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Le Nouvel Esprit Public
Retraites : une réforme mal accueillie / La relation franco-allemande

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Jan 22, 2023 60:01


N°281 / 22 janvier 2023Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 20 janvier 2023.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.RETRAITES : UNE RÉFORME MAL ACCUEILLIELe 10 janvier, la Première ministre a présenté les différentes mesures de sa refonte controversée du régime de retraites. Le recul de l'âge légal de départ de 62 ans actuellement, à 64 ans d'ici à 2030 sera couplé à un allongement de la durée de cotisation, qui interviendra plus rapidement que prévu : il faudra avoir cotisé quarante-trois ans dès 2027 au lieu de 2035 pour obtenir une pension de retraite à taux plein. Ce nouveau système actera par ailleurs « l'extinction des principaux régimes spéciaux ». Le minimum de pension sera relevé à 85 % du smic net, « soit près de 1 200 euros par mois dès cette année », pour les futurs retraités ayant une carrière complète, mais aussi pour ceux d'aujourd'hui. Un dispositif « carrières longues » sera préservé. Afin de favoriser le maintien au travail des seniors, le gouvernement veut créer un « index seniors ». Concernant le facteur pénibilité, les trois critères abandonnés en 2017 (port de charges lourdes, postures pénibles et vibrations mécaniques) devraient être réintégrés, sous réserve d'un examen médical. Les périodes de congés parentaux seraient désormais prises en compte. Selon le ministre de l'Économie, la réforme des retraites pourrait rapporter 17,7 milliards d'euros aux caisses des retraites d'ici à 2030 et pourrait créer 100.000 emplois d'ici à 2025. Selon ces calculs, l'exécutif disposera d'une cagnotte de 4,2 milliards d'euros pour financer des mesures d'accompagnement, dont quelque 3,1 milliards d'euros serviront à financer les départs en retraite anticipés pour inaptitude ou invalidité.Plus de deux tiers des Français (68 %) sont défavorables au report de l'âge légal, même à 64 ans, selon un sondage IFOP pour Fiducial. Dès l'annonce du plan, les dirigeants des huit grands syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU) ont appelé avec succès à une première journée de grève et de manifestation le 19 janvier. Les organisations syndicales sont opposées à tout relèvement de l'âge légal, estimant qu'il affecterait surtout les plus modestes, qui ont commencé à travailler tôt et ont déjà leurs trimestres à 62 ans. La droite, qui avait affirmé être prête « à soutenir une réforme » des retraites, à « quelques conditions », s'est dite « satisfaite d'avoir été entendue » par le gouvernement, notamment quant à la chronologie du report de l'âge de départ à la retraite et à la revalorisation des petites pensions. Le syndicat patronal Medef a salué « les décisions pragmatiques et responsables » tout en se disant « opposé au principe d'un index seniors ». Pour le leader de La France insoumise « la réforme Macron-Borne, c'est une grave régression sociale », tandis que le premier secrétaire du Parti communiste français a dénoncé un « projet brutal de recul de l'âge de départ en retraite ». La présidente du Rassemblement national a fait part de sa « détermination pour faire barrage » à la réforme « injuste » des retraites présentée par la Première ministre.***LA RELATION FRANCO-ALLEMANDE Ce dimanche à Paris, on célèbre le 60e anniversaire du Traité de l'Elysée, colonne vertébrale de la relation franco-allemande, signé le 22 janvier 1963 par le Général de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenauer pour sceller officiellement la réconciliation entre les deux pays. Cérémonie à la Sorbonne ce matin, suivie d'un Conseil des ministres franco-allemand à l'Élysée. Celui-là même qui avait été reporté fin octobre sur fond de dissensions bilatérales, et de glissement du cœur de l'Europe vers l'Est avec la guerre en Ukraine qui bouleverse l'équilibre du moteur franco-allemand.Les motifs d'incompréhension, voire de discorde, sont apparus depuis qu'Olaf Scholz a succédé à Angela Merkel en décembre 2021, notamment sur le prix du gaz, le nucléaire, le Système de combat aérien futur ou la défense antimissile européenne - pour laquelle Berlin prône une solution concurrente de celle de Paris. Emmanuel Macron n'a pas apprécié d'avoir été écarté de la visite du chancelier allemand à Pékin, le 4 novembre. Il n'a pas non plus été informé à l'avance de la mise en place d'un plan d'aide allemand de 200 milliards d'euros pour compenser la crise énergétique. Olaf Scholz reproche au président français d'avoir tué dans l'œuf le projet de gazoduc MidCat (Midi-Catalogne), soutenu par Berlin. En matière d'énergie, l'Allemagne a choisi une politique de transition vers le tout renouvelable, couplée au gaz, tandis que la stratégie française repose sur le nucléaire qu'Emmanuel Macron veut renforcer avec de nouveaux EPR. En août, à Prague, le chancelier a dessiné sa vision de l'Europe, comprenant de nombreux points de convergence avec celle d'Emmanuel Macron, mais sans mentionner une seule fois l'axe franco-allemand. Derniers incidents en date : Emmanuel Macron a annoncé la livraison de chars de combat légers à l'Ukraine le 4 janvier, sans crier gare, conduisant Berlin et Washington à sortir du bois avec la même annonce le lendemain, puis le 17 janvier, à Davos, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a détaillé la réponse de la Commission européenne à l'Inflation Reduction Act (IRA) américain, avec notamment la création d'un fonds commun pour soutenir les industries vertes et un assouplissement temporaire du cadre des aides d'Etat. Une solution défendue par Paris, mais critiquée par Berlin.Afin de rapprocher les points de vue, après Olaf Scholz, les partenaires de la coalition allemande ont été conviés pour la première fois à l'Élysée et Élisabeth Borne a pris le chemin de Berlin le 25 novembre. Un groupe de quelques Françaises et Français, dont le diplomate Maurice Gourdault-Montagne, et notre ami Matthias Fekl, a pris l'initiative de créer une Académie franco-allemande de Paris, comme il existe une Académie de Berlin depuis 2006.Il se murmure que le travail entamé à Paris en janvier pourrait aboutir à une visite d'État du président français en Allemagne l'été prochain.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Le Nouvel Esprit Public
L'état du système de santé / La guerre sans fin en Ukraine / n°280 / 15 janvier 2023

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Jan 15, 2023 64:08


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 13 janvier 2023.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Richard Werly, correspondant à Paris du quotidien helvétique Blick. L'ÉTAT DU SYSTÈME DE SANTÉMédecins généralistes et laboratoires d'analyses médicales se sont mis successivement en grève, alors que tous les acteurs du système de santé dénoncent le délitement de leurs conditions de travail et la mise en danger des malades. C'est dans ce contexte que le président de la République a présenté ses vœux le 6 janvier au personnel médical depuis le centre hospitalier de Corbeil-Essonnes, tout en présentant les grandes lignes de son plan santé. Emmanuel Macron, qui a érigé la santé en priorité de son second quinquennat, a annoncé de nombreuses mesures de réorganisation plutôt que des moyens financiers supplémentaires. Il n'a pas annoncé le doublement du tarif de la consultation de 25 à 50 euros réclamé par une partie des libéraux en grève, mais entend libérer du temps aux médecins pour leur permettre d'augmenter leur file de patients. D'une part en accélérant le déploiement des assistants médicaux, dont le nombre devrait passer de 4.000 aujourd'hui à 10.000 en 2023. D'autre part en encourageant et accélérant la délégation de tâches, jusqu'ici réservées aux médecins, à d'autres professionnels de santé (pharmaciens, kinés, sage-femmes, infirmières, etc.). Emmanuel Macron a promis que « les 600.000 patients avec une maladie chronique qui n'ont pas aujourd'hui de médecin traitant auront accès d'ici la fin de l'année à un médecin traitant ou à une équipe traitante ». Certains ont salué un « diagnostic clair », un « calendrier précis », l'« ouverture de perspectives », la « sortie du déni ». D'autres pointent l'« absence d'engagements chiffrés », un « flou sur les alternatives » ou sur la « méthode ».Selon un sondage Elabe, pour « Les Échos », Radio Classique et l'Institut Montaigne, à l'heure où la population de médecins vieillit et où quelque 6 millions de Français sont sans médecin traitant, une majorité de sondés (53 %) estiment que le système de santé fonctionne assez mal ou très mal (contre 22 % en juin 2021). Un sondé sur 10 dit n'avoir aucun accès à un médecin généraliste, un spécialiste ou un hôpital. Le sentiment d'un dysfonctionnement est plus marqué chez les habitants des communes rurales, des petites et moyennes agglomérations. Les habitants des grandes agglomérations sont plus partagés. Près de trois Français sur quatre (73 %) ont le sentiment que le système « s'est dégradé » ces dernières années. Même ceux qui disent n'avoir pas de problème pour se soigner ou ceux qui jugent que le système fonctionne bien parlent en majorité de dégradation. Le sentiment de dégradation se retrouve aussi bien chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (83 %) que ceux de Marine Le Pen (78 %) ou d'Emmanuel Macron (71 %). Il est aussi très fort chez les abstentionnistes (69 %). Interrogés sur les causes des problèmes actuels, les Français mettent en avant les manques tant de moyens des hôpitaux que de soignants, ainsi que les conditions de travail difficiles des soignants, pas assez bien payés. Le recours abusif aux urgences est aussi pointé du doigt (34 %). Près de trois Français sur quatre disent ne pas faire confiance à Emmanuel Macron et à son gouvernement pour régler les problèmes actuels du système de santé.***LA GUERRE SANS FIN EN UKRAINELa visite du président ukrainien à Washington, le 21 décembre, a permis à Kyiv de s'assurer du soutien américain, avec la promesse américaine de livrer aux Ukrainiens le système antiaérien Patriot. Le 10 janvier, l'UE et l'Otan se sont engagés à fournir aux Ukrainiens tous les moyens militaires nécessaires pour défendre leur pays. Des discussions sont prévues « la semaine prochaine » sur les types d'armes qui pourront être fournies, ont annoncé les dirigeants des deux organisations. Toutefois, la plupart des pays ont peu ou prou épuisé le soutien qu'ils pouvaient apporter à l'Ukraine, non pas en argent, mais en munitions. Les Ukrainiens tirent en moyenne 5.000 obus d'artillerie par jour. Or, les Américains produisent actuellement 14.000 obus par mois, à peu près autant que les Européens.Avec la frappe sur Makiivka, dans la nuit de la Saint-Sylvestre qui a fait chez les soldats russes 400 morts selon les Ukrainiens, 89 selon les Russes, la nouvelle année n'a pas commencé sous les meilleurs auspices pour Vladimir Poutine. Dans ce contexte, le scénario d'une nouvelle vague de mobilisation décrétée par le pouvoir russe n'a cessé de se renforcer. L'objectif pour Moscou serait de reprendre la main en 2023 sur un conflit qui lui échappe depuis bientôt onze mois. Exposant le plan que pourrait avoir en tête le président russe, le porte-parole du renseignement militaire ukrainien a affirmé le 7 janvier que « pas moins de 500.000 Russes » pourraient être enrôlés dans les forces armées à compter du 15 janvier. Y compris, cette fois, dans des grandes villes comme Moscou et Saint-Pétersbourg, moins touchées par la précédente vague de septembre.Alors que depuis six mois la Russie n'a plus conquis de ville, le 11 janvier, le patron de la milice Wagner, Evguéni Prigojine a annoncé la prise de la ville de Soledar voisine de Bakhmout dans l'oblast de Donetsk. Cette information n'a pas encore été confirmée par le Kremlin qui demeure prudent, laissant entendre que la commune n'était pas entièrement aux mains de son armée. Elle a été démentie par l'armée ukrainienne. Depuis le 17 mai, la ville de Bakhmout et sa région sont le théâtre de combats acharnés entre Russes et Ukrainiens.Mercredi, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir de nouveau remplacé le commandant de son offensive en Ukraine, au général Sourovikine – le général Armageddon- succède le chef d'état-major des armées, le général Valéri Guerassimov, celui qu'Armageddon avait remplacé il y a à peine 3 mois.Dans le Washington Post, le 7 janvier, deux Républicains « classiques », l'ancienne secrétaire d'État Condoleezza Rice et l'ancien secrétaire à la Défense Robert Gates, assuraient que le temps ne joue pas en faveur de Kyiv et que la patience stratégique est durablement installée à Moscou.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Le Nouvel Esprit Public
Si vous l'aviez manquée : De Gaulle, thématique avec Julian Jackson / n°278 / 1er janvier 2023

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Jan 1, 2023 61:15


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 15 novembre 2019.Avec cette semaine :Julian Jackson, historien britannique et biographe du général de Gaulle.Nicolas Baverez, essayiste et avocat.François Bujon de l'Estang, ambassadeur de France.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.« DE GAULLE » PAR JULIAN JACKSONJ'ai trouvé dans les mémoires du diplomate et journaliste libanais Salah Stétié cette appréciation sur le commandant de Gaulle, rédigée par le général de Bigault du Granrut lorsque de Gaulle quitta son poste au Liban : "Depuis deux ans que je peux l'apprécier dans les fonctions de Chef du 3ème Bureau de mon état-major, je n'ai cessé d'éprouver pour l'ensemble des qualités intellectuelles et morales qu'il possède une estime mêlée d'admiration. Sur la valeur guerrière je n'ai pas besoin d'appuyer, ses blessures, le reste de ses citations se passent de commentaires. J'insiste sur les mérites hors pair de ce soldat qui développe par un travail constant les qualités qu'il a conscience de posséder. Il sait d'ailleurs les faire apprécier avec discrétion, gardant en toutes circonstances une attitude réservée, empreinte d'une correction toute militaire. Beau soldat, ce sera un beau chef, qu'il y a intérêt pour le bien de son armée et de toute l'armée à pousser rapidement aux hautes situations où il donnera sa pleine mesure et ne décevra pas."2020 marquera un triple anniversaire : les 130 ans de la naissance de Charles de Gaulle, les 50 ans de sa disparition et les 80 ans de l'appel du 18 juin. Pour nous y préparer, c'est le citoyen d'un pays avec lequel le général a entretenu des rapports pour le moins contrastés, la Grande Bretagne. Professeur Julian Jackson, vous enseignez à Queen Mary, University of London, vous êtesun spécialiste de l'histoire de la France au XXe siècle. On vous doit notamment, « La France sous l'occupation 1940-1944 » aux éditions Flammarion et vouspubliez aux éditions du Seuil « De Gaulle. Une certaine idée de la France ouvrage salué par la critique britannique, américaine et française et couronné du Duff Cooper Prize.» Pour cette biographie, vous vous êtes appuyé sur de nombreux fonds documentaires, lettres, et livres, et sur les archives récemment ouvertes de la présidence de la Ve République, ainsi que de celles de Michel Debré.La personnalité rugueuse du Général constitue une donnée essentielle pour comprendre un itinéraire parfois chaotique. Courageux, déterminé, mais aussi colérique et ingrat, Charles de Gaulle parait un homme pétri de contradictions : « un soldat qui passa le plus clair de sa carrière à critiquer l'armée ; un conservateur qui s'exprimait souvent comme un révolutionnaire ; un homme de passion incapable, ou presque, d'exprimer des émotions » Si le général de Gaulle s'affirmait guidé par « une certaine idée de la France », vous montrez que cette idée était sujette à d'importantes variations selon une dialectique toute bergsonienne qui cherche « à établir l'importance de l'intuition par rapport à l'intelligence analytique, de l'élan vital contre la doctrine figée ».Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Si vous l'aviez manquée : la géopolitique des séries, thématique avec Dominique Moïsi / n°277 / 25 décembre 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Dec 25, 2022 57:53


Cette émission avait originellement enregistrée en public à l'Ecole alsacienne le 8 décembre 2019.Les invités de Philippe Meyer :Dominique Moïsi, géopolitiologue et auteur de La géopolitique des séries où le triomphe de la peur.Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. LA GÉOPOLITIQUE DES SÉRIES OU LE TRIOMPHE DE LA PEURAu lendemain du 11 septembre 2001, la géopolitique a envahi non seulement le réel mais aussi nos imaginaires. Les séries sont devenues des références politiques tout autant que culturelles. Par la force de leurs intuitions, les scénaristes ne sont-ils pas les meilleurs analystes du monde contemporain ? Que perçoivent-ils de nos sociétés ? Avant tout la peur, répond Dominique Moïsi dans son ouvrage « La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur ». La peur de la barbarie et le triomphe du chaos avec Game of Thrones, (Le Trône de fer), la peur de la fin de la démocratie avec House of Cards, (Le Chateau de cartes) celle du terrorisme avec Homeland, celle d'un ordre du monde qui disparait dans Downton Abbey, enfin la peur de la menace russe avec Occupied (Envahis).Foreign Policy s'était amusée à transposer le monde fantastique de Game of Throne ou la fascination du chaos, dans le Moyen-Orient d'aujourd'hui. Ainsi les Lannister sont l'Arabie saoudite, la Maison Stark les mouvements d'opposition qui ont brièvement accédé au pouvoir au lendemain des « printemps arabes » ; la Maison Barathéon représente les autocrates… Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, la réalité a dépassé la fiction. Ce n'estplus Winter is coming, mais Winter has come. Et comme dans la série, on peut craindre qu'il ne dure très longtemps.Dans Downton Abbey, Dominique Moïsi analyse la nostalgie de l'ordre. La série débute en 1912. Un monde s'apprête à être bouleversé. Cette saga familiale aurait pu s'appeler « Le déclin de la famille Crawley ». La problématique de Homeland – et si l'ennemi venait de l'intérieur, et s'il était nous ? – a pris une crédibilité plus grande aux lendemains des attentats de Londres en 2005, des assassinats de Toulouse en 2012, de Paris en 2015, de Fort Hood et de San Bernardino aux Etats-Unis…House of Cards, décrit la fin du rêve américain et la montée des populismes, avec à l'époque de la diffusion de la série, les premiers succès flatteurs de Donald Trump, lors de la campagne pour les primaires du Parti. House of Cards traduit une perte de confiance généralisée à l'égard des élites.Dans Occupied, on retrouve croisées toutes les peurs de notre temps, du réchauffement climatique à la crise du modèle démocratique encouragée par des dirigeants médiocres. De la montée de la peur face à la Russie de Poutine, surtout depuis sa gestion de la crise ukrainienne, au discrédit relatif ou absolu dans lequel sont tombés l'Union européenne et les Etats-Unis d'Amérique au cours de ces dernières années.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Coupe du monde de football / Stratégie énergétique de la France / n°275 / 11 décembre 2022

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Play Episode Listen Later Dec 11, 2022 60:21


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 9 décembre 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.COUPE DU MONDE DE FOOTBALLLa Coupe du monde de football, organisée du 20 novembre au 18 décembre au Qatar a soulevé à travers le monde différents griefs à l'encontre du pays accueillant l'un des rendez-vous sportifs les plus suivis à l'échelle de la planète : soupçons de corruption dans le processus d'attribution, négation des droits humains, désastre écologique…A l'heure du dérèglement climatique, les matches se déroulent dans des stades climatisés et les huit stades auraient déjà émis 644.000 tonnes de CO2. Le Qatar, deuxième exportateur mondial de gaz naturel, a bâti pour 200 milliards de dollars d'infrastructures qui s'inscrivent dans le plan de développement du pays à l'horizon 2030. L'émirat est accusé de violations des droits humains, et une enquête du Guardian parue début 2021 a avancé le chiffre de 6.500 décès de travailleurs étrangers sur les chantiers. Les rapports émis par des organismes comme Amnesty International, pointent également les discriminations subies au Qatar par les femmes et la communauté LGBTQIA. Un sondage YouGov commandé par Amnesty International établit que 67 % des 17.477 sondés - originaires d'Europe, d'Amérique centrale et latine, des États-Unis et du Kenya - souhaitaient que leurs fédérations nationales respectives s'expriment publiquement sur la question des droits humains liés au Mondial au Qatar.En France, alors que les Bleus défendent leur titre dans l'émirat, la plupart des grandes villes métropolitaines, comme Paris, Lille ou encore Marseille, ont renoncé à diffuser les matchs en public sur des écrans géants. Une décision prise aussi par de nombreuses communes outre-Rhin.Très présentes en Europe, les critiques à l'encontre du pays hôte du Mondial ont toutefois moins d'écho ailleurs. A Doha, ces polémiques sont vécues comme du « Qatar Bashing ». Raphaël Le Magoariec, qui étudie la géopolitique du Golfe par le prisme de la diplomatie du sport, observe que « les Qataris n'ont jamais fait mystère du fait que cette Coupe du monde ne s'adresse pas de prime abord aux Occidentaux. Elle a été organisée pour un public arabe et asiatique. » Un haut fonctionnaire de la région abonde : « Il était temps que le monde arabe ait lui aussi sa Coupe du monde, non ? C'est une question de fierté. »Pour rendre compte de l'événement, les conditions d'accréditation des médias interdisent aux télévisions étrangères d'interviewer les gens chez eux ou de filmer les logements, comme ceux qui hébergent les travailleurs migrants. Les équipes sont uniquement autorisées à filmer l'espace public dans trois lieux de Doha : la corniche, le front de mer et le quartier cossu de West Bay.***STRATÉGIE ÉNERGÉTIQUE DE LA FRANCELa sortie du Covid-19, la guerre en Ukraine et l'indisponibilité d'une partie du parc nucléaire français, ont provoqué l'explosion des prix de l'énergie. Ils ont plus que triplé en un an pour l'électricité et le gaz, et sont en hausse de près de 15 % pour le baril de brut. Ces augmentations ont conduit l'exécutif à multiplier les dispositifs de soutien aux ménages depuis l'automne 2021, comme l'ont fait les autres grands pays européens, et à chercher de nouvelles sources d'approvisionnement. Conçues comme des mesures d'urgence, ces aides n'ont cessé d'être élargies et prolongées à grand renfort d'argent public, sans qu'il soit possible de prédire quand s'achèvera la crise. Gel du prix du gaz, bouclier tarifaire pour contenir le prix de l'électricité, ristournes à la pompe pour les automobilistes, chèque énergie, indemnité inflation, aides diverses pour les entreprises… La facture totale dépasse les 110 milliards d'euros pour 2021, 2022 et 2023.A la mi-novembre, le gestionnaire du réseau électrique RTE a alerté sur un risque « élevé » de tensions, en janvier 2023, dû à la maintenance prolongée de réacteurs nucléaires. Le gouvernement a alors dévoilé les premières lignes de son plan pour éviter un « black-out », une panne généralisée. Matignon a enjoint aux préfets d'anticiper et de préparer la population, les entreprises et les administrations à ces coupures afin d'en limiter les inconvénients. 60% de la population pourrait être concernée, mais aucun site critique ni client prioritaire. Les sites essentiels à la continuité de la vie de la nation – hôpitaux, casernes de pompiers, gendarmeries et commissariats, prisons, bases militaire – ne seront pas privés d'électricité. Les quelque 4.000 personnes à haut risque vital seront recensées pour assurer leur suivi médical. Dans tous les cas, les coupures auraient lieu aux moments des pics de consommation, entre 8h et 13h le matin, et entre 18h et 20h le soir. Les écoles délestées n'ouvriront pas en matinée. Trains et métros pourront être supprimés pour éviter le blocage en pleine voie. Pour les urgences, il sera recommandé de privilégier le 112. Une cartographie complexe des zones blanches où les antennes téléphoniques relais seraient coupées est en cours de réalisation. « On n'est pas dans un film catastrophe », a voulu rassurer Olivier Véran, en ajoutant toutefois que les feux de signalisation s'arrêteront de fonctionner par endroits, et qu'« il n'est pas impossible qu'on ne puisse pas retirer du cash ». Le 3 décembre, le président français a invité les Français à ne « pas paniquer » face aux menaces de coupures électriques cet hiver. Elles pourraient être évitées, dit-il, si consommateurs et entreprises parviennent à réduire la consommation de 10 %, comme le prévoit le plan du gouvernement. Si délestages il y a, ils tomberont au moment où les Français verront leur facture d'électricité et de gaz augmenter de 15 %.Dans toute l'Europe, le risque de black-out est bien réel cet hiver et les consommateurs sont appelés à la sobriété.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Brouille franco-allemande / Transition écologique : quel pilote quelles étapes ? / n°269 / 30 octobre 2022

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Play Episode Listen Later Oct 30, 2022 65:51


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 28 octobre 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. BROUILLE FRANCO-ALLEMANDEA trois mois du soixantième anniversaire du traité de l'Élysée, qui a scellé la réconciliation entre la France et l'Allemagne, et jeté les bases de la coopération entre les deux pays, les relations bilatérales entre Paris et Berlin sont au point bas. Les sujets de discorde se sont accumulés ces dernières semaines, poussant au report inopiné à janvier 2023 du conseil des ministres franco-allemand prévu à Fontainebleau le 26 octobre, le premier depuis l'accession du dirigeant social-démocrate Olaf Scholz au pouvoir. Il s'agit d'une décision sans précédent depuis l'institution de ces rendez-vous annuels instaurés en 2003 par Jacques Chirac dans le cadre du traité de l'Élysée. Une annulation symptomatique d'un « dialogue dysfonctionnel », estime Éric-André Martin, secrétaire général du Comité d'étude des relations franco-allemandes. La liste des différends qui secoue le « couple » franco-allemand mais qu'on appelle ainsi seulement du côté français, est aujourd'hui très longue.Dans la défense, plusieurs projets communs font du surplace, qu'il s'agisse de l'avion du futur ou de la prochaine génération de chars. Le projet de bouclier antimissiles conduit par l'Allemagne au sein d'un groupe de 14 pays dont les États-Unis et Israël, mais sans la France qui mène le sien propre, a tendu encore un peu plus les relations. Dans l'énergie, au nom de la défense des mécanismes du marché, Berlin bloque sur le principe d'un plafonnement du prix du gaz poussé par la France, tandis que Paris ne veut pas entendre parler d'un projet de gazoduc reliant l'Espagne au reste de l'Europe pour alimenter l'industrie allemande. Sur le plan économique, la France n'a pas apprécié que le chancelier allemand annonce sans prévenir un plan de soutien à son économie de 200 milliards d'euros, interprété comme une remise en question des principes de concurrence au sein de l'Union européenne. Paris est également agacé par le refus allemand d'un financement communautaire des dépenses énergétiques de l'UE, qui serait analogue au fonds de relance mis en place naguère par Angela Merkel et Emmanuel Macron dans le cadre de la pandémie de Covid-19. Même le rythme de la construction européenne fait l'objet de débats. Quand Berlin défend un élargissement vers l'est, Paris plaide pour un approfondissement de l'intégration, sans craindre une Europe à plusieurs vitesses. La guerre en Ukraine est en train de modifier les équilibres en Europe, déplaçant son centre de gravité vers l'est.En conséquence, seule une entrevue restreinte entre le président Emmanuel Macron et le chancelier Olaf Scholz a finalement été organisée à Paris, le 26 octobre. A l'issue, la France et l'Allemagne ont salué un « dialogue constructif » malgré l'annulation de la conférence de presse commune. L'Élysée a ajouté que la rencontre avait conduit à la mise en place de groupes de travail en matière d'énergie, de défense et d'innovation.***TRANSITION ÉCOLOGIQUE : QUEL PILOTE QUELLES ÉTAPES ?Candidat à sa réélection, Emmanuel Macron avait promis « mon second mandat sera écologique ou ne sera pas ». Ancienne ministre de la Transition écologique, la Première ministre a présenté le 21 octobre la méthode du gouvernement pour « planifier » la transition écologique. « Un défi immense » souligne-t-elle, alors que « nous devons faire en huit ans plus que ce que nous avons fait en trente-deux ans ». Pour atteindre les objectifs de sortie des énergies fossiles, de réduction de 55 % de nos émissions de gaz à effet de serre dès 2030 et de neutralité carbone en 2050, Elisabeth Borne appelle à une mobilisation générale, sous la bannière « France nation verte ». Elle se déclinera à travers vingt-deux chantiers, allant du transport au logement, en passant par la façon de produire, de consommer, mais aussi par la préservation de la biodiversité et des écosystèmes. Ils feront chacun l'objet d'un « plan d'actions ». Aux ministres en charge d'engager des concertations avec les acteurs économiques et politiques concernés avant mi-novembre, pour aboutir d'ici la fin de l'année à des feuilles de routes de la transition. Indicateurs, tableaux de bord et rendez-vous réguliers doivent permettre de suivre l'avancement des différents chantiers. Grâce à un site Internet on pourra connaître l'avancement des mesures à partir de la fin de l'année. Certaines ont déjà été lancées, comme le plan sobriété ou le projet de loi sur les énergies renouvelables qui doit venir en débat le 31 octobre au Sénat. Les milliards investis, dans la rénovation thermique des bâtiments, dans le plan vélo, dans l'hydrogène, étant déjà connus, la Première ministre a tracé de grandes lignes sans rentrer dans le détail des mesures : développement des véhicules électriques, du train, de l'avion bas carbone, du recyclage, d'une nouvelle gestion de l'eau, de l'hydrogène, de l'isolation des bâtiments, des investissements verts...Parallèlement, le gouvernement prévoit sept chantiers « transversaux » : financements, accompagnement social, emplois, sobriété, exemplarité des services publics et planification territoriale. Ces « chantiers » seront pilotés directement depuis Matignon, sous l'égide du Secrétariat général à la planification écologique créé fin mai et dirigé par Antoine Peillon. Afin de plancher sur les mesures, le gouvernement s'appuiera sur un Conseil national de la refondation climat et biodiversité - un organe supplémentaire de consultation lancé le 21 octobre - regroupant des représentants de la société civile et des secteurs économiques. À terme, il devrait se décliner à l'échelon territorial. Etat, collectivités locales, entreprises et ménages, tous doivent apporter leur contribution et faire converger leurs efforts.Les plans climat dont s'est déjà dotée la France s'enchaînent : après la stratégie nationale bas carbone, le plan national d'adaptation au changement climatique, bientôt la loi de programmation énergie climat qui doit être adoptée d'ici juillet 2023.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

TẠP CHÍ TIÊU ĐIỂM
Paris – Berlin rạn nứt : Do chiến tranh Ukraina hay vì Pháp suy yếu ?

TẠP CHÍ TIÊU ĐIỂM

Play Episode Listen Later Oct 27, 2022 10:35


Cuộc chiến Ukraina do Nga tiến hành đang làm xáo trộn quan hệ Pháp – Đức. Hai quốc gia được cho là cặp bài trùng đầu tầu của Liên Hiệp Châu Âu thời gian qua đã có những bất đồng, thậm chí cạnh tranh chiến lược trong nhiều lĩnh vực từ năng lượng, quốc phòng đến thương mại. Nhưng cuộc chiến này còn làm lộ rõ thế suy yếu của Pháp trước một nước Đức ngày càng có tham vọng khẳng định vai trò lãnh đạo châu Âu. Bữa ăn trưa làm việc giữa tổng thống Pháp Emmanuel Macron và thủ tướng Đức Olaf Scholz tại điện Elysée ngày 26/10/2022 khó thể che giấu được những bất đồng sâu sắc giữa hai nước trong những ngày gần đây. Cuộc gặp này diễn ra sau việc Paris hoãn vô thời hạn cuộc họp Hội đồng các bộ trưởng Pháp – Đức, dự kiến diễn ra ngày 26/10 tại lâu đài Fontainbleau, ngoại ô Paris. Hầu hết giới chuyên gia tại Pháp đều có chung nhận định : Cuộc chiến tại Ukraina đã làm bùng nổ các căng thẳng, làm bất ổn châu Âu và đẩy nước Đức đi theo chiến lược « Germany First », nhằm khắc phục những hậu quả do mô hình chiến lược mà Đức áp đặt từ bao lâu nay và được dựa trên ba yếu tố : Phụ thuộc vào khí đốt của Nga, phụ thuộc vào thị trường xuất khẩu Trung Quốc và phụ thuộc an ninh vào Mỹ. Ba điểm bất đồng hay cạnh tranh chiến lược ? Chiến tranh Ukraina do Nga phát động đã làm lộ rõ những yếu kém của mô hình này, khiến nền kinh tế Đức lao đao. Berlin tìm mọi cách hạn chế tính dễ tổn thương của họ và cứu vãn các lợi ích của họ bằng mọi giá, bất chấp nguy cơ ảnh hưởng đến các đối tác, đặc biệt là Pháp. Nếu như danh sách các bất đồng giữa hai nước ngày một dài, thì ít nhất có ba lãnh vực đang đẩy cặp đôi Paris – Berlin ngày một rời xa nhau. Thứ nhất, trong lĩnh vực năng lượng. Pháp chỉ trích Đức, bên phải chịu trách nhiệm đầu tiên trong việc Nga có thể gia tăng áp lực về cung cấp khí đốt cho châu Âu, là đã tìm cách cản trở biện pháp áp giá trần khí đốt, cải cách thị trường điện và tách rời giá điện với giá khí đốt, và cùng lúc tiếp tục một chiến lược bền bỉ "phá hoại" ngành điện hạt nhân. Trong hồ sơ năng lượng này, Pháp và Đức còn đối đầu nhau trong dự án đường ống dẫn khí đốt nối Đức và Tây Ban Nha, băng qua lãnh thổ Pháp. Thứ hai, Paris trách Berlin có hành động « đơn thương độc mã » khi tuyên bố chi 200 tỷ euro để hỗ trợ nền kinh tế mà không thông báo trước cho Pháp và các đối tác khác, vốn dĩ chủ trương một hình thức đối phó chung với các cuộc khủng hoảng năng lượng. Tuy nhiên, Nicolas Baverez, một cây bút bình luận cho báo Pháp Le Figaro, trên đài Europe 1 cho rằng khó thể chỉ trích Đức vì đó là chuyện bảo vệ các lợi ích quốc gia: « Đức bảo vệ các lợi ích của mình, nhưng điều đó cũng không cấm cản Đức nghĩ đến tình liên đới. Nước Đức sẽ nghĩ đến điều này khi họ không có chọn lựa nào khác, khi họ nhận ra rằng điều đó thật sự cũng nằm trong lợi ích của Đức. Chẳng hạn như cuộc khủng hoảng đồng euro, Đức đã phản đối tình liên đới cho đến lúc họ nhận thấy là, nếu cứ để như thế, thị trường to lớn châu Âu có nguy cơ tan vỡ và đây cũng sẽ là một vấn đề cho ngành công nghiệp của Đức. Điều này cũng tương tự cho cuộc khủng hoảng dịch tễ, cho kế hoạch chấn hưng kinh tế mà Đức rồi cũng đã đổi ý và chấp nhận khoản nợ 750 tỷ euro của Liên Âu, khi Berlin hiểu ra rằng Roma không thể tự cứu mình, tương tự cho cả vùng Nam Âu. Nếu Nam Âu sụp đổ, cả châu Âu và nền thị trường lớn sẽ sụp đổ theo. » Về điểm này, nhà nghiên cứu, cố vấn về Đức, Alexandre Robinet-Borgomano, Viện Montaigne, trên đài truyền hình quốc tế France 24, giải thích những điều nghịch lý, phản ảnh một cách nhìn khác về biện pháp kinh tế này của Đức. « Từ khoảng một chục năm nay, người ta chỉ trích Đức là không đầu tư đầy đủ, không theo trường phái Keynes, không hậu thuẫn kinh tế qua đầu tư công, bởi vì ngày nay chúng ta hiểu rằng chính sách theo mô hình Keynes không phải là một chính sách theo đó phải bơm tiền công vào nền kinh tế, mà đó là một chính sách trước hết là phản chu kỳ, dùng các khoản thặng dư trong giai đoạn tăng trưởng để đưa chúng trở lại vào nền kinh tế trong giai đoạn suy thoái. Nước Đức sau 16 năm bình ổn, thịnh vượng, giờ đang bước vào thời kỳ khó khăn chưa từng thấy và nước Đức có một ngân sách dồi dào đủ để cứu vãn kinh tế đất nước. » Điểm thứ ba gây căng thẳng lớn cho trục Pháp – Đức chính là quốc phòng. Sau thông báo 100 tỷ euro tái vũ trang cho quân đội Đức, thủ tướng Olaf Scholz, trong bài diễn văn tại Praha, thủ đô Cộng hòa Séc, bất ngờ đưa ra dự án lá chắn tên lửa với 14 nước châu Âu, trong đó có Anh Quốc và các nước vùng Baltic, với sự hỗ trợ kỹ thuật từ Mỹ và Israel mà không có nước Pháp, vốn cũng có một hệ thống phòng không địa đối không. Paris cảm thấy bực bội vì Berlin không một lời đả động đến các dự án quốc phòng chung châu Âu mà ông Macron xúc tiến từ nhiều năm qua. Với nhiều nhà quan sát, sự kiện này xem như đặt dấu chấm hết cho chương trình hợp tác quốc phòng chung về các loại xe tăng và chiến đấu cơ cho tương lai giữa hai nước. Cũng tại Praha, ông Olaf Scholz còn nói đến một châu Âu mở rộng từ 30 nước thành viên như hiện nay lên thành 36 nước, được điều hành theo đa số. Với ông Pierre Lellouche, cựu nghị sĩ, quốc vụ khanh đặc trách đối ngoại dưới thời chính phủ tổng thống Nicolas Sarkozy, khi đưa ra tầm nhìn này, nước Đức có tham vọng củng cố vai trò lãnh đạo hàng đầu tại châu Âu, khi tìm cách dựa vào các nước vệ tinh xung quanh như các quốc gia Trung Âu, các nước vùng Baltic và các nước Bắc Âu, trước một nước Pháp bị cô lập và một vùng Nam Âu bị gạt ra bên lề. Trên kênh truyền hình France 24, Pierre Lellouche giải thích : « Hiện nay có một sự khẳng định vai trò lãnh đạo của Đức. Một ý định lãnh đạo chính trị tại châu Âu mà Đức muốn mở rộng thêm cho 8 hay 10 nước nữa, nhất là cho tất cả các nước vùng Balkan với một cách vận hành theo kiểu Đức, nghĩa là theo đa số, cho phép Đức cùng với vô số các nước nhỏ xung quanh giữ ưu thế đúng như những gì nhà báo Jacques Bainville từng dự báo ngay sau khi ký kết hiệp ước Versailles năm 1919. Nghĩa là người ta trở về với thế cân bằng một nước thống trị một chuỗi các nước nhỏ hơn xung quanh, dĩ nhiên phụ thuộc vào sự che chở an ninh của Mỹ, như các nước vùng Baltic, Ba Lan và Đức thì áp đặt mô hình. Hệ quả là Pháp hoàn toàn bị gạt ra khỏi hệ thống. » Pháp và những sai lầm chiến lược kinh tế Thế nhưng thái độ kiên quyết bảo vệ các lợi ích và mô hình « trọng thương » của Berlin còn được nuôi dưỡng bởi sự yếu kém của Pháp, ông Nicolas Baverez cay đắng nhận xét. Nhiều nhà phân tích chỉ trích Paris ngây thơ không biết bảo vệ các lợi ích của mình. Nhận định này, một lần nữa, đã bị ông Nicolas Baverez trên đài Europe 1 phản bác. « Bởi vì Pháp đã bị suy yếu đáng kể, và nước Pháp đang trong tình trạng lệ thuộc vào Đức. Ở đây chúng ta có một mối tương quan lực lượng về kinh tế. Cách biệt về giầu có giữa người Pháp và Đức là 15%.  Đức có thể chi ra 200 tỷ euro bởi vì nợ công của họ chỉ ở mức 70%  GDP, trong khi của Pháp lên đến 112,5%. » Cũng theo ông Nicolas Baverez, nền kinh tế Pháp hiện nay trong một tình trạng thảm hại, tăng trưởng kinh tế 0%, trong khi thâm hụt thương mại lên đến 155 tỷ euro. Nếu gộp hết các khoản nợ công, nợ tư nhân và nợ các hộ gia đình, tổng nợ của Pháp chiếm đến 350% của GDP, cao hơn rất nhiều so với nợ của Đức. Đây cũng chính là điều mà nước Đức, từ nhiều đời chính phủ qua, vẫn luôn chỉ trích Paris là « buông thả », không tuân thủ nghiêm ngặt các cam kết về ngân sách. Theo Pierre Lellouche và Nicolas Baverez, nước Pháp trong một thời gian dài đã có những sai lầm trong các chính sách về kinh tế. Các nhà lãnh đạo Pháp đã chọn con đường phi công nghiệp hóa đất nước, làm biến mất nhiều lĩnh vực được cho là thế mạnh của Pháp – từ nông nghiệp, sản xuất xe ô tô, cho đến năng lượng, thay vào đó là mô hình tăng trưởng nhờ tiêu thụ. Hệ quả là ngày nay, uy tín của Pháp tại châu Âu sụt giảm theo với đà suy yếu kinh tế. Pierre Lellouche nhận định : « Trong phát biểu của ông Macron, người ta thấy có một thiện chí tiếp tục theo đuổi đường hướng được tướng De Gaulle, các đời tổng thống Pompidou, Giscard d'Estaing hay Mitterand vạch ra từ lâu. Ý tưởng đưa ra là xây dựng xung quanh cặp đôi Pháp – Đức một liên minh chính trị sao cho khối này có thể trụ vững giữa các cường quốc Mỹ, Nga và Trung Quốc. Đó cũng chính là mục tiêu đối ngoại của Pháp. Nhưng người ta cũng nhận thấy rằng, để cho ý tưởng này có thể thực hiện thì thế mạnh về kinh tế giữa Pháp và Đức phải tương quan với nhau. Chỉ có điều cách biệt tương quan này giữa hai nước từ 15 năm qua ngày càng lớn. Nước Pháp ngày nay chẳng có gì để xuất khẩu cả. Chính tình trạng phi công nghiệp hóa đã làm ngành thương mại của Pháp bị suy sụp, trong khi nước Đức vẫn tiếp tục chăm chút cho ngành xuất khẩu của mình. Với một sự cách biệt ngày càng lớn, cho dù chúng ta có là cường quốc hạt nhân, có mạnh hơn chăng về mặt quân sự thì điều đó cũng chưa đủ để bù đắp. Vào lúc thủ tướng Scholtz tuyên bố chi ra 100 tỷ euro để tái vũ trang cho Đức, biến Đức thành cường quốc quân sự hàng đầu tại châu Âu, mối quan hệ giữa hai nước còn tồi tệ hơn nữa » Trong cuộc tranh luận trên đài France 24, Pierre Lellouche có nhắc lại một công thức do vị tổng thư ký NATO đầu tiên Hastings Lionel Ismay đưa ra : « To keep the Soviet Out, The US In and the German Down. – Phải giữ Liên Xô ở xa, Đưa nước Mỹ vào, và Khống chế nước Đức ». Trong bối cảnh hiện nay, công thức này phải chăng đã lỗi thời ?

Deux heures d'info avec Nikos Aliagas
Dimitri Pavlenko avec Patrick Timsit et Nicolas Baverez

Deux heures d'info avec Nikos Aliagas

Play Episode Listen Later Oct 26, 2022 104:02


Deux heures de direct à l'écoute de celles et ceux qui font le monde : le raconter, le décrypter et l'analyser pour donner des clés de lecture et de compréhension aux auditeurs.

Le Nouvel Esprit Public
Thématique : le Royaume-Uni dans la tourmente / n°266 / 9 octobre 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Oct 9, 2022 60:58


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 29 septembre 2022.Avec cette semaine :Pauline Schnapper, professeure à la Sorbonne Nouvelle.Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.LE ROYAUME-UNI DANS LA TOURMENTE Avec la mort de la reine Elizabeth II, la Grande-Bretagne a perdu un symbole majeur de son unité. Au terme de dix jours de deuil national, le Royaume s'est éveillé avec une Première ministre novice et déjà mal-aimée, héritière d'un Boris Johnson qui est passé, en trois ans seulement, d'un triomphe électoral à une démission forcée en juin dernier. Les critiques sur sa gestion de la crise sanitaire, le « Partygate » ou encore les premières conséquences désagréables d'un Brexit dur, auront eu raison de l'ancien maire de Londres, lâché par les siens. La tâche qu'il lègue à son héritière, la très libérale Liz Truss, s'annonce donc considérable à l'image tant de la chute de la livre que du tollé a provoqué par le projet de déporter les demandeurs d'asile au Rwanda, le temps de traiter leur dossier. L'inflation qui frappe durement le pays met en avant les inégalités profondes d'un Royaume qui a vu la décrépitude de ses services publics depuis les années 70. En témoigne l'état du système de santé, la NHS, si chère aux Britanniques, qui s'est retrouvée au bord de l'implosion durant la crise sanitaire, faute de financements et de main d'œuvre étrangère. Le climat social est particulièrement tendu. Les coûts de l'énergie et les conditions de travail ont poussé récemment les cheminots et le personnel soignant dans la rue. Certains Britanniques se retrouvent déjà dans l'incapacité de payer leurs factures énergétiques tandis qu'un mouvement citoyen appelle à ne pas les régler, en signe de protestation. Une fronde dont le Labour de Keir Starmer ne parvient pas pour l'instant à tirer pleinement profit. Les échecs des Tories et les complications post-Brexit ont alimenté les mouvements nationalistes et indépendantistes du Royaume. Une Ecosse qui avait voté à 62% pour rester dans l'UE en 2016, a vu la nette victoire du Scottish National Party de Nicola Sturgeon et de ses alliés aux élections générales de 2019. Depuis les tensions demeurent grandes entre Londres et Édimbourg, notamment autour de la question de la tenue d'un nouveau referendum sur l'indépendance promis pour fin 2023 par les indépendantistes, mais désavoué par le 10 Downing Street. De même, les contrôles douaniers en mer d'Irlande ont contribué à la victoire historique du parti nationaliste irlandais Sein Fein devant les unionistes du DUP.Depuis la sortie de l'UE, c'est aussi une nouvelle place internationale qui est en jeu pour le Royaume-Uni, dont le PIB est désormais inférieur à celui de l'Inde. Le projet « Global Britain » présenté par Boris Johnson dès 2020, défend la vision d'une puissance britannique mondiale. Londres a déjà été récompensé de sa fidélité atlantiste avec la place prépondérante qu'elle tient dans l'alliance militaire AUKUS avec les Etats-Unis et l'Australie. Le gouvernement britannique s'est également aligné sur la position américaine en soutenant rapidement et massivement l'Ukraine. “Global Britain” veut aussi s'appuyer sur un Commowealth fort et soudé, défi que la disparition de la reine ne rend pas plus aisé. Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Le Nouvel Esprit Public
Bada # 157 : Les questions du public (guerre en Ukraine et futur budget) / 5 octobre 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Oct 5, 2022 31:55


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l'École alsacienne le 2 octobre 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Guerre en Ukraine, après l'annexion de quatre régions / Peut-on dépenser sur tous les fronts ? / n°265 / 2 octobre 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Oct 2, 2022 66:09


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l'École alsacienne le 2 octobre 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit. GUERRE EN UKRAINE, APRÈS L'ANNEXION DE 4 RÉGIONS Face aux succès de la contre-offensive ukrainienne, notamment entre Kharkiv et Izioum, ces dernières semaines, Vladimir Poutine a choisi l'escalade. Après avoir annoncé la tenue de référendums dans quatre régions ukrainiennes contrôlées par Moscou en Ukraine, après avoir décrété le 21 septembre la « mobilisation partielle » des réservistes de son armée, entre 300.000 et 1 million d'hommes selon les sources - une initiative sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale – le président russe a de nouveau procédé à un chantage nucléaire.L'appel à la mobilisation a provoqué un vent de panique en Russie : des manifestations contre l'appel sous les drapeaux se sont déroulées dans une quarantaine de villes du pays, notamment au Daguestan, dans le Caucase, l'une des régions ayant payé le plus fort tribut à la guerre en Ukraine en hommes tombés au front. Plusieurs centres d'appel sous les drapeaux à Nijni-Novgorod, Orenbourg et Saint-Pétersbourg, ont été incendié. Plus de 2.400 personnes ont été arrêtées depuis l'annonce de la mobilisation. Des milliers de jeunes Russes se sont rués dans les aéroports et aux frontières pour tenter d'échapper à l'enrôlement. Cette nouvelle vague d'exode a déferlé sur les pays voisins, telle la Géorgie, avant que certains ne ferment leurs frontières, à l'exemple de la Finlande et des pays Baltes. Le Kazakhstan a indiqué mardi que 98.000 Russes avaient déjà trouvé refuge sur son territoire.Les scrutins ont été organisés en urgence du 23 au 27 septembre, dans les régions de Zaporijjia, Kherson, Louhansk et Donetsk. Mardi, les autorités prorusses revendiquaient la victoire avec 93%, 87%, 98% et 99% de « oui » à l'annexion à la Russie. Les fraudes et les pressions ont été patentes : les agents électoraux se sont déplacés au domicile des électeurs, accompagnés de soldats ; les bureaux de vote, également placés sous haute surveillance, ne disposaient souvent pas d'isoloirs. Qualifiés de « mascarades » par Paris et de « simulacres » par l'Ukraine, ils ont suscité de la réprobation jusqu'à Pékin et Ankara.Vendredi Poutine a officialisé l'annexion des quatre régions ukrainiennes et promis de les défendre « par tous les moyens possibles » tout en se disant prêt à retourner à la table des négociations. Il s'est ensuite livré à une diatribe non plus contre Kiev mais contre l'Occident tout entier, accusant les Etats-Unis et l'Union européenne d'être des puissances « russophobes », « haïssant la vérité » et « colonisatrices », qui imposent un « diktat sur le monde » en usant de « racisme », de « barbarie » et même de « satanisme ».Peu après, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que son pays était candidat à rejoindre au plus vite l'Otan. Pour Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie-Nouveaux Etats indépendants, à l'Institut français des relations internationales, « le risque d'une confrontation potentielle directe entre la Russie et l'OTAN n'a jamais été si élevé ».***PEUT-ON DÉPENSER SUR TOUS LES FRONTS : DÉFENSE, ÉCOLOGIE, ÉDUCATION, SANTÉ ? Le 26 septembre, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a présenté un budget 2023 de « protection » et de « plein emploi », calculé « à l'euro près ». Le projet de loi de finances entérine une hausse de 24 milliards des crédits ministériels et une augmentation des effectifs de l'État de plus de 10.000 postes l'an prochain. Le bouclier tarifaire sera reconduit en 2023, mais les particuliers devront encaisser une augmentation de 15 % des factures de gaz et d'électricité.Le ministère du Travail et de l'Emploi en passant de 14,5 à 20,7 milliards d'euros, bénéficie de la hausse de crédits la plus importante. Ses effectifs devraient aussi gonfler d'un millier de personnes. L'éducation voit son budget renforcé et passe de 56,5 milliards d'euros à 60,2 milliards. Avec la dégradation spectaculaire de l'équilibre international, le budget des armées a été augmenté de 3 milliards et atteindra 43,9 milliards d'euros. Le ministère de l'Agriculture sera doté d'un budget de 5,987 milliards d'euros, en hausse de plus de 20%. Dans ce budget qui fait la part belle aux ministères régaliens, celui de la Justice voit sa dotation passer de 8,9 à 9,6 milliards d'euros. Cette augmentation s'explique principalement par le recrutement de 2.300 personnels supplémentaires. Le budget 2023 du ministère des Outre-mer est en hausse de 11%, atteignant les 2,4 milliards d'euros de crédits budgétaires, avec notamment une augmentation des crédits du service militaire adapté. Avec la création de 3.100 postes supplémentaires, le ministère de l'Intérieur est celui qui enregistrera la plus grande hausse d'effectifs en 2023. Le budget alloué aux « Sécurités » passe ainsi de 14,7 à 15,8 milliards d'euros. Les quelques rares ministères perdants sont celui de l'Économie qui voit ses crédits passer de 4,1 à 3,7 milliards d'euros et la suppression de 508 postes ; le budget du ministère des Anciens combattants passe, lui, de 2,1 à 1,9 milliard d'euros. Enfin, certains plans d'investissements vont réduire la voilure en 2023.Au total, l'exécutif prévoit un bond des dépenses de près de 40 milliards d'euros entre la loi de finances initiale en 2022 et le projet de loi de finances 2023 passant de 461,5 milliards d'euros à 500,2 milliards d'euros l'année prochaine. Cette enveloppe pourrait être amenée à gonfler en fonction de l'évolution du contexte géopolitique et des prix de l'énergie. Le Haut Conseil des finances publiques, un organisme indépendant rattaché à la Cour des comptes a jugé « peu ambitieuse » la trajectoire de maîtrise des finances publiques sur les cinq prochaines années. Il estime que « l'effort de la maîtrise de la dépense n'est que partiellement documenté ». En 2022, le taux d'endettement public est de 116 % du PIB, le déficit public de l'ordre de 5,5 % du PIB.Plusieurs partis d'opposition (Nupes, Rassemblement national) ont déjà fait savoir qu'ils n'allaient pas voter ce budget.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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La récession qui menace / Le sommet de Samarcande / n°264 / 25 septembre 2022

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Play Episode Listen Later Sep 25, 2022 65:14


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 23 septembre 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.François Bujon de l'Estang, ambassadeur de France.Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.LA RÉCESSION QUI MENACEDans leurs prévisions publiées fin juillet, les experts du FMI expliquaient qu'une chute de l'activité n'est pas leur scénario central (malgré le recul enregistré au printemps) avant d'affirmer cependant que « le risque de récession est particulièrement proéminent en 2023 » tandis que l'agence de notation Fitch évoque des « probabilités croissantes de récession ». Tout dépend de ce que l'on appelle récession. Il fut un temps où les prévisionnistes parlaient de récession mondiale lorsque la croissance annuelle du PIB descendait au-dessous de 3 %. Avec cette définition large, une récession mondiale paraît désormais inévitable dès cette année, l'an prochain au plus tard. Il en va autrement avec la définition désormais la plus courante de la récession : une baisse de la production sur une année. Contrairement à ce qui s'est passé en 2009 après la crise financière, puis en 2020 avec le Covid, l'activité mondiale devrait tout de même progresser en 2022, mais à un rythme bien moindre que lors des deux dernières décennies, où la moyenne fut proche de 4 % l'an.Selon le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, une récession ne devrait pas intervenir en France en 2022, mais « pour 2023, rien ne peut être exclu dans la période de grandes incertitudes que nous vivons, mais nous nous attendons pour la France à un net ralentissement plutôt qu'à une récession ». Un scénario d'autant plus probable que la Banque centrale européenne (BCE) envisage de relever ses taux de 75 points de base en septembre face à une inflation qui frôle les deux chiffres. De son côté, la Première ministre prévoit que la France atteindra le pic de l'inflation « au cours de l'année 2023 ». Le 15 septembre, la Banque de France a publié ses prévisions de croissance pour les deux ans à venir. Si elle s'attend à une solide croissance du produit intérieur brut de 2,6 % cette année, proche de la prévision du gouvernement (2,7 %), elle table désormais sur une croissance du PIB de 0,5% en 2023 contre 1,2% en juin dernier dans son scénario central. En cas de fermeture complète du robinet du gaz russe et de coupures électriques, l'économie française pourrait plonger en récession estime l'institution bancaire dans son scénario le plus sombre. Les experts de la Banque de France misent cependant sur un franc rebond dès 2024 avec une croissance de 1,8 %. Au cœur de cet optimisme, la prévision d'une nette décrue de l'inflation d'ici deux ans. Pour 2023, la Banque de France s'attend à des hausses de prix encore très élevées, entre 4,2 % et 6,9 %, après 5,8 % en 2022. Mais en 2024, l'inflation redescendrait à 2,7 %.À deux semaines de la présentation du budget 2023, le gouvernement table sur une croissance de 1% pour l'année prochaine contre 1,4% précédemment et exclut pour l'instant le scénario noir d'une récession, même si la conjoncture internationale ne cesse de se dégrader.***LE SOMMET DE SAMARCANDELes 15 et 16 septembre, l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) s'est réunie, pour son 22ème sommet, à Samarcande en Ouzbékistan. Composée à sa création en 2001 de six pays – la Chine, la Russie et quatre États d'Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan) tous issus de l'ex-Union soviétique –, l'OCS regroupe près de la moitié de la population mondiale aujourd'hui (42%). L'Inde et le Pakistan y ont fait leur entrée en 2017 et l'Iran vient d'y être admise. Plusieurs pays frappent à sa porte : Biélorussie, Égypte, Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Maldives, Émirats arabes unis, Koweït et Birmanie. Sans parler de la Turquie, dont le président, Recep Tayyip Erdogan assistait au sommet. L'OCS visait à ses débuts à assurer la sécurité collective de ses adhérents face aux menaces « du terrorisme, de l'extrémisme et du séparatisme ». Ni organisation d'intégration politique comme l'Union européenne, ni alliance militaire comme l'OTAN, l'OCS conduit cependant régulièrement des exercices antiterroristes communs sous le nom de « Peace mission». Aucune femme ne figurait sur la photo de famille.Alors que le Premier ministre indien a signifié au président Vladimir Poutine que l'heure n'est « pas à la guerre », insistant sur « l'importance de la démocratie, de la diplomatie et du dialogue », le président russe a admis lors de sa rencontre avec son homologue chinois que Pékin avait manifesté des préoccupations sur la guerre en Ukraine. Si la Chine partage la lecture du conflit que promeut Moscou, qui en attribue l'origine à l'extension de l'OTAN en Europe centrale et si elle condamne les sanctions occidentales, elle ne les viole cependant pas et ne fournit ni armes, ni composants industriels à la Russie.Selon Xi Jinping « le monde d'aujourd'hui est loin d'être en paix et la concurrence entre deux orientations politiques, l'une marquée par la solidarité et la coopération, l'autre par la division et la confrontation, se fait avec une acuité croissante ». Le dirigeant chinois considère l'OCS comme l'expression de ce que pourrait être un ordre mondial alternatif à celui sur lequel les Occidentaux s'appuient. Il a appelé ses collègues à « travailler ensemble à la promotion d'un ordre international dans une direction plus juste et rationnelle ». Cependant, l'OCS n'est pas exempte de tensions entre certains de ses membres, à l'instar de l'Inde et du Pakistan, et de l'Inde et de la Chine. Aucun pays d'Asie Centrale n'a reconnu l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Interprétée comme une tentative de restauration de l'hégémonie russe, l'invasion de l'Ukraine est perçue négativement dans les ex-républiques soviétiques. D'autant plus que la rhétorique russe à l'égard de ces pays d'Asie centrale est devenue plus menaçante et que les tensions se multiplient dans la région comme récemment avec l'Arménie.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Ecorama
Nicolas Baverez : "Le risque de coupure de courant cet hiver existe et on n'est pas préparé !"

Ecorama

Play Episode Listen Later Sep 12, 2022 17:08


Contre offensive ukrainienne, pénuries de gaz et d'électricité, élections législatives en Italie : Nicolas Baverez, économiste et essayiste, était l'invité de l'émission de l'émission Ecorama du 12 septembre 2022, présentée par David Jacquot sur Boursorama.com

L'invité politique
Nicolas Baverez

L'invité politique

Play Episode Listen Later Aug 5, 2022 17:15


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Le Nouvel Esprit Public
Thématique : Juan Carlos, avec Laurence Debray / n°256 / 31 juillet 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Jul 31, 2022 60:11


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 29 avril 2022.Avec cette semaine :Laurence Debray, auteure, historienne et réalisatrice de documentaires.Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit.JUAN CARLOS Laurence Debray, vous êtes auteure, historienne et réalisatrice de documentaires. Juan Carlos est une figure qui vous intéresse de longue date : vous avez consacré votre mémoire de maîtrise en Sorbonne à son rôle dans la transition démocratique espagnole, puis vous avez écrit un premier livre à son sujet en espagnol en 2000. En 2013, vous avez publié une biographie en français de Juan Carlos d'Espagne chez Perrin et, plus récemment, vous lui avez consacré un roman, Mon roi déchu, paru chez Stock en 2021.Votre rapport à Juan Carlos est teinté d'affection : vous racontez avoir accroché un portrait de lui dans votre chambre, que votre père Régis Debray a remplacé par une photo de François Mitterrand. Mais, dépassant l'admiration de la jeune fille, vous avez enquêté sur ce personnage clé de la transition démocratique espagnole.Dans la biographie que vous avez consacré à Juan Carlos, vous brossez, le portrait d'« un homme devenu animal politique au bénéfice de la démocratie » et vous affirmez que ce monarque vous a « redonné confiance dans la politique », insistant sur la capacité qu'a eu son régime, en apparence désuet, à assurer une transition progressive de l'Espagne après la mort de Franco.Vous revenez sur l'enfance et la formation de Juan Carlos, qui devient très jeune un objet de négociations entre son propre père, Don Juan, et Franco, qui dirige l'Espagne depuis 1936. Juan Carlos comprend mieux que son père la nécessité de s'accommoder avec le franquisme pour que les Bourbons puissent revenir au pouvoir en Espagne et, face à un père qui promeut un modèle de monarchie constitutionnelle libérale, Juan Carlos n'a pas de mal à adopter un discours conservateur conforme aux souhaits du dictateur. Ces efforts sont récompensés : en 1969, Franco désigne Juan Carlos comme son successeur.Il devient roi d'Espagne en novembre 1975 et, malgré l'indifférence du peuple espagnol et la méfiance de l'opinion publique étrangère à son égard, il entreprend de démocratiser le régime. Juan Carlos autorise les partis politiques en 1977 puis dote l'Espagne d'une Constitution limitant les pouvoirs du roi en 1978.Le héros de la transition démocratique espagnole a depuis perdu de sa superbe, fragilisé par différents épisodes ayant déplu aux Espagnols, de la chasse à l'éléphant au Botswana aux scandales financiers touchants la famille royale, en passant par ses aventures extra-conjugales. Juan Carlos a abdiqué en 2014, cédant le trône à son fils Felipe. Soupçonné de corruption, il s'est ensuite exilé à Abu Dhabi en 2020. Laurence Debray, vous avez rencontré ce roi déchu dans son exil à Abu Dhabi et en avez tiré un roman paru en 2021.Dans une lettre ouverte adressée à Juan Carlos en 2020, publiée dans le quotidien El Mundo (puis en français dans Le Figaro), vous invitiez l'ancien monarque à relativiser l'opprobre qui le frappe en Espagne : « Dans quelques décennies, une autre génération d'Espagnols se souviendra de vous comme l'homme qui incarna la réconciliation, la modernisation, la démocratie. Peut-être même qu'ils vous remercieront ». Pour introduire notre conversation, j'aimerais donc vous demander, Laurence Debray, si vous croyez véritablement que Juan Carlos va faire l'objet d'un retour en grâce dans la mémoire espagnole.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Nicolas Baverez

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Play Episode Listen Later Jul 18, 2022 12:05


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Thématique : Dans la tête de Xi Jinping, avec François Bougon / n°254 / 17 juillet 2022

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Play Episode Listen Later Jul 17, 2022 57:32


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 29 avril 2022.Avec cette semaine :François Bougon, journaliste spécialiste de la Chine, auteur de Dans la tête de Xi Jinping.Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit. François Bougon, vous êtes journaliste et spécialiste de la Chine, vous avez été correspondant de l'AFP à Pékin entre 2005 et 2010 et vous êtes désormais responsable du service international de Mediapart. Vous avez publié en 2017 Dans la tête de Xi Jinping, aux éditions Solin et Actes Sud. Dans ce livre, vous ambitionnez de dresser un panorama des influences intellectuelles du président chinois et vous expliquez l'idéologie et la vision de l'histoire sur lesquelles s'appuie celui qui est devenu secrétaire général du Parti Communiste Chinois (PCC) en 2012 puis président de la République populaire de Chine en 2013.Xi Jinping a des sources d'inspiration variées qui englobent l'ensemble de la tradition chinoise. Il ne rejette pas l'héritage maoïste en dépit du rapport ambivalent de sa famille avec le Grand Timonier et sa politique. Le père de Xi Jinping a combattu aux côtés de Mao avant d'être exclu du Parti en 1962, et Xi Jinping lui-même a fait partie des cohortes de « jeunes instruits » envoyés à la campagne pendant la Révolution culturelle pour y être rééduqué par les paysans. Vous expliquez, François Bougon, que le président chinois n'en a pas moins conscience du rôle fondateur de Mao dans l'histoire de la République populaire de Chine et qu'il estime que toute critique à l'égard du Grand Timonier risque d'affaiblir le régime.Le président chinois se distingue de ses prédécesseurs en accordant une place importante dans sa pensée à l'histoire longue de la Chine. Là où les dirigeants communistes insistaient sur la rupture qu'a représentée la révolution de 1949, Xi Jinping exalte une civilisation chinoise millénaire. Cela se traduit dans les références mobilisées par le régime : les Entretiens de Confucius ont supplanté le Petit livre rougeet Xi Jinping convoque volontiers des écoles de pensée des IVe et IIIe siècles avant notre ère, comme le taoïsme et le légisme.Pour asseoir le pouvoir du Parti communiste, son secrétaire général promeut un « rêve chinois » qui, contrairement au rêve américain, repose sur plus de 2000 ans d'histoire. Il réconcilie ainsi ce que vous appelez le roman national maoïste avec l'histoire impériale de la Chine. Cette lecture de l'histoire est strictement encadrée contre les tenants de ce que Xi Jinping appelle le « nihilisme historique ».Ce récit qui insiste sur le particularisme chinois permet aussi à Xi Jinping de marquer l'opposition de la Chine à l'Occident : il répudie la « démocratie constitutionnelle occidentale », les « valeurs universelles », la « société civile », le « néolibéralisme » ou encore le « journalisme à l'occidentale » et parle désormais de « solution chinoise » face aux défis de la globalisation et aux défauts du système démocratique.Votre livre, paru en 2017, se concluait par une interrogation sur l'émergence d'un éventuel « Xi-isme », soit une pensée propre de Xi Jinping qui donnerait une nouvelle orientation au régime. Depuis, Xi Jinping, comme tous ses prédécesseurs, a inscrit sa pensée « sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère » dans la charte du Parti. Pour introduire notre conversation je voudrais donc vous demander, François Bougon, quelle réponse vous apporteriez aujourd'hui à cette question de l'émergence d'une pensée propre de Xi Jinping.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Deux heures d'info avec Nikos Aliagas
Dimitri Pavlenko avec Chloé Morin et Nicolas Baverez

Deux heures d'info avec Nikos Aliagas

Play Episode Listen Later Jun 20, 2022 119:29


Deux heures trente de direct à l'écoute de celles et ceux qui font le monde : le raconter, le décrypter et l'analyser pour donner des clés de lecture et de compréhension aux auditeurs.

L'entretien de Sonia Mabrouk
Législatives : «Le peuple a imposé une sorte de proportionnelle à l'Assemblée», estime Chloé Morin

L'entretien de Sonia Mabrouk

Play Episode Listen Later Jun 20, 2022 15:26


Chloé Morin et Nicolas Baverez, répond aux questions de Sonia Mabrouk au sujet des résultats du second tour des élections législatives, du bon score de la Nupes, du désaveu pour la majorité et de la percée du Rassemblement national.

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Pap Ndiaye : nouveau ministre ou nouvelle politique ? / Crise alimentaire mondiale / n°248 / 5 juin 2022

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Play Episode Listen Later Jun 5, 2022 62:02


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 3 juin 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Richard Werly, correspondant à Paris du quotidien helvétique Blick. PAP NDIAYE : NOUVEAU MINISTRE OU NOUVELLE POLITIQUE ? La nomination, le 20 mai, de Pap Ndiaye comme ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse a provoqué une vague de critiques venant de l'extrême droite et d'une partie du monde intellectuel. L'historien de 56 ans, jusqu'ici à la tête du Musée national de l'histoire de l'immigration, serait un « indigéniste assumé » pour Marine Le Pen, tandis qu'Éric Zemmour déclare : « Emmanuel Macron avait dit qu'il fallait déconstruire l'histoire de France. Pap Ndiaye va s'en charger. » Une partie du monde intellectuel reproche à l'auteur de La Condition noire. Essai sur une minorité française, d'avoir importé des États-Unis - où il a étudié - une analyse des minorités sous le prisme des études américaines, faisant la part belle à la notion de « race ». « L'arrivée de Pap Ndiaye tranche assurément avec le républicanisme radical de M. Blanquer, souligne le sociologue Michel Wieviorka. Mais arrêtons de caricaturer une pensée nuancée et complexe sur un champ politique jusque-là ignoré dans notre pays : la condition noire. »Ce chercheur reconnu, né d'un père sénégalais et d'une mère française, est ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d'histoire et titulaire d'un doctorat de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il a passé sept ans aux États-Unis à l'université de Virginie. Professeur à Sciences Po et à l'EHESS, il est spécialiste des questions liées aux minorités. Sa participation à la fondation du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) en 2005 et ses prises de position en faveur des statistiques ethniques et de politiques de discriminations positives font polémique. M. Ndiaye, « est une personnalité extrêmement respectée, un très grand universitaire », a souligné le député du MoDem, Jean-Louis Bourlanges, avant d'estimer au sujet de sa nomination : « Nous passons quand même d'une culture politique exigeante en matière de laïcité à une culture politique très différente. […] Je ne voudrais pas que les valeurs fondamentales de laïcité et la liberté de l'esprit ne soient pas défendues avec la même énergie ».Principal syndicat enseignant du second degré, le Snes-FSU s'est félicité, à travers cette nomination, d'une « rupture avec Jean-Michel Blanquer à plus d'un titre ». Mais « l'Éducation nationale ne se gouverne pas uniquement à coup de symboles », a mis en garde le syndicat.La Première ministre Elisabeth Borne défend « la compétence, l'énergie et la détermination » de son ministre « un républicain très engagé, quelqu'un qui croit aux valeurs de la République et c'est bien évidemment ce qu'il va porter en tant que ministre de l'éducation nationale ». Sa sœur, l'écrivaine Marie Ndiaye, prix Goncourt 2009, le définit comme « l'homme du consensus, ou du compromis ».***CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE « Le nombre de personnes souffrant d'insécurité alimentaire grave a doublé, passant de 135 millions avant la pandémie à 276 millions aujourd'hui », observe le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM), David Beasley alerte : « Les conflits armés, la crise climatique et le Covid-19 ont créé une tempête à laquelle s'ajoute la guerre en Ukraine. Des millions de personnes dans des dizaines de pays sont poussées au bord de la famine ». Le directeur adjoint du PAM, Gian Carlo Cirri rappelle qu'en 2008 « l'augmentation spectaculaire des coûts (des denrées alimentaires) allait provoquer des émeutes de la faim qui, en s'accentuant encore en 2011, allait s'achever avec les Printemps arabes. Le danger de déstabilisation politique et sociétale est aujourd'hui énorme. On le voit déjà au Sri Lanka, au Pérou ou en Tunisie. Certains gouvernements doivent se faire de gros soucis. » La Banque mondiale a annoncé, le 18 mai, qu'elle allait consacrer, au cours des quinze prochains mois, 12 milliards de dollars à de nouveaux projets de réponse à la crise alimentaire. Elle promet plus de 30 milliards de dollars disponibles pour les quinze prochains mois.En proie à une sécheresse exceptionnelle, l'Inde a annoncé, le 14 mai, suspendre ses exportations de blé, déstabilisant un marché déjà en tension et faisant redouter une envolée des prix. En effet, la sécheresse au Canada et aux Etats-Unis a affecté le « blé d'hiver », tandis que la faible pluviométrie du printemps laisse craindre une baisse des rendements en France. La guerre menée par la Russie en Ukraine a rendu plus critique la situation, les deux pays assurant à eux seuls 30% du commerce mondial de blé. En mars, le panier de produits alimentaires de la FAO avait déjà crû de 33,6 % sur un an, record absolu depuis la création de cet indice il y a plus de trente ans. Hausse des prix et pénuries font planer un risque de famine et de troubles sociaux. Les plus touchés sont l'Afghanistan, l'Éthiopie, la République démocratique du Congo, le Nigeria, le Pakistan, le Yémen, l'Angola et la Somalie. Les trois premiers sont également les pays où le nombre des enfants sous-alimentés est le plus élevé.Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a accusé Moscou de se servir de la nourriture comme d'une arme en Ukraine, en prenant « en otage » les livraisons alimentaires destinées à des millions d'Ukrainiens, mais aussi à des millions de personnes dans le monde dépendantes des exportations du pays. Moscou a rétorqué que ce n'est en aucun cas l'entrée de son armée en Ukraine qui provoquait une crise alimentaire, mais les sanctions occidentales décidées en représailles.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Nouvelle Première ministre / Adhésion de la Suède et de la Finlande à L'OTAN / n°246 / 22 mai 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later May 22, 2022 61:00


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.Nouvelle Première ministre Emmanuel Macron voulait un, voire une, Premier ministre « attaché à la question sociale, environnementale et productive ». Le 16 mai, trois semaines après sa réélection et moins d'un mois avant le premier tour des législatives, il a nommé à Matignon, Elisabeth Borne, son ancienne ministre des Transports, puis de la Transition écologique et solidaire, et enfin du Travail. Trente et un an après Edith Cresson, cette polytechnicienne, âgée de 61 ans, devient la deuxième femme Première ministre sous la Ve République. Ancienne du cabinet de Lionel Jospin à Matignon, venant donc de la gauche, elle a cependant porté dans les gouvernements Macron des réformes jugées de droite : SNCF, assurance-chômage. Si la Première ministre n'a jamais été élue, - comme Georges Pompidou, Raymond Barre et Dominique de Villepin - elle est candidate aux législatives dans le Calvados.De la campagne des législatives à la composition du gouvernement, alors que le rôle de patron de la majorité est normalement dévolu au Premier ministre, le président est à la manœuvre. Interrogé pendant la campagne présidentielle sur sa pratique de « monarque », qui « veille à tout et s'occupe de tout », Emmanuel Macron avait défendu une méthode de gouvernance cohérente avec l'esprit de la Ve République, depuis que les législatives se déroulent dans la foulée de la présidentielle. Accusé d'avoir instauré durant son premier quinquennat une présidence « jupitérienne », le chef de l'Etat a promis d'entamer le second comme « un président nouveau pour un mandat nouveau » avec « une nouvelle méthode », plus horizontale et plus participative. Un collectif d'anciens rocardiens regroupés autour du cercle Inventer à gauche, présidé par Michel Destot, ancien maire socialiste de Grenoble, a lancé un « Manifeste pour la social-démocratie », rédigé par l'économiste Jean Peyrelevade critiquant cet exercice de plus en plus centralisé du pouvoir. « Cette évolution, continue depuis plusieurs années, a été fortement accélérée par l'adoption du quinquennat et l'inversion du calendrier électoral qui a ramené l'Assemblée nationale au rôle d'une chambre d'enregistrement. »L'opposition a dénoncé la nomination de la nouvelle Première ministre. « Tout changer pour ne rien changer. Trois semaines de tergiversations et de petits arrangements, sans vision ni perspective. Avec la nomination d'Elisabeth Borne, on repart avec les mêmes », a raillé le président du parti Les Républicains, Christian Jacob. En choisissant Elisabeth Borne, le chef de l'Etat « poursuit sa politique » de « saccage social », a dénoncé la cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, tandis que le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a fustigé la nomination d'une « figure » parmi « les plus dures de la maltraitance sociale ».Dès lundi soir, avant même qu'Elisabeth Borne n'effectue la passation des pouvoirs avec son prédécesseur, le chef de l'Etat a dressé la liste des chantiers qu'il attend qu'elle mène : « écologie, santé, éducation, plein-emploi, renaissance démocratique, Europe et sécurité ».***L'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'Otan La Finlande et la Suède ont formellement transmis le18 mai leur demande d'adhésion à l'Otan. Le principe de neutralité, pourtant ancré dans l'histoire de ces deux pays, a été balayé par l'agression de Moscou en Ukraine. La perspective d'une protection collective, garantie par l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord - l'attaque contre un membre est considérée comme une attaque dirigée contre tous - a eu raison des fortes réticences qui s'exprimaient jusqu'alors dans une partie des opinions publiques finlandaise et suédoise. Cela s'est inversé depuis le 24 février, avec l'invasion russe de l'Ukraine. Aujourd'hui, 70 % des Finlandais et 50 % des Suédois sont favorables à une adhésion à l'Otan. « Une nouvelle ère s'ouvre », a déclaré le président finlandais Sauli Niinistö, lançant en direction de Moscou : « Vous avez causé cela. Regardez-vous dans le miroir.L'Otan devrait donc passer de 30 à 32 pays dont 23 membres de l'Union. Ces demandes d'adhésions sont la preuve qu'« une agression » comme la guerre en Ukraine « ne paie pas », s'est félicité le secrétaire général de l'alliance occidentale, Jens Stoltenberg. Déjà membres du Partenariat pour la paix depuis 1994 et partenaires « actifs » dans les opérations de l'Otan depuis 2014, les deux pays intégreront rapidement l'Alliance. En rejoignant l'Union européenne en 1995, les deux voisins s'étaient déjà progressivement éloignés de leur politique de stricte neutralité. Ils ont aussi participé à diverses missions de l'alliance militaire et échangent des renseignements avec elle. Ils pourraient donc bénéficier d'un coupe-file, devançant trois pays déjà sur les rangs : la Géorgie, l'Ukraine et la Bosnie-Herzégovine. Les pays nordiques ont l'avantage de remplir trois critères : être un pays européen, respecter les principes démocratiques et contribuer à la sécurité de la zone euroatlantique.Partageant une frontière de 1 340 km avec la Russie, la Finlande possède une des plus grandes armées européennes comptant 900 000 réservistes, dont 280 000 mobilisables immédiatement pour un total de 5,5 millions d'habitants. La Suède, qui a commencé à réinvestir dans son armée depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, a quant à elle partiellement rétabli le service militaire en 2017. Le pays dispose d'une armée de 25 000 soldats aptes au combat et de 25 000 autres réservistes.Deux pays ont déclaré leur hostilité à ces adhésions. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé sa ferme opposition à l'arrivée de la Finlande et de la Suède dans l'Otan. Les Occidentaux y voient surtout une manœuvre d'Ankara pour obtenir des concessions sur le dossier kurde. Moscou a menacé de renforcer son arsenal nucléaire en mer Baltique et annoncé des mesures de rétorsion « militaro-techniques », dont la suspension de livraisons en électricité à la Finlande. Si le président russe Vladimir Poutine a assuré « n'avoir aucun problème » avec les deux pays, il a averti que l'installation d'infrastructures militaires de l'Otan sur leurs territoires pourrait « entraîner une réponse » de la Russie. La nature de la réponse « dépendra des menaces à notre encontre », a-t-il ajouté.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Nicolas Baverez

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Play Episode Listen Later May 9, 2022 13:34


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Play Episode Listen Later Apr 19, 2022 12:21


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Ecorama
Nicolas Baverez : "Si Marine Le Pen est élue, il y a un risque de choc financier !"

Ecorama

Play Episode Listen Later Apr 14, 2022 21:41


Programmes économiques de Marine Le Pen et Emmanuel Macron, retraites, Frexit : Nicolas Baverez, économiste et essayiste, était l'invité de l'émission Ecorama du 13 avril 2022, présentée par David Jacquot sur Boursorama.com

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Thématique : Les Juifs en France 1940-1945, avec Jacques Semelin / n°240 / 10 avril 2022

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Play Episode Listen Later Apr 10, 2022 59:24


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 18 février 2022.Avec cette semaine :Jacques Semelin, historien, politologue, directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste des processus de résistance civile au sein des dictatures ainsi que de l'analyse des massacres et génocides.Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du quotidien La Croix. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.« Comment se fait-il que tant de Juifs ont pu survivre en France malgré le gouvernement de Vichy et les nazis ? », demandait Simone Veil en 2008 à l'historien spécialiste des crimes de masse et de la Shoah, Jacques Semelin. Dans « Une énigme française, Pourquoi les trois quarts des Juifs en France n'ont pas été déportés », l'historien explique cette exception française. Si Serge Klarsfeld a établi que trois quarts des Juifs en France ont échappé à la mort (chiffre exceptionnel en Europe), ce n'est pas l'action des quelque 4 000 Justes français qui pouvait à elle seule l'expliquer. Pas davantage une imaginaire mansuétude de Vichy : vous démontrez que ce n'est pas grâce, mais en dépit de Vichy que la très grande majorité des Juifs en France ont pu survivre. Transformant cette abstraction des 75% en nombre, vous rapportez qu'au moins 200 000 juifs sont toujours en vie en France à la fin de l'occupation, à l'automne 1944. Beaucoup se sont dispersés à la campagne, tandis qu'au moins 40 000 sont restés à Paris. Des filières de sauvetage (juives et non juives) ont contribué à sauver environ 10 000 vies, notamment celles d'enfants. Mais l'engagement de ces organisations de résistance ne peut rendre compte de la survie d'au moins 200 000 personnes, soit 65% des Juifs étrangers et 90% des Juifs français. D'autres explications doivent donc être trouvées.Sans jamais minimiser l'horreur du crime, vous écrivez votre enquête dans la mémoire des Juifs non déportés, votre analyse des circonstances de l'époque. Vous dégagez plusieurs facteurs d'explication : la chronologie de la persécution, les statuts politiques et militaires des territoires, les géographies et cultures des régions, de l'évolution de la guerre et de la situation internationale. L'histoire culturelle et politique de la société française : l'intégration des Israélites à la nation, le rôle de l'école et de la culture républicaine, l'ouverture ou le rejet des étrangers en lien avec les besoins économiques et démographiques du pays, la propagation des idées xénophobes et antisémites, l'influence du christianisme (antijudaïsme, charité). La structure des rapports occupants-occupés, les capacités de réactivité à la persécution des individus stigmatisés comme Juifs en fonction de leur nationalité (française ou non), leur âge et situation familiale, leurs ressources linguistiques, financières et sociales. La réactivité sociale des populations non juives vis-à-vis des Juifs sur les bases de l'intérêt (économique et financier) ou des ressorts de la compassion. La formation d'une opinion hostile aux opérations les plus brutales de la persécution (arrestations et déportations des juifs apatrides), ayant provoqué une dissension publique au sein des élites catholiques, par ailleurs favorables à l'Etat collaborateur. L'influence de cette prise de parole publique sur la politique de collaboration des dirigeants français. La capacité des Juifs et non Juifs à s'organiser collectivement pour créer des réseaux clandestins de résistance civile visant au sauvetage des victimes désignées, en premier lieu des enfants. Le développement d'une « société parallèle » qui, imbriquée à la « société officielle », contribue à la protection des pourchassés et persécutés du régime. De toute cette période et sur toutes ces questions, quelle vous semble être la réalité la plus difficile à faire reconnaître par l'opinion ?See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

L'invité politique
Nicolas Baverez

L'invité politique

Play Episode Listen Later Mar 29, 2022 13:15


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Le Nouvel Esprit Public
L'impératif du réarmement / Les rapports Pékin - Moscou / n°236 / 13 mars 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Mar 13, 2022 61:56


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 11 mars 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, titulaire de la chaire « Union Européenne » au CNAM.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.L'IMPÉRATIF DU RÉARMEMENT : POURQUOI ET COMMENT ?A l'issue d'un Conseil de défense, le 26 février, Emmanuel Macron a décidé de livrer des équipements militaires supplémentaires et du carburant à Kiev. Le communiqué de l'Elysée ne donne pas de détails sur ces armements. Selon l'état-major, plus de 9 500 soldats ont été directement mobilisés ou mis en alerte en fin de semaine dernière. Quelque 500 soldats ont été déployés en Roumanie, en plus des 300 déjà actifs en Estonie, où une centaine d'autres accompagnent l'arrivée de 4 avions de chasse Mirage 2000-5 destinés à « renforcer la défense aérienne des pays baltes ». 600 soldats sont également mobilisés pour des vols au-dessus de la Pologne. Environ 8 000 militaires français sont « d'alerte dans le cadre de la force de réaction rapide de l'Otan » dont la France assume le commandement en 2022.Pour faire face à la montée des tensions en Europe, Emmanuel Macron s'est engagé le 2 mars à augmenter fortement les moyens des armées. Depuis des mois, le chef d'état-major des armées, le général Thierry Burkhard reconnaît que la France ne saurait faire face à un conflit durable et/ou de haute intensité. Les failles de la défense française sont nombreuses : graves insuffisances de nos munitions, quasi-impasse sur les drones, format limite de notre marine et de notre aviation, fortes dépendances extérieures pour la projection de nos forces... Bien que très conséquentes, les sommes prévues dans la loi de programmation sont jugées insuffisantes par les députés Jean-Louis Thiériot (LR) et Patricia Mirallès (LREM), qui ont publié un rapport parlementaire le 17 février. Leur évaluation des forces et faiblesses de l'armée française, en cas de guerre conventionnelle de grande ampleur, comme celle en Ukraine, leur fait dire qu'un effort supplémentaire de 40 à 60 milliards d'euros sur douze ans serait nécessaire.Pendant vingt ans, comme ses voisins européens, la France a diminué ses dépenses en tirant les « dividendes de la paix » à la suite de l'effondrement de l'Union soviétique et de la fin de la guerre froide. Après les attentats de 2015, le budget des armées est reparti à la hausse. Désormais, la France satisfait aux exigences de l'Otan, investissant en 2020 l'équivalent de 2% du PIB en dépenses militaires. La loi de programmation militaire 2019-2025 a été augmenté de 1,7 milliard d'euros chaque année depuis 2017, pour atteindre 40,9 milliards d'euros en 2022. Une deuxième phase doit débuter en 2023 et devrait s'élever à plus de 3 milliards d'euros par an, portant ainsi le budget de l'Armée à 50 milliards dès 2025. Il s'agit notamment d'honorer la facture du renouvellement de la politique de dissuasion nucléaire (nouvelle génération de sous-marins, modernisation des missiles balistiques et de croisière) mais aussi de faire face aux nouveaux besoins : la cyberguerre et l'espace, deux domaines qui n'étaient pas encore conçus comme des terrains d'affrontement il y a cinq ans. Pour la première fois, le gouvernement a respecté la loi de programmation militaire et l'effort est sans précédent. Mais il reste dans une logique de rattrapage. L'attaque de la Russie pose la question d'aller plus loin, dans une logique de réarmement.***LES RAPPORTS PÉKIN – MOSCOU Le 4 février, lors d'une visite à Pékin, Vladimir Poutine ratifiait en bloc les thèses chinoises sur l'Asie-Pacifique - de Taiwan à l'Australie, sans oublier le Japon. De son côté, Xi Jinping soutenait la demande russe de « garanties juridiques de sécurité en Europe », sans aucune mention de l'Ukraine. Un tournant pour Pékin, qui s'était jusque-là abstenu de reconnaître l'annexion de la Crimée et n'avait pas soutenu la Russie dans la guerre de Géorgie en 2008. Une première pour la Russie qui n'avait jamais encore pris le parti de la Chine sur Taïwan. Dans leur communiqué joint, les Russes ont signé avec les Chinois un accord de fourniture de gaz et de pétrole de 117,5 Mds de dollars (104 Mds d'euros).Après le début de l'offensive russe contre l'Ukraine, le 24 février, Pékin s'est gardé de toute condamnation, mais a insisté sur le droit de Moscou à sauvegarder sa sécurité tout en critiquant l'attitude occidentale et surtout américaine. Le ministre chinois des Affaires étrangères a affirmé que « la Chine ne veut pas la guerre » précisant dans un communiqué du ministère que « la situation actuelle est quelque chose que nous ne voulons pas voir. » Mais le 7 mars, il a assuré que « l'amitié entre les deux peuples est solide comme un roc et les perspectives de coopération future sont immenses ».Alors que l'Union européenne représente 37 % des échanges commerciaux de la Russie en 2020, la Chine n'est pas le premier partenaire économique de Moscou qui pèse pour 15 % de ses exportations et 20 % de ses importations. Le PIB chinois est près de dix fois supérieur au PIB russe. Mais les produits phares que la Russie exporte sont justement ceux dont la Chine est friande : hydrocarbures et céréales. Dès l'annonce de l'opération militaire russe, les Bourses chinoises ont chuté, signalant la nervosité des marchés asiatiques.Dans le même temps, la Chine refuse de couper les ponts avec l'Ukraine, un allié de sa nouvelle route de la soie, qui lui fournit des technologies militaires précieuses et dont il est devenu le premier partenaire commercial. Les investissements chinois dans la construction d'infrastructures sont considérables, l'Ukraine est un important fournisseur d'armes à la Chine et un marché-clé pour les entreprises chinoises de télécommunication, dont Huawei. Le 4 janvier, Xi Jinping avait envoyé au président ukrainien Volodymyr Zelenski un message à l'occasion du 30ème anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays indiquant notamment « attacher la plus grande importance au développement du partenariat stratégique Chine-Ukraine ».Quant aux enseignements que la Chine pourrait tirer de l'Ukraine pour Taïwan, le sinologue Jean-Pierre Cabestan les résume ainsi : « En attaquant Taïwan, la Chine mettrait à bas l'ordre économique mondial ». Alors que le ministère des Finances chinois a annoncé, le 5 mars, que le budget militaire du pays augmentera cette année de 7,1%, un sondage publié le 22 février sur le site Taiwan News indiquait que 63 % des Taïwanais ne croyaient pas à une attaque chinoise en cas d'agression russe de l'Ukraine.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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La guerre en Ukraine / n°234 / 27 février 2022

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Play Episode Listen Later Feb 27, 2022 55:09


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 25 février 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.David Djaïz, essayiste et enseignant à Sciences Po.Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit.LA GUERRE EN UKRAINE Le président russe a annoncé jeudi qu'il lançait « une opération militaire spéciale » en Ukraine, invoquant « l'appel à l'aide » que lui auraient envoyé les séparatistes du Donbass. Des blindés russes ont aussitôt franchi la frontière qui sépare les deux pays tandis que des frappes aériennes ont été lancées dans toute l'Ukraine. Les premières cibles ont été les aéroports et des aérodromes militaires. D'autres bâtiments, militaires et civils, ont été détruits, comme la tour de télévision de Loutsk, ou des bases militaires. Les combats les plus durs se déroulaient jeudi dans la province orientale du Donbass. Vladimir Poutine a déclaré lundi l'indépendance des Républiques séparatistes de Donetsk et de Louhansk. Tout en le niant, l'armée russe est déjà intervenue dans cette région en 2014 et en 2015 et le conflit a fait 14.000 morts. En 2014, l'Ukraine avait également perdu la péninsule de Crimée, annexée par Moscou. Le Kremlin réclame désormais notamment que Kiev reconnaisse la Crimée comme appartenant à la Russie, que l'Ukraine ne rejoigne pas l'Otan et qu'elle déclare sa neutralité ainsi que sa« démilitarisation ».Jeudi, le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a dénoncé l'attaque, qualifiée de « guerre d'agression », et appelé le monde à « arrêter Poutine ». Dans une brève allocution à la nation, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a proclamé la loi martiale dans tout le pays et appelé les Ukrainiens à rester chez eux et à garder leur calme. Les États-Unis, l'Otan, l'Union européenne, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l'Italie, le Japon, la Finlande, la Suède ont condamné l'attaque. Les États-Unis, qui ont promis leur soutien à l'Ukraine, déposeront d'ailleurs un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la Russie pour sa « guerre » en Ukraine. La Russie y dispose d'un droit de veto. Différents rendez-vous se sont déroulés jeudi, sur la scène internationale, afin de permettre à l'Occident de se coordonner et de déterminer quelles réponses apporter à cette invasion de l'Ukraine. L'historien et théologien Jean-François Colosimo observe dans le Figaro que « Poutine sait que ni l'Amérique ni l'Europe ne sacrifieront un soldat dans ce conflit. Le prix sera de nouvelles sanctions économiques dont il s'est débrouillé jusque-là ». Poutine - déjà soumis à des sanctions internationales depuis 2014 et l'annexion de la Crimée - a « autonomisé » son pays vis-à-vis du reste du monde : les réserves de la banque centrale russe sont au plus haut, son stock d'or a été multiplié par cinq et la Russie a développé un système alternatif à SWIFT (paiements internationaux sécurisés).En Russie, la responsabilité dans la montée des tensions est clairement attribuée à l'extérieur. Mi-janvier, alors que la confrontation avec l'Ouest était déjà engagée, 50 % des sondés russes en tenaient les États-Unis et l'OTAN pour responsables, 16 % l'Ukraine elle-même et 4 % la Russie. Selon un sondage publié le 23 février par CNN, 50% des Russes estiment que Poutine a raison d'utiliser la force pour « empêcher l'Ukraine de rejoindre l'Otan » contre 25% qui pensent le contraire et 25% qui ne se prononcent pas.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Ecorama
Nicolas Baverez : "On a un vrai risque de récession en cas de hausse des taux trop rapide !"

Ecorama

Play Episode Listen Later Feb 15, 2022 21:42


Crise ukrainienne, inflation, campagne présidentielle : Nicolas Baverez, économiste et essayiste, était l'invité de l'émission Ecorama du 15 février 2022, présentée par David Jacquot sur Boursorama.com

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Réseaux sociaux, slacktivisme, primaire populaire, infotainment = fin des partis politiques ? / Pékin : des J.O. contre nature / n°231 / 6 février 2022

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Play Episode Listen Later Feb 6, 2022 61:48


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du quotidien La Croix. Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.RÉSEAUX SOCIAUX, SLACKTIVISME, PRIMAIRE POPULAIRE, INFOTAINMENT = FIN DES PARTIS POLITIQUES ? Twitter, Facebook, Instagram, TikTok, Linkedin, YouTube et Twitch : sept canaux numériques parmi les portails les plus populaires en France, c'est un minimum désormais pour un candidat à l'Elysée. Sur TikTok, le chef de l'État rassemble 2,8 millions d'abonnés et ses vidéos atteignent régulièrement plusieurs millions de vues. Une autre plateforme s'impose comme place forte de la campagne présidentielle en ligne : Twitch. Jean-Luc Mélenchon y fait figure de pionnier, avec sa propre émission « Allô Mélenchon » dans laquelle il interagit avec des internautes. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, une nouvelle forme de militantisme numérique s'est développée : le slacktivisme, qui désigne l'activisme dit paresseux (slacker pour fainéant) consistant à publier un tweet, liker une photo sur Instagram, signer une pétition sur Change.org ou encore partager un événement sur Facebook et ainsi apporter son soutien à une cause depuis son canapé. Désormais, le partage des informations sur les réseaux sociaux a beaucoup plus d'influence sur les opinions que les chaînes d'information en continu. La France en possède quatre qui totalisent moins de 7 % de l'audience quotidienne des Français. Chargée de recherche au CNRS, Claire Sécail a quantifié, dans l'émission Touche pas à mon poste, animée par Cyril Hanouna, le taux d'antenne, de septembre à décembre 2021, consacré à l'extrême droite : pas moins de 53 % dont 44,7% pour le seul Éric Zemmour. La gauche et la droite « classique » se partageant le temps d'antenne restant.D'après le rapport annuel sur les manières de s'informer du Reuters Institute, la consultation en France de la presse écrite est passée de 46 % à 14 % entre 2013 et 2021. Sur la même période, celle des réseaux sociaux a progressé de 18 % à 38 %. Interrogée par le 35e Baromètre de confiance dans les médias Kantar Public-Onepoint pour La Croix, une personne sur deux considère que l'impact des réseaux sociaux sur les « débats et discussions politiques » a été « assez » (34 %) ou « très négatif » (16 %), alors que 41 % des 18-24 ans (contre 28 % de l'ensemble) le jugent « positif ». D'une étude publiée le 3 février par l'Institut Montaigne, il ressort que les 18-24 ans ne se reconnaissent aucune proximité avec un parti ou une tendance politique, pas même avec les écologistes. La socialisation politique des jeunes semble « marquer le pas », relèvent les auteurs pour qui c'est là « le fait majeur caractérisant le rapport à la politique des jeunes aujourd'hui ».Dans ce paysage politique bouleversé, la primaire populaire, organisée fin janvier, a profité de l'affaiblissement des formations politiques engagé depuis trente ans dont les effectifs se sont effondrés. Le Parti socialiste est ainsi passé en un peu plus de dix ans de 200 000 à 20 000 adhérents.***PÉKIN : DES J.O CONTRE NATURE Les olympiades qui se déroulent du 4 au 20 février à Pékin, seront les premières à utiliser 100 % de neige artificielle pour l'organisation des épreuves en plein air. Fin janvier, le massif montagneux qui entoure la station de Yanqing où se déroulent les épreuves de ski alpin, était vierge de tout flocon. Depuis novembre, plus de 100 générateurs de neige et 300 canons ont fonctionné à plein régime pour blanchir les 9,2 km de pistes utilisées pour la compétition. Ce recours à la technique dans une région connue pour son aridité aura un coût financier, mais surtout environnemental : une étude chinoise soulignait en 2019 que 185 millions de litres d'eau seraient être nécessaires à la production d'1,2 million de mètres cubes de fausse neige. Il y a quatre ans, en Corée du Sud, 90% du manteau avait été déposé grâce aux canons et 80% en 2014, pour les Jeux de Sotchi. Pékin 2022 promet pourtant que les Jeux seront « respectueux de l'environnement, fédérateurs, ouverts et propres », et vante le recours à des technologies innovantes et bas carbone pour fabriquer la glace et des sites de compétition alimentés à 100 % avec de l'électricité verte. « Greenwashing », rétorquent les défenseurs de l'environnement. Selon eux, il pourrait bien s'agir au contraire des Jeux les moins durables de l'histoire.Sans neige, les JO de Pékin préfigurent sans doute ce que seront les futures éditions olympiques menacées par le réchauffement climatique. Dans un avenir proche, la Chine ne devrait pas être un cas isolé. Sur les 21 sites ayant accueilli des Jeux d'hiver depuis Chamonix en 1924, seuls dix d'ici à 2050 pourraient encore convenir pour accueillir un tel événement, avec des chutes de neige naturelles suffisantes, a alerté un rapport produit par des chercheurs du Sport Ecology Group de l'université anglaise de Loughborough et l'association Protect Our Winters.En janvier, la Chine avait averti qu'une forte pollution de l'air pendant les Jeux n'était pas à exclure, au moment où sa consommation de charbon explose. Le pays dépend à 60% de la houille pour sa production d'électricité. Il a fait face ces derniers mois à des coupures de courant et a accru en conséquence son extraction de charbon. En 2021, le niveau des particules fines a certes chuté à 33 microgrammes par mètre cube en moyenne, a indiqué le service environnement de la mairie de Pékin -- soit trois fois moins qu'en 2013. Mais c'est toujours six fois plus que le niveau recommandé par l'OMS (5 microgrammes par mètre cube). La pollution atmosphérique est une préoccupation majeure des Pékinois, mais aussi des athlètes, qui devront se soucier en plus de la qualité et de la quantité de la neige artificielle.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Le retour de l'empire russe ? / Le retour du nucléaire / n°228 / 16 janvier 2022

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Play Episode Listen Later Jan 16, 2022 61:02


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 14 janvier 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.LE RETOUR DE L'EMPIRE RUSSE ? Projection de 3 000 hommes au Kazakhstan en 2022, après que des troubles ont éclaté à Almaty, interposition militaire entre Arménie et Azerbaïdjan en 2021, relance de l'union avec la Biélorussie en 2020, déstabilisation de l'Ukraine depuis 2014 ou encore guerre avec la Géorgie en 2008 : la Fédération de Russie réinvestit militairement, économiquement et militairement plusieurs anciennes Républiques Socialistes Soviétiques et entretient des tensions militaires en Baltique via l'enclave de Kaliningrad, en Mer Noire à partir de la Crimée annexée en 2014, dans le Caucase grâce à sa médiation après le nouveau conflit du Haut-Karabakh en 2020. Cependant, la Fédération de Russie ne dispose pas des ressources économiques, militaires et politiques de l'URSS. Économie rentière dépendante des exportations d'hydrocarbures, de minerais et de technologies militaires, la Russie ne maîtrise pas son destin économique, son PIB est inférieur à celui de l'Italie, tandis que son déclin démographique constant réduit sa croissance potentielle.En dépit ou à cause de ce contexte, le 17 décembre, la Fédération de Russie a officialisé son projet de traité avec l'Otan et les États-Unis au sujet de ses « garanties de sécurité ». Poutine a exigé des Américains et des Européens de revenir à la situation de 1997, lorsque l'Alliance atlantique n'avait pas encore accueilli parmi ses membres la Pologne et les autres pays d'Europe centrale et balte. Il a proposé deux projets de traités en ce sens, l'un avec Washington et l'autre avec l'Otan. Moscou réclame l'assurance que l'Otan n'admettra plus aucun membre parmi les anciennes républiques de l'Union soviétique (autrement dit, l'Ukraine et la Géorgie), mais aussi la promesse que l'Alliance va réduire ses activités militaires en Europe centrale et dans les pays Baltes. La Russie exige en outre que les États-Unis ne déploient aucun missile à courte et moyenne portée en Europe. Devant la presse internationale le 23 décembre, Poutine a enjoint aux Occidentaux d'accepter son projet « immédiatement, maintenant». Pour appuyer sa revendication, il a massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière de l'Ukraine, plus de 100 000 selon les Américains.Des prétentions jugées « inacceptables » par les Occidentaux, qui refusent a priori toute concession non réciproque. Après deux sommets Poutine-Biden (dont le deuxième, le 7 décembre dernier, par vidéoconférence), la rencontre lundi à Genève entre les vice-ministres des Affaires étrangères russe et américain, Sergueï Riabkov et Wendy Sherman, s'apparentait à une reprise de contact afin d'amorcer une désescalade de la crise ukrainienne. Elle ne semble pas dans l'immédiat avoir permis de faire bouger les lignes. Ces discussions ont été suivies par une réunion Otan-Russie mercredi à Bruxelles, puis une rencontre jeudi à Vienne de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, plateforme de dialogue Est-Ouest issue de la guerre froide. « Je ne crois pas que nous verrons des avancées cette semaine », a déclaré le secrétaire d'État américain, Antony Blinken.***LE RETOUR DU NUCLÉAIRE « Non seulement l'Europe n'est pas près de se passer d'énergie nucléaire, mais elle va même devoir investir massivement dans la modernisation de ses centrales au cours des prochaines décennies » a indiqué dans un entretien au Journal du Dimanche le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton. Il a chiffré à 500 milliards d'euros le montant des investissements nécessaires d'ici à 2050, pour développer les centrales de nouvelle génération, sans lesquelles l'Europe ne pourrait atteindre son objectif de neutralité carbone d'ici trente ans. D'où la nécessité pour l'industrie nucléaire d'avoir accès aux financements européens aux meilleures conditions possibles. C'est l'enjeu du projet de « taxonomie » dévoilé le 31 décembre par la Commission européenne, qui prévoit d'inclure le nucléaire parmi les sources d'énergie « durables » contribuant à la réduction des émissions de CO2 et pouvant bénéficier, à ce titre, d'investissements publics et privés à taux préférentiel. Cette disposition est soumise à conditions : les nouvelles centrales devront avoir obtenu un permis de construire avant 2045, les travaux permettant de prolonger la durée de vie des centrales existantes devront avoir été autorisés avant 2040. Des garanties en matière de traitement des déchets et de démantèlement des installations nucléaires en fin de vie sont également exigées. La proposition officielle de l'exécutif européen est attendue pour le 18 janvier. Les États membres auront alors quatre mois pour s'opposer au texte. La France compte lancer la construction d'un nouveau parc de réacteurs EPR. Elle a donc mis a mis tout son poids dans la balance à Bruxelles. Elle tire aujourd'hui 70 % de son électricité du nucléaire, mais son parc de 56 réacteurs est vieillissant : 36 d'entre eux ont plus de 35 ans. L'objectif affiché par l'actuel gouvernement est de réduire cette part à 50 % du mix énergétique en 2025. Les nouveaux réacteurs nucléaires que la France envisage de construire pourraient faire l'objet d'un dépôt de dossiers en 2023, pour une mise en service « en 2035-2037 ». EDF propose la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR en France sur trois sites, un projet que le groupe évalue à environ 50 milliards d'euros en tenant compte d'une intervention de l'État. Cette semaine, EDF a averti d'un nouveau retard d'au moins 6 mois dans la livraison de l'EPR de Flamanville, initialement prévue en 2012. Ce nouveau retard va engendrer un surcoût supplémentaire de 300 millions d'euros. Au total, un coût multiplié par six, à près de 20 milliards d'euros selon la Cour des comptes qui ne cesse d'alerter sur la nécessité de revoir le chiffrage de cette technologie. Dans son dernier rapport, publié en décembre, elle insistait sur la nécessaire prise en compte de tous les coûts de production avant de décider de choix cruciaux en matière énergétique.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.