action a secoué l'Israël, c'est l'Afrique du Sud qui avait saisi la Cour internationale de justice. Mais la suite, on la connaît. Le pays de Cyril Ramaphosa a été sanctionné plus tard par le président américain... » Dans le journal du Niger, la reconnaissance de la Palestine par le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et le Portugal est un événement diplomatique majeur. Le média souligne « une décision prise sous le poids des victimes et de la pression internationale », après deux ans de guerre à Gaza et rappelle que des organisations comme Amnesty International ont accusé Israël de crimes de guerre, ce qui accentue l'urgence d'une action diplomatique. Le soutien historique de l'Afrique à la Palestine La presse met aussi en avant le lien particulier entre l'Afrique et la Palestine, tout comme son soutien historique. Une mise en relief nécessaire : avec 52 pays sur 54 ayant officiellement reconnu l'État palestinien (les exceptions sont le Cameroun et l'Érythrée) « L'Afrique est le principal soutien diplomatique du peuple palestinien sur la scène internationale », déclare le média Sénégalais Sénéplus. « Cette cohésion remarquable ne relève pas du hasard. Elle puise ses racines dans l'histoire commune des luttes anticoloniales et anti-impérialistes qui ont marqué le XXe siècle. Les peuples africains, ayant vécu l'expérience de la domination coloniale, reconnaissent dans le combat palestinien un écho de leurs propres luttes pour l'indépendance et la dignité », peut-on lire. Alors que l'Afrique du Sud a saisi dès le mois de Décembre 2023 la CIJ - l'organe judiciaire des Nations unies. Le média Sénéplus y analyse aussi une « continuité historique, la détermination du continent à porter la voix palestinienne dans les instances internationales ». La Guinée après le référendum constitutionnel Oui, avec cette question « Le vote et après » ? C'est même le titre d'un Edito dans le média guinéen ledjely... D'après ce dernier « On s'achemine vers le retour à l'ordre constitutionnel. Car même si l'on n'a encore aucun résultat, l'approbation de la nouvelle Constitution ne fait l'ombre d'aucun doute ». Le journal guinéen rappelle aussi un contexte de suspension des principaux partis politiques du pays « le "Oui" est assuré de l'emporter » déclare-t-il. « D'autant que les partisans de cette tendance sont les seuls à avoir battu campagne au cours des trois dernières semaines. Ainsi donc, (…) on scrutera tout particulièrement le taux de participation. Celui-ci se révélant pertinent en raison de l'appel au boycott lancé par Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé et Sidya Touré, à la veille du scrutin ». « Mais plus que ces réformes, ce qui intrigue, c'est que la nouvelle Constitution n'aborde pas la question de la candidature des militaires. Et comme on le sait, ce qui n'est pas interdit par la loi, est autorisé », commente l'observateur Paalga. Le média du Burkina Faso - pays dirigé par des militaires - précise que « selon les spécialistes de la scène politique guinéenne... la candidature du général Mahamadi Doumbouya ne fait plus de mystère ».
Au sommaire : retour ce samedi sur la chute de l'ancien garde des Sceaux congolais, Constant Mutamba, reconnu coupable de détournement de fonds publics et condamné à trois ans de travaux forcés. En Guinée, quatre ans après le coup d'État qui a renversé le président Alpha Condé, où en est la transition ? Enfin, nouvelle démonstration de force de Xi Jinping cette semaine. La Chine est-elle inarrêtable ? Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Fatoumata Diallo, journaliste pour le magazine mensuel Jeune Afrique Eric Topona, journaliste tchadien au sein de la rédaction Afrique francophone de la Deutsche Welle Jean-Marie Kassamba, directeur général de la chaîne télévisée Télé 50
Coup de tonnerre dans le ciel politique guinéen vendredi dernier : les autorités de transition suspendent pour trois mois trois des principaux partis d'opposition. À savoir, précise AfricaNews, « le RPG de l'ex-président Alpha Condé, l'UFDG de l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, et le PRP de Rafiou Sow. Le ministère de l'Administration du territoire justifie cette décision par un non-respect des règles prévues par la Charte des partis politiques. Ces formations ne se seraient pas conformées aux exigences administratives en vigueur. Mais pour l'opposition, cette suspension est avant tout politique. Elle intervient alors qu'elle prévoyait de manifester dès le 5 septembre contre la tenue du référendum » sur le projet de nouvelle constitution qui doit avoir lieu le 21 septembre. Colère de l'opposition Depuis, les protestations s'enchaînent… L'UFDG, l'un des partis écartés, exprime toute sa colère sur le site d'information guinéen Aminata : « la junte est déterminée à éliminer à l'avance toutes les forces politiques et sociales opposées à sa volonté de confisquer le pouvoir en octroyant une présidence à vie à Mamadi Doumbouya. (…) Désormais, l'objectif de la junte est clair, poursuit l'UFDG : il s'agit de faire taire toutes les voix dissonantes en instituant un climat de terreur caractérisé notamment par les assassinats ciblés, les disparitions forcées, les enlèvements suivis de sévices corporels, les poursuites et détentions arbitraires, à l'effet de confisquer définitivement le pouvoir au mépris des règles et principes de la démocratie et de l'État de droit ». Pour sa part, le RPG Arc-en-ciel, sur Ledjely, « dénonce une mesure arbitraire et accuse la junte de poursuivre une stratégie d'exclusion politique. (…) La junte ne respecte pas ses engagements dans le processus de restitution du pouvoir aux civils. C'est l'invention, tous les jours, de slogans vides et de mouvements de propagande inutiles pendant que le pays est à terre ». Radicalisation ? Et on revient à Aminata, l'un des rares sites d'information guinéen à commenter cette exclusion : « une suspension de partis politiques qui interroge, s'exclame-t-il. Certains observateurs estiment qu'il s'agit d'une “très mauvaise décision publique“, susceptible d'avoir l'effet inverse de celui recherché. Pour eux, suspendre des partis d'opposition majeurs risque moins de les affaiblir que de renforcer la détermination de leurs militants. L'histoire récente de l'Afrique, pointe Aminata, offre des exemples où des mesures de ce type ont poussé des forces politiques à se radicaliser ou à s'organiser dans la clandestinité. La remarque est d'autant plus pertinente que l'UFDG et le RPG-Arc-en-Ciel représentent une part importante de l'échiquier politique guinéen. Leur mise à l'écart, même temporaire, réduit l'espace du débat démocratique à un moment où la transition peine déjà à convaincre sur son inclusivité ». Doumbouya président ? Pour Le Monde Afrique, Mamadi Doumbouya, ancien sous-officier de la Légion étrangère française devenu chef tout-puissant de la junte militaire, veut avoir le champ libre… « La junte vide le champ politique avant le référendum sur la nouvelle Constitution », constate Le Monde Afrique. « Mamadi Doumbouya semble vouloir revenir sur sa promesse pour, finalement, se présenter à une future présidentielle. L'adoption de la nouvelle Constitution nourrirait ce dessein ». Pour sa part, « l'opposition ne croit pas en la mue démocratique d'une junte aujourd'hui toute-puissante qui respecterait soudainement les engagements démocratiques contenus dans un projet de Constitution somme toute acceptable. Elle est également persuadée que l'ancien chef des forces spéciales se portera candidat à l'élection présidentielle une fois passé le vote du 21 septembre ». Alors l'opposition guinéenne, bâillonnée, aura-t-elle « l'audace de défier la junte ? », s'interroge Le Monde Afrique. « Dans une récente déclaration, elle déplorait “la répression sanglante et systématique de toute contestation“. Plusieurs activistes de la société civile et des acteurs politiques ont en effet disparu ces derniers mois après avoir été arrêtés nuitamment, dont Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, figures de proue de l'ex-FNDC, ainsi que le journaliste Habib Marouane Camara. Des officiers supérieurs sont morts en détention dans des conditions suspectes et plusieurs avocats renommés ont fait l'objet de menaces de mort et de torture ».
Coup de tonnerre dans le ciel politique guinéen vendredi dernier : les autorités de transition suspendent pour trois mois trois des principaux partis d'opposition. À savoir, précise AfricaNews, « le RPG de l'ex-président Alpha Condé, l'UFDG de l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, et le PRP de Rafiou Sow. Le ministère de l'Administration du territoire justifie cette décision par un non-respect des règles prévues par la Charte des partis politiques. Ces formations ne se seraient pas conformées aux exigences administratives en vigueur. Mais pour l'opposition, cette suspension est avant tout politique. Elle intervient alors qu'elle prévoyait de manifester dès le 5 septembre contre la tenue du référendum » sur le projet de nouvelle constitution qui doit avoir lieu le 21 septembre. Colère de l'opposition Depuis, les protestations s'enchaînent… L'UFDG, l'un des partis écartés, exprime toute sa colère sur le site d'information guinéen Aminata : « la junte est déterminée à éliminer à l'avance toutes les forces politiques et sociales opposées à sa volonté de confisquer le pouvoir en octroyant une présidence à vie à Mamadi Doumbouya. (…) Désormais, l'objectif de la junte est clair, poursuit l'UFDG : il s'agit de faire taire toutes les voix dissonantes en instituant un climat de terreur caractérisé notamment par les assassinats ciblés, les disparitions forcées, les enlèvements suivis de sévices corporels, les poursuites et détentions arbitraires, à l'effet de confisquer définitivement le pouvoir au mépris des règles et principes de la démocratie et de l'État de droit ». Pour sa part, le RPG Arc-en-ciel, sur Ledjely, « dénonce une mesure arbitraire et accuse la junte de poursuivre une stratégie d'exclusion politique. (…) La junte ne respecte pas ses engagements dans le processus de restitution du pouvoir aux civils. C'est l'invention, tous les jours, de slogans vides et de mouvements de propagande inutiles pendant que le pays est à terre ». Radicalisation ? Et on revient à Aminata, l'un des rares sites d'information guinéen à commenter cette exclusion : « une suspension de partis politiques qui interroge, s'exclame-t-il. Certains observateurs estiment qu'il s'agit d'une “très mauvaise décision publique“, susceptible d'avoir l'effet inverse de celui recherché. Pour eux, suspendre des partis d'opposition majeurs risque moins de les affaiblir que de renforcer la détermination de leurs militants. L'histoire récente de l'Afrique, pointe Aminata, offre des exemples où des mesures de ce type ont poussé des forces politiques à se radicaliser ou à s'organiser dans la clandestinité. La remarque est d'autant plus pertinente que l'UFDG et le RPG-Arc-en-Ciel représentent une part importante de l'échiquier politique guinéen. Leur mise à l'écart, même temporaire, réduit l'espace du débat démocratique à un moment où la transition peine déjà à convaincre sur son inclusivité ». Doumbouya président ? Pour Le Monde Afrique, Mamadi Doumbouya, ancien sous-officier de la Légion étrangère française devenu chef tout-puissant de la junte militaire, veut avoir le champ libre… « La junte vide le champ politique avant le référendum sur la nouvelle Constitution », constate Le Monde Afrique. « Mamadi Doumbouya semble vouloir revenir sur sa promesse pour, finalement, se présenter à une future présidentielle. L'adoption de la nouvelle Constitution nourrirait ce dessein ». Pour sa part, « l'opposition ne croit pas en la mue démocratique d'une junte aujourd'hui toute-puissante qui respecterait soudainement les engagements démocratiques contenus dans un projet de Constitution somme toute acceptable. Elle est également persuadée que l'ancien chef des forces spéciales se portera candidat à l'élection présidentielle une fois passé le vote du 21 septembre ». Alors l'opposition guinéenne, bâillonnée, aura-t-elle « l'audace de défier la junte ? », s'interroge Le Monde Afrique. « Dans une récente déclaration, elle déplorait “la répression sanglante et systématique de toute contestation“. Plusieurs activistes de la société civile et des acteurs politiques ont en effet disparu ces derniers mois après avoir été arrêtés nuitamment, dont Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, figures de proue de l'ex-FNDC, ainsi que le journaliste Habib Marouane Camara. Des officiers supérieurs sont morts en détention dans des conditions suspectes et plusieurs avocats renommés ont fait l'objet de menaces de mort et de torture ».
Et si les activistes guinéens Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah étaient toujours en vie ? Plus d'un an après leur enlèvement par des militaires à Conakry - c'était le 9 juillet 2024 - un ancien député guinéen proche du régime du général Mamadi Doumbouya affirme qu'ils se portent bien, mais qu'ils restent gardés au secret. Réaction aujourd'hui d'un autre leader de la société civile guinéenne : Abdoul Sakho, Coordinateur national du Forum des Forces Sociales de Guinée, a été enlevé lui aussi par des militaires, a subi de terribles sévices, mais a eu la chance d'être relâché. Aujourd'hui, il vit en exil et témoigne au micro de Christophe Boisbouvier. RFI : Le 18 février dernier au soir, vous dites avoir été enlevé à votre domicile de Conakry par des hommes en treillis lourdement armés, venus à bord d'une dizaine de véhicules non immatriculés. Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? Abdoul Sakho : D'abord, ce n'est pas une question de dire, c'est une question de fait. Effectivement, j'ai été enlevé la nuit du mardi 18 février. Ça a été un moment de cauchemar, un moment de terrorisme, de traumatisme, aussi bien pour moi mais aussi pour ma famille. Ils n'ont pas pu passer par la porte, ils sont passés par le toit et ont menacé ma pauvre maman qui a été jetée d'ailleurs de la cuisine. Ils ont sommé ma fille, qui n'avait pas onze ans d'ailleurs, à se coucher sur le ventre, ma petite sœur également. Ils m'ont giflé, avec six personnes qui sont tombées du plafond, lourdement armées, qui m'ont molesté devant ma famille, m'ont sorti de la maison. Il faut noter qu'ils étaient cagoulés. Et de là, destination inconnue. Et quand vous avez été mis dans ce véhicule, vous avez été transporté jusqu'où ? Ils ont dit dès le départ qu'ils ont « le colis », ils communiquaient avec quelqu'un à distance. Et j'ai été conduit dans trois lieux différents. Je sais que c'est à Conakry, parce que de la maison à là où l'on me conduisait, ça n'était pas aussi loin que ça. Et dans les trois lieux différents, c'était les séances de torture, des séances d'interrogatoire, des séances d'évanouissement, des séances de réanimation. Avez-vous été violemment torturé ? C'est hors de l'imagination. C'est hors de description. De mon corps, tout, tout… Le dos, les mains, torturé avec la technique de l'eau. Quand on m'a attaché les mains au dos, totalement ligoté, on me faisait coucher sur le dos. Je me rappelle de cela à chaque fois, quand je m'étouffe, je m'évanouis. Et en cours de route, quelqu'un a dit « maintenant, c'est fini pour toi ». Et quelqu'un a dit « lui, il ne s'agit pas de le présenter à un juge ou de mettre à une prison. C'est fini pour lui ». Est-ce que vous pensez que des pressions internationales vous ont permis de rester en vie ? Absolument, absolument. Il faut saluer la promptitude des partenaires de façon générale, le courage aussi à ne pas parler avec des mots entre les lignes. Il faut le saluer, notamment celui de l'ambassade des Etats-Unis et tous les partenaires d'ailleurs. Et c'est cette chaîne de solidarité locale et internationale, avec la grâce de Dieu, qui m'a permis aujourd'hui d'avoir la vie sauve. Parce que mon cas est une illustration parfaite de cette conjugaison des efforts. Vous n'êtes pas le seul Guinéen à avoir été kidnappé ces quinze derniers mois à Conakry. Quels sont aujourd'hui vos camarades pour lesquels vous êtes le plus inquiet ? Honnêtement parlant, malgré la douleur dans ma chair, malgré le traumatisme que ma famille a vécu, quand je vois cet exemple sur mon cas, je me demande aujourd'hui… Ceux qui détiennent les camarades, je veux parler de Foniké Menguè, de Mamadou Billo Bah, de Habib Marouane Camara le journaliste, de Sadou Nimaga, un expert minier, je veux parler même d'un parolier, un simple parolier qu'on appelle Djéliman Kouyaté, et d'autres anonymes encore... Je me demande si ceux qui les détiennent, ceux qui nous enlèvent, ceux qui menacent, je me demande si ces gens-là sont des pères de famille. Est-ce que ces gens-là ont des mamans ? Est-ce qu'ils pensent à la douleur que les familles de ceux-ci vivent aujourd'hui ? C'est extraordinaire. Honnêtement parlant, l'illusion du coup d'Etat [du 5 septembre 2021] pour plus de liberté s'est transformée en prison à ciel ouvert pour tous les Guinéens aujourd'hui. C'est pour cela, pour les familles de nos collègues-là, sans parler de tout ce que moi j'ai subi en termes de techniques de tortures, en termes de menaces de mort… C'est pour cela que j'imagine aujourd'hui dans quelles conditions ces collègues sont. C'est pour cela qu'il faut davantage que le monde libre, le monde des libertés conjugue les efforts pour la dignité humaine dans le respect des lois. Alors, il y a quelques jours, un ancien député pro Alpha Condé, Taliby Dabo, qui est aujourd'hui rallié aux militaires du CNRD, a affirmé face caméra que vos camarades Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah étaient toujours vivants, se portaient bien, mais restaient gardés au secret pour des raisons de sécurité nationale. Qu'est-ce que vous pensez de ce témoignage ? D'abord, c'est la bonne nouvelle, déjà. Je trouve cela comme un ouf de soulagement qu'on nous dise qu'ils vivent bien. Mais au-delà de cela, je pense que c'est une piste sérieuse qu'il ne faut pas négliger. Parce que ce n'est pas n'importe qui, c'est quelqu'un qui peut être dans le secret des autorités de la transition. Oui, mais cet ancien député Taliby Dabo, ce n'est pas un militaire du CNRD lui-même... Absolument. Il ne s'agit pas d'un militaire. Mais je me demande s'il peut s'évertuer de dire cela comme ça, sans pour autant avoir des raisons solides, sans pour autant avoir des informations assez soutenues. Donc il soutient ces allégations.
Trois des principaux partis sont suspendus pour trois mois. Selon le ministère de l'Administration du territoire, le RPG de l'ex-président Alpha Condé, l'UDFG de Cellou Dalein Diallo et le PRP de Rafio Sow ont manqué à leurs obligations de fournir un compte bancaire ou de tenir un congrès au cours des trois derniers mois. Que vous inspire cette décision ? À un mois du référendum constitutionnel, quelles peuvent-être les conséquences ?
« La Turquie n'est pas en rivalité avec la France en Afrique », affirme le responsable de la diplomatie turque pour l'Afrique. Depuis vingt-cinq ans, la Turquie est en pleine expansion sur le continent africain. On le voit avec ses opérateurs économiques et avec le succès de ses drones sur les champs de bataille. Mais loin de vouloir prendre sa place, la Turquie veut renforcer sa coopération avec la France. C'est ce qu'affirme Volkan Isiksi, directeur général pour l'Afrique au ministère turc des Affaires étrangères. De passage à Paris, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Volkan Isikci, bonjour, Volkan Isikci : bonjour RFI : En 2007, la France de Nicolas Sarkozy et l'Allemagne d'Angela Merkel ont dit non à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Est-ce que c'est l'une des raisons pour lesquelles votre pays s'est tourné vers le continent africain avec une politique ambitieuse ? En fait, notre politique ambitieuse vers les autres continents, notamment l'Afrique, ça remonte bien avant 2007, donc en 1998. A partir de 2003, les relations de la Turquie avec l'Union africaine, ça s'est développé et on a essayé d'être présent sur le continent africain avec l'ouverture des ambassades. En l'an 2002, on avait douze ambassades. Aujourd'hui, on en a 44 et notre vision est de pouvoir augmenter le nombre de ces ambassades et de pouvoir les augmenter jusqu'à 50 dans les prochaines années, avec les possibilités que l'on va avoir. Tout de même, Monsieur le Directeur général, on remarque que, en 2007 donc, il y a ce refus de la France et de l'Allemagne de faire entrer la Turquie dans l'Union européenne. Et un an plus tard, en 2008, il y a ce premier sommet Turquie-Afrique. Est-ce qu'il n'y a pas un lien de cause à effet ? Non, c'est une coïncidence. Le choix de 2008, c'est indépendamment de la décision que vous avez mentionnée. C'était une feuille de route que l'on avait déjà établie. Donc, en 2008, on a organisé le premier sommet Turquie-Afrique, c'était en Turquie. En 2014, le deuxième, c'était en Guinée équatoriale. En 2021, on a organisé le troisième en Turquie et le quatrième, on va l'organiser l'année prochaine en Libye. Le choix a été ratifié par les organismes concernés de l'Union africaine. Et par les autorités libyennes de Tripoli, puisque ce sera à Tripoli ? Exactement. Depuis 20 ans, Monsieur le Directeur général, le volume d'échanges de votre pays avec l'Afrique a fait un bond très important. Il est passé de 5 milliards à 40 milliards de dollars par an. Qu'est-ce que vous apportez de différent par rapport à l'Europe et la Chine ? Avec nos amis africains, la période de Covid a eu des effets positifs pour que ce volume d'échanges augmente. Comme vous savez, à ce moment-là, il y avait des restrictions du point de vue des visas, du point de vue des vols. Nous, on n'a jamais essayé de rendre la vie difficile à nos amis africains qui voulaient visiter la Turquie. Notre régime de visas était flexible. En plus, les vols de Turkish Airlines n'ont jamais cessé à cette période-là. Nos amis africains, au lieu des destinations classiques qu'ils avaient pour voyager, faire du commerce en Europe ou bien en Asie, ils ont découvert un peu la Turquie. Et dans plusieurs pays africains, ils mentionnent que la continuité, la qualité, le prix et le suivi des produits turcs qu'ils se procurent en Turquie sont nettement plus concurrents que ceux des autres régions du monde. Ils nous disent : « Vous avez des produits de qualité européenne au prix de produits chinois. Alors en effet, certains disent en Afrique que les produits turcs sont moins chers que les produits européens et de meilleure qualité que les produits chinois. Quels produits par exemple ? De tout. Des dentifrices aux tissus, aux chaussures, aux meubles. Surtout dans le secteur de la construction. La plupart du matériel est importé de la Turquie. Évidemment, au lieu d'importer de très loin comme la Chine, le matériel qui est commandé de la Turquie, il parvient à peu près dans un délai d'un mois, un mois et demi, dans le pays concerné. Quand il faut construire un centre de conférence très vite pour un sommet de dans six mois, les Turcs sont là. C'est ça ? Voilà. Donc je ne vais pas citer le pays, mais dans un pays africain, le leader qui avait demandé à une compagnie turque de pouvoir organiser une grande conférence internationale avec la participation des chefs d'Etats, il lui a demandé s'il pouvait construire un centre de conférence en six mois. La compagnie concernée, qui est très active en Afrique, lui a fait la proposition de pouvoir le faire avec un délai de six mois. Evidemment, le prix était très abordable pour ça. La compagnie lui a demandé quelques faveurs : pouvoir amener 4000 ouvriers de Turquie avec six navires et tout le matériel qui serait nécessaire. Donc la commande a été passée au mois de janvier et les portes de cette conférence ont été ouvertes pour accueillir les chefs d'Etat mi-juin. Et donc c'est un succès qui a été réalisé en six mois. Et cet exemple que vous donnez sur six mois, je crois que c'est arrivé dans un pays d'Afrique centrale ? Oui, en Afrique centrale. L'un de vos produits phares en Afrique, Volkan Isikci, c'est le drone de la société Bayraktar. Il a fait ses preuves à Tripoli en 2019, puis dans la guerre Éthiopie -Tigré en 2021. Et du coup, beaucoup de pays africains vous achètent ce produit, comme le Mali, le Tchad. Est-ce que certains pays africains n'ont pas renoncé à la protection des avions de chasse classiques au bénéfice de ces drones, parce que c'est moins cher et parce qu'il y a moins d'abandon de souveraineté ? Je pense qu'il faut voir cette approche dans un contexte technologique et de maniabilité parce que, pour l'utilisation des avions de chasse, il faut déjà des terrains, des pistes d'atterrissage qui sont adéquats. Et ces drones ou ces nouveaux engins depuis quelque temps sont beaucoup plus abordables, maniables et efficaces que les avions de chasse. Que les Mirage 2000 par exemple ? Les avions de chasse demandent beaucoup de dépenses évidemment pour l'achat, pour la maintenance ou le personnel. Les drones, évidemment, ce sont des sociétés privées qui en font, mais l'autorisation d'exportation émane de notre ministère de la Défense. Il faut d'abord un feu vert d'Ankara ? Voilà. Et le suivi de l'utilisation de ces engins est régulé par le ministère de la Défense et d'autres institutions qui travaillent dans ce domaine-là. Est ce qu'on peut parler, de la part de la Turquie en Afrique, d'une diplomatie du drone ? Mais la question du drone se passe seulement dans quelques pays africains pour protéger leur intégrité territoriale. Ce sont des demandes conjoncturelles qui font que la demande des pays est acceptée par la Turquie. Évidemment, les formations que l'on offre, avec un prix abordable et la continuité et la confiance qu'ils ont en la Turquie, tout cela fait que beaucoup plus de pays maintenant recourent à notre technologie dans ce domaine-là. Mais quand vos drones sont utilisés pour frapper des populations civiles, je pense au Mali par exemple, est ce que vous ne craignez pas que cela ternisse l'image de la Turquie ? Évidemment, comme je vous l'ai dit, pour les ventes et l'exportation, il y a une régulation très restreinte. On fait le suivi de ces engins-là dans ces pays-là. Donc, une mauvaise utilisation de vos drones peut conduire à la rupture de la livraison de ces drones ? Voilà, parce que c'est régulé internationalement. Nous, on ne voudrait pas nuire à l'image de la Turquie dans ce sens-là, on ne voudrait pas que ça arrive. Est ce qu'il vous est arrivé, ces dernières années, de dire à un pays africain client de vos drones : « Là, vous avez utilisé ces drones contre des populations civiles, nous ne sommes pas d'accord et nous arrêtons la livraison » ? Après, on n'a pas dit. Mais avant, on dit toujours : « Il ne faut pas les utiliser de façon inappropriée, sinon ça va être la rupture », parce qu'il y a un contrôle continu dans ce sens-là ». Et c'est arrivé qu'il y ait une rupture ? Non, ça n'est pas arrivé, mais on suit de très près pour que ce genre d'évènement n'arrive pas dans ce sens-là. En 2019, la Turquie a soutenu militairement le gouvernement Sarraj à Tripoli contre l'offensive du maréchal Haftar sur la capitale libyenne. Pourquoi avez-vous fait ce choix ? Monsieur Sarraj, c'était le leader de la Libye à ce moment-là, qui était reconnu par les Nations Unies. Du coup, quand il y a eu les actes émanant de l'Est de la Libye vers Tripoli, il a écrit une lettre de demande d'aide d'urgence aux leaders internationaux de cinq pays, y compris la France et la Turquie. Et la Turquie a été le seul pays à pouvoir répondre positivement à son appel à l'aide. Donc notre coopération avec le gouvernement de Tripoli, ça a commencé avec ces démarches de Monsieur Sarraj à ce moment-là et ça continue jusqu'à présent. Et maintenant, on voit que la Libye est en cours de pouvoir solidifier sa démocratie, disons sa gouvernance, avec l'aide qu'on leur a fournie pour que le pays ne tombe pas dans le chaos. Et justement, vous continuez de soutenir Tripoli contre Benghazi ? Le gouvernement Dbeibah contre le maréchal Haftar et ses fils ? Ou est-ce que vous essayez de réconcilier les deux camps ? Non, il n'y a pas de pour et contre. Nous avons des relations avec l'Est aussi. On a ouvert notre Consulat général à Benghazi par exemple. On a des contacts avec Monsieur Haftar et les dirigeants du côté Est. Donc on soutient toutes les parties pour qu'il y ait une entente entre eux pour stabiliser politiquement leur pays. Et je crois que Turkish Airlines atterrit maintenant à Benghazi ? Voilà ! Depuis la chute du régime Assad en Syrie, au mois de décembre dernier, la Russie redéploie ses bateaux et ses avions gros-porteurs vers l'Est de la Libye, notamment Tobrouk et Benghazi. Est-ce que cela vous préoccupe ? Non, pas du tout. Nous, on a toujours des contacts avec la Russie concernant les questions de sécurité et de défense, concernant différentes régions du monde. Donc ça ne nous préoccupe pas. Est que c'est pour apaiser la situation politique au Congo-Brazzaville… Il y a 5 ans, vous avez accepté de soigner dans votre pays, en Turquie, l'opposant Jean-Marie Michel Mokoko, qui est donc sorti de sa prison congolaise pendant quelques semaines et qui y est retourné depuis. Voilà 9 ans quand même que cet opposant politique est détenu à Brazzaville. Qu'est-ce que vous pensez de cette situation ? Pour cela, il faut voir la qualité du plateau technique sanitaire que la Turquie offre aux différents demandeurs dans ce sens-là. Les pays africains font beaucoup de demandes pour pouvoir se soigner sur le sol turc. Donc, il faut considérer cette approche du gouvernement du Congo-Brazzaville pour pouvoir soigner l'opposant. La relation qui existe entre les chefs d'Etat et la confiance qui règne entre eux… Je pense que c'est le résultat de ces approches-là qui a fait que cet opposant a pu retrouver la santé et retourner après dans son pays. Donc, c'est le témoignage d'une relation de confiance entre les présidents Sassou-Nguesso et Erdogan ? Voila. Dans votre esprit, c'est plus une approche humanitaire qu'une approche politique ? Humanitaire. Il faut voir ça sous l'optique humanitaire. Autre séjour médical très remarqué dans votre pays, la Turquie, celui évidemment de l'ancien président Alpha Condé de Guinée Conakry. Est-ce à dire que vous pourriez jouer un rôle de facilitateur aujourd'hui entre le général Doumbouya, qui est venu d'ailleurs à Ankara pour la dernière investiture du président Erdogan il y a deux ans, et les opposants guinéens en exil ? Vous savez, la médiation ne se fait pas parce que vous avez le désir d'être médiateur. Ça doit venir des parties concernées. Donc une demande n'a pas été mentionnée. Donc du coup, ça n'a pas été vu dans ce sens-là. Il n'y a pas de médiation turque sur la Guinée Conakry ? Non. On dit souvent, Volkan Isikci, qu'il y a une rivalité entre la Turquie et la France en Afrique. Est-ce que c'est vrai ou pas ? Pas du tout ! Parce que le mot rivalité, c'est quelque chose de négatif. La concurrence, ça existe parce que, dans le monde, les intérêts, ça existe. Avec la France, je pense que le mot concurrence est plus adapté, mais il faut enrichir ça avec une coopération, une collaboration. Avec les relations historiques que la France a avec le continent africain, avec l'expérience de plus en plus aiguë des acteurs turcs sur le continent, je pense qu'avec ces atouts, les deux pays peuvent servir davantage pour pouvoir subvenir aux besoins des pays concernés, pour être à côté de ceux qui en ont besoin. Et dans le cadre d'un partenariat entre les deux pays, quels sont les atouts de la France en Afrique sur lesquels vous, les Turcs, vous aimeriez vous appuyer ? Les deux pays ont des expériences différentes. Évidemment, la connaissance du terrain, la présence linguistique peuvent apporter beaucoup de choses de la part de la France. La Turquie, avec son expérience de plus en plus aiguë depuis les années 2000, peut servir davantage pour pouvoir réaliser de grands investissements dans ce sens. Moi j'aimerais bien mentionner que la zone de confort n'existe pas. Il faut prendre des risques. Il faut être sur le terrain avec un partenaire de confiance. Je pense qu'on peut faire beaucoup de choses. On croit beaucoup à ça et, quel que soit le pays, on n'a jamais essayé de destituer une entité, un pays du continent africain. Vous n'avez jamais voulu chasser la France de certains pays africains ? Pas du tout, pas du tout. On n'a pas cette position. On veut seulement développer davantage et subvenir aux besoins de nos amis africains qui nous font la demande. Vous n'êtes pas dans une démarche de rivalité avec la France, comme peut l'être la Russie par exemple ? Pas du tout, pas du tout. La question de la Russie, je ne suis pas en mesure d'y répondre, mais nous, on ne voit pas la France en tant que rivale sur le continent africain. Volkan Isikci, monsieur le Directeur général, merci. Merci beaucoup À lire aussiEntre l'Afrique et la Turquie, un partenariat qui s'enracine À lire aussiLa Turquie s'apprête à débuter sa mission d'exploration pétrolière en Somalie
En Guinée, alors que des élections sont censées se tenir cette année, 28 partis politiques sont suspendus pour trois mois pour ne pas avoir rempli leurs obligations. Parmi eux, le RPG du président déchu Alpha Condé et l'UFR de Sidya Touré. Comprenez-vous cette décision ? Quelles peuvent-être les conséquences ? Nous lançons le débat.
En Guinée, 2025 sera une année de votes au pluriel. C'est ce qu'a annoncé le premier ministre Bah Oury ce mercredi devant la presse. Référendum, présidentielle et législatives. L'objectif : le retour à l'ordre constitutionnel 4 ans après le coup d'état du général Doumbouya contre le président Alpha Condé. Mamadi Doumbouya qui avait pourtant promis de rendre le pouvoir aux civils en 2024.
En Guinée, la transition devait s'achever ce mardi 31 décembre 2024, mais le gouvernement a confirmé, il y a trois semaines, que la date butoir ne serait pas tenue. MediaGuinée rapporte les demandes du CPA, le Collectif des partis pour l'alternance, collectif décrit par le site d'info comme « pacifique contrairement aux Forces Vives de Guinée » et qui donnait une conférence de presse, lundi 30 décembre 2024. Il souhaite une élection présidentielle « d'ici fin juin », « pour que le nouveau président puisse prêter serment en 2026 ».« Alpha Condé attaque le CNRD », titre de son côté Le Djély, qui partage le discours de l'ancien président, dans lequel il dénonce des « privations de liberté injustifiées », une « militarisation excessive des rues de la capitale » et une « usurpation du pouvoir démocratique ». « Jamais depuis Sekou Touré la Guinée n'a connu une telle vague de répression », regrette de son côté le romancier guinéen Tierno Monénembo au Monde Afrique. Il déplore aussi le « silence assourdissant » de la communauté internationale sur la situation dans son pays, avant de conclure :« les démocrates africains sont bien seuls aujourd'hui ». Guinée : les journaux commentent l'arrestation de l'opposant Aliou BahPoursuivi pour offense au chef de l'État, l'opposant guinéen Aliou Bah a été interpellé le 26 décembre 2024. Guinéenews publie une photo de ce dernier, sortant d'un « pick-up de la gendarmerie » pour être entendu par le procureur, au tribunal de Conakry. « Après plus d'une heure », raconte le site d'info, l'opposant est emmené en détention « à la prison centrale ». « Aliou Bah en prison » titre Afrique-sur7 qui assure qu'après avoir été entendu par le procureur, « le leader politique affichait un sentiment de sérénité ». Guinée7 publie de son côté le communiqué du MoDeL, le parti d'Aliou Bah, qui affirme que son procès s'ouvre ce mardi 31 décembre 204 et qui appelle à un rassemblement devant le tribunal.Quelles futures relations entre la Cédéao et l'AES ?« Une rupture évitable, des erreurs impardonnables », titre Seneplus à Dakar. Le média sénégalais espère que l'actuel président de la Cédéao, Bola Tinubu, président nigérian, prenne « une initiative exceptionnelle d'apaisement » avec l'Alliance des États du Sahel, la nouvelle organisation sous-régionale. L'édito sous-entend qu'il faudrait supprimer les sanctions contre les trois juntes. « Il ne suffit pas de brandir des sanctions pour imposer la démocratie », sermonne-t-il, car elles « méprise[nt] l'attachement profond des populations à la liberté de circulation, un des piliers de la Cédéao ». Il faut que cette dernière, au contraire, « réaffirme son rôle de médiateur », juge Seneplus, qui appelle « à l'unité et à la réconciliation ». Kenya : manifestations contre la vague d'enlèvements« Gaz lacrymogènes, matraques : les Kényans se déversent dans les rues lors d'un jour de rage », titre The Standard. Depuis plusieurs mois, le pays est troublé par une vague d'enlèvements de jeunes Kényans, qui ont tous le point commun d'avoir critiqué le pouvoir sur les réseaux sociaux. Les manifestations de lundi 30 décembre 2024 ont été violemment réprimées. « L'année se termine comme elle a commencé », poursuit The Standard qui évoque plusieurs mois marqués par « les brutalités policières ». Nation, autre journal kényan, précise qu'« au moins vingt manifestants, dont un sénateur en exercice, un ancien candidat à la présidence et des dizaines de défenseurs des droits humains ont été arrêtés à "Nairobi, Mombasa et Eldoret ».
En Guinée, la transition devait s'achever ce mardi 31 décembre 2024, mais le gouvernement a confirmé, il y a trois semaines, que la date butoir ne serait pas tenue. MediaGuinée rapporte les demandes du CPA, le Collectif des partis pour l'alternance, collectif décrit par le site d'info comme « pacifique contrairement aux Forces Vives de Guinée » et qui donnait une conférence de presse, lundi 30 décembre 2024. Il souhaite une élection présidentielle « d'ici fin juin », « pour que le nouveau président puisse prêter serment en 2026 ».« Alpha Condé attaque le CNRD », titre de son côté Le Djély, qui partage le discours de l'ancien président, dans lequel il dénonce des « privations de liberté injustifiées », une « militarisation excessive des rues de la capitale » et une « usurpation du pouvoir démocratique ». « Jamais depuis Sekou Touré la Guinée n'a connu une telle vague de répression », regrette de son côté le romancier guinéen Tierno Monénembo au Monde Afrique. Il déplore aussi le « silence assourdissant » de la communauté internationale sur la situation dans son pays, avant de conclure :« les démocrates africains sont bien seuls aujourd'hui ». Guinée : les journaux commentent l'arrestation de l'opposant Aliou BahPoursuivi pour offense au chef de l'État, l'opposant guinéen Aliou Bah a été interpellé le 26 décembre 2024. Guinéenews publie une photo de ce dernier, sortant d'un « pick-up de la gendarmerie » pour être entendu par le procureur, au tribunal de Conakry. « Après plus d'une heure », raconte le site d'info, l'opposant est emmené en détention « à la prison centrale ». « Aliou Bah en prison » titre Afrique-sur7 qui assure qu'après avoir été entendu par le procureur, « le leader politique affichait un sentiment de sérénité ». Guinée7 publie de son côté le communiqué du MoDeL, le parti d'Aliou Bah, qui affirme que son procès s'ouvre ce mardi 31 décembre 204 et qui appelle à un rassemblement devant le tribunal.Quelles futures relations entre la Cédéao et l'AES ?« Une rupture évitable, des erreurs impardonnables », titre Seneplus à Dakar. Le média sénégalais espère que l'actuel président de la Cédéao, Bola Tinubu, président nigérian, prenne « une initiative exceptionnelle d'apaisement » avec l'Alliance des États du Sahel, la nouvelle organisation sous-régionale. L'édito sous-entend qu'il faudrait supprimer les sanctions contre les trois juntes. « Il ne suffit pas de brandir des sanctions pour imposer la démocratie », sermonne-t-il, car elles « méprise[nt] l'attachement profond des populations à la liberté de circulation, un des piliers de la Cédéao ». Il faut que cette dernière, au contraire, « réaffirme son rôle de médiateur », juge Seneplus, qui appelle « à l'unité et à la réconciliation ». Kenya : manifestations contre la vague d'enlèvements« Gaz lacrymogènes, matraques : les Kényans se déversent dans les rues lors d'un jour de rage », titre The Standard. Depuis plusieurs mois, le pays est troublé par une vague d'enlèvements de jeunes Kényans, qui ont tous le point commun d'avoir critiqué le pouvoir sur les réseaux sociaux. Les manifestations de lundi 30 décembre 2024 ont été violemment réprimées. « L'année se termine comme elle a commencé », poursuit The Standard qui évoque plusieurs mois marqués par « les brutalités policières ». Nation, autre journal kényan, précise qu'« au moins vingt manifestants, dont un sénateur en exercice, un ancien candidat à la présidence et des dizaines de défenseurs des droits humains ont été arrêtés à "Nairobi, Mombasa et Eldoret ».
À quelques jours du premier anniversaire de son second mandat, le président congolais a prononcé hier soir devant les deux chambres réunies en Congrès le traditionnel discours annuel sur l'état de la nation. L'occasion pour lui de faire le bilan de son action à la tête de l'État et de préciser ses intentions quant à une possible réforme institutionnelle. Un sujet brûlant…« Dans une proposition susceptible d'attiser les débats, relate le site congolais Actualités CD, Félix Tshisekedi a affirmé qu'il “était peut-être temps d'engager une réflexion nationale sur une réforme constitutionnelle, afin d'éliminer les failles qui ralentissent le fonctionnement de notre appareil étatique“. Il a toutefois précisé que cette initiative visait exclusivement à lancer un dialogue sincère entre les citoyens congolais pour construire un cadre institutionnel mieux adapté aux réalités du pays. (…) Cet appel du président intervient dans un contexte marqué par un débat houleux sur la révision ou le changement de la Constitution congolaise, relève Actualités CD. Si l'initiative est perçue par ses partisans comme une nécessité pour moderniser l'appareil d'État, l'opposition y voit une manœuvre visant à prolonger le mandat présidentiel au-delà des limites actuelles. »En clair, lui permettre de briguer un troisième mandat…Divisions ?Résultat, pointe le site congolais Beto : « l'Union Sacrée de la Nation, coalition politique menée par le Président Félix Tshisekedi, pourrait connaître des turbulences majeures dans les prochains mois. (…) Jean-Pierre Bemba, Vital Kamerhe et Modeste Bahati, candidats potentiels à la succession, hésitent à s'aligner totalement sur le chef de l'État. En face, seuls l'UDPS et Sama Lukonde soutiennent sans réserve le Président. Une division qui pourrait redéfinir le paysage politique congolais. »Contagion ?En tout cas, cette manie de vouloir tripatouiller la constitution est habituelle en Afrique… C'est du moins ce qu'estime WakatSéra au Burkina : « pourquoi, hélas, un troisième mandat, à l'africaine ? Là est tout l'enjeu de la problématique. L'explication va dans plusieurs sens, pointe le site ouagalais : appât du gain, soif inassouvie d'honneur et de puissance, narcissisme inqualifiable, mais dangereux… C'est dans cette obstination que le guinéen Alpha Condé a été poussé jusqu'au bout de l'opprobre, chassé du pouvoir par un coup d'Etat. Rattrapé par l'heure de vérité, le Sénégalais Macky Sall l'a échappé belle, après avoir cherché, sans succès, à faire tourner son peuple en bourrique. »Et WakatSéra de conclure : « la liste n'est pas exhaustive. »Progression ?Reste que Félix Tshisekedi, dans son discours, ne s'est pas attardé sur cette question… C'est ce que relève Jeune Afrique pour qui le président congolais « est apparu étonnement modéré » sur cette possible révision de la constitution. « On était loin du ton quasi martial adopté en octobre à Kisangani, puis à Lubumbashi, Kipushi, Kalemie ou encore Isiro, quand le président avait vertement critiqué une Constitution, avait-il dit, “rédigée à l'étranger par des étrangers“ ou encore qui obligerait, dans son article 217, les Congolais à abandonner une part de leur souveraineté à des États voisins. »En fait, pointe le site panafricain, « dans son discours qui aura duré près de deux heures, Félix Tshisekedi a préféré s'attarder sur des questions économiques et sociales, dressant un bilan positif des premières années de sa présidence. Baisse du prix des produits pétroliers et des produits de base, gratuité des soins de maternité pour 1,3 million de personnes, relance de la mine de zinc de Kipushi… Il a salué des “progrès notables“ et des “avancées concrètes“. »Circonspection ?Le Nouvel Observateur à Kinshasa n'est guère convaincu… « À analyser les propos du président de la République, on serait tenté de croire que ceux qui ont rédigé ce discours ne connaissent pas les réalités du pays. Comment peut-on parler des réserves en banque dès lors que beaucoup d'agents de l'Etat notamment les enseignants ne sont pas payés, certains depuis 10 ans d'autres plus ? Comment l'entourage du chef de l'Etat peut-il faire croire que le cadre macroéconomique est stabilisé alors que le roi dollar ne fait que grimper, avoisinant 3.000 FC pour 1 dollar ? (…) En définitive, peste encore le bi-hebdomadaire congolais, c'étaient les mêmes redites que le peuple congolais a suivies hier. Il n'y a rien eu de neuf sous le soleil. C'est du déjà entendu et rien n'assure que demain sera meilleur qu'hier. »
À quelques jours du premier anniversaire de son second mandat, le président congolais a prononcé hier soir devant les deux chambres réunies en Congrès le traditionnel discours annuel sur l'état de la nation. L'occasion pour lui de faire le bilan de son action à la tête de l'État et de préciser ses intentions quant à une possible réforme institutionnelle. Un sujet brûlant…« Dans une proposition susceptible d'attiser les débats, relate le site congolais Actualités CD, Félix Tshisekedi a affirmé qu'il “était peut-être temps d'engager une réflexion nationale sur une réforme constitutionnelle, afin d'éliminer les failles qui ralentissent le fonctionnement de notre appareil étatique“. Il a toutefois précisé que cette initiative visait exclusivement à lancer un dialogue sincère entre les citoyens congolais pour construire un cadre institutionnel mieux adapté aux réalités du pays. (…) Cet appel du président intervient dans un contexte marqué par un débat houleux sur la révision ou le changement de la Constitution congolaise, relève Actualités CD. Si l'initiative est perçue par ses partisans comme une nécessité pour moderniser l'appareil d'État, l'opposition y voit une manœuvre visant à prolonger le mandat présidentiel au-delà des limites actuelles. »En clair, lui permettre de briguer un troisième mandat…Divisions ?Résultat, pointe le site congolais Beto : « l'Union Sacrée de la Nation, coalition politique menée par le Président Félix Tshisekedi, pourrait connaître des turbulences majeures dans les prochains mois. (…) Jean-Pierre Bemba, Vital Kamerhe et Modeste Bahati, candidats potentiels à la succession, hésitent à s'aligner totalement sur le chef de l'État. En face, seuls l'UDPS et Sama Lukonde soutiennent sans réserve le Président. Une division qui pourrait redéfinir le paysage politique congolais. »Contagion ?En tout cas, cette manie de vouloir tripatouiller la constitution est habituelle en Afrique… C'est du moins ce qu'estime WakatSéra au Burkina : « pourquoi, hélas, un troisième mandat, à l'africaine ? Là est tout l'enjeu de la problématique. L'explication va dans plusieurs sens, pointe le site ouagalais : appât du gain, soif inassouvie d'honneur et de puissance, narcissisme inqualifiable, mais dangereux… C'est dans cette obstination que le guinéen Alpha Condé a été poussé jusqu'au bout de l'opprobre, chassé du pouvoir par un coup d'Etat. Rattrapé par l'heure de vérité, le Sénégalais Macky Sall l'a échappé belle, après avoir cherché, sans succès, à faire tourner son peuple en bourrique. »Et WakatSéra de conclure : « la liste n'est pas exhaustive. »Progression ?Reste que Félix Tshisekedi, dans son discours, ne s'est pas attardé sur cette question… C'est ce que relève Jeune Afrique pour qui le président congolais « est apparu étonnement modéré » sur cette possible révision de la constitution. « On était loin du ton quasi martial adopté en octobre à Kisangani, puis à Lubumbashi, Kipushi, Kalemie ou encore Isiro, quand le président avait vertement critiqué une Constitution, avait-il dit, “rédigée à l'étranger par des étrangers“ ou encore qui obligerait, dans son article 217, les Congolais à abandonner une part de leur souveraineté à des États voisins. »En fait, pointe le site panafricain, « dans son discours qui aura duré près de deux heures, Félix Tshisekedi a préféré s'attarder sur des questions économiques et sociales, dressant un bilan positif des premières années de sa présidence. Baisse du prix des produits pétroliers et des produits de base, gratuité des soins de maternité pour 1,3 million de personnes, relance de la mine de zinc de Kipushi… Il a salué des “progrès notables“ et des “avancées concrètes“. »Circonspection ?Le Nouvel Observateur à Kinshasa n'est guère convaincu… « À analyser les propos du président de la République, on serait tenté de croire que ceux qui ont rédigé ce discours ne connaissent pas les réalités du pays. Comment peut-on parler des réserves en banque dès lors que beaucoup d'agents de l'Etat notamment les enseignants ne sont pas payés, certains depuis 10 ans d'autres plus ? Comment l'entourage du chef de l'Etat peut-il faire croire que le cadre macroéconomique est stabilisé alors que le roi dollar ne fait que grimper, avoisinant 3.000 FC pour 1 dollar ? (…) En définitive, peste encore le bi-hebdomadaire congolais, c'étaient les mêmes redites que le peuple congolais a suivies hier. Il n'y a rien eu de neuf sous le soleil. C'est du déjà entendu et rien n'assure que demain sera meilleur qu'hier. »
C'était « l'homme le plus recherché de Guinée », s'exclame Le Monde Afrique. Après dix mois de cavale, le colonel Claude Pivi a été interpellé auLiberia. Claude Pivi était l'une des figures de la junte qui a dirigé laGuinée entre 2008 et 2010 aux côtés du capitaineMoussa Dadis Camara. Il avait été condamné par contumace à la perpétuité en juillet dernier lors du procès du massacre du 28 septembre 2009.« L'arrestation s'est produite dans un village frontalier de la Guinée, précise Le Monde Afrique, et les premières images de lui circulant sur les réseaux sociaux, le montrent en claquettes jaunes et pantacourt à l'arrière d'un pick-up puis sur un canapé de la police. Des images qui affaiblissent la légende du soldat qui, du temps de sa toute-puissance, apparaissait en public bardé de fétiches et terrifiait tout Conakry. »En effet, constate également le site d'information A Conakry, « Claude Pivi, en cavale depuis plusieurs mois, a été appréhendé en état de grande simplicité, vêtu d'un bermuda et d'un polo rayé, apparaissant visiblement amaigri. (…) Son fils, Verny Pivi, qui avait dirigé le commando responsable de son évasion en novembre dernier, est quant à lui introuvable. »Exfiltré ou pas ?Toutefois, d'autres médias affirment que le fils a été appréhendé en même temps que le père… C'est le cas du quotidien Le Pays au Burkina Faso : « Il n'y a plus aucun doute, affirme le journal, Claude Pivi et son fils Verny ont été, après dix mois de traque, arrêtés au Liberia voisin, et des tractations seraient déjà en cours entre les autorités guinéennes et libériennes en vue de leur extradition à Conakry. L'information a été, du reste, confirmée hier après-midi par l'avocat de Claude Pivi, Me Abdourahmane Dabo, mais rien n'a encore filtré sur les circonstances exactes de cette arrestation (…). Certaines sources affirment qu'ils auraient été alpagués dans un village du Comté de Nimba, au Nord du Liberia, qui jouxte la Guinée forestière, d'où les fugitifs sont originaires. D'autres par contre, disent qu'ils ont été appréhendés suite à un banal contrôle routier à Monrovia. »Cette arrestation, affirme encore Le Pays, « a été sans doute facilitée soit par la collaboration des populations locales, soit par l'appât du gain qui a dû l'emporter sur l'allégeance tribale ou familiale, la tête du colonel Pivi ayant été mise à prix à hauteur de 500 millions de francs guinéens. »D'après le site Africa Guinée, Claude Pivi aurait déjà été extradé vers la Guinée et ramené à la prison centrale de Conakry. « L'information a été confirmée tard dans la nuit par le ministère de la Justice et des Droits de l'homme », pointe le site guinéen. « L'ancien ministre de la Sécurité présidentielle du CNDD purgera (donc) sa peine aux côtés des autres condamnés comme Moussa Dadis Camara, Tomba Diakité, Thieboro Camara et autres. »Grandeur et déchéanceC'est donc « la fin du mythe du Coplan de Conakry », souligne L'Observateur Paalga. Coplan : c'est ainsi qu'il était surnommé à Conakry, du nom d'un personnage de romans d'espionnage. Son « évasion spectaculaire, pointe le quotidien ouagalais, avait fait quatre morts et marqué le début d'une véritable chasse à l'homme pour retrouver celui à qui on attribue de nombreux pouvoirs mystiques comme le don de disparaître. (…) La grandeur et la déchéance de cet homme si redouté, dont la légende tient plus de sa brutalité et de ses prétendues forces occultes que d'autre chose (…), devraient constituer une leçon d'humilité pour tous ceux qui sont aux affaires », affirme encore L'Observateur Paalga.On revient au Monde Afrique qui insiste aussi sur l'aura de Claude Pivi, son influence au sein de l'armée guinéenne. « Il a eu suffisamment de leviers au sein de l'armée pour organiser son évasion, souligne le chercheur Vincent Foucher. Il a fait partie de ces officiers qui ont eu des clientèles importantes au sein de l'armée guinéenne. Il a fait rentrer un grand nombre de “petits“. » Justement, poursuit Le Monde Afrique, « l'un de ces “petits“, qui a requis l'anonymat pour des raisons de sécurité, se souvient de la période où Coplan dirigeait le ministère de la Sécurité présidentielle sous Moussa Dadis Camara, puis conseillait le président Alpha Condé. “Cet homme avait une aura extraordinaire. Ce champion de karaté, qui avait combattu pendant les guerres de Sierra Leone et du Liberia, était encore très respecté. S'il est extradé à Conakry, je redoute qu'il meurt en prison“, dit-il, en référence, précise Le Monde Afrique, à l'ex-chef d'état-major, Sadiba Coulibaly, ancien très proche de Mamadi Doumbouya, et dont les conditions de la mort en détention restent inexpliquées. »
C'était « l'homme le plus recherché de Guinée », s'exclame Le Monde Afrique. Après dix mois de cavale, le colonel Claude Pivi a été interpellé auLiberia. Claude Pivi était l'une des figures de la junte qui a dirigé laGuinée entre 2008 et 2010 aux côtés du capitaineMoussa Dadis Camara. Il avait été condamné par contumace à la perpétuité en juillet dernier lors du procès du massacre du 28 septembre 2009.« L'arrestation s'est produite dans un village frontalier de la Guinée, précise Le Monde Afrique, et les premières images de lui circulant sur les réseaux sociaux, le montrent en claquettes jaunes et pantacourt à l'arrière d'un pick-up puis sur un canapé de la police. Des images qui affaiblissent la légende du soldat qui, du temps de sa toute-puissance, apparaissait en public bardé de fétiches et terrifiait tout Conakry. »En effet, constate également le site d'information A Conakry, « Claude Pivi, en cavale depuis plusieurs mois, a été appréhendé en état de grande simplicité, vêtu d'un bermuda et d'un polo rayé, apparaissant visiblement amaigri. (…) Son fils, Verny Pivi, qui avait dirigé le commando responsable de son évasion en novembre dernier, est quant à lui introuvable. »Exfiltré ou pas ?Toutefois, d'autres médias affirment que le fils a été appréhendé en même temps que le père… C'est le cas du quotidien Le Pays au Burkina Faso : « Il n'y a plus aucun doute, affirme le journal, Claude Pivi et son fils Verny ont été, après dix mois de traque, arrêtés au Liberia voisin, et des tractations seraient déjà en cours entre les autorités guinéennes et libériennes en vue de leur extradition à Conakry. L'information a été, du reste, confirmée hier après-midi par l'avocat de Claude Pivi, Me Abdourahmane Dabo, mais rien n'a encore filtré sur les circonstances exactes de cette arrestation (…). Certaines sources affirment qu'ils auraient été alpagués dans un village du Comté de Nimba, au Nord du Liberia, qui jouxte la Guinée forestière, d'où les fugitifs sont originaires. D'autres par contre, disent qu'ils ont été appréhendés suite à un banal contrôle routier à Monrovia. »Cette arrestation, affirme encore Le Pays, « a été sans doute facilitée soit par la collaboration des populations locales, soit par l'appât du gain qui a dû l'emporter sur l'allégeance tribale ou familiale, la tête du colonel Pivi ayant été mise à prix à hauteur de 500 millions de francs guinéens. »D'après le site Africa Guinée, Claude Pivi aurait déjà été extradé vers la Guinée et ramené à la prison centrale de Conakry. « L'information a été confirmée tard dans la nuit par le ministère de la Justice et des Droits de l'homme », pointe le site guinéen. « L'ancien ministre de la Sécurité présidentielle du CNDD purgera (donc) sa peine aux côtés des autres condamnés comme Moussa Dadis Camara, Tomba Diakité, Thieboro Camara et autres. »Grandeur et déchéanceC'est donc « la fin du mythe du Coplan de Conakry », souligne L'Observateur Paalga. Coplan : c'est ainsi qu'il était surnommé à Conakry, du nom d'un personnage de romans d'espionnage. Son « évasion spectaculaire, pointe le quotidien ouagalais, avait fait quatre morts et marqué le début d'une véritable chasse à l'homme pour retrouver celui à qui on attribue de nombreux pouvoirs mystiques comme le don de disparaître. (…) La grandeur et la déchéance de cet homme si redouté, dont la légende tient plus de sa brutalité et de ses prétendues forces occultes que d'autre chose (…), devraient constituer une leçon d'humilité pour tous ceux qui sont aux affaires », affirme encore L'Observateur Paalga.On revient au Monde Afrique qui insiste aussi sur l'aura de Claude Pivi, son influence au sein de l'armée guinéenne. « Il a eu suffisamment de leviers au sein de l'armée pour organiser son évasion, souligne le chercheur Vincent Foucher. Il a fait partie de ces officiers qui ont eu des clientèles importantes au sein de l'armée guinéenne. Il a fait rentrer un grand nombre de “petits“. » Justement, poursuit Le Monde Afrique, « l'un de ces “petits“, qui a requis l'anonymat pour des raisons de sécurité, se souvient de la période où Coplan dirigeait le ministère de la Sécurité présidentielle sous Moussa Dadis Camara, puis conseillait le président Alpha Condé. “Cet homme avait une aura extraordinaire. Ce champion de karaté, qui avait combattu pendant les guerres de Sierra Leone et du Liberia, était encore très respecté. S'il est extradé à Conakry, je redoute qu'il meurt en prison“, dit-il, en référence, précise Le Monde Afrique, à l'ex-chef d'état-major, Sadiba Coulibaly, ancien très proche de Mamadi Doumbouya, et dont les conditions de la mort en détention restent inexpliquées. »
En renversant le président Alpha Condé, le général Doumbouya promettait que « la justice serait la boussole qui orienterait chaque guinéen ». Trois ans après le coup d'État, quel bilan dressez-vous de la gestion du pays ? À quand le retour des civils au pouvoir ? Nous dressons un état des lieux de la transition.
En Guinée, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement de transition de Guinée était de passage hier, mardi, à la rédaction Afrique de RFI. Il s'est exprimé sur la fin de la transition en cours, l'absence d'un chronogramme pour sa fin ou encore la disparition de deux figures de la société civile et la plainte de leurs familles contre le président de transition à Paris. Ousmane Gaoual Diallo réagit au témoignage d'une troisième personne présente sur les lieux, qui a décrit des menaces et des actes de torture à l'encontre de ces deux acteurs de la société civile, juste avant leur arrestation. RFI : La société civile et les partis politiques guinéens préparent une manifestation pour exiger le retour à l'ordre constitutionnel avant le 31 décembre 2024, comme s'y était engagé initialement le président de Mamadi Doumbouya. Or, le Premier ministre Bah Oury a déjà dit que ce sera au-delà de cette date. N'irions-nous pas vers un nouvel affrontement entre le pouvoir et l'opposition en Guinée ?Ousmane Gaoual Diallo : Non, cependant, il est naturel de noter qu'il y a une certaine partie de la classe politique guinéenne et des organisations de la société civile qui ne veulent pas rentrer dans le processus de dialogue, d'échange, qui a été initié pour faire en sorte que cette transition se déroule très bien. Donc elle utilise tout ce qui est possible pour faire en sorte de jeter l'anathème sur ce qui se passe en Guinée. Clairement, cette transition ne connaîtra pas sa fin à la fin de l'année 2024, cela a été acté. Pour plusieurs raisons, puisqu'un engagement pour sortir de la transition avait plusieurs facettes. Il y a un processus qui est déroulé en étapes avec des tâches qui en découlent et une mobilisation financière, aussi bien interne qu'internationale. Il y a beaucoup de choses ont manqué, alors nous ferons ce qui est possible.Le président de transition s'était engagé à ce que le référendum constitutionnel se tienne au moins cette année. Où en êtes-vous des préparatifs ?Actuellement, la constitution de ce fichier électoral fiable et accepté par les acteurs est en cours. Et c'est pour ça que nous avons invité tous les acteurs à se mobiliser pour que l'électeur, le citoyen guinéen puisse se faire enrôler (sur les listes électorales). Parce qu'en l'absence d'un fichier électoral, cela peut encore être un problème. Or, certains font la campagne pour que les acteurs politiques et les citoyens ne se s'enrôlent pas... et après, ça va devenir un problème. Mais nous comptons bien organiser le référendum d'ici la fin de l'année.Création d'un nouveau fichier électoral. Il y a la saison de pluie qui s'annonce. Est-ce que, clairement, cela ne nous mène pas au-delà du 31 décembre pour ce référendum ?Toutes les dispositions sont prises pour que ça ne le soit pas. Maintenant, le contexte du terrain, la situation locale, d'autres facteurs pourraient venir retarder cela. Si c'est le cas, le gouvernement prendrait la responsabilité de communiquer. Pour l'instant, nous sommes dans une dynamique d'aller vers le référendum à la fin de l'année.Comment est-ce que ça sera possible avec ces aléas, avec cette question du fichier électoral qu'il faut refaire ?La tâche est immense, mais nous ne sommes pas dans un recensement électoral. Nous sommes dans un recensement pour l'élaboration d'un fichier d'état civil du pays d'où sera extrait la classe électorale de la Guinée. C'est donc c'est une démarche inclusive et pas seulement avec des objectifs électoraux. Maintenant, il faut beaucoup d'engagement. Il faut que les acteurs aussi se mettent dans cette dynamique là pour sortir le pays. Ce qui est contradictoire, c'est d'un côté, exiger un retour à l'ordre constitutionnel et de l'autre côté, poser systématiquement des actes qui soient de nature à retarder la fin de cette transition.Si on comprend bien, le référendum constitutionnel risque de glisser un tout petit peu. Il n'y a pas de nouvelles dates données jusqu'ici pour la fin de la transition, est-ce que celle-ci a été renvoyée aux calendes grecques ?La transition guinéenne n'a pas pour vocation de dire que nous commençons un processus électoral et nous le terminons pour que d'autres acteurs viennent. C'est une question de refondation. Il faut recréer beaucoup d'autres facteurs pour que les Guinéens puissent dire que maintenant, le retour à l'ordre constitutionnel, ça ne veut pas dire la fin de la transition. Ce sont deux thèmes complètement différents. Il faut que les uns et les autres comprennent très bien que les militaires ne sont pas venus au pouvoir pour dire : « on organise l'élection, puis on se pousse pour que l'autre s'installe ».Quelles sont les conditions pour que les militaires partent ? Ce n'est pas une question de dire que les militaires partent ou les civils viennent. C'est de dire que, pour la refondation de l'État, il y a des facteurs que nous devons mettre en place. La société guinéenne est dérégulée depuis plusieurs années. Depuis 40 ans, c'est par cycles de cinq, six ans, que nous connaissons des crises. Il faut les régler. Cela passe par créer d'autres mécanismes de règlement des contradictions de la société guinéenne, par le dialogue. Et c'est justement à ce dialogue que les acteurs politiques - certains d'entre eux - refusent de participer. Or, si vous ne dialoguez pas, qu'est-ce qu'il vous reste ? C'est l'affrontement... Et nous voulons éviter que l'affrontement soit le mécanisme approprié au règlement des contentieux qui peuvent naître dans la société guinéenne.Mais aujourd'hui, quels sont ces critères qui vont permettre à la junte au pouvoir de dire : « C'est l'heure, nous pouvons maintenant partir, » ou « nous pouvons changer de système » ?Il y a un certain nombre de thématiques qui ont été déroulées, qui ont été mises en place et qui comportent des étapes, dont ce recensement général de la population avec l'élaboration du fichier d'État civil, l'organisation du référendum avec l'adoption d'une constitution, le déroulé des différentes étapes du processus électoral et la mise en place de différentes institutions réformées, le cadre économique, aussi révisible. Vous savez que la Guinée va lancer son « projet Simandou », qui est un projet de développement majeur avec des revenus financiers attendus importants. Il faut cadrer tout ça et organiser pour dire que, oui, nous laisserons un pays avec des soubassements solides pour un socle de développement stable sur lequel les Guinéens pourront bâtir leur avenir.C'est un programme à long terme.C'est un programme à moyen terme.C'est-à-dire combien d'années ?Je n'en sais rien, le contexte le déterminera.Trois, cinq ans ?Nous en sommes déjà à trois ans, donc il faut considérer que nous serons au-delà de trois ans.Trois années supplémentaires ?Je n'en sais rien si c'est trois ans qui sont nécessaires ou pas... Parce que nous ne voulons pas fixer notre transition dans un calendrier pour dire c'est un an, deux ans, trois ans ou quatre ans. Nous voulons dérouler des étapes. Et c'est l'atteinte de ces objectifs-là qui permettra de fixer la fin de la transition.Donc, vous allez être juge et parti. C'est vous qui allez décider quand vous mettrez fin à la transition.Nous avons mis très rapidement dans l'article 77 de la Charte qui gouverne actuellement le pays, que ces termes-là, ces éléments-là, doivent être discutés entre la société civile, entre les forces vives de la Guinée et les autorités. Or, les forces vives sont absentes du pays et ne veulent pas participer à ce dialogue. Comment voulez-vous construire ?De nombreux Guinéens estiment aujourd'hui que, près de trois ans après le coup d'État militaire, la gouvernance et leurs conditions de vie ont empiré. Que leur répondez-vous ?Je pense qu'il y a un certain nombre de nos compatriotes qui, malheureusement, se plaisent à construire un narratif négatif pour jeter l'anathème sur la transition. Mais je vais vous dire, si vous regardez les facteurs de stabilité économique : prenez la monnaie guinéenne, en 3 ans, le franc guinéen n'a pas connu de variation. La monnaie est restée stable malgré toutes les autres monnaies qui connaissent des yoyos. Vous regardez aujourd'hui les hauts cadres de l'État, on a mis au niveau international les salaires. Aujourd'hui, un secrétaire général des ministères est payé quasiment à 3000 dollars par mois, alors que quand on est arrivé, il émargeait à 600$. On a mis en place de quoi attirer les compétences, notamment les Guinéens qui ont des qualifications et qui sont formés à l'étranger. Si ce sont des pertes de pouvoir d'achat ou de dégradation des conditions de vie, à voir. Maintenant, il y a des facteurs sur lesquels le retard est important : l'électricité, l'eau, les infrastructures routières. Ce sont des secteurs qui ont été oubliés depuis l'indépendance. Il faut donc apporter des réponses appropriées à cela. Mais est-ce que c'est une transition de trois ans qui peut régler ces questions-là ? Je pense que là, c'est faire un jugement un peu trop hâtif et un peu trop sévère sur la transition guinéenne.Leurs proches, le FNDC (Front national pour la défense de la Constitution), était sans nouvelles des deux figures de ce mouvement Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, enlevés par des militaires lourdement armés depuis plus de deux semaines. Un témoin, qui était avec eux au moment de l'arrestation, assure qu'ils ont été menacés, torturés, avant d'être conduits dans un camp militaire à l'île de Kassa, au large de Conakry. Quelle est votre réaction ?Ce sont des histoires... et c'est dommage. Les autorités judiciaires, affirment qu'ils ne sont entre les mains d'aucune institution du pays, ni dans la police judiciaire, ni arrêté par n'importe qui. Donc, il lance un appel à ceux qui ont des informations. Ce qui est pernicieux dans cette communication, c'est de faire croire et de dire : « Oui, ils sont enlevés par des militaires lourdement armés ». Il n'y a pas de prison à Kassa. La prison sur les îles de Conakry se trouve à Fotoba, c'est une île qui est en face. Ils se disent aussi « torturés », etc. Je pense que construire ce type de narratif-là, quand vous dites « on a enlevé trois personnes » et la troisième personne est quelque part au Sénégal, puis les deux autres ne sont pas retrouvées. Il y a sujet à créer de l'amalgame qui peut même compliquer la vie de ces gens-là, s'ils étaient dans une situation difficile. Donc, je pense que ce que les acteurs de la société civile devraient faire, s'ils ont des informations objectives, c'est de se rapprocher de structures judiciaires pour permettre à l'État d'avoir accès à ces informations, de mener ces investigations et de retrouver ces citoyens-là parce que ce sont des compatriotes. C'est ce que les autorités judiciaires disent. Maintenant, si l'objectif c'est de dire : « Oui, on va dire qu'ils sont enlevés, torturés au palais présidentiel et exécutés ». Ça, c'est de la propagande qui n'a aucun autre intérêt que la volonté de nuire à l'image et à la réputation de cette transition. Je ne pense pas que cela soit bénéfique pour les acteurs concernés, s'ils étaient dans les mains des ravisseurs de qui que ce soit. Donc, l'État met les moyens en place, les autorités judiciaires mettent les moyens en place pour les retrouver et je pense qu'hier, leurs avocats sont allés fournir des informations au parquet et le parquet va continuer, avec ces informations-là, ses recherches.Donc, vous dites très clairement que le gouvernement guinéen n'a aucune nouvelle de ces deux personnalités ?Aucune nouvelle, et c'est clair, le procureur général a fait une déclaration claire et limpide là-dessus.Leurs proches assurent qu'ils ont été arrêtés par des hommes en armes et en uniforme militaire. Est-ce qu'il y a des services qui échappent à l'autorité de l'État ?D'abord, ce n'e sont pas leurs proches qui s'expriment. Les gens qui expriment ces communications sont à Paris.Monsieur le porte-parole, je viens de l'apprendre en même temps que vous. Les épouses des deux activistes disparus viennent de porter plainte ici à Paris, contre le président de transition Mamadi Doumbouya pour « disparition forcée ». Quelle est votre réaction ?Que des membres de leurs familles estiment qu'il est temps qu'ils portent plainte sur la disparition présumée de leurs époux, c'est tout à fait normal. Il faut saisir une juridiction. Ils auraient pu saisir les juridictions guinéennes. S'ils ont choisi de saisir les juridictions françaises, c'est une bonne chose. Peut-être que celles-ci permettront d'apaiser leurs craintes. Et ce qui est dommage, et ce qui est regrettable, c'est que des acteurs de la société civile perdus, des acteurs politiques perdus, essayent de greffer à cette inquiétude légitime leurs préoccupations. Pourquoi indexer le président de la transition, le ministre de la Défense ? Pourquoi indexer des personnalités contre lesquelles il n'y a aucune preuve. Là est la manipulation, là est la propagande. Je pense que les gens-là - les membres, les parents, les proches de ces deux personnes - seraient mieux avisés de dissocier leurs actions judiciaires légitimes à l'action politique et de propagande que certains essaient de greffer sur leurs propres émotions, c'est quelque chose de regrettable.Le général Sadiba Koulibaly, qui était numéro deux de la junte, est mort en détention. Le procureur militaire a parlé d'un « arrêt cardiaque » qui aurait été provoqué notamment par « un stress prolongé ». Est-ce que le gouvernement sait aujourd'hui avec exactitude ce qui a provoqué cet arrêt cardiaque ?Je pense que le rapport médical était clair. Il a été rendu à sa famille, ce qui est aussi important. Aussi, la famille a été avisée qu'ils avaient la possibilité, à partir du moment où ils ont récupéré le corps, de faire une contre-expertise pour pouvoir éventuellement saisir les juridictions s'ils avaient des doutes. Je pense qu'à ce jour, il n'y a pas eu une seule démarche judiciaire des membres de la famille. Je pense qu'il faut s'en tenir à cela. Si vous ne faites rien, je pense que c'est parce que les conclusions vous rassurent, quels que soient les regrets qu'on peut avoir par rapport au décès d'un officier.Aujourd'hui, de nombreuses voix dénoncent une dérive autoritaire - ou même plus - du régime guinéen. Que leur répondez-vous ?Je pense qu'il y a une volonté, comme je l'ai dit tantôt, d'un certain nombre d'organisations - il y a deux, trois partis politiques, l'UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée) en l'occurrence, avec son président Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé et puis Sydia Touré - qui construisent ce narratif avec quelques acteurs de la société civile pour faire croire que la Guinée, c'est le goulag, c'est l'enfer. Mais je pense qu'il y a beaucoup d'ambassades qui sont accréditées en Guinée. Les organisations internationales sont aussi des observateurs qui peuvent rendre compte de la situation de la Guinée.Certaines ambassades, certaines organisations des droits de l'homme, ont manifesté leurs inquiétudes par rapport au respect des droits de l'homme. Il y a eu effectivement un certain nombre de rapports qui disent qu'il y a eu des victimes pendant les manifestations. Un certain nombre de nos concitoyens ont perdu la vie, c'est vrai. Mais qu'est-ce que l'État de droit a fait ? On ouvre des enquêtes, des officiers de gendarmerie, des officiers de police ont été arrêtés et inculpés à l'occasion de ces manifestations, qui ont donné lieu à des morts de personnes.Combien ont été arrêtés ?Il y a, à peu près, huit personnes qui ont été inculpées, et, je crois, une personne a été jugée et condamnée à dix ans de prison.À lire aussiGuinée: un militant du mouvement FNDC raconte l'enlèvement des leaders Foniké Menguè et Billo Bah
Quinze jours après l'enlèvement à Conakry des deux activistes Oumar Sylla – dit Foniké Mengué – et Mamadou Billo Bah, la pression s'accentue sur le colonel Mamadi Doumbouya. Les épouses des deux opposants ont porté plainte hier, le 23 juillet 2024, en France contre lui pour « disparition forcée ». Le communiqué signé des deux avocats français figure en bonne place sur les sites d'informations guinéens, à l'instar d'Aminata ou Guinée Matin, mais sans aucun commentaire.Le Monde Afrique rappelle que les deux activistes sont « des responsables du FNDC [Front national pour la défense de la Constitution], collectif créé en 2019 pour s'opposer, vainement, à un troisième mandat du président Alpha Condé (renversé en 2021) et qui a continué à opérer sous la junte. Ce collectif est l'une des dernières voix de l'intérieur à contester le pouvoir et à tenter de mobiliser pour un retour des civils à la tête de ce pays ».Les deux hommes, rappelle encore Le Monde Afrique, « ont été arrêtés le 9 juillet par des gendarmes et des soldats d'unités d'élite, selon le FNDC. Ils ont été brutalisés et conduits à la direction des investigations judiciaires de la gendarmerie, puis sur l'île de Kassa, au large de la capitale Conakry, où ils sont détenus au secret. Cette arrestation est la dernière en date d'une longue série en cours depuis que le colonel Mamadi Doumbouya, aujourd'hui investi président et promu général, a pris le pouvoir par la force en Guinée en septembre 2021 ».À lire aussiEnlèvement de Foniké Menguè et Billo Bah en Guinée: le gouvernement n'a «aucune nouvelle», selon Ousmane Gaoual DialloTortures et isolementAutres précisions… « Depuis ces derniers jours, relève Jeune Afrique, le FNDC publie le témoignage de Mohamed Cissé, rescapé de l'enlèvement. Selon le récit de ce jeune responsable du FNDC de Matoto, une des cinq communes de la capitale, les deux activistes ont transité par l'enceinte du palais Mohammed V (le nouveau siège de la présidence guinéenne), avant leur transfèrement sur l'île de Kassa au large de Conakry. Revenu les côtes cassées et hospitalisé dans une clinique dont le nom est gardé secret, Mohamed Cissé fait état de scènes de tortures auxquelles ils ont été soumis au sein de la présidence et le long du trajet, avant d'être détenus séparément dans un lieu non identifié, où ils auraient perdu toute notion du temps, ne sachant s'il fait jour ou nuit. Lui a finalement été relâché après avoir argué qu'il s'était rendu chez le coordinateur du FNDC Foniké Mengué pour voir un match de football. Mais il dit ignorer dans quelles conditions se trouvent aujourd'hui ses compagnons d'infortune ».Chape de plombLa presse burkinabé, toujours prompte à tremper sa plume dans l'acide pour commenter ce qui se passe chez les voisins, tire à boulets rouges sur Mamadi Doumbouya.Pour WakatSéra, « le général, qui fait preuve de sa ferme volonté de gérer “sa“ transition à l'abri de tout regard critique, ne permet aucune voix discordante. C'est dans cette logique que les suspensions de médias, la dissolution de structures comme le FNDC, la réduction au silence de voix comme celles de Foniké Mengué et Mamadou Billo Bah, l'éloignement des opposants d'envergure de la Guinée, etc., constituent son mode de gouvernance. Pourtant, poursuit WakatSéra, le putsch militaire de Doumbouya avait suscité beaucoup d'espoir de retour à une véritable démocratie, et de ce fait, applaudi des deux mains par des Guinéens qui pensaient avoir vécu le pire avec les pouvoirs précédents, de Lansana Kouyaté à Alpha Condé, en passant par Dadis Camara. En tout cas, conclut le site ouagalais, avec la chape de plomb qu'il fait peser sur ses concitoyens, le général entend faire passer un message bien clair, celui de faire régner la peur sur un peuple guinéen qui doit, en plus, supporter les affres de la vie chère ».À lire aussiSékou Jamal Pendessa: l'irréductible et surveillé syndicaliste, dit le «Général»Pourquoi faire appel à la justice française ?Le quotidien Aujourd'hui, toujours à Ouagadougou, explique pour sa part pourquoi les épouses des deux disparus ont déposé plainte en France…« Le choix de la justice française se justifie, car le général Doumbouya, ex-légionnaire, a la nationalité française et est donc justiciable devant les juridictions de ce pays. En outre, une plainte à Conakry aurait fait flop, car rien ne se serait passé face à une justice aux ordres (…). C'est donc un ténor du barreau de Paris, l'avocat à la crinière blanche, Me William Bourdon et son collègue qui vont défendre ce dossier ô combien sensible. Mais qu'on ne s'y trompe pas, pointe encore Aujourd'hui : cette pression judiciaire vise plus à faire libérer les deux responsables du FNDC qu'autre chose. Car ce serait extraordinaire de voir le général-président de Guinée dans un box à Paris en train de répondre aux questions d'un tribunal ».En tout cas, conclut le quotidien burkinabé,« c'est déjà ça de gagné : en faisant basculer le dossier des deux disparus du FNDC dans le domaine judiciaire, les familles accentuent le corset sur le pouvoir de transition ». À lire aussiÀ la Une: la liste des disparus s'allonge au Burkina Faso et en Guinée…
Les journalistes et experts de RFI répondent également aux questions des auditeurs sur les accusations contre Nicolas Sarkozy au procès du 28 septembre 2009, sur le MMA et sur la rencontre Vladimir Poutine - Kim Jong-Un. Guinée : Moussa Dadis Camara incrimine Nicolas Sarkozy Au cours du procès des massacres du 28 septembre 2009, l'un des avocats de Moussa Dadis Camara a évoqué à nouveau la thèse du complot commandité par Alpha Condé. Il incrimine également Nicolas Sarkozy. Quels sont les éléments avancés pour incriminer l'ancien président français ? Avec Matthias Raynal, correspondant de RFI à Conakry.Etats-Unis : vers la régularisation de 500 000 sans-papiers Présidentielle américaine : l'ambivalence de Joe Biden sur la question migratoire A quatre mois de l'élection présidentielle, Joe Biden a annoncé vouloir régulariser 500 000 migrants mariés à des Américains. Comment expliquer cette décision alors qu'il envisage de fermer temporairement la frontière avec le Mexique ? Cette stratégie de campagne pourrait-elle être payante pour le camp démocrate ? Avec Jérôme Viala-Godefroy, chargé de cours à Sciences-Po Saint-Germain en Laye et spécialiste des États-Unis.MMA : deux africains pour une seule ceinture Pour la première fois de l'Histoire du MMA, deux combattants africains vont s'affronter pour le titre de champion du monde. Comment ces deux champions ont-ils été choisis ? Cette confrontation symbolise-t-elle la reconnaissance de ce sport en Afrique ? Avec Sarah-Lou Bakouche, journaliste au service des Sports de RFI.Corée du Nord - Russie : une alliance qui inquiète les Occidentaux A l'issue de leur rencontre, Vladimir Poutine et Kim Jong-un se sont accordés sur un « partenariat stratégique global ». Que contient cet accord ? Pourquoi ce rapprochement inquiète-t-il autant les Occidentaux ? Avec Isabelle Facon, directrice adjointe à la Fondation pour la recherche stratégique.
« Le ministre russe des Affaires étrangères a bouclé hier sa visite en Guinée, pointe le site Africa Guinée. Lors de son séjour éclair, poursuit-il, Sergueï Lavrov a eu deux entretiens avec le Président Mamadi Doumbouya et le chef de la diplomatie guinéenne, Morissanda Kouyaté. (…) Nous n'avons pas omis de discuter de la coopération militaire et technique et du renforcement de la capacité de défense de la Guinée, surtout compte tenu de la menace terroriste croissante », a indiqué Sergueï Lavrov avant de quitter la Guinée. « Conakry et Moscou, précise encore Africa Guinée, comptent étendre et enrichir leur partenariat vieux de "65 ans" sur la santé, la lutte antiterroriste, la défense, le renforcement de la présence de sociétés russes en Guinée. »Guinée : intérêts miniers…La Guinée était la « première étape de la sixième visite de Sergueï Lavrov sur le continent africain en l'espace de deux ans. » C'est ce que relève Le Monde Afrique : « en se posant, pour la première fois depuis 2013, sur le tarmac de l'aéroport Ahmed Sékou Touré – du nom du premier président du pays, fortement inspiré par le modèle socialiste –, le chef de la diplomatie russe n'est arrivé ni en pays conquis ni en terre hostile, pointe Le Monde Afrique. Comme la République du Congo et le Tchad, les deux prochaines étapes annoncées de son voyage, la Guinée affiche une position neutre vis-à-vis de la guerre en Ukraine, et se tient à l'écart de la lutte d'influence avec la France sur le continent. (…) La relation entre Moscou et Conakry repose aujourd'hui en premier lieu sur des intérêts miniers, remarque encore le journal. La bauxite extraite de Guinée représente 40 % de l'approvisionnement du géant russe Rusal, deuxième producteur mondial d'aluminium derrière la Chine. Pour conserver cet acquis, Moscou mène sur place une diplomatie des plus amicales avec les dirigeants successifs. En janvier 2019, son ambassadeur Alexandre Bredgazé, aujourd'hui à la tête de Rusal-Guinée, avait ouvertement encouragé le président de l'époque, Alpha Condé, à modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat. »En effet, complète Aujourd'hui à Ouagadougou, « la Guinée n'est pas politiquement alignée sur le Burkina-Niger-Mali, même si elle est dirigée par un putschiste constitutionnalisé. Mais c'est un pays économiquement qui intéresse et qui pèse sur l'échiquier de la sous-région en termes de besoins en matières premières. C'est le cas de l'aluminium qu'exploite Rusal, présent sur trois sites et qui emploie 3 000 personnes. »Burkina Faso : « ici on ne jure que par Poutine… »Après le Congo-Brazzaville et le Tchad, Sergueï Lavrov est attendu au Burkina Faso. Là, le ministre russe des Affaires étrangères arrive en terrain conquis… « Ce sera pour exalter une coopération qui est au pinacle, s'exclame Aujourd'hui, d'ailleurs, dès l'aéroport, il se rendra compte, et tout au long du chemin qui mène à la présidence, de la floraison de drapeaux russes. La Russie a remplacé la France, et ici, on ne jure que par Poutine ! Normal, armes, drones, blés, soutien, la Russie est aux petits soins avec les nouvelles autorités (burkinabés). »Au Tchad, un tropisme moscovite ?Toutefois, « l'étape la plus importante de cette tournée sera sans nul doute celle du Tchad », relève L'Observateur Paalga. « Présenté comme le dernier bastion de la France dans le Sahel, le pays de François Tombalbaye (premier président du Tchad) nourrit les convoitises de l'Ours russe qui ne cesse de faire son trou dans l'ancienne basse-cour du Coq gaulois, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Il faut dire que l'actuel homme fort du Tchad, Mahamat Idriss Déby, ne cache pas son tropisme moscovite, contrairement à son géniteur de président, feu Idriss Déby Itno, dont le gouvernement avait condamné l'invasion russe en Ukraine. En janvier dernier, rappelle L'Observateur Paalga, Déby-fils avait effectué une visite officielle à Moscou où il avait été reçu avec tous les honneurs dus à un chef de l'État d'un "pays frère", selon Vladimir Poutine. Les deux hommes avaient évoqué des questions liées à la coopération agricole et minière, mais aussi à la situation sécuritaire de la sous-région. Le maître du Kremlin avait alors rassuré son hôte de son engagement à œuvrer à la stabilisation de la zone. »
Difficile pour nos confrères maliens, nigériens, burkinabè et guinéens de faire leur travail de journalistes sans appréhension et contraintes. Dernier accroc à la liberté de la presse en date : au Niger, le ministère de l'Intérieur, de la Sécurité publique et de l'Administration du territoire a signé un arrêté hier mercredi qui « suspend jusqu'à nouvel ordre, l'autorisation d'exercice accordée à l'association dénommée "Maison de la presse" ». Ce sont les termes du communiqué officiel repris par certains sites nigériens, sans autre forme de commentaires. « La Maison de la Presse est une Association faitière regroupant en son sein toutes les structures du secteur de la presse au Niger, précise l'Agence nigérienne de presse. Son bureau, qui était en fin de mandat, avait récemment convoqué à deux reprises une assemblée générale afin de procéder à l'élection des nouveaux membres. Ces deux convocations ont été suspendues par le ministère de l'Intérieur. »À de maintes reprises, Ibrahim Harouna, le président de la Maison de la presse, avait tiré la sonnette d'alarme au sujet des menaces et intimidations subies par les journalistes depuis le coup d'État du 26 juillet 2023. Interrogé ce jeudi matin sur notre antenne, celui-ci affirme qu'il n'y a rien qui puisse justifier cette interdiction.En Guinée, le journaliste Sékou Jamal Pendessa est toujours derrière les barreaux. « La détention du journaliste et syndicaliste va se poursuivre à la Maison centrale de Conakry, constate le site Guinée Matin, où il séjourne déjà depuis le 22 janvier. Il avait été arrêté, précise-t-il, suite à l'appel à manifester, lancé par le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée, pour la levée des restrictions d'accès à internet et l'arrêt du musellement de la presse, perpétrés par les autorités de la transition guinéenne. »« Le mouvement syndical guinéen hausse le ton et menace, pointe le site Guinée 7."Nous demandons que notre camarade soit immédiatement libéré et cela sans conditions, a déclaré Abdoulaye Sow", l'un des représentants syndicaux présents. Pour nous, il n'a rien fait, il n'a fait qu'exprimer sa pensée en tant que syndicaliste. »Les syndicats guinéens menacent d'appeler à la grève généraleLa presse burkinabè, jamais avare de commentaires, est sur le pied-de-guerre. « Guinée : libérez la presse !, s'exclame ainsi WakatSéra. Les stylos, micros et caméras des hommes et femmes des médias tremblent à chaque instant, quand ils ne sont pas simplement réduits au silence par les prédateurs de la liberté d'expression », s'indigne le site ouagalais.« En réalité, on ne devrait pas s'étonner outre mesure, soupire pour sa part L'Observateur Paalga. Nous sommes au pays du général de corps d'armée Mamadi Doumbouya qui règne sans partage depuis plus de deux ans. Il était arrivé en sauveur pour restaurer la démocratie malmenée par Alpha Condé qui voulait se taper un troisième mandat contre tout bon sens, voilà que très rapidement il est devenu le fossoyeur de cette même démocratie et des libertés individuelles et collectives. »Et L'Observateur Paalga d'élargir son point de vue : « Ce qui se passe en Guinée est à différents degrés à l'image de la situation de liberté d'expression et de la presse dans les pays qui ont connu des coups d'État récemment. Qu'il s'agisse du Mali, du Burkina Faso et du Niger, les libertés sont corsetées au nom de la lutte contre le terrorisme qui est considérée par les pouvoirs comme une raison suffisante pour museler toutes les voix discordantes. »
En Guinée, la presse privée est en pleine déliquescence. Depuis plus de deux mois, plusieurs radios et télévisions ont vu leurs ondes brouillées ou leur antenne tout simplement suspendue. Cela fait deux mois que les accès aux réseaux sociaux et aux services d'appels comme WhatsApp sont bloqués. Avec l'arrestation la semaine dernière du secrétaire général du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée pour avoir appelé à manifester, plusieurs médias dénoncent une censure généralisée et orchestrée par les autorités de transition. Entretien avec Lamine Guirassy, journaliste, fondateur et PDG du groupe Hadafo Médias. RFI : Votre groupe Hadafo Médias a décidé de suspendre son émetteur FM dans la capitale Conakry. Pour quelle raison ?Lamine Guirassy : Depuis le mois de novembre 2023, l'ARPT, qui est l'autorité de régulation en Guinée des médias et de l'audiovisuel, a décidé de carrément brouiller notre fréquence, sans raison. Nous n'avons pas reçu de communiqué, ni de lettre par rapport à ça. Aujourd'hui, Hadafo Médias est en règle avec l'ARPT, c'est-à-dire qu'on ne doit aucune facture à cette autorité. On a écrit à l'ARPT, à la Haute autorité de communication (HAC), à la présidence de la République pour comprendre un petit peu ce qui se passait, on n'a jamais eu de retour. Mais on sait exactement que c'est l'ARPT qui bloquait, qui brouillait notre fréquence, notamment la fréquence de notre radio Espace Guinée, et ceci à des heures très précises, c'est-à-dire à l'heure de notre émission de débats Les Grandes gueules. Entre 9h00 et 12h00, ils brouillaient complètement la fréquence. Après, ils se sont rabattus aussi sur Sweet FM - parce que l'émission y est rediffusée -, notre deuxième radio, à 18h. Bizarrement, à 18h, la fréquence de Sweet FM aussi est brouillée.Dans le même temps, vous dites ne plus être maître de votre fréquence. Désormais, c'est de la musique qui joue en continu, malgré la suspension de votre émetteur ?Oui, de la musique pour rendre hommage à l'armée guinéenne, appelant à soutenir l'armée et combattre les traîtres de la Guinée. C'est une chanson du Bembeya Jazz National que Demba Camara a chanté dans les années 70 pour faire allusion à l'agression portugaise du 22 novembre 1970 en Guinée. Elle passe en boucle sur la fréquence.C'est-à-dire des messages de propagande qui datent de la première République sous le président Ahmed Sékou Touré ?Exactement.Vos radios sont brouillées, votre chaîne télé a été suspendue des bouquets satellites sur demande des autorités de transition, plusieurs médias guinéens ont déjà mis leur personnel au chômage technique. Quelle est la situation de votre groupe ?Avec la situation qui prévaut, il va évidemment falloir prendre des dispositions. Depuis le mois de décembre 2023, l'audimat baisse parce que l'État a demandé aux opérateurs Canal+ et Startimes de couper la diffusion d'Espace TV. Les pertes aujourd'hui s'élèvent à des milliards de francs guinéens. Donc, évidemment que ça aura des répercussions sur les salariés dans les semaines à venir, et si la situation ne s'arrange pas, nous serons obligés de faire comme d'autres médias pour pouvoir, au moins, peut-être, avoir le service minimum, mais économiquement, c'est très compliqué.La HAC justifie la suspension de vos antennes par des raisons de sécurité nationale, ce n'est pas un argument suffisant pour vous ?Il y a aucune explication sur ce qui est en train de se passer. Tout ce qu'on nous a dit, enfin, tout ce que nous avons vu comme information sur internet, c'est pour des raisons de « sécurité nationale ». Mais en vrai, ce n'est pas du tout ça. Que va-t-il se passer dans les semaines à venir ? Nous, on n'a pas d'explication... Bien malin celui qui peut prévoir ce qui peut se passer dans les jours ou les mois à venir. L'idée, c'est de mettre en « off » tous les médias et toutes les voix dissonantes. Aujourd'hui, en Guinée, c'est ça l'idée. Parce que déjà, pour internet - je ne vous l'apprends pas - depuis plus de deux mois maintenant, nous n'avons pas de connexion. Je parlais tout à l'heure de chape de plomb, donc c'est un peu ça, en fait : les gens ont peur. Quand est-ce que cette situation va s'arrêter, personne ne peut le dire. C'est un climat de désolation, à l'image de l'explosion du dépôt d'hydrocarbures de Kaloum en décembre dernier. Donc, les gens se cherchent, on ne comprend pas, on ne comprend pas. Le sauveur est devenu l'oppresseur.Voilà maintenant 17 ans que vous avez fondé Hadafo Médias. C'est le plus ancien groupe audiovisuel du pays. Vous-même avez traversé quatre régimes présidentiels, civils et militaires, avec lesquels les rapports n'étaient pas toujours faciles. En quoi la situation actuelle est-elle différente ?Nous n'avons jamais vu ça quand on parle de transition. Nous, c'est la deuxième fois qu'on assiste à une transition militaire, après Konaté et après Dadis. Au temps d'Alpha Condé, on a tellement dénoncé, on a tellement critiqué, mais jamais Alpha Condé n'est allé à ce point-là, à demander aux opérateurs d'occulter des chaînes ou à brouiller les fréquences. Jamais il ne l'a fait. Est-ce que notre État est en train de devenir la Birmanie ? Je n'en sais rien du tout, mais je me pose des questions, parce que la chape de plomb, c'est juste extraordinaire. C'est-à-dire que vous travaillez, mais vous rentrez à la maison, et vous vous dites peut-être que ce qu'il reste, c'est l'élimination physique. Ce qui est en train de se passer est inédit, c'est tellement grave que c'est juste incroyable.À lire aussiGuinée: l'autorité de régulation des médias et la presse privée se rencontrent sur fond de malaise
Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.fr Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 22 septembre 2023. Avec cette semaine : Nicolas Baverez, essayiste et avocat. Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Michel Eltchaninoff, rédacteur en chef du mensuel Philosophie Magazine. Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova. L'AGRESSION CONTRE LE HAUT-KARABAKH L'Azerbaïdjan a lancé le 19 septembre une opération militaire qualifiée par elle « d'antiterroriste » dans le Haut-Karabakh, territoire à majorité arménienne où la souveraineté de l'Azerbaïdjan est aujourd'hui reconnue et où les quelques 120.000 Arméniens qui y vivent jouissent d'une forme d'autonomie. Depuis la dislocation de l'Union soviétique, fin 1991, le Haut-Karabakh est un point de tension quasi constant Deux guerres meurtrières y ont déjà eu lieu, la première en 1988-1994 et la seconde en 2020, à l'issue de laquelle la Russie a déployé des forces chargées de garantir la libre circulation dans le corridor de Latchine, seul axe routier reliant le Haut-Karabakh à l'Arménie. Après une courte période d'accalmie, les tensions ont repris, Bakou menant une guerre d'usure à force de coupures de gaz, d'électricité, de tirs sur les paysans et de kidnappings. Fin 2022, les Azéris ont bloqué la circulation dans le corridor de Latchine. Ce blocus, renforcé en juillet, isole la population arménienne de l'enclave. Il a provoqué ces dernières semaines un début de famine. La Croix-Rouge n'est parvenue que le 18 septembre à faire passer une cargaison de vingt tonnes de farines et de produits médicaux. Les 2.000 soldats russes déployés dans l'enclave après le cessez-le-feu de 2020 et censés assurer la sécurité des Arméniens n'ont pas cherché à empêcher le blocus. Aucun pays ne reconnaît les autorités séparatistes arméniennes du Haut-Karabakh, pas même Erevan, qui les soutient. La première réaction publique du premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a été d'écarter fermement l'option d'une intervention militaire de la République d'Arménie. Il a réaffirmé l'absence de soldats de son pays dans le Haut-Karabakh. Ces déclarations ont provoqué la colère de milliers d'Arméniens, qui sont venus manifester mardi devant le siège du gouvernement, à Erevan, pour affirmer leur solidarité avec les Arméniens du Haut-Karabakh et réclamer la démission de M. Pachinian. Mercredi, après 24 heures sous les frappes, les autorités arméniennes du Haut-Karabakh ont annoncé leur intention de déposer les armes, selon les conditions imposées par l'Azerbaïdjan pour toute négociation de cessez-le-feu. Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a confirmé le désarmement des forces du Karabakh ainsi que l'ouverture de négociations en Azerbaïdjan. Les discussions porteront sur la réintégration de la région à population arménienne à l'Azerbaïdjan. L'opération militaire azerbaïdjanaise a fait au moins 200 morts et 400 blessés, d'après le dernier bilan des séparatistes arméniens, alors que 7.000 habitants auraient été évacués. *** LA FRANCE A-T-ELLE PERDU PIED EN AFRIQUE ? Les présidents de l'ex-pré-carré français en Afrique sont renversés les uns après les autres : le malien Ibrahim Boubacar Keita en août 2020, le guinéen Alpha Condé en septembre 2021, le burkinabé Roch Kaboré en janvier 2022, le nigérien Mohamed Bazoum au mois de juillet et fin août, le gabonais Ali Bongo. Dans la foulée de ces coups d'état, la France a dû évacuer ses militaires du Mali (août 2022), puis de Centrafrique (décembre 2022), du Burkina Faso (février 2023) et peut-être bientôt du Niger où elle déploie encore 1.500 militaires. Au Niger, le président français a choisi la fermeté : refus de reconnaître les autorités putschistes, exigence d'un retour au pouvoir du président Bazoum et rejet des injonctions de la junte, qui exige le départ de l'ambassadeur à Niamey et réclame le retrait des militaires français. Un mois après le coup d'État au Niger, la position de la France reste assez isolée. Joe Biden, qui veut sauver sa base militaire au Niger, ne voit pas d'inconvénients à dialoguer avec la junte. Les Allemands se désolidarisent de la position française au Niger, de même que les Italiens en Libye, tandis que les Espagnols reconnaissent le Sahara occidental pour se rapprocher du Maroc. Les pays d'Afrique de l'Ouest renâclent à intervenir militairement. La France est devenue indésirable dans ce qu'elle considérait jadis comme son « pré carré », décriée comme prédatrice économique par toute une génération et comme porteuse de valeurs honnies par des groupes islamistes orthodoxes et radicaux. Marquée du sceau colonial, la France vit d'autant plus mal son éviction de la région, qu'elle a le sentiment de s'être acquittée, à la demande des autorités locales, d'une tâche que les armées africaines ne parvenaient pas à remplir seules : la lutte antiterroriste contre le djihad. Le lent déclin de la présence française sur le continent se constate aussi sur le plan économique. La France n'est plus le premier fournisseur ni le premier investisseur du continent. Si, en valeur, les exportations françaises vers l'Afrique ont fortement augmenté, leur poids relatif a été toutefois divisé par deux, passant de 12 % de part de marché à 5 % entre 2000 et 2021. Pour Antoine Glaser, journaliste spécialiste de l'Afrique, et auteur de l'ouvrage « Le piège africain de Macron » « la France n'a pas vu l'Afrique se mondialiser, ni su solder sa présence post-coloniale, terreau du sentiment anti-français. Depuis la fin de l'opération Barkhane, le leadership français en Afrique est terminé. » Cependant, la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna souligne que l'Afrique n'est pas que le Sahel. Elle assure que nos relations se développent avec des États dans lesquels nous étions moins présents, comme le Kenya, l'Afrique du Sud ou l'Éthiopie.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
Un commando des Forces spéciales a renversé le dimanche 5 septembre 2021, le président Alpha Condé et s'empare du pouvoir. Au pouvoir depuis près de 11 ans, il a été arrêté, puis placé en résidence surveillée, un an après avoir été réélu pour un 3eme mandat controversé. Sous l'Arbre à palabres, nous dresserons le bilan de ces deux années de transition avec mes invités.
En Guinée, ce 5 septembre marque les deux ans du putsch des militaires conduit par Mamadi Doumbouya qui ont renversé le président Alpha Condé. Le dialogue paraît plus que jamais rompu entre les putschistes et l'opposition. Elle estime que les conditions ne sont pas réunies pour un dialogue franc. Le colonel Doumbouya s'est engagé auprès de la Cédéao à rendre le pouvoir aux civils fin 2024 mais le consensus sur l'organisation et le dispositif censés mener au scrutin semble difficile à trouver.
En Guinée, il y a tout juste deux ans, Alpha Condé était renversé après avoir été réélu pour un troisième mandat. Que reste-t-il de l'euphorie du coup d'État ? Quel bilan dressez-vous de la transition ? Va-t-elle dans la bonne direction ? Nous dressons un état des lieux.
En Guinée, la trêve est de plus en plus fragile entre, d'un côté, les militaires au pouvoir du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et de l'autre côté, l'opposition et la société civile. Certes, il y a deux mois, le régime militaire du colonel Doumbouya a fait libérer Foniké Menguè et deux autres leaders des « forces vives », tandis que la société civile a suspendu ses manifestations. Mais aujourd'hui, cette trêve risque de voler en éclats à tout moment. Foniké Menguè, qui vient donc de passer dix mois en prison à Conakry, est de passage en France. Le coordonnateur national du Front national pour la défense de la constitution (FNDC) répond aux questions de RFI. RFI : Foniké Menguè, le colonel Doumbouya annonce que la transition militaire s'achèvera à la fin de l'année prochaine et que lui-même quittera le pouvoir, est-ce que ça vous rassure ? Foniké Menguè : Ça ne me rassure pas trop, parce qu'en réalité, les militaires ne veulent pas quitter le pouvoir. Cela s'explique par le fait que tous ceux qui sont opposés à cette conduite unilatérale de la transition soient, certains en prison, d'autres en exil. Personne ne peut aujourd'hui donner son point de vue, un point de vue qui est contraire à la volonté du CNRD. En le faisant, la personne peut se retrouver facilement en prison. Le CNRD, c'est donc la junte au pouvoir, en réalité ?Oui, c'est la junte au pouvoir. Mais tout de même, est-ce que la promesse du colonel Doumbouya de ne pas être candidat à la future présidentielle, et donc de ne pas s'accrocher au pouvoir, est-ce que ce n'est pas un engagement qui peut vous satisfaire ? Vous savez, ce sont des gens qui ne respectent pas leurs engagements. Aujourd'hui, ils ne sont pas capables de respecter leur propre charte. Par exemple, quand on fait allusion à l'article 8 de la Charte qui autorise les manifestations, mais aujourd'hui, en Guinée, les manifestations sont interdites. C'est pourquoi nous disons : le fait que le colonel Mamadi Doumbouya dise qu'il va partir au-delà de deux ans, ça ne nous rassure pas du tout. Depuis l'année dernière, votre mouvement FNDC, Front national pour la défense de la Constitution, est dissous. Alors sous quel drapeau allez-vous continuer ce que vous appelez votre combat citoyen ? Le FNDC est un état d'esprit. On ne peut pas dissoudre un état d'esprit. Et ce FNDC est plus âgé que le CNRD. C'est pourquoi nous disons que nous continuons, en tant que sentinelle de la démocratie, notre combat. Vous parliez tout à l'heure des opposants qui sont en exil, c'est le cas du numéro un de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, qui vit à Dakar. Est-ce que vous pensez que sa carrière politique est derrière lui ? Ou est-ce que vous pensez, au contraire, qu'il a encore un grand rôle à jouer dans la Guinée des prochaines années ? On n'est pas affiliés à un parti politique, on n'accompagne pas un parti politique. Mais tous les acteurs majeurs de cette transition ont un rôle important à jouer, puisque nous nous sommes bâtis ensemble, tous les acteurs, que ce soient Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, que ce soient d'autres contre le troisième mandat de monsieur Alpha Condé. Donc vous vous sentez plus proche, politiquement, de tous les partis qui ont combattu le troisième mandat d'Alpha Condé, que des autres partis ? Tous les acteurs qui ont lutté contre la confiscation du pouvoir par monsieur Alpha Condé, notamment le troisième mandat, et qui se trouvent encore dans ce combat contre la confiscation du pouvoir par le CNRD, Foniké Menguè est proche de tous ces acteurs. Avant la fin de la transition, le colonel Doumbouya a décidé de confier au Conseil national de transition, le CNT, la tâche de rédiger une nouvelle Constitution à soumettre à référendum, et le président de ce Conseil national de transition, Dansa Kourouma, vous invite à dialoguer avec lui. Qu'est-ce que vous en pensez ? Le dialogue que le CNRD appelle dialogue, c'est une situation où tous ceux qui sont dedans sont d'accord avec tout ce que dit le CNRD. En ce moment, il n'y a pas de dialogue puisqu'ils sont tous d'accord. Le jour où le CNRD sera vraiment d'accord, afin qu'on s'asseye autour d'une table pour dialoguer autour de la transition, en présence de la Cédéao et du G5, ce jour, nous trouverons la véritable solution et vous verrez que tout rentrera dans l'ordre. Oui, mais Dansa Kourouma, le président du Conseil national de transition, n'en veut pas de cette médiation de la Cédéao et de l'ancien président béninois Boni Yayi dans les débats sur la future Constitution, il dit que c'est une affaire entre Guinéens… Oui, c'est une affaire entre Guinéens, mais la Guinée fait partie de la Cédéao. Aujourd'hui, aucun pays ne peut vivre en vase clos. Nous sommes en transition, une transition a besoin de dialogue, a besoin de consensus. C'est ce que nous demandons au CNRD. C'est ce que nous demandons au colonel Mamadi Doumbouya. Mais ils n'ont pas intérêt, encore une fois, à ce qu'il y ait de véritable cadre de dialogue, puisqu'ils ont la volonté de confisquer le pouvoir en Guinée. Est-ce qu'il n'y a pas, tout de même, un espoir que cette transition prenne fin et que la démocratie revienne ? C'est vrai qu'il y a de l'espoir, mais l'espoir est trop minime quand on voit la volonté du CNRD pour confisquer le pouvoir, ce sont des gens qui ne veulent pas le quitter. Aujourd'hui, les forces vives de la nation, ça fait un moment qu'on a décidé d'observer une trêve, pour donner une chance à la médiation des chefs religieux, sur leur demande, pour voir avec le colonel Doumbouya comment faire en sorte que les points de revendication, notamment la mise en place de ce véritable cadre de dialogue et la levée de l'interdiction des manifestations, soient réglés. Mais jusqu'ici, rien n'est fait. Donc ce qui est sûr, nous allons reprendre nos réunions, et suite aux réunions, vous savez que nous allons encore partir en manifestations. Nous ne laisserons pas faire par le CNRD ce que nous n'avons pas laissé faire par monsieur Alpha Condé. Si nous avons lutté contre la confiscation du pouvoir par monsieur Alpha Condé, nous allons continuer la lutte contre la confiscation du pouvoir par le CNRD.À lire aussiGuinée: les douanes saisissent les livres autobiographiques d'un membre du FNDC
Le dimanche 5 septembre 2021, un commando des Forces spéciales renverse le président de l'époque, Alpha Condé et s'empare du pouvoir. Au pouvoir depuis près de 11 ans, il a été arrêté, puis placé en résidence surveillée, un an après avoir été réélu pour un 3e mandat controversé. Près de deux ans après sa chute, comment se porte la transition ? Nous en débattons sous l'Arbre à palabres.
Les journalistes, correspondants et experts de RFI répondent également à vos questions sur la progression de l'État islamique dans le nord-est du Mali, sur un plan contre l'immigration clandestine à Mayotte et sur les conséquences de l'affaire Sadio Mané. Guinée : polémique autour des obsèques de l'ex-première dame Les obsèques de Djénè Kaba Condé, décédée à Paris le 8 avril 2023, ont suscité des tensions entre l'ancien président Alpha Condé et son successeur Mamady Doumbouya. Comment expliquer ce bras de fer ? Qui était censé rapatrier le corps ? Avec Matthias Raynal, correspondant de RFI à Conakry. Football : les conséquences de l'affaire Sadio Mané Pour avoir frappé au visage son coéquipier Leroy Sané après la défaite du Bayern Munich contre Manchester City en quart de finale de la Ligue des champions, Sadio Mané a été suspendu pour un match. Cette mauvaise ambiance au sein de l'équipe peut-elle avoir des conséquences sur leurs performances pour le match retour ? Avec Antoine Grognet, journaliste au service des sports de RFI. Mali : montée en puissance de l'État islamique au Grand Sahara En prenant la localité de Tidermène et en isolant Ménaka, l'EIGS renforce son implantation dans le nord-est du Mali. Comment expliquer cette avancée en seulement un an ? Peut-on craindre la prise de Ménaka par l'EIGS dans les jours à venir ? Avec Wassim Nasr, journaliste à France 24, spécialiste des mouvements jihadistes. Mayotte : un plan secret contre l'immigration clandestine L'État français envisagerait une importante opération policière à Mayotte pour lutter contre l'immigration illégale. Quels sont les objectifs de ce plan ? Pourquoi les autorités comoriennes sont-elles opposées à cette opération ? Avec Pierre Olivier, journaliste au service France de RFI.
En Guinée, Moussa Dadis Camara martèle qu'il n'est pas responsable du massacre du 28 septembre 2009. Devant la Cour criminelle, l'ex-chef de la junte se dit victime d'un complot orchestré par le ministre de la Défense de l'époque et l'ancien président Alpha Condé. Que vous inspirent ces accusations ? Êtes-vous satisfait du déroulement du procès ? Vos réactions nous intéressent. * Par téléphone : de France : 09 693 693 70 de l'étranger : 33 9 693 693 70 * Par WhatsApp : +33 6 89 28 53 64 N'OUBLIEZ PAS DE NOUS COMMUNIQUER VOTRE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE (avec l'indicatif pays). Pour nous suivre : * Facebook : Rfi appels sur l'actualité * Twitter : @AppelsActu
Lorsqu'il était au pouvoir en Guinée, le capitaine Dadis Camara nous avait habitué à ces interventions médiatiques tonitruantes et souvent improvisées, où il pouvait annoncer pêle-mêle des décisions gouvernementales et des destitutions de dignitaires du régime. Hier, face à ses juges, dans le cadre du procès du massacre du 28-Septembre, l'ex-homme fort de la Guinée a tenté de rééditer sa méthode. « Moussa Dadis Camara a pris tout son temps, relate Africa Guinée. Sa déposition, empreinte de digressions, a duré pendant environ sept heures d'horloge. Devant le juge, l'accusé a parlé jusqu'à perdre sa voix. » Alors, relate le site d'information Guinée 7, le capitaine a « développé une ribambelle d'hypothèses pour accuser [l'ancien président] Alpha Condé, [le général] Sékouba Konaté et Toumba Diakité [son ex-aide de camp] d'être les véritables acteurs des évènements du 28 septembre. Pour soutenir ses suppositions, Dadis a livré des cours magistraux, un peu tordus le plus souvent, commente le site, en histoire, littérature, droit, etc. Avant de fixer les règles du jeu au tribunal. Il veut qu'on lui pose des questions sur la 'complicité' (des supposés acteurs du massacre). Pas plus. » Quelles preuves ? « Sont-elles fondées ou non (ces accusations de Dadis) ? », s'interroge Ledjely, autre site guinéen. « En détient-il les preuves ? Seule la suite du procès des massacres du stade du 28 septembre aidera à répondre à ces questions. Sans détour, l'ancien président du CNDD s'est présenté devant le tribunal en victime d'un complot qui aurait pu coûter la vie à d'autres acteurs d'envergure : "Alpha Condé, Sékouba Konaté et Toumba Diakité avaient orchestré un complot, a-t-il dénoncé, pour tuer (les opposants) Cellou Dalein, Sydia Touré, Jean-Marie Doré […], c'est après cela, qu'ils ont envoyé Toumba pour tirer sur moi". » Suite à ces accusations, l'audience a été suspendue. Pris au piège ? Pour WakatSéra au Burkina Faso, Dadis aura bien du mal à s'en tirer… « Visiblement, le "Dadis show" a fait son temps de divertissement et d'humiliation d'hommes d'affaires et d'hommes politique et n'a plus aucune chance de prospérer ! De toute évidence, le capitaine, qui voulait se faire passer pour Thomas Sankara, le héros de la révolution burkinabè, lorsqu'il a confisqué le pouvoir par les armes et a tenté en vain de se faire une virginité par les urnes, le capitaine s'est senti pris dans un piège dont il lui sera difficile, voire impossible de se dépêtrer. Il a beau, dans une sorte de transe, accuser les anciens présidents Alpha Condé et le général Sékouba Konaté d'avoir fomenté un complot contre sa personne, ses arguties porteront difficilement fruit. Bien vite, Dadis a perdu la sérénité qui était sienne au moment où il rentrait de son si long exil "ouagalais". Il a visiblement été lâché par les siens et sa cause semble déjà entendue. » Leçon ? En tout cas, commente Le Pays, toujours au Burkina Faso, « dans l'attente d'une hypothétique vérité, on peut déjà saluer la forte teneur pédagogique de ce procès. En voyant l'ex-chef de la junte tremblotant, tous les princes régnants devraient savoir en tirer leçon. Car, on est toujours rattrapé par ses propres turpitudes. Et cela vaut particulièrement pour l'actuel chef de la junte militaire au pouvoir, Mamady Doumbouya, pointe le quotidien burkinabé, qui semble avoir fait de la traque des opposants et de la prédation des libertés individuelles et collectives, un mode de gouvernance. » En attendant France-Maroc… À la Une également demain soir, le choc France-Maroc en demi-finale du Mondial… Parmi l'avalanche d'avant-papiers dans la presse du continent, cette analyse de l'équipe marocaine à lire dans WalfQuotidien à Dakar : « les quatre points cardinaux d'une qualification méritée », titre le journal. À savoir : un grand gardien, Yassine Bounou ; un quatuor de défenseurs à toute épreuve ; un milieu de terrain infatigable, Sofyan Amrabat ; et le trident en attaque Ziyech-En Nesyri-Boufal. Reste à savoir si les Lions de l'Atlas empêcheront les coqs de chanter.
Tous les jours, les journalistes et correspondants de RFI ainsi que des spécialistes répondent à vos questions sur l'actualité. Ce matin : Guinée : les déboires judiciaires d'Alpha Condé. Par Matthias Raynal, correspondant de RFI en Guinée Conakry. FC Barcelone : les adieux de Gérard Piqué. Par Antoine Grognet, journaliste au service des sports de RFI. Sénégal : saisie record de cocaïne. Par Mouhamadou Kane, analyste à l'Observatoire des économies illicites de l'Afrique de l'Ouest à l'Initiative globale contre le crime organisé transnational. * Par téléphone : de France : 09 693 693 70 de l'étranger : 33 9 693 693 70 * Par WhatsApp : +33 6 89 28 53 64 N'OUBLIEZ PAS DE NOUS COMMUNIQUER VOTRE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE (avec l'indicatif pays). Pour nous suivre : * Facebook : Rfi appels sur l'actualité * Twitter : @AppelsActu
En Guinée, les autorités de la transition ordonnent d'engager des poursuites judiciaires contre l'ex-president Alpha Condé et 187 hauts cadres et anciens ministres. Tous devront répondre de faits présumés de corruption et d'enrichissement illicite. Moralisation de la vie publique ou chasse aux sorcières ? Nous lançons le débat. * Par téléphone : de France : 09 693 693 70 de l'étranger : 33 9 693 693 70 * Par WhatsApp : +33 6 89 28 53 64 N'OUBLIEZ PAS DE NOUS COMMUNIQUER VOTRE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE (avec l'indicatif pays). Pour nous suivre : * Facebook : Rfi appels sur l'actualité * Twitter : @AppelsActu
En Guinée, ce lundi 5 septembre est le jour anniversaire du coup d'État militaire qui a chassé du pouvoir le président Alpha Condé. Depuis un an, le pays est dirigé par les militaires du CNRD, le Comité national de rassemblement et du développement, avec à sa tête le colonel Mamadi Doumbouya. Quel bilan portent les Guinéens sur cette première année de transition militaire ? Maître Emmanuel Bamba préside la LIGUIDHO, la Ligue guinéenne des droits de l'homme. Il demande un dialogue inclusif, ce qui veut dire la libération des prisonniers et le retour des exilés…
De nombreuses voix s'élèvent après la répression des dernières manifestations en Guinée. Les organisations de la société civile et les partis politiques ont fait part de leur réprobation. Mais ils suspendent toute marche pendant deux semaines, pour laisser une chance à la médiation ouest-africaine. Que demandent ces organisations ? Dans quel état d'esprit sont-elles ? Entretien avec Étienne Soropogui, l'un des responsables des « Forces vives de la nation ». RFI : Les Forces vives de la nation réclament l'ouverture d'un dialogue constructif avec la junte, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Quels sont les points dont vous souhaitez discuter avec le colonel Doumbouya et avec son entourage ? Etienne Soropogui : Il est important qu'un cadre de discussion soit mis en place et que nous puissions examiner un certain nombre de questions pour permettre un retour rapide à l'ordre constitutionnel. Il s'agit notamment de la question du délai de la transition, que ce délai puisse être examiné de manière concertée par l'ensemble des forces politiques et sociales de la Guinée, naturellement avec la junte militaire au pouvoir. Dès l'instant que tout le monde est d'accord pour dire que la transition a aussi pour vocation de retourner à l'ordre constitutionnel, il est important qu'un compromis puisse être trouvé sur la nature des organes qui doivent permettre d'opérer ce retour, notamment les organes électoraux. Parce que vous l'instant, vous avez le sentiment que ce cadre de dialogue n'existe pas avec la junte ? Ce qui a été mis en place ne paraît pas assez sincère. Nous avons l'impression que la junte essaie de jouer la montre pour rester au pouvoir le plus longtemps possible. Elle ne fait pas l'effort de s'ouvrir pour qu'ensemble, main dans la main, nous puissions prendre les décisions qu'il faut pour sortir rapidement de cette transition. Vous aviez fait partie des opposants détenus sous Alpha Condé. En voyant Foniké Mengué remis en détention, avec le secrétaire général de l'Union des forces républicaines Saikou Yaya Barry, est-ce que vous avez l'impression que les nouveaux dirigeants guinéens sont en train de reproduire des erreurs du régime qu'ils ont renversé ? Effectivement, je faisais partie de ceux qui ont été libérés au lendemain du 5 septembre (date du coup d'État ayant provoqué la chute d'Alpha Condé, NDLR) de la prison de Coronthie. Mais malheureusement, on a comme l'impression que nous faisons face à un remake de tout ce qui a été fait sous le président Alpha Condé, qui a justifié la prise illégale du pouvoir. Aujourd'hui l'essentiel des libertés sont comprimées, aujourd'hui les leaders de la société civile, les leaders politiques ont des difficultés à sortir du territoire national parce que les passeports sont confisqués, les militaires sont revenus au niveau des principales artères de Conakry. Moi qui vous parle actuellement, je n'ai aucune garantie que demain matin, une dizaine de pick-up ne débarquent pas chez moi, devant mes enfants, pour me trimballer dans un endroit que je ne connais pas. Je crois qu'aujourd'hui, tout est en train d'être fait pour que les vis de la répression soient resserrées, qu'un certain nombre de compatriotes qui sont en opposition vis-à-vis de ce qui est en train d'être fait soient intimidés et cessent de lutter. Mais, naturellement, les gens doivent comprendre que ce n'est pas parce qu'on a peur de mourir ou qu'on a peur d'aller en prison qu'on va laisser l'idéal démocratique pour lequel nous nous battons depuis un certain temps être piétiné par des militaires qui viennent de prendre le pouvoir en Guinée. Les manifestations sont suspendues jusqu'au 15 août 2022 pour laisser une chance à la médiation de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Qu'est-ce que vous attendez de cette médiation ? Nous osons espérer que cette période va permettre aux uns et aux autres de ramener leurs intentions à de meilleures proportions pour que nous puissions nous remettre à la table [des discussions]. Malheureusement, sur la base du délai qui a été donné, si nous n'obtenons rien, nous serons obligés, comme nous l'avons dit dans notre déclaration, de relancer les manifestations parce que nous n'avons que ça pour exiger les légitimes revendications que nous avons. Est-ce que vous savez si une démarche ou une visite du médiateur de la Cédéao en Guinée, le Béninois Thomas Boni Yayi, est prévue ou est en cours ? Il a souhaité, au regard de la tension palpable qu'on a actuellement à Conakry, venir rapidement pour que nous mettions les choses à leur juste proportion. Mais selon les informations que nous avons reçues, les autorités actuelles n'ont pas souhaité répondre à ses appels. ► À lire aussi : Organisations et diplomates appellent d'urgence à un dialogue inclusif en Guinée
Rappeur militant, Djanii Alfa a combattu les dérives du régime Alpha Condé. Dans ses textes, il a dénoncé la répression, appelé le président à renoncer à son troisième mandat. Huit mois après la chute de l'ancien chef d'État, Djanii Alfa se lance dans une nouvelle tournée qui doit le conduire à Dakar le 28 mai, en Gambie du 4 au 5 juin et en France le 16 juillet pour un concert au Bataclan à Paris. L'artiste est toujours aussi engagé, en faveur de la réussite de la transition désormais. De notre correspondant à Conakry, Son militantisme lui a valu un exil de deux ans. Le 18 septembre 2021, Djanii Alfa peut enfin rentrer au pays. Ses fans sont en fusion. Avec son cinquième album intitulé Chef Rebel, sorti en janvier, le rappeur reste fidèle à lui-même. « Pour moi, le rap reste un discours artistique sur l'actualité », assure Djanii Alfa. « Mon inspiration, c'est du vu et du vécu. Quand je vais en retraite artistique, c'est ce que j'essaie d'écrire et de transformer en musique. » Il applique toujours la même stratégie : « En général, la musique, c'est quelque chose qui est fait seulement pour se divertir. Donc, si je sais que vous aimez danser, je vais essayer du mieux que je peux de vous donner un son avec de la mélodie, avec un bon rythme dansant, comme ça je suis dans votre mood. Vous allez peut-être baisser votre garde et derrière je vous donne le sujet sur lequel j'ai envie qu'on discute. » La double-face de Djanii Alfa Il y a le Djanii Alfa, face A, avec des titres festifs comme Red Light. Le Djanii Alfa, face B, lui, est contestataire comme sur la chanson Même chose. L'évolution de la transition en Guinée l'inquiète. Il dénonce le recyclage. Le maintien aux affaires des anciens responsables du régime d'Alpha Condé. Djanii Alfa s'explique : Le CNRD et tout ça, ce ne sont pas nos ennemis. C'est justement pour ça qu'il faut qu'on leur dise que les personnes qui sont autour d'eux aujourd'hui, ce sont ces personnes là qui ont dit “Dadis doit rester”. Dadis a fini par prendre une balle dans la tête. Les personnes qui sont autour d'eux aujourd'hui sont ceux qui ont dit à Alpha Condé. “Le troisième mandat ça va se faire. Si ce n'est pas toi, c'est personne.” Au mois de mars, il a rejoint la coordination nationale du FNDC pour poursuivre la lutte pour la démocratie dans son pays.
Alpha Condé, l'ex-président guinéen, a été autorisé par les autorités de la Transition à se rendre en Turquie pour des soins médicaux. Une décision qui ne fait pas l'unanimité. Le FNDC craint qu'il en profite pour échapper à la justice guinéenne. Partagez-vous cette inquiétude ? Nous lançons le débat. * Par téléphone : de France : 09 693 693 70 de l'étranger : 33 9 693 693 70 * Par WhatsApp : +33 6 89 28 53 64 N'OUBLIEZ PAS DE NOUS COMMUNIQUER VOTRE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE (avec l'indicatif pays). Pour nous suivre : * Facebook : Rfi appels sur l'actualité * Twitter : @AppelsActu
En Guinée, les poursuites judiciaires engagées par la société civile contre l'ex-président Alpha Condé et 26 anciens hauts cadres pour crime de sang, sont accueillies ave espoir par les familles qui ont perdu un membre dans les manifestations réprimées sous son régime. Il y aurait eu plusieurs dizaines de morts et une centaine de blessés. Pour les soutiens de l'ancien président, ceci n'est qu'une machination pour anéantir le parti d'Alpha Condé. Reportage de Sarah Sakho et Malick Diakité.
Réuni en plénière, le conseil national de la transition, un organe qui fait office de Parlement, a fixé, mercredi 11 mai, la durée du retour des civils au pouvoir à 36 mois. Un chronogramme rejeté par les partis politiques de Guinée. Par ailleurs la justice guinéenne a franchi une nouvelle étape dans les poursuites visant l'ex-président Alpha Condé en ouvrant une information judiciaire contre lui et plusieurs ex-responsables pour des faits présumés, notamment d'assassinats et actes de torture.
Tous les jours, les journalistes et correspondants de RFI ainsi que des spécialistes répondent à vos questions sur l'actualité. Ce matin: Maroc: les nonuplés maliens en parfaite santé pour leur premier anniversaire. Par Amélie Tulet, journaliste au service Afrique de RFI. Burkina Faso: comment expliquer la lenteur de l'opération de sauvetage des mineurs bloqués sous terre? Par Yaya Boudani, correspondant de RFI à Ouagadougou. Guinée: Alpha Condé poursuivi pour crimes de sang. Par Fabien Offner, chercheur à Amnesty international, spécialiste de la Guinée. RDC: Augustin Matata Ponyo, candidat à la présidentielle 2023. Par Bob Kabamba, professeur de Science politique à l'Université de Liège, spécialiste de la République démocratique du Congo. * Par téléphone : de France : 09 693 693 70 de l'étranger : 33 9 693 693 70 * Par WhatsApp : +33 6 89 28 53 64 N'OUBLIEZ PAS DE NOUS COMMUNIQUER VOTRE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE (avec l'indicatif pays). Pour nous suivre : * Facebook : Rfi appels sur l'actualité * Twitter : @AppelsActu
En Guinée, l'ex-président Alpha Condé et 26 anciens hauts responsables sont poursuivis pour assassinats, actes de torture et enlèvements lors de la répression des manifestations de 2019-2020 contre le troisième mandat du président déchu. Que vous inspire cette décision ? Qu'attendez-vous de la procédure judiciaire ? Vos réactions nous intéressent. * Par téléphone : de France : 09 693 693 70 de l'étranger : 33 9 693 693 70 * Par WhatsApp : +33 6 89 28 53 64 N'OUBLIEZ PAS DE NOUS COMMUNIQUER VOTRE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE (avec l'indicatif pays). Pour nous suivre : * Facebook : Rfi appels sur l'actualité * Twitter : @AppelsActu
Le procureur général de Conakry, nommé par les militaires au pouvoir en Guinée depuis 2021, a annoncé des poursuites contre l'ex-président Alpha Condé et une trentaine d'anciens hauts responsables sous sa présidence, notamment pour assassinats, actes de torture et enlèvements. Parmi les personnalités visées par les poursuites, outre l'ancien chef d'Etat, un ancien président de la Cour constitutionnelle, d'anciens présidents de l'Assemblée, un ancien Premier ministre et des anciens ministres.
Il y a les vraies et les fausses démocraties, et entre les deux, les « démocraties molles ». C'est la thèse de l'essayiste français Pierre Jacquemot, qui vient de publier Afrique, la démocratie à l'épreuve (éditions de la Fondation Jean Jaurès). Pourquoi la démocratie est-elle en crise en Afrique ? Pourquoi les militaires putschistes reviennent sur le devant de la scène ? Pierre Jacquemot, qui enseigne à Sciences Po Paris et a été ambassadeur à Accra, Nairobi et Kinshasa, est l'invité de RFI. RFI : Est-ce que l'Afrique de l'Ouest est en train de lancer le concept de « coup d'État militaire à assise populaire », demandez-vous dans votre ouvrage. Pierre Jacquemot : C'est vrai qu'on constate que ces coups d'État, fomentés par de jeunes officiers, rencontrent une certaine audience auprès de la population, et notamment auprès des jeunes. Cela signifie probablement que ces coups d'État sont assis sur un essoufflement de la démocratie représentative dans ces trois États. La démocratie représentative a été incarnée par exemple par le président de la Guinée Alpha Condé, qui avait outrepassé les règles constitutionnelles en s'accordant un troisième mandat. Elle a été incarnée aussi par l'impuissance des chefs d'État en place, normalement élus -au Mali, au Burkina Faso-, à faire face à la crise sécuritaire qui sévit dans leur pays. Et vous estimez qu'à l'égard du Mali par exemple, la déclaration de la France, jugeant que le nouveau régime avait un caractère illégitime, était particulièrement malencontreuse… Tout à fait. Je pense que, dans sa relation avec les pays africains, la France a parfois de bons comportements, mais trop souvent émet des déclarations tout à fait malencontreuses, qui témoignent peut-être d'une incapacité à pouvoir analyser les dynamiques en cours dans ces pays. Il y a une espèce de rigidité sur les critères démocratie formelle, élections, institutions, règles du jeu… une espèce de rigidité française envers l'Afrique. Vous expliquez très bien, dans votre livre, les raisons de ces différents putschs militaires. Mais n'êtes-vous pas un peu compréhensif à l'égard de certains régimes, comme celui du Mali, qui a laissé mourir en prison l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga en mars dernier ? Non. Je n'ai pas à être clément envers les uns et dur envers les autres. J'essaye d'analyser objectivement ce qui se passe. Ce que je peux constater, c'est qu'il y a des pays qui s'en tirent beaucoup mieux que d'autres au regard des critères d'une part de démocratie, d'efficacité des institutions, et d'autre part du respect des droits fondamentaux des personnes. Et donc, on est amené à faire des distinctions entre les situations, entre les pays qui sont sur une trajectoire plutôt positive, ce qu'on appelle les « démocraties matures » -Cap-Vert, Maurice, Botswana, Ghana et même le Sénégal-, et puis d'autres qui s'enfoncent dans un dérèglement démocratique total, voire même un délitement comme la Centrafrique, la Somalie, le Soudan du Sud ou la Libye par exemple. Sur les 623 élections qui se sont déroulées en Afrique subsaharienne depuis trente ans, vous dites que la moitié, quelque 316, relèvent de la mascarade, selon l'index démocratique de The Economist Intelligence Unit. C'est considérable… Effectivement. La moitié des élections sont viciées avant le scrutin, au niveau de l'enregistrement des électeurs, incomplet. Pendant le scrutin : bourrage d'urnes. Et après le scrutin, lors du calcul des résultats, et ceci malgré les observations. L'autre constat qu'on peut faire, c'est que les possibilités d'alternance sont réservées à quelques pays. On sait que c'est le cas du Ghana ou du Sénégal, dans le passé. Récemment, on a eu le cas aux Seychelles et au Malawi, mais c'est très rare dans les autres pays. Puis, peut-être faut-il ajouter que les chefs d'État ont obtenu d'avoir un troisième mandat. La plupart des Constitutions africaines prévoient qu'un chef d'État ne peut assurer que deux mandats. Or là, cette règle n'a pas été respectée en Guinée, ni en Côte d'Ivoire, ni en Ouganda, six mandats pour [Yoweri] Museveni, ni au Tchad, six mandats pour Idriss Déby, ni au Congo, quatre mandats pour [Denis] Sassou-Nguesso. Du coup, on arrive à des situations, pour un certain nombre de pays, que j'appelle les « démocraties molles », où on élit des vieux. On élit Paul Biya, Alassane Ouattara, Alpha Condé, Nana Akufo-Addo, Yoweri Museveni, Denis Sassou-Nguesso, Ismaël Omar Guelleh, qui ont un écart d'âge avec le reste de la population très important. Et donc, probablement une capacité d'écoute et de préoccupation de la jeunesse qui est beaucoup plus faible. Globalement, entre les hommes politiques africains et l'âge moyen de la population, il y a un écart de 43 ans. Est-ce que le remplacement de la France par la Russie, en Centrafrique et au Mali, est à vos yeux un phénomène passager ou durable ? Je pense, et j'espère évidemment aussi, que c'est un phénomène passager. Quand on fait la liste des exactions commises par les milices privées venues de Russie, en particulier le groupe Wagner… La bonne question, c'est celle de l'information des populations et l'impact des intox propagées par ces groupes et envoyées directement par Moscou. Donc, il y a une guerre là. Évidemment, quand on constate que RFI est interdite au Mali, on peut être inquiet, alors que ce média, dans tous les pays où j'ai été amené à travailler, est le média privilégié par les populations pour avoir des informations sur le continent, mais également sur leur propre pays. RFI et France 24… RFI et France 24. Mais je pense à RFI parce que j'ai subi la coupure de RFI quand j'étais en poste à Kinshasa. Et je me souviens du nombre de messages que j'ai reçus, venant de tous les coins de cet immense pays, pour dire « Rétablissez RFI », parce que c'était le média privilégié pour sortir d'un discours formaté qu'on retrouvait dans les médias officiels.
Tous les jours, les journalistes et correspondants de RFI ainsi que des spécialistes répondent à vos questions sur l'actualité. Ce matin: Guinée: quel avenir judiciaire pour Alpha Condé ? Par Bineta Diagne, journaliste au service Afrique de RFI. Rachat de Twitter: que veut changer Elon Musk ? Par Fabrice Epelboin, enseignant à Science Po Paris, entrepreneur, spécialiste des réseaux sociaux. FIF: les causes de la défaite de Didier Drogba. Par Antoine Grognet, journaliste au service des sports de RFI. Japon-Russie: pourquoi la question des îles Kouriles n'est-elle pas résolue ? Par Valérie Niquet, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique, auteure de Le Japon en 100 questions, Editions Tallandier, 2020. * Par téléphone : de France : 09 693 693 70 de l'étranger : 33 9 693 693 70 * Par WhatsApp : +33 6 89 28 53 64 N'OUBLIEZ PAS DE NOUS COMMUNIQUER VOTRE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE (avec l'indicatif pays). Pour nous suivre : * Facebook : Rfi appels sur l'actualité * Twitter : @AppelsActu