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Edgar Morin, philosophe, sociologue, épistémologue, résistant, cinéphile, centenaire. Il est mort le 29 mai 2026 à 104 ans. Son dernier livre s'appelait Leçons d'un siècle de vie.J'avais son contact depuis le début de VLAN. On a des gens en commun. Et je n'ai jamais osé décrocher le téléphone, par peur de déranger. Chaque année, je me disais : non, cette fois c'est trop. Jusqu'à ce qu'il soit trop tard. C'est la leçon la plus bête et la plus douloureuse que je retienne de sa disparition.Cet épisode solo est un hommage. Je me suis plongé dans ses dernières conférences et dans Leçons d'un siècle de vie pour en tirer trois idées fondamentales et trois leçons de vie. Pas des recettes, pas des listes à appliquer. Edgar Morin lui-même aurait détesté ça. Plutôt ce que sa pensée a changé dans ma façon de regarder le monde, l'IA, la complexité, l'amour, et ce qu'on appelle l'avenir.Dans cet épisode, je parle de la pensée complexe, de l'homo demens, de la transfiguration, de la poly-identité, de la navigation dans l'incertitude, et de ce qu'il appelait l'état poétique. J'aborde aussi ce que ça dit de l'intelligence artificielle, de la mondialisation ratée, et du mouvement des Gilets Jaunes.CITATIONS MARQUANTES"Toute vie est une navigation dans un océan d'incertitude à travers quelques îles ou archipels de certitude où on peut se ravitailler." — Edgar Morin"Je sens que j'approche des limites de la vie, mais je crois que le sentiment d'essayer d'être utile et de continuer à vivre dans les ferveurs de la poésie, de la vie, tout ceci m'entretient bien." — Edgar Morin"Ceux qui croient comprendre tous les problèmes humains uniquement à partir de l'économie oublient la religion, la foi, l'amour, qui ne relèvent absolument pas du calcul économique." — Edgar Morin"La poésie de la vie, suprêmement, c'est l'amour." — Edgar Morin"En sachant que vous êtes un moment dans cette aventure et que vous y participez. Alors essayez d'y participer de la meilleure façon." — Edgar Morin (à ses ~100 ans, sur comment garder confiance)IDÉES CENTRALES 1. L'erreur n'est pas un bug, c'est le moteur de la pensée (~07:19)Morin défend que toute connaissance est une traduction suivie d'une reconstruction. Il n'y a pas de différence fondamentale entre une perception et une hallucination. L'erreur a trois sources : le malentendu, la partialité et l'idéalisme. Ce troisième type est le plus redoutable : les idées qui finissent par nous gouverner non pas parce qu'on nous les impose, mais parce qu'on y croit sincèrement. Le solutionnisme technologique, la croissance comme valeur absolue, l'économie elle-même sont des exemples de cette servitude volontaire. Ce qui est frappant chez Morin, c'est qu'il distingue les erreurs fructueuses des erreurs stériles, et qu'il les analyse au lieu de les nier.2. L'humain est un oxymore sur pattes (~11:28)Morin refuse la flatterie envers l'espèce humaine. Il ne parle pas seulement d'homo sapiens mais d'homo demens, homo faber, homo mythologicus, homo economicus, homo ludens. Nous sommes tout ça en même temps, et c'est précisément cette contradiction qui nous permet d'aimer, de créer et d'espérer. Vouloir "optimiser" l'humain pour en retirer la part irrationnelle, comme le promettent certains projets d'IA ou de transhumanisme, c'est aussi retirer ce qui donne envie du futur.3. La dialogique : deux vérités opposées peuvent être simultanément vraies (~13:15)La mondialisation est la meilleure et la pire chose arrivée à l'humanité. Pour la première fois, tous les êtres humains partagent une communauté de destin. Et ce même processus conduit à des catastrophes écologiques, économiques et démographiques. Tenir cette tension sans la résoudre artificiellement, c'est ce que Morin appelle la dialogique. Dans un monde où les réseaux sociaux récompensent les positions tranchées, refuser de simplifier ce qui ne peut pas l'être est un acte de résistance.4. La transfiguration : le changement vient de l'intérieur des systèmes (~15:03)Juan Carlos élevé dans le franquisme qui devient garant de la démocratie espagnole. Gorbatchev apparatchik qui se transforme en humaniste planétaire. Le pape François, évêque conformiste qui renoue avec le message évangélique. Morin appelle ça la transfiguration : un travail souterrain de la conscience qui peut surgir brusquement. Dans une époque où l'on a l'impression de ne rien pouvoir faire face à Trump ou Musk, cette idée donne de l'espoir concret.5. L'état poétique comme hygiène de vie (~24:35)Survivre, c'est respirer et se nourrir. Vivre, c'est conduire sa vie avec ses risques et ses possibilités de jouissance. L'état poétique, c'est cet état second que l'on obtient dans un échange de sourire, devant un paysage, à l'écoute d'une symphonie ou lors d'une conversation qui dure trop longtemps sur une terrasse. Morin disait qu'à 99 ans, il entrait encore en trance dès les premières mesures du premier mouvement de la 9e de Beethoven. La question que ça me pose : est-ce que je me laisse toucher comme ça, dans un monde dopé à la dopamine ?QUESTIONS STRUCTURANTES DE L'ÉPISODEQu'est-ce que la pensée complexe et pourquoi les réponses simples à des questions complexes sont-elles des mensonges bienveillants ?Comment un esprit intelligent peut-il se laisser posséder par une idée fausse ?Quelle est la différence entre une erreur fructueuse et une erreur stérile ?Pourquoi l'homo demens, la part de folie humaine, n'est pas un défaut à corriger mais une ressource ?Qu'est-ce que la dialogique et pourquoi deux vérités opposées peuvent-elles être simultanément vraies ?Qu'est-ce que la transfiguration et quand est-ce qu'elle se produit dans l'histoire ?Qu'est-ce qu'une poly-identité et en quoi l'accepter améliore les relations humaines ?Comment naviguer dans l'incertitude sans verser dans le fatalisme ou le naïf optimisme ?Quelle est la différence entre survivre et vivre, selon Morin ?Qu'est-ce que l'état poétique et comment le retrouver dans un monde saturé d'informations ?RÉFÉRENCES CITÉESLivresLeçons d'un siècle de vie — Edgar Morin (source principale de l'épisode) [~02:52]L'autocritique — Edgar Morin (sur comment un esprit intelligent se laisse posséder par une idée) [~09:08]Penseurs et citationsLa Boétie — concept de "servitude volontaire" [~08:23]Oscar Wilde — "La vérité pure est simple... elle est très rarement pure et jamais simple." [~29:54]Karl Marx — "La vieille taupe qui sait si bien travailler sous terre pour apparaître brusquement." [~16:38]Figures historiques citées comme exemples de transfigurationJuan Carlos d'Espagne [~15:03]Mikhaïl Gorbatchev [~15:03]Pape François [~15:03]Références culturelles et artistiquesLa Petite Danseuse de Degas (Louvre) — expérience poétique de Morin [~25:56]9e Symphonie de Beethoven, premier mouvement (Salle Gaveau) [~25:56]Marguerite Duras — Morin a habité chez elle à la Libération [~27:16]Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde — là où Morin a rencontré Sabah, sa dernière femme, à 88 ans [~22:10]Épisode connexe VlanMarouane Méry — épisode sur la manipulation et la manière dont on peut être manipulé par ses propres croyances [~09:08]Podcast connexeVLAN Leadership — le deuxième podcast de Gregory, sur les CEOs qui font les choses différemment [~17:15]TIMESTAMPS CLÉS (YouTube)00:00 — Introduction et regret fondateurJ'aurais dû l'appeler. Depuis dix ans que j'avais son contact, j'ai toujours eu peur de déranger. Il est mort à 104 ans. Cet épisode est l'hommage que j'aurais voulu lui rendre en direct.02:52 — Qui était vraiment Edgar Morin ?Né Edgar Nahum en 1921, "Morin" est un pseudonyme de résistant. Sociologue, philosophe, cinéphile, amoureux à répétition, il a traversé le krach de 29, le nazisme, le stalinisme, mai 68, le Covid et l'IA. Une vie impossible à résumer mais fascinante à suivre.04:39 — La pensée complexe expliquée simplementMorin casse l'approche analytique héritée des Lumières. La réalité humaine, une relation, une économie : ça ne se démêle pas fil par fil. Quand on tire sur un fil, les autres bougent. C'est précisément ce que j'essaie de faire sur Vlan depuis le début.07:19 — L'erreur est inséparable de la connaissanceTrois sources : le malentendu, la partialité, et l'idéalisme. Ce troisième type est le plus dangereux : ce sont les idées qui nous gouvernent parce qu'on y croit sincèrement. Morin lui-même en a été victime à 21 ans avec le communisme.11:28 — Homo sapiens + homo demensL'humain n'est pas rationnel. Il est aussi fou, créateur de mythes, joueur, voué au profit. Vouloir effacer cette part irrationnelle, c'est le projet de toutes les utopies qui ont dégénéré en dystopie. Et c'est ce que certains projets autour de l'IA rejouent aujourd'hui.15:03 — La transfiguration : l'espoir vient de l'intérieurJuan Carlos, Gorbatchev, le pape François. Des figures formées dans des systèmes fermés qui, une fois au pouvoir, ont retourné la situation pour l'humanité. Ce travail souterrain de la conscience peut surgir brusquement. C'est peut-être la chose la plus rassurante que j'ai lue depuis longtemps.17:43 — L'identité est toujours plurielleÀ la question "qui es-tu ?", Morin répondait "un être humain." Il vivait sa poly-identité non comme une anomalie mais comme une richesse. Dans un monde où l'appartenance à un groupe exige l'exclusion des autres, c'est un exemple à suivre.20:07 — Toute vie est une navigation dans l'incertitudeNé quasi mort-né, orphelin à 10 ans, résistant, exilé... Et à 88 ans, il rencontre sa dernière femme au Festival de Fès par hasard total. Chaque malchance peut devenir une chance. Et chaque chance porte en elle une malchance future.24:35 — Survivre vs vivre : l'état poétiqueLa survie est nécessaire à la vie. Mais une vie réduite à la survie, ce n'est plus la vie. L'état poétique, c'est l'émotion devant ce qui nous touche : un sourire, un paysage, une symphonie, une conversation sur une terrasse. À 99 ans, Morin entrait encore en trance dès les premières mesures de la 9e de Beethoven.29:07 — Ce que les Gilets Jaunes demandaient vraimentCe n'était pas seulement une revendication économique. C'était une demande d'existence, de reconnaissance, de dignité. Et le fait que ce mouvement ait été tué dans l'œuf sans qu'on écoute ce qu'il voulait dire, on va le payer longtemps.31:19 — Ce que Morin change dans ma façon de voir le mondeLa complexité, l'homo demens face à l'IA, et la poésie de la vie. Et une dernière citation à ne pas oublier : "Essayez d'y participer de la meilleure façon." Prononcée à une centaine d'années. Difficile de trouver mieux.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pequenos textos, contos, crónicas, histórias, lendas, pensamentos ou apenas uma frase que sirvam de reflexão para todos os que nos ouvem na RLX-Rádio Lisboa. No mundo em que vivemos faz-nos falta parar e refletir sobre tudo o que nos rodeia.
Helena Vaz da Silva presidiu à Comissão de Reflexão do Serviço Publico de Televisão e o CNC organizou a conferência “De que TV precisamos?”, que teve lugar no dia 13 de julho de 2002. Nela participaram o sociólogo e filósofo francês Edgar Morin, Guilherme d'Oliveira Martins, Maria José Nogueira Pinto, Carlos Cáceres Monteiro, José Manuel Fernandes e Eduardo Cintra Torres, entre outros. Publicamos as questões colocadas por Sidónio Paes e por José Carlos Abrantes e as respostas de Maria José Nogueira Pinto (em francês).
Invité: Edgar Morin. L'esthétique est une donnée fondamentale de la sensibilité humaine liée au plaisir, à lʹémerveillement, voire au bonheur. Nous vous proposons de réécouter le philosophe Edgar Morin, décédé le 29 mai 2026. Dans cet entretien de mars 2017, il nous nous parlait de la profondeur de l'expérience esthétique, clé de compréhension de la condition humaine, mais aussi de vie et de la peur de la mort.
Foi apresentado em finais de Maio em Paris, o terceiro e último volume do livro "Memórias em tempo de amnésia" de Álvaro Vasconcelos, especialista de relações internacionais e voz bem conhecida das nossas antenas. Nesta obra em três partes, o autor relata as épocas que atravessou, o salazarismo, o colonialismo português em África, nomeadamente em Moçambique onde viveu, os anos de militância política na África do Sul, em França e em seguida em Portugal, onde regressou na altura do 25 de Abril. No terceiro volume das suas memórias intitulado "O futuro para além do apocalipse", Álvaro Vasconcelos recorda a conquista da independência das ex-colónias, assim como os primórdios da democratização de Portugal e a sua adesão à União Europeia. O antigo director do Instituto de Estudos de Segurança da União Europeia e fundador em Portugal do Instituto de Estudos Estratégicos e Internacionais também evoca a viragem autoritária a que se assiste actualmente em várias partes do mundo, a que ele chama de «brutalismo» e que tem a ver com a corrente 'tecno-totalitarista', encabeçada nomeadamente por alguns magnatas da Silicon Valley. Álvaro Vasconcelos fala também da urgência ambiental, da urgência de não nos esquecermos que somos humanos, numa época em que tendemos a colocar tudo nas mãos da Inteligência Artificial. No fundo, ele fala da urgência de pensarmos. Neste livro denso que é uma chamada de atenção, ele começa cada capítulo com uma espécie de guião de filme e fala com um gosto não dissimulado de todas as fitas que o fizeram reflectir de outra forma sobre o mundo, porque este texto, ainda mais do que os anteriores, é uma declaração de amor à sétima arte. E evidentemente não podíamos deixar de falar -antes de mais- da importância que o cinema tem para Álvaro Vasconcelos. "O cinema é algo que me formou porque eu vivia na África colonial, na Beira, em Moçambique. E como era lá no fundo do Império, a ditadura era certamente muito mais suave para os brancos, para os negros era mais brutal do que em Portugal era para os portugueses. E os brancos da cidade da Beira, onde eu vivia, tinham acesso ao Cineclube da Beira, às grandes obras do cinema mundial, por exemplo, nós vimos o ‘Couraçado Potemkin', que em Portugal era absolutamente proibido. (…) E como o cinema, começamos a vê-lo mesmo muito, desde muitos miúdos, não só nos cineclubes, os cinemas eram a maravilha da época, era aquilo que nos educava, nos abria novos horizontes, que nos fazia rir com Charlot, com os irmãos Marx, que nos ensinava os problemas graves do mundo, como ‘Hiroshima mon amour', o neo-realismo italiano, ‘Os ladrões de bicicletas', etc. Evidentemente que o cinema teve para a minha geração e em particular para aquela que viveu no Império, mas não só, também também em Portugal, um impacto enorme, portanto, foi formativo. E ao escrever o último livro da minha trilogia, senti a necessidade de fazer um livro que fosse mais de reflexão que apenas descritivo da minha vida e de reflexão. Não sou filósofo, portanto, não podia ser uma reflexão filosófica. Mas era uma reflexão à volta das ideias que são veiculadas pelo cinema, que foram veiculadas pela grande literatura que eu li desde miúdo, que sempre me apaixonou e continuo a ler e que me ensinou imenso sobre o mundo. Eu descobri muitas coisas no cinema e na literatura que não era capaz de descobrir com o mesmo grau de profundidade dos ensaios", explica o autor. Nas suas memórias, Álvaro Vasconcelos fala da época colonial e também de uma descolonização das mentes que ainda não foi totalmente feita. "Em África, descobri a violência colonial e que a palmatória é um símbolo absoluto dessa violência. Palmatória com que iam castigar os empregados negros por coisas, não importa o quê. Mas mesmo que fossem coisas graves, era a mesma palmatória que era usada contra os escravos, como eu vi no Museu Afro-Brasileiro, em São Paulo. Infelizmente não temos em Portugal, nenhum museu sobre a escravatura. Temos um pequeno museu em Lagos, mas não temos um grande museu, como têm os brasileiros. E essa palmatória era usada também pelo professor primário para nos manter. Identifico a violência brutal de que era vítima pelo professor primário, que tinha um poder absoluto sobre mim, com a violência, de que eram vítimas os negros, que não tinham direitos nenhuns, nem direito à vida. E para que isso pudesse ter acontecido, foi preciso criar uma narrativa de que eles não eram gente civilizada. E essa narrativa perdurou no pós 25 de Abril, porque nunca se fez um trabalho verdadeiro de descolonização das mentalidades. E hoje, quando os imigrantes são tratados como são tratados com desumanidade, é porque não são considerados humanos iguais a nós. E como não são considerados humanos iguais a nós, podem ser vítimas da arbitrariedade. Não têm os direitos iguais. Isso é uma questão fundamental", considera o estudioso. "Quando se deu o 25 de Abril, podia-se ter feito uma coisa extraordinária e teria ficado para a história. Era considerar que toda a gente que reside em Portugal tem os mesmos direitos. Há um país no mundo em que isso, pelo menos já acontece, que é na Nova Zelândia. E, portanto, se os imigrantes tivessem o direito do voto, seriam tratados de forma completamente diferente ", diz ao referir que, em vez disso, "são vítimas da desigualdade mais absurda da escravatura às vezes da violência da morte no Mediterrâneo. Em vez de irem socorrer, acham que é uma forma dissuasiva que eles morram no Mediterrâneo. Isso, evidentemente, é feito posto em prática por políticos democráticos, mas evidentemente que estão a abrir o caminho à extrema-direita que fará disso uma doutrina de poder." No capítulo que reserva a estes aspectos, o autor escreve que “o silêncio sobre a verdadeira natureza do colonialismo é um dos grandes fracassos da democracia portuguesa” e que “a Europa assumir que o colonialismo foi um crime contra a humanidade tornaria o seu discurso sobre a democracia muito mais legítimo.” "O 25 de Abril foi uma revolução extraordinária. Libertou os portugueses da ditadura e criou um sistema de liberdades públicas, de Estado de Direito. Isso deve ser sublinhado e eu sublinho no livro, porque é único no século XX, uma revolução que não foi só uma libertação, mas trouxe a liberdade. Podemos pensar, por exemplo, que a Revolução de Outubro libertou os russos do Czarismo, que era um regime terrível. Mas não construiu um regime de liberdade. Isso aconteceu em Portugal. Simplesmente, Portugal era ao mesmo tempo uma ditadura e um império. E quando se construiu a democracia, fez-se um trabalho mais ou menos profundo sobre o que era a ditadura, o que é que era o fascismo. Existem vários museus, o Museu do Aljube, um museu em Peniche, existe um trabalho de memória. Existem nos livros de História. Conta-se o 25 de Abril, todo esse passado ditatorial. As pessoas sabem que houve a tortura, que havia a PIDE, que as pessoas não tinham direito à palavra. Tudo isso faz parte da memória colectiva dos portugueses", constata Álvaro Vasconcelos. "O que não se fez nenhum trabalho. O que é que era o colonialismo? Não se explicou o que é que era a tortura em África, o que era o trabalho forçado. Qual era a origem que isso tinha na escravatura? Manteve-se um mito do lusotropicalismo, ou seja, que Portugal tinha contribuído para criar um mundo diferente, um mundo não racista, um mundo multiétnico. Até se dizia isso : ‘Deus criou os homens e os portugueses criaram as mulatas' escondendo que as mulatas nasciam muitas vezes de actos de violação absoluta, porque as mulheres negras não tinham direitos e, portanto, o senhor tinha um direito de pernada sobre a mulher negra. Isso acontecia frequentemente. Eu, aliás, entrevistei para um dos meus livros uma senhora africana que conta exactamente a história de uma mulher que, depois do 25 de Abril, andava à procura do homem branco, que tinha sido o pai dos seus filhos e que o homem branco tinha desaparecido. Tinha regressado a Portugal e que nunca mais soube dele. E as crianças queriam conhecer o pai. Mas isto é um caso de uma pessoa que se movimentou. A maior parte das vezes ficaram e são vítimas de toda a discriminação. Isso é o aspecto em que o 25 de Abril não fez esse trabalho", diz o politólogo. "Quando em Portugal surge um movimento de sociedade civil poderoso, hoje formado por intelectuais afro-descendentes que defendem o direito à igualdade, que tem voz no espaço público, quando nos lembramos, por exemplo, da Joacine Katar Moreira que foi deputada na Assembleia da República, a campanha racista contra ela. No Parlamento, a extrema-direita dizia ‘Volta para o teu país'. Estou a falar numa deputada, membro do Parlamento. Mas depois as intelectuais todas que são superactivas na sociedade portuguesa, que é aquilo que há hoje de mais vibrante na sociedade portuguesa, mais criativo. Publicam, fazem filmes como a Pocas Pascoal e outros. Ainda recentemente a Kitty Furtado organizou na Gulbenkian um ciclo sobre o cinema africano produzido em Portugal, com numerosos filmes, numerosos realizadores. Portanto, na Bienal de Veneza, há dois anos, a representação de Portugal foram artistas negros. Portanto, temos um movimento extraordinário. Esse movimento choca com esta mentalidade dominante. E então são acusados de serem ‘wokistas'. ‘Wokistas, quer dizer que são pessoas com consciência", sublinha o universitário. Relativamente às lições que se podem tirar do pós 25 de Abril, Álvaro Vasconcelos faz um balanço agridoce : apesar de considerar que “os seus objectivos essenciais foram atingidos: liberdade, fim do colonialismo e um estado inspirado nos modelos sociais europeus”, ele constara que “o que triunfou não foram os mecanismos que permitiriam compatibilizar a democracia liberal com o desejo de participação dos cidadãos (...) com o tempo, os partidos tornaram-se organizações fechadas (...) foram-se impondo como actores únicos do sistema politico”. "Portugal fez uma revolução que permitiu a existência de partidos políticos que não existiam antes. Mas a revolução, no momento em que ela aconteceu, despertou uma vontade de participação enorme na sociedade portuguesa. Todos os portugueses queriam participar na vida política pública. Eu próprio participei na criação de um jornal que era a voz do trabalhador e aquilo vendia-se como pãezinhos quentes. Quer dizer, toda a gente cria jornais. Toda a gente queria ler. Toda a gente fazia um pequeno comício. Enchiam-se de pessoas. Criaram-se cooperativas, associações de bairro, associações, moradores, associações agrícolas, movimentos cooperativos por todo o lado. Ao mesmo tempo, os partidos políticos foram-se consolidando como forças dominantes da sociedade portuguesa. E esses movimentos participativos foram vistos pelos partidos que acabaram por triunfar como movimentos que eram contrários à consolidação da democracia representativa liberal, como havia no resto da Europa. E foram desaparecendo. E o sistema político português ficou concentrado nos partidos políticos. Esses anos todos passaram e as pessoas hoje, como têm acesso às redes sociais, já têm outra forma de expressão, sem passar pelos partidos políticos. Exprimem-se nas redes sociais. Muitas vezes, o que dizem alguns? Nós não gostamos nada. Mas outras coisas dizem coisas correctas. Estes movimentos que eu referi, ecológicos, anti-racistas, de solidariedade social, também usam as redes sociais. Mas há muita gente que usa as redes sociais e que diz coisas horríveis. Mas não interessa, diz. Acha que tem direito à palavra. E acha que os partidos não dão direito à palavra. Então vão atrás de um demagogo que diz ‘Eu dou vos a palavra. Eles não vos dão a palavra'. Os partidos políticos são organizações fechadas. Em Portugal nunca se fez a regionalização, porque os partidos acharam que aquilo era fugir ao controlo central dos partidos de Lisboa. Era abrir o controlo da sociedade a nível regional. E tudo isso foi enfraquecendo a democracia portuguesa", comenta. “Foi nas redes sociais, espaço sem regras, que descobri que estávamos perante um brutalismo neofascista. O significado das palavras e a verdade deixaram de ser facilmente reconhecíveis. O algoritmo privilegia a violência verbal, exponencia o número de visões e partilhas. Acreditei – e escrevi –, depois das revoluções árabes de 2011, que as redes sociais tinham potencial de empoderamento dos cidadãos e poderiam ser um factor de emancipação democrática, mas hoje sou obrigado a constatar que não tive em conta a capacidade de manipulação, seja pelos algoritmos ou ainda mais pela IA, dos Estados e grupos que controlam as empresas da indústria do mundo virtual", escreve Álvaro Vasconcelos no capítulo que dedica ao regresso do que chama de 'brutalismo'. "A nível europeu, nós não podemos separar de um fenómeno mundial, que é aquilo que atravessa bastante o meu livro, que é a ideia do colapso do pensamento. E esse colapso do pensamento. O que significa que quando os homens deixam de pensar, diz Hannah Arendt, são capazes dos piores crimes. E esses homens são capazes dos piores crimes. E o homem banal, o homem comum que pode seguir um líder que vai destruir as suas liberdades e a liberdade dos outros. E isso pode se chamar ‘tecno-totalitarismo'. Porquê tecno-totalitarismo? Porque grande parte da economia mundial hoje está a ser dominada pelas grandes empresas tecnológicas. Estamos numa nova revolução tecnológica. E as grandes empresas tecnológicas que dominam a inteligência artificial, que dominam as redes sociais, como o Musk, é o exemplo mais claro, defendem aquilo que eu chamei de ‘tecno-totalitarismo'», explica o autor das "Memórias em tempo de amnésia". "Há uma politóloga francesa, Asma Mhalla que diz que ‘este século não vos proíbe de pensar. Ele ocupa-vos até que já não se saiba como fazer. Isto vem, como eu digo aqui no livro, do desenvolvimento da Inteligência artificial. O desenvolvimento da inteligência artificial cria um mundo onde os humanos deixam de pensar. A banalidade do mal passa a ser a norma. Isso acontece em muitos actos quotidianos. Quando recorremos à inteligência artificial para tomarmos decisões. Quando manipulados por algoritmos, ficamos de tal forma hipnotizados que somos levados a acreditar nos líderes populistas como Trump, como Bardella em França como em Portugal, o André Ventura, como Bolsonaro no Brasil", diz Álvaro Vasconcelos. "Há um aspecto deste ‘tecno-totalitarismo' que também nos deve inquietar, que é menos presente em França, mas está presente em muitos países, que é a relação dele com uma determinada corrente religiosa. Ele é religioso na sua essência, porque ao mesmo tempo, fala de Apocalipse, destruição do mundo pelo aquecimento global, pela guerra nuclear e está a propor uma solução tecnológica para estes problemas. Ora, isto é típico da crença religiosa. A ideia do Apocalipse, se pensarmos no apoio dos evangélicos americanos a Trump e em cenas em que Trump se reúne com os evangélicos e os evangélicos rezam na Casa Branca a volta do Trump ou quando o Bolsonaro tomou posse rodeado pelos evangélicos, a primeira coisa que fizeram, foi um ato religioso. (…) Vemos que o ‘tecno-totalitarismo' muitas vezes é também uma ‘tecno-teocracia'. E, portanto, esse problema, que é um problema mundial, que é da criação do mundo em que os homens deixam de pensar, a inteligência artificial substitui o pensamento humano. É um mundo em que o brutalismo, que é o tema do meu livro, se torna possível. É possível que o Trump decida destruir o Irão, que o Netanyahu faça o genocídio de Gaza e agora esteja a fazer no Líbano o que fez em Gaza, no sul do Líbano. É exactamente a mesma coisa. Vai destruir o sul do Líbano completamente", diz o especialista em relações internacionais. No capítulo em que aborda o que chama de dever de hospitalidade, Álvaro Vasconcelos considera que é neste aspecto que a Europa pode fazer a diferença "para superar o brutalismo contemporâneo, porque, por um lado, é uma das regiões do mundo onde as democracias ainda resistem ao assalto da extrema‑direita neofascista, e por outro porque a hospitalidade é a essência da sua sobrevivência". "Estamos a falar da União Europeia, a que se podem juntar alguns Estados, como a Noruega, como hoje o Brasil do Lula. Têm a mesma ambição de escapar ao brutalismo de Putin, Trump, Netanyahu, ao ‘tecno-totalitarismo' que domina a China. Verdadeiramente o único sítio do mundo em que ainda há um grupo de Estados que pode e quer resistir é na União Europeia, mas que tem estes aliados muito importantes que tem que procurar no Canadá, já procura no Brasil. Por isso, o acordo com o Mercosul é tão importante, apesar de a Argentina do Milei estar completamente na mesma linha de brutalismo. Mas o Brasil é um país importantíssimo. Na Ásia, o Japão, a Coreia do Sul. (…) Portanto, a Europa é a nossa esperança. Mas para que essa esperança não passe de uma utopia não realizada, para ser uma utopia realizada, é preciso que a Europa integre toda a sua vitalidade num projecto comum, (…) é preciso uma mudança radical de política. Ou seja, é preciso uma política que seja alternativa à política da extrema-direita. Claramente. E o que é que se deve fazer? Os imigrantes que são grande parte da população europeia ou originários na imigração devem ser cidadãos plenos, activos, integrados nas nossas sociedades, dando-lhes o voto. Aqueles que ainda não têm, damos-lhe a palavra, ouvindo-os e tornando as nossas democracias muito mais participativas", preconiza o autor. No seu livro, Álvaro Vasconcelos estabelece um elo directo entre o ‘tecno-totalitarismo', a negação dos direitos de boa parte da humanidade e a destruição do meio ambiente. "Um dos temas que eu acho que é muito importante é a questão do ambiente. Eu, aliás, começo o meu livro com uma citação do Camus que diz ‘A minha geração quis mudar o mundo. Não o mudou, mas pelo menos lutou para preservar o que de melhor tinha sido conquistado'. (…) O aquecimento global está a ser um problema gravíssimo que pode pôr em causa a vida na terra. E aí é lembrarmo-nos de Edgar Morin, um grande pensador. Eu cito Edgar Morin dez ou 15 vezes no meu livro. Ele diz que nós não estamos só perante um mundo que destrói a vida humana. Estamos num mundo em que a globalização foi extremamente destrutiva do ponto de vista económico e social. Criou também a consciência de um destino comum da humanidade a consciência de que estamos todos no mesmo barco. Ou seja, no barco da vida. Nós sabemos que a vida não é eterna. Mas enquanto estamos no barco da vida, não vamos cair no niilismo. Nem vamos cair na melancolia de esquerda. Isto é uma conclusão que alguém tirou do meu livro que eu sou contra a melancolia de esquerda. A melancolia de esquerda é nós pensarmos em tudo aquilo por que a gente lutou está a desaparecer e já não podemos fazer nada. Vai tudo acabar. Vai acabar a democracia, a liberdade. Vai voltar o racismo como política de Estado. Vai desaparecer a ordem internacional. Vai desaparecer o multilateralismo", diz o universitário. "Estamos perante uma guerra cultural. É um tema central, porque a guerra cultural é algo que acompanha a civilização europeia desde o Iluminismo e desde a Revolução Francesa. Houve sempre uma corrente que se opôs às conquistas de liberdade, igualdade, fraternidade da Revolução Francesa. Considerou sempre que a compaixão pelo outro não fazia nenhum sentido, que o homem era um animal fundamentalmente egoísta e violento E que tinha que ser treinado desde criancinha para a competição. E por isso, a cooperação não é uma questão fundamental da aprendizagem. As pessoas não aprendem a cooperar, aprendem a competir. Já vimos no sistema escolar como é terrível a competição. A infância nas grandes escolas. O que é que é difícil chegar lá acima. Portanto, formam-se elites que foram treinadas para a competição e não foram treinadas para a cooperação. E se nós não cooperarmos neste barco da vida, se não percebermos que o clima não tem fronteiras, que o aquecimento é global, que os calores do Norte de África chegam à Europa, que as transformações da Amazónia transformam as correntes do Atlântico e nos atingem também como europeus. Então não perceberemos que estamos todos no mesmo mundo. Mundo, terra, pátria, como diz o Edgar Morin. E que neste mundo, terra pátria, nós somos todos cidadãos, mesmo quando não somos considerados cidadãos", conclui Álvaro Vasconcelos.
C'est un grand esprit du siècle qui nous a quittés ce 29 mai 2026 à l'âge de 104 ans. Sociologue, philosophe, humaniste, reconnu dans le monde entier, Edgar Morin, Docteur honoris causa de trente-huit universités à travers le monde, refusa toute sa vie l'enfermement dans une quelconque chapelle, développant au fil de sa vie une pensée décloisonnée et innovante. Connu comme le philosophe de la pensée complexe, Edgar Morin aura inlassablement tenté de faire dialoguer les savoirs, les arts, la science, la politique et la philosophie dans une démarche éclectique, en rupture avec la pensée cartésienne et réductrice. Article de la revue Acropolis de juin 2026 par Isabelle OHMANN, philosophe, rédactrice en chef de la Revue Acropolis.Abonnez-vous gratuitement à notre newsletter philosophique :www.revue-acropolis.comSaviez-vous que Nouvelle Acropole est réalisée à 100% par des bénévoles ? Nous dépendons donc beaucoup de nos étudiants et amis pour la divulgation ! N'oubliez pas de vous abonner à la chaîne et si possible de la partager sur vos réseaux sociaux. Ce sera d'une grande aide !
Dans son « A quoi tu penses ? », Camille Moreau rend hommage à Edgar Morin. Le sociologue et philosophe est mort l'âge de 104 ans. Quel fut le secret de sa longévité ? Et si c'était son goût pour l'inquiétude ? Merci pour votre écoute Dans quel Monde on vit, c'est également en direct tous les samedi de 10h à 11h sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes de Dans quel Monde on vit sur notre plateforme Auvio.be : https://auvio.rtbf.be/emission/8524 Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
No episódio do Metadoxos desta semana, presto uma homenagem a um dos pensadores mais importantes do nosso tempo e que inspirou profundamente minha trajetória: Edgar Morin ✨ Foi através de Morin que encontrei, pela primeira vez, uma linguagem para algo que me inquietava: como compreender a realidade sem reduzi-la, sem separar aquilo que, na vida, está profundamente conectado. Essa busca atravessa toda a sua obra e acabou se tornando também parte da essência do Metadoxos. Ao revisitar suas ideias, exploro seus princípios fundamentais, sua crítica à fragmentação do conhecimento e os aprendizados dos "Sete Saberes Necessários à Educação do Futuro". Essa reflexão me levou de volta à conversa recente com Priscila Cruz. Em um momento tão decisivo para o Brasil, talvez não exista tema mais importante para o nosso futuro do que a educação — mas aquela educação que vai muito além de transmitir informações!Queridos, esse é um episódio que celebra o legado de alguém que me ensinou — diante de uma realidade tão rica e multifacetada, “todo mundo está certo... até certo ponto.” Viva ao mestre que pôs em prática a ferramenta mais poderosa de todas, a solidariedade
Ce vendredi 29 mai 2026 Edgar Morin nous a quitté à l'âge de 104 ans. J'adresse une pensée chaleureuse à sa famille et ses proches pour la perte d'une présence si marquante.Article de la revue Acropolis de juin 2026 par Fernand Schwarz, anthropologue, philosophe, fondateur de l'école de philosophie Nouvelle Acropole en France. Lecture par Noëlle Vannini.Abonnez-vous gratuitement à notre newsletter philosophique :www.revue-acropolis.comSaviez-vous que Nouvelle Acropole est réalisée à 100% par des bénévoles ? Nous dépendons donc beaucoup de nos étudiants et amis pour la divulgation ! N'oubliez pas de vous abonner à la chaîne et si possible de la partager sur vos réseaux sociaux. Ce sera d'une grande aide !
La vengeance n'est pas la haine. Et le pardon ne doit pas être une obligation. Voilà le message que nous envoie la philosophe Laurence Devillairs au travers de son nouveau livre (« Vengeance. Le droit de ne pas pardonner », Stock). Selon elle, la vengeance rend actif et intelligent. En quoi est-elle une émotion éthique ? Que fait-elle de l'injustice subie ? Laurence Devillairs est notre invitée, cette semaine. Dans son « A quoi tu penses ? », l'écrivaine et philosophe Camille Moreau rend hommage à Edgar Morin. Le sociologue et philosophe est mort à 104 ans. Quel fut le secret de sa longévité ? Et si c'était son goût pour l'inquiétude ? Dans « En toutes lettres ! », l'écrivain et poète Karim Kattan écrit à un couple de personnages d'un jeu vidéo et leur donne des nouvelles de notre monde. Les prescriptions culturelles : Laurence Devillairs : Toute l'œuvre de Pascal Camille Moreau : L'œuvre de la penseuse Maria Zambrano Karim Kattan : L'album The West de Bifuu ZONE Pascal Claude : L'album W.O.W.A de Ghinzu Merci pour votre écoute Dans quel Monde on vit, c'est également en direct tous les samedi de 10h à 11h sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes de Dans quel Monde on vit sur notre plateforme Auvio.be : https://auvio.rtbf.be/emission/8524 Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Helena Vaz da Silva presidiu à Comissão de Reflexão do Serviço Publico de Televisão e o CNC organizou a conferência “De que TV precisamos?”, que teve lugar no dia 13 de julho de 2002. Nela participaram o sociólogo e filósofo francês Edgar Morin, Guilherme d'Oliveira Martins, Maria José Nogueira Pinto, Carlos Cáceres Monteiro, José Manuel Fernandes e Eduardo Cintra Torres, entre outros. Publicamos as notas de Guilherme d'Oliveira Martins e a resposta de Edgar Morin a Eduardo Cintra Torres (em francês).
Cette semaine, une Grande Librairie hommage à l'un de nos plus grands penseurs. Edgar Morin s'est éteint à Paris, vendredi, le 29 mai 2026, à l'âge de 104 ans.
Edgar Morin, un intellectuel hors norme, inclassable, prolifique, 130 livres, un homme que nous avons eu la chance et l'honneur de recevoir à plusieurs reprises, sur ce plateau ou ailleurs, et qui nous avait à chaque fois ébloui autant par sa pensée complexe que par sa simplicité et par sa façon d'incarner cette fraternité qu'il a tant défendu tout au long de sa vie… Alors après cet hommage national qui lui a été rendu ce matin aux Invalides, après les mots d'Emmanuel MACRON, nous allons ce soir réfléchir à la trace que laisse Edgar MORIN ? Nous allons en débattre ce mercredi 3 juin avec nos invités : - Eric FOTTORINO, Journaliste, écrivain, co-fondateur de l'hebdomadaire Le 1, du magazine Zadig et de la revue Légende- Nicole LAPIERRE, Sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS- Camille ETIENNE, Militante écologiste- Nicolas TRUONG, Grand reporter, chef du service Idées-Débats du journal Le Monde, auteur du livre Nous sommes les hôtes de la Terre. Entretiens avec Nicolas Truong (éditions Arthaud, 29 avril 2026) et du livre Attends-toi à l'inattendu avec Edgar Morin (coédition L'Aube/Le Monde, 2021)- François DOSSE, Historien des idées, épistémologue, auteur du livre La saga des intellectuels français. A l'épreuve de l'histoire (1944-1989) (éditions Gallimard, septembre 2018)
Le Journal en français facile du mercredi 3 juin 2026, 18 h 00 à Paris. Comprendre un extrait du journal avec : un exercice niveau B2 | Un dernier au revoir à Edgar Morin Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/Cl9o.A
durée : 00:19:44 - Les journaux de France Culture - Emmanuel Macron présidait ce matin aux Invalides un hommage national au sociologue, philosophe, résistant, décédé vendredi dernier. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Thomas Cluzel, Aloïs Guérin Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Qu'il s'agisse des questions écologiques, de l'apparition des yéyés au début des années 1960, de l'altermondialisme à la fin des années 1990, du 11 septembre 2001 ou encore du conflit israélo-palestinien, le philosophe et sociologue Edgar Morin, qui vient de mourir à 104 ans, s'intéressait à tout ce qui faisait notre histoire au présent. C'était un homme de la réconciliation, même dans ces dernières années où l'opinion se « polarise » à marche forcée. Dans un de ses derniers entretiens au Monde, Edgar Morin déplorait le « grand courant de régression néo-autoritaire » qui traverse la planète. Et considérait que la France n'y échappait pas, où le national-populisme affronte ce qu'il appelait la « France républicaine, laïque et sociale ».Résistant, c'est dans la clandestinité qu'Edgar Nahoum trouve son nom : Morin. Ce « communiste de guerre », comme il se définissait, est finalement exclu du Parti communiste français en 1951. Il n'a de cesse, en bon électron libre, d'être là où se fabrique l'époque : à Berlin en 1946, à Nanterre en 1968, en Californie en 1969…En tant que sociologue membre du Centre national de la recherche scientifique, tout était digne de sa réflexion. Le star-system (Les Stars, Seuil, 1957) fait l'objet d'un de ses premiers livres, qui étudie les vedettes d'Hollywood, dont l'aura répond à nos besoins de mythes. Dans La Rumeur d'Orléans (Seuil, 1969), il enquête sur le terrain, en revenant sur une prétendue traite des Blanches à laquelle se livreraient des magasins de lingerie tenus par des commerçants juifs. Dans son film Chronique d'un été (1961), signé avec l'ethnologue Jean Rouch, et avec la participation de la cinéaste Marceline Loridan-Ivens, il pose la question aux Parisiens, dans la rue, à la fois naïve et profonde : « Comment vis-tu ? »Les pages du Monde accueillaient ses tribunes et entretiens depuis 1960, au point qu'un livre a été consacré à ses contributions dans le journal (Au rythme du Monde, Presse du Châtelet, 2014). Et, jusqu'en avril, avec un entretien titré : « Je doute de l'humanité tout en croyant en elle. »Engagé contre toute forme d'oppression, Edgar Morin nous laisse l'image et les mots d'un penseur souriant mais pas dupe, qui a souvent frôlé l'abîme, cependant toujours prêt à accueillir l'inattendu. Il le disait : « Car il est certain que, depuis mes 10 ans, avec mes doutes, mes tristesses et mon nihilisme immédiat, jamais je n'ai cessé d'être ému et consolé par la voix qui me dira qu'un jour la vie changera. » Le jour où un hommage national lui est rendu aux Invalides, à Paris, nous revenons sur le parcours et les idées d'Edgar Morin dans cet épisode de « L'Heure du Monde », avec Nicolas Truong, grand reporter au service Idées du Monde.Un épisode de Thomas Baumgartner et Garance Muñoz, avec l'aide de Quentin D'Aout. Réalisation : Quentin Tenaud. Présentation : Thomas Baumgartner. Dans cet épisode : extrait du texte « Pour une nouvelle conscience planétaire » (Le Monde diplomatique, octobre 1989) ; de « La Rumeur d'Orléans : les délires de l'an mil, par Gilles Lapouge » (Le Monde, 27 décembre 1969).Cet épisode a été publié le 3 juin 2026.---Pour soutenir "L'Heure du Monde" et notre rédaction, abonnez-vous sur abopodcast.lemonde.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:19:44 - Journal de 12h30 - Emmanuel Macron présidait ce matin aux Invalides un hommage national au sociologue, philosophe, résistant, décédé vendredi dernier. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Thomas Cluzel, Aloïs Guérin Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Edgar Morin est mort vendredi 29 mai à l'âge de 104 ans. Un hommage national lui a été rendu ce matin aux Invalides. Son cercueil est entré dans la cour au son des tambours, avant qu'Emmanuel Macron ne prononce un éloge funèbre. Résolument engagé à gauche, Edgar Morin n'aura jamais été l'homme d'un seul camp. Alors ce matin, les responsables politiques venus lui rendre hommage étaient à la fois socialistes, centristes et gaullistes...Tous les soirs du lundi au jeudi vers 19h20 sur France 5, Louis Amar vous raconte une des histoires qui a fait l'actualité dans sa “Story”.
Au sommaire :Le ministère de la Justice organisait une simulation de procédure de plaider-coupable pour convaincre les députés de sa réforme de la justice.Une première étape a été franchie vers l'autonomie de la Corse, mais le chemin reste encore long avant de réformer la Constitution.Une rétrospective des peintures de Winston Churchill, Premier ministre britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, ouvre à Londres.Donald Trump aurait qualifié Benyamin Netanyahou de "complètement fou" en raison de l'offensive israélienne contre le Hezbollah au Liban.La Commission européenne présente un plan pour réduire la dépendance aux services numériques américains.Un hommage national est rendu à Edgar Morin, sociologue décédé à l'âge de 104 ans.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans ce nouvel épisode du "Journal imprévisible", Marc Bourreau revient sur l'annonce de l'Elysée, qui réalisera un hommage national à Edgar Morin, sociologue décédé à l'âge de 104 ans, aux Invalides à Paris.Edgar Morin était un penseur libre et populaire, appartenant à la grande famille des sociologues français, connu pour ses concepts de "principe dialogique", "auto-éco-organisation" et "théorie des systèmes". La sociologie française a compté de nombreuses figures emblématiques comme Auguste Comte, Émile Durkheim, Raymond Aron, Michel Crozier, Jean-Claude Kaufmann ou encore Michel Foucault. La sociologie s'invite partout en France, de l'Élysée aux amphithéâtres universitaires, en passant par la télévision où elle a parfois été critiquée, comme par Pierre Bourdieu. La sociologie est une discipline universitaire très plébiscitée, avec près de 300 000 apprentis sociologues recensés en 2023, dont certains ont marqué l'histoire comme Daniel Cohn-Bendit.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C'est une figure intellectuelle majeure et populaire qui nous a quitté. Le sociologue et philosophe Edgar Morin est mort à l'âge de 104 ans. Au fil de son existence, il a défendu la pensée complexe et tenté d'éclairer le temps présent. Dans l'un de ses livres, il écrit : « Je ne suis pas de ceux qui ont une carrière, mais de ceux qui ont une vie ». Et de cette vie, Edgar Morin en en avait longuement parlé à Pascal Claude en octobre 2019. Merci pour votre écoute Dans quel Monde on vit, c'est également en direct tous les samedi de 10h à 11h sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes de Dans quel Monde on vit sur notre plateforme Auvio.be : https://auvio.rtbf.be/emission/8524 Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:02:36 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner - Le décès d'Edgar Morin invite à une réflexion sur l'engagement intellectuel des figures juives au sein de la gauche radicale. Guillaume Erner observe l'évolution de ces rapports vers une méfiance croissante au sein du paysage politique. - réalisation : Félicie Faugère Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 01:24:29 - Le Cours de l'histoire - par : Emmanuel Laurentin - En 1965, Edgar Morin et de nombreux chercheurs s'installent à Plozévet (Finistère) pour étudier la modernisation d'une commune rurale. À travers le récit de ses protagonistes, retour sur une immersion scientifique qui a durablement transformé le regard des habitants et de ceux venus les observer. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Edgar Morin, uno dei maggiori pensatori e intellettuali della nostra epoca, è morto il 29 maggio. Era nato a Parigi l'8 luglio 1921. Per ricordare la sua figura vi proponiamo una parte della lunga intervista realizzata per “Laser” da Roberto Antonini che aveva incontrato il grande filosofo nel 2011, in occasione del suo novantesimo compleanno.«La vita di Edgar Morin è stata contrassegnata dalla ricerca incessante delle relazioni che intercorrono, nascoste, tra le diverse discipline. Il filosofo e sociologo francese non ha mai rallentato il suo lavoro, intenso e continuo, per snidare i rapporti che intercorrono tra storia, biologia, neuroscienze, antropologia, economia, politica. Solo uno sforzo transdisciplinare è a suo giudizio in grado di farci uscire da una settorializzazione accecante: il pensiero complesso è quello in grado di orientare la mente verso una conoscenza che ci consenta di percepire i contorni del mondo nel quale viviamo e che è viepiù percorso da minacce e paure. La complessità è anche un'etica della mente: solo uscendo dagli schemi binari - il sì e il no, il bene e il male - si potranno liberare quelle idee e forze creative per far fronte alla tormenta ecologica, economica, sociale che si abbatte sulle nostre società e che compromette il futuro del pianeta».
Au sommaire :Des violences ont éclaté après la victoire du PSG. Il souligne le contraste entre la joie de la victoire et les débordements qui s'en sont suivis. Le sommet Choose France s'est ouvert à Versailles. A cette occasion, on annonce un montant record d'investissements étrangers en France. Comment vivre l'épreuve du chômage ? Témoignages.Hommage au philosophe et sociologue Edgar Morin, figure de la vie intellectuelle française, décédé à l'âge de 104 ans.Avec la multiplication des noyades, les victimes sont de tous âges. Prise de risque des plus jeunes, imprudence des plus âgés et ignorance des dangers des activités aquatiques, les causes sont diverses.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui dans "Esprits Libres", David Abiker reçoit Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l'Éducation nationale, pour une discussion autour de la pensée d'Edgar Morin, sociologue récemment disparu, et des questions de culture générale et d'interdisciplinarité. L'invité commence par évoquer le livre du sociologue sur les Juifs et la modernité, qu'il considère comme son meilleur ouvrage. Il revient sur sa thèse concernant l'influence du judaïsme sur la pensée de Montaigne et son relativisme religieux. Cette discussion sur les liens entre philosophie, religion et histoire l'amène naturellement à aborder la question de l'interdisciplinarité, chère à Edgar Morin comme à Serres.Luc Ferry souligne l'importance de la culture générale, notamment scientifique, pour développer un esprit critique face aux dérives complotistes et antivaccins. Il regrette que les grandes écoles aient délaissé cet enseignement au profit d'une spécialisation précoce, alors que le public semble apprécier les intellectuels aux horizons larges, comme Edgar Morin ou Michel Serres.Mais l'entretien prend une tournure plus sombre lorsque David Abiker interroge Luc Ferry sur le phénomène du "zbeul", ces violences urbaines qui éclatent parfois après des victoires sportives. Il y voit l'expression d'un certain nihilisme, d'un manque de perspective politique chez une partie de la jeunesse. Il craint que ces débordements ne préfigurent l'avènement de la "Nouvelle France" décrite par Jean-Luc Mélenchon, une France des quartiers et des Black Blocs.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:02:36 - L'Humeur du matin - par : Guillaume Erner - Le décès d'Edgar Morin invite à une réflexion sur l'engagement intellectuel des figures juives au sein de la gauche radicale. Guillaume Erner observe l'évolution de ces rapports vers une méfiance croissante au sein du paysage politique. - réalisation : Félicie Faugère Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Facile de reprendre ce titre du célèbre roman d'Hemingway pour entamer cette revue de presse. Facile mais évident au vu des titres de la presse française ce matin : « Paris fête ses rois », s'exclame Le Parisien. Après leur sacre samedi soir, les footballeurs du PSG ont été « accueillis comme des dieux », s'extasie le journal. « Environ 90 000 personnes ont assisté hier au retour des Champions d'Europe au Champ de Mars à Pars, transformé en gigantesque fan-zone »/ « La fête des maîtres », s'amuse L'Equipe. Référence calembouresque à la fête des mères qui était célébrée également hier… « Comme l'année dernière, relève le quotidien sportif, les Parisiens ont allègrement savouré les heures qui ont suivi leur sacre européen. Entre Budapest et Paris, où ils sont pu communier avec leur supporters, pointait déjà l'ambition de remettre ça, une fois de plus, dans un an ». Le Monde jubile également : « avec le plaisir d'un épisode caniculaire enfin arrivé à son terme, et malgré un soleil caché par une enfilade de nuages parfois pluvieux, ou les restes d'une nuit fiévreuse, Paris rayonnait hier au moment d'accueillir ses héros du ballon rond, au lendemain du deuxième sacre de rang du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. Un an jour pour jour après la conquête de leur première étoile, les Parisiens, partis de Budapest en début d'après-midi, ont retrouvé leurs terres, et les clameurs d'un public qui n'a jamais cessé de croire en la possibilité d'un doublé ». Gloire et… honte Le Figaro enchaine : « cette équipe est belle car elle brille par un jeu collectif exceptionnel. Elle n'est pas, comme auparavant, que l'expression de quelques stars. On n'a pas fini de l'habiller de superlatifs, d'en chanter la virtuosité, d'en redemander encore et encore. (…) On applaudit (donc), poursuit Le Figaro, mais, déplore-t-il, l'exploit n'excuse ni ne justifie les scènes de guerre vues avant, pendant et après le match, jusqu'au bout de la nuit. Exactement comme l'année dernière. Plusieurs quartiers de Paris et de quelques villes de province ont été mis à sac. Tirs de mortiers, vitrines brisées, voitures brûlées. Affrontements en ligne avec les forces de l'ordre ». Et Le Figaro de s'interroger : « va-t-on s'habituer encore longtemps à ces rituels inacceptables ? Peut-on tolérer que l'unité nationale, si belle dans la gloire, puisse être déchiquetée par la honte qu'inspirent certains dans le pays ? Ces jours-là, on ne peut s'empêcher de penser que la France est effectivement malade ». « Un orgasme collectif violent et extatique » Libération pour sa part nous propose une double Une. D'un côté : « PSG, naissance d'une légende », et de l'autre : « Edgar Morin, mort d'une légende ». Comment concilier ces deux informations qui n'ont a priori rien à voir ? Libération rapporte des extraits de l'ode au football que le philosophe avait écrite en 1998 lors de la première victoire de la France en Coupe du monde. « Une ode au foot qui n'a pas pris une ride », pointe le journal. En effet, il y a presque 30 ans donc, Edgar Morin écrivait : « la stratégie de l'équipe doit s'élaborer en imaginant la stratégie de l'adversaire et comporte aussi une contre-stratégie. Chaque équipe doit s'appliquer non seulement à construire son jeu, mais aussi à déconstruire celui de l'adversaire ». Libération cite encore ce propos du philosophe : « l'attente d'un but est si tendue, si angoissée, […] elle coûte tant d'efforts et d'énergie, que le "goal" déclenche […] un orgasme collectif violent et extatique. » Quant à la séance des tirs au but : « nulle stratégie n'abolit le hasard, explique Edgar Morin. Tout match comporte beaucoup d'aléas, […] et certains entretiennent l'incertitude jusqu'à la fin ». Incroyable, souligne Libération, « notre philosophe centenaire parle football comme s'il avait suivi la finale quelques heures après sa mort devant sa télé ». Condamné à porter le poids du monde sur ses épaules… Enfin, cette photo qui a fait le tour du monde des médias et que l'on peut voir notamment sur le site du New York Times : le parisien Marquinhos qui réconforte sont compatriote brésilien Gabriel après son penalty manqué samedi soir… Commentaire du New York Times : « cela ne changera jamais à moins qu'une meilleure solution ne soit trouvée pour départager un match nul après prolongation : la cruelle réalité des tirs au but. Un joueur, voire plusieurs, se retrouvera condamné à porter le poids du monde sur ses épaules pendant des années pour avoir manqué une action individuelle dans un sport collectif. Cette responsabilité, et la prise de conscience qu'elle engendre, est absolument écrasante ».
La France n'adore rien autant que ses intellectuels, et elle leur pardonne tout. Même leurs errements les plus sordides, leurs erreurs les plus catastrophiques, et leurs idées farfelues, voire leur absence d'idée. Seul importe qu'ils aient été du bon côté de l'histoire. Edgar Morin en était la parfaite illustration.
Vincent Desportes, Général de corps d'armée, ancien directeur de l'École de Guerre est l'un des épisodes qui a le plus marqué sur Vlan! Leadership.J'avoue que j'avais une image un peu caricaturale de l'armée avant cet épisode. L'ordre, la hiérarchie stricte, le "on obéit parce qu'on obéit". Et puis j'ai lu le livre de Vincent. Et j'ai réalisé que, sur la question du leadership, les militaires ont une longueur d'avance assez déconcertante sur la majorité des entreprises. Pas parce qu'ils sont plus durs. Mais parce qu'ils ont compris bien avant nous que personne ne fait quelque chose d'extraordinaire sous la contrainte. Que le désir, comme disait Spinoza, est le vrai moteur. Et que le rôle du chef n'est pas de motiver, mais de créer les conditions de l'auto-motivation.Dans cet épisode, nous parlons de ce que distingue vraiment une bonne armée d'une mauvaise, pourquoi la guerre en Ukraine est avant tout une histoire de leadership, comment on crée de l'autonomie sans perdre le cap, et ce que le brouillard de la guerre nous apprend sur la manière de prendre des décisions dans un monde qu'on ne comprend plus très bien. J'ai aussi questionné Vincent sur ses propres erreurs de jeune lieutenant, sur la vulnérabilité du chef, et sur cette phrase qu'il cite dans le livre et qui m'a arrêté net : "Le désir secret des hommes est moins d'être libre que d'être inspiré." Citations marquantes"Un soldat sait qu'il ne vaut rien sans les autres.""Je ne peux pas motiver les gens. Je dois créer les conditions de l'auto-motivation.""Doutez toujours. Mais n'hésitez jamais.""L'initiative est la forme la plus aboutie de la discipline.""Le désir secret des hommes est moins d'être libre que d'être inspiré."Idées clefs1. Le préfixe le plus important en leadership : "auto" [00:00 à 20:00] Vincent revient sur une idée qu'il développe dans son livre : on ne peut pas motiver quelqu'un, on ne peut pas responsabiliser quelqu'un de l'extérieur. Ce qu'on peut faire, c'est créer les conditions pour que ça émerge de l'intérieur. Auto-motivation, auto-responsabilisation, auto-discipline. C'est un renversement total de la logique managériale classique qui dit "je vais mobiliser mes équipes" comme si c'était une action qu'on fait à quelqu'un. Ça explique pourquoi tant d'initiatives de "mobilisation" tombent à plat : elles partent dans le mauvais sens.2. Le lien entre intérêt individuel et intérêt collectif est la vraie clé [08:50 à 14:00] Ce n'est pas le sens qu'on donne à une mission qui fait avancer les gens. C'est le fait que chacun perçoive un intérêt personnel à ce que le collectif réussisse. Rousseau disait que c'est l'émotion qui fait avancer l'humain, pas la pensée. Spinoza disait que l'homme est désir. Vincent traduit ça en pratique managériale : je dois créer le lien émotionnel entre "mon avenir à moi" et "notre projet ensemble". Ce lien ne se décrète pas, il se construit, souvent dans les petits gestes et les conversations du quotidien.3. "Aucun plan ne résiste au premier coup de canon" [20:00 à 33:00] Von Moltke, général prussien du XIXe siècle, avait posé les bases de ce qu'on redécouvre aujourd'hui sous le nom d'agilité. Un plan, c'est fait pour entrer en contact avec la réalité, pas pour la dicter. Et ce qui fait la différence entre une bonne organisation et une mauvaise, ce n'est pas la qualité du plan initial, c'est la capacité d'adaptation de chacun quand le plan se casse. Ce qui implique d'avoir construit l'autonomie avant que la crise arrive, pas pendant.4. Le drill et la liberté : les deux ne s'opposent pas [29:00 à 33:00] Il y a des tâches qu'on automatise pour libérer la tête. Un parachutiste sait exactement où est son couteau, son masque à gaz, ses grenades, sans regarder, parce que ça libère sa bande passante pour penser à ce qui change. C'est exactement ce que font les bonnes entreprises : automatiser les tâches sans valeur ajoutée humaine pour que les gens puissent s'adapter à l'imprévu. La robotisation n'est pas une menace si elle est pensée comme libération de l'initiative.5. Le leader est un créateur de contexte, pas un distributeur de sens [47:30 à 56:45] McGregor distingue deux types de management : le mécaniste (on tire sur la tige pour que la plante monte) et l'agricole (on crée les conditions pour qu'elle pousse). Vincent va encore plus loin avec la métaphore du tournesol : si le contexte est bon, les gens s'orientent naturellement vers la lumière, sans qu'on ait besoin de les y forcer. Le rôle du leader n'est pas d'indiquer le chemin à chaque pas, c'est de faire en sorte que l'orientation devienne naturelle.Questions posées dans l'interviewQu'est-ce que c'est qu'un bon leader selon vous, et à quoi ça ressemble ?Est-ce que l'armée fonctionne par contrainte ou par adhésion ?Pourquoi la différence Ukraine/Russie est-elle d'abord une question de leadership ?Comment faire naître l'envie à l'intérieur de chaque personne dans une organisation ?Comment un leader peut-il développer l'autonomie chez ses collaborateurs concrètement ?Comment changer une culture organisationnelle ancrée dans le drill et la non-autonomie ?Vous avez eu des échecs personnels qui vous ont appris quelque chose sur le leadership ?La vulnérabilité, l'aveu du doute, est-ce un signe de bon leadership ou une faiblesse ?Le "brouillard de la guerre", est-ce une métaphore pertinente pour ce que vivent les entreprises aujourd'hui avec la crise écologique ?Qu'est-ce que vous entendez par "un leader est un influenceur par le contexte" ? Références citéesPersonnes historiques et militairesNapoléon Bonaparte : plusieurs citations sur le commandement par le rêve, la connaissance des hommes, l'uniforme comme vecteur d'identité [00:44, 15:43, 30:48, 37:10, 51:26]Von Moltke (Helmut von Moltke) : "Aucun plan ne résiste au premier coup de canon" et "Un ordre ne doit contenir que ce qu'un subordonné ne peut décider de lui-même" [20:57]Carl von Clausewitz : théoricien de la guerre, créateur du concept de "brouillard de la guerre" [44:23]Maréchal Foch : "La discipline formelle est une forme d'indiscipline" [24:50]Général Lagarde : "L'initiative est la forme la plus aboutie de la discipline" [24:50]Leclerc (Général Philippe Leclerc de Hauteclocque) : leadership par les objectifs, libérateur de Paris [25:38]Général Bradley : formation avant le débarquement de Normandie, équilibre drill/initiative [32:02]Clémenceau et Foch : images des chefs militaires dans les tranchées [14:57]Wagner / Prigogine : exemple de leadership par la contrainte [02:18]Philosophes et penseursSpinoza : "L'homme est désir" [08:27]Rousseau : "C'est la pensée qui fait l'humain, mais c'est l'émotion qui le fait avancer" [11:35]Edgar Morin : capacité humaine d'intuition face aux machines [29:04]Pascal / Descartes : le doute cartésien appliqué à la décision [41:23]Théoriciens du managementRobert Greenleaf : concept du "servant leader" [06:43]McGregor : management mécaniste vs management agricole [48:12]Jean-Dominique Senard : dirigeant de Michelin, exemple de leadership humaniste [18:03]Culture et littératurePierre Schoendorffer, Le Crabe-tambour : "Le désir secret des hommes est moins d'être libre que d'être inspiré" [56:11]Ubuntu : principe africain du collectif comme force [54:08]Événements historiquesDébarquement de Normandie / plage d'Omaha : exemple d'adaptation sous contrainte [31:24, 32:02]6 juin 1944 / libération de Paris [25:38, 06:43]Covid : décision sous incertitude et légitimité du changement [42:51]Réforme des retraites : lien intérêt individuel/collectif [54:08]Grande Dépression / Roosevelt à la radio [12:56]Churchill et De Gaulle : leadership par le discours émotionnel [12:13]Livre de l'invitéDevenez leader, Vincent Desportes, éditions Odile Jacob [00:13]Timestamps clés pour YouTube00:13 — Un bon leader, à quoi ça ressemble vraiment ? Desportes pose la définition : un leader, c'est quelqu'un qui transforme une addition d'êtres humains en une synergie de volontés. Pas quelqu'un qui commande, quelqu'un qui crée l'envie d'aller quelque part ensemble.01:35 — Napoléon commandait par le rêve, pas par le fouet La différence entre les armées qui gagnent et celles qui perdent. Avec un parallèle direct et saisissant sur Wagner et l'armée russe aujourd'hui.05:40 — Ce sont les soldats qui gagnent les guerres, pas les généraux Et c'est exactement le même problème dans les entreprises. Celui qui crée la valeur, c'est l'opérateur, le commercial, le soldat. Le chef, lui, crée les conditions.08:27 — Spinoza, Rousseau, et pourquoi on ne motive pas les gens On pense avec le cerveau, mais on avance avec le cœur et les tripes. Ce moment où la philosophie rencontre la pratique du commandement militaire.14:09 — Le quiet quitting expliqué par un général Pourquoi les gens se déconnectent ? Parce que leur intérêt a changé et que les organisations ne l'ont pas vu venir. Une analyse qui dépasse largement le cadre militaire.18:57 — Le préfixe le plus important du leadership : AUTO Auto-motivation, auto-responsabilisation, auto-discipline. Je ne peux pas imposer ces choses de l'extérieur. Mon rôle est de créer les conditions pour qu'elles émergent.20:57 — Von Moltke et "aucun plan ne résiste au premier coup de canon" Pourquoi le plan stratégique est une illusion et ce qu'il faut faire à la place. L'autonomie comme seule réponse réaliste à l'imprévu.30:48 — Le drill existe toujours dans les armées, et c'est normal Automatiser ce qui n'a pas de valeur ajoutée humaine pour libérer la tête vers ce qui en a. La robotisation vue comme libération plutôt que menace.40:01 — "Doutez toujours. Mais n'hésitez jamais." La grande phrase de l'épisode. Décision sous incertitude, légitimité du changement de cap, et pourquoi les gens ont critiqué Macron pendant le Covid en ayant fondamentalement tort.44:23 — Le brouillard de la guerre, c'est notre quotidien La crise écologique, la polycrise, l'accélération. Clausewitz avait tout compris. La stratégie, ce n'est pas un chemin fixe, c'est un objectif stable sur un chemin qu'on ajuste en permanence.47:37 — Le leader est un agriculteur, pas un mécanicien La métaphore de McGregor et des tournesols. On ne tire pas sur la plante pour qu'elle monte. On crée les conditions pour qu'elle s'oriente naturellement vers la lumière.52:42 — La puissance collective n'est pas un résultat, c'est une résultante On ne produit pas de l'intelligence collective en le décrétant. On crée le lien vertical (intérêt individuel/collectif) et le lien horizontal (fraternité, besoin des autres). Le reste vient tout seul.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
En hommage à Edgar Morin je rediffuse un épisode #inspiration enregistré en janvier 2024 : Regard sur notre époque complexe, par Edgar Morin Edgar Morin est un précurseur et un vulgarisateur de premier plan en ce qui concerne les concepts d'organisation, de système et de complexité.Il est considéré comme l'une des figures intellectuelles les plus importantes du 20e siècle en France et a influencé de nombreux domaines de la pensée contemporaine.Dans ce court épisode, je lis sa dernière chronique publiée dans le journal Le Monde ce lundi 22 janvier, ainsi que deux passages de son livre "La Voie".« À force de sacrifier l'essentiel pour l'urgence, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel. » - Edgar Morin----Retrouvez tous les épisodes et les résumés sur www.sismique.frSismique est un podcast indépendant créé et animé par Julien Devaureix.
durée : 00:40:03 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner - Il s'est éteint vendredi dernier. Edgar Morin avait 104 ans. Résistant, sociologue du temps présent, philosophe de la complexité, il aura traversé le siècle sans jamais se laisser enfermer dans une discipline, une école ou un camp. Que représente sa disparition dans l'histoire des idées ? - réalisation : Félicie Faugère, Yoann Duval, Marie-Lys de Saint Salvy, Emma Lichtenstein, Mathilde Thon-Fourcade, Alice Deschamps, Carolina Sousa - invités : François Dosse Historien, spécialiste de l'histoire intellectuelle, professeur à l'Université Paris-Est Créteil et Sciences Po, chercheur à l'IHTP (Institut d'histoire du temps présent), Edwy Plenel Journaliste, cofondateur du site Mediapart, Emmanuel Laurentin Historien, journaliste Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 02:29:41 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner - Ce matin, en hommage à Edgar Morin mort vendredi à 104 ans, à 7h40, Guillaume Erner reçoit l'historien des idées François Dosse. Rejoint à 8h20 par le journaliste Edwy Plenel et Emmanuel Laurentin. À 7h17, Jean Foyer, socio-anthropologue au CNRS, revient sur l'influence de Morin en Amérique latine. - réalisation : Félicie Faugère, Marie-Lys de Saint Salvy, Mathilde Thon-Fourcade, Emma Lichtenstein, Juliette Devaux, Jean Leymarie, François Saltiel, Alexandra Delbot, Lucile Commeaux, Gilles Gressani, Yoann Duval, Alice Deschamps Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:12:18 - Les Enjeux internationaux - par : Guillaume Erner - En Amérique latine, Edgar Morin était une star. Sa pensée complexe, syncrétique, relationnelle, y a trouvé un écho qu'elle n'a jamais vraiment eu en France. Pourquoi ce continent a-t-il été si réceptif à sa pensée ? Que nous dit cette résonance sur son œuvre et sur nous ? - réalisation : Félicie Faugère, Mathilde Thon-Fourcade - invités : Jean Foyer Sociologue, Chargé de recherche au CNRS Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC), Responsable du pôle Gouvernance environnementale et controverses sociotechniques ; Coresponsable du séminaire Gouverner le vivant Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Çağdaş düşüncenin kurucu düşürlerinden Edgar Morin 29 Mayıs günü 105 yaşında öldü.
durée : 00:14:45 - Les Matins de France Culture - La mort d'Edgar Morin. Le sociologue et philosophe avait 104 ans. Plusieurs générations ont été marquées par son engagement intellectuel. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Alix Forgeot Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:53:45 - La 20e heure - par : Laure Adler - Le sociologue et philosophe Edgar Morin publie à 102 ans "Encore un moment" (Denoël), un ensemble de textes personnels, historiques et philosophiques où il livre une nouvelle fois son immense savoir, celui d'un siècle de vie, pour toujours questionner la complexité du réel. - réalisation : Lilian Alleaume, Céline Villegas, Elodie Royer, Sascha Sais Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:14:45 - Journal de 8 h - La mort d'Edgar Morin. Le sociologue et philosophe avait 104 ans. Plusieurs générations ont été marquées par son engagement intellectuel. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Alix Forgeot Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:14:45 - Les journaux de France Culture - La mort d'Edgar Morin. Le sociologue et philosophe avait 104 ans. Plusieurs générations ont été marquées par son engagement intellectuel. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Alix Forgeot Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:02:18 - Les journaux de France Culture - Edgar Morin s'est éteint à l'âge de 104 ans. Sociologue du temps présent et philosophe de la pensée complexe, il a traversé le XXe siècle et ces dernières années à la force de ses convictions. Un touche-à-tout reconnu dans le monde entier, attaché aux arts et à des penseurs comme Kant et Hegel. - réalisation : Éric Chaverou Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:15:58 - Les journaux de France Culture - Philosophe, sociologue, Résistant aux combats humanistes, Edgar Morin s'est éteint à l'âge de 104 ans. L'anthropologue et sociologue Nicole Lapierre revient sur le parcours de ce précurseur de la sociologie du présent et éternel "outsider". - réalisation : La Rédaction de France Culture, Julie Pacaud, Aloïs Guérin Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Ritte, Jürgen www.deutschlandfunk.de, Kultur heute
Falleció el 30 de mayo 2026 Edgar Morin, una de las figuras más influyentes del pensamiento francés en los últimos 50 años, especialmente por su aporte al enfoque transdisciplinario y su teoría del pensamiento complejo. Nacido en París en 1921, Edgar Morin mantuvo lazos estrechos con América Latina. En los micrófonos de RFI varios profesores e intelectuales le rinden homenaje. Las ideas de Edgar Morin sobre la complejidad marcaron el pensamiento contemporáneo en ámbitos tan diversos como la sociología, la filosofía, la educación y la ecología. Fue el autor, entre otros, de "El método", obra monumental en seis tomos que terminó de publicar en 2004 y en la que desarrolla su teoría del pensamiento complejo. En 1999 publicó con la UNESCO uno de sus libros más comentados "Los Siete saberes necesarios para la educación del futuro". "Edgar Morin era el humanismo hecho persona. Con su benevolencia y su curiosidad no dejó nunca de iluminarnos. Pensamiento complejo, vida fecunda, espíritu universal", escribió este sábado el presidente Emmanuel Macron en un mensaje de condolencias a sus allegados. Para muchos, descubrir sus ideas fue una auténtica revelación. Éste fue el caso, entre otros, de Virginia Gonfiantini, doctora en Pensamiento Complejo de la Multiversidad Mundo Real Edgar Morin en México. "Conocí a Edgar Morin hace 25 años, cuando yo estaba comenzando a dar una clase de posgrado en Rosario, Argentina. Me llegó un texto que hacía referencia a la introducción del pensamiento complejo de Edgar Morin. Yo no lo conocía. Cuando empecé a leerlo, me estalló la cabeza porque presentaba una nueva teoría del conocimiento que tiene que ver con este ‘complexus', este entramado de elementos heterogéneos. Lo que construyó Morin fue cómo poder entrelazar los diferentes saberes que son necesarios para poder vivir en el siglo XXI". Al profesor colombiano Rubén Fontalvo, doctor en ciencias de la educación, la lectura de sus libros le permitió abrir su pensamiento: "Con Edgar Morin uno aprende a ser demócrata en el conocimiento, a comprender a los opositores, a los opuestos, a los contrarios". En Cuba, Carlos Jesús Delgado, profesor de filosofía en la Universidad de La Habana, destaca un pensamiento, "muy metafórico, muy rico en su naturaleza simbólica, pero al mismo tiempo muy preciso. Morin es un autor capaz de pensar la realidad desde sí mismo como autor, como hace cualquier otro autor, pero pensándola también en clave colectiva, en clave simbólica y cultural, es un autor profundamente francés y profundamente universal". Una vida de resistente Edgar Morin nació el 8 de julio de 1921 en París, en el seno de una familia judía sefardita. Su madre, llamada Luna, murió cuando él tenía diez años. Su padre era propietario de una mercería en la calle Abukir. Cuando empezó la Segunda Guerra Mundial, tenía 18 años. "Edgar Morin fue un resistente [contra la invasión nazi] durante la Segunda Guerra Mundial", recuerda Carlos Moreno, promotor de la ciudad de los 15 Minutos y miembro de la Academia Francesa de Tecnología. "Su apellido, Morin, viene de su alias. Era su nombre de guerra. Cuando alguien entra en resistencia, como fue en ese momento en la Segunda Guerra Mundial contra el fascismo, cuando ingresa a círculos de resistencia, sabe perfectamente que puede morir en cualquier instante", sostiene Carlos Moreno, quien sostuvo una relación intelectual y de amistad con el sociólogo francés. Esta etapa como resistente, tan joven, marcó el resto de su vida, según Moreno. "El motor principal de Edgar Morin siempre fue cuestionar el orden establecido. Esto fue lo que lo llevó a ser resistente, lo que lo llevó a ser comunista. Pero también es lo que llevó luego a dejar de ser comunista. Es lo que le llevó a apoyar las manifestaciones juveniles de ‘Mayo del 68'. Pero es lo que lo llevó a dejar de apoyar los postulados de Mayo del 68. Es lo que lo llevó a criticar los regímenes totalitarios; lo que lo llevó a apoyar los movimientos de lucha en América Latina contra las dictaduras". Lejos del comunismo, el guevarismo y el maoísmo En América Latina su pensamiento ha sido clave, según Moreno, porque "cuando en América Latina el guevarismo y el castrismo, el maoísmo, el comunismo, son fuentes de pensamiento de ciertos sectores de la población, Edgar Morin ofrece un pensamiento transversal que aporta claves para pensar desde un lugar en el que se puede vivir de una manera menos sectaria y mucho más abierta, mucho más asequible. Ofrece, digamos, un pensamiento no dogmático. Este es su principal aporte. Aquellos que toman el pensamiento de Edgar Morin como un elemento clave para el análisis socioeconómico, es la gente de mayor libertad de pensamiento, la gente más altruista, la menos sectaria. Esto es importante en América Latina porque forma parte del legado de Edgar Morin". Esto es lo que también resalta Rubén Fontalvo, profesor en la Universidad Simón Bolívar en Barranquilla: "Yo venía de las corrientes del pensamiento crítico clásico. Con Morin aprendí a ver que las cosas, muy a pesar de que eran contrarias, opuestas, a pesar de todo podían complementarse. Ese sentido de buscar la complementariedad en las cosas fue el activador para que yo me dedicara con más tiempo al pensamiento de Edgar Morin". En Cuba una visita de Edgar Morin a comienzos de los años 2000, fue clave para la difusión de su pensamiento, en particular en el campo de la educación, anota Jesús Delgado Díaz, profesor de Filosofía. "En el caso de Cuba fue muy notable su influencia cuando Morin vino a un congreso en 2004. En ese momento se produjo un giro total en el estudio de su pensamiento. Muchas personas se interesaron y se amplió el círculo de las personas que trabajamos en el pensamiento moral en el campo de la educación. Concretamente, en centrar la atención en el vínculo entre la educación y la vida. La moral no promueve una educación para el trabajo, sino para el trabajo y la vida. Es un aprender a vivir, un enseñar a vivir, a no perder de vista la vida cuando se estudia una carrera universitaria. Es una conexión profunda entre conocimiento, vida, reflexión humana, interpretación humana, simbolismo humano. Creo que ese es un legado fundamental en el campo de la educación". Pensamiento de Sur La influencia del pensamiento complejo de Edgar Morin en América Latina ha tenido muchos aspectos. Virginia Gonfantini, profesora de pensamiento complejo en varias universidades latinoamericanas, resalta una noción en particular. "Morin hace muchísimos años depositó la mirada en América Latina en función de los regionalismos y de esta concepción de pensamiento de Sur que acuñó. Esta concepción de las diferentes epistemologías que utilizamos para poder conocer la realidad de los pueblos originarios, de los pueblos europeos, los del norte y los del sur. Fue esa riqueza que le llamó la atención a Morin y por eso pudo concretar una epistemología, y una epistemología educativa, pensada desde Latinoamérica y nutrida también con algunos autores y algunas perspectivas teóricas de América Latina". Nelson Vallejo-Gómez, quien sostuvo una larga relación intelectual y de amistad con Morin, resalta su principal legado. "La urgencia de reformar de manera estructural la política y la sociedad a través lo que él llamaba la reforma educativa y que se encuentra en 'los Siete saberes necesarios para la educación del futuro'. Eso implica, desde su punto de vista, una reforma del entendimiento para tener lo que él llamaba una política de civilización que tiene como nudo central una ética de la civilidad. El legado de Morin para mí es, ante todo, la posibilidad de un comportamiento ético cotidiano desde la noción de civilidad, es decir, tejer aquello que religa la relación entre los seres humanos. Por eso a él le gustaba mucho citar la divisa de la Unión Europea 'Unidos en la Diversidad'", apunta Vallejo-Gómez, inspector del ministerio francés de la Educación. Autodidacta Edgar Morin obtuvo una modesta doble licenciatura en derecho e historia-geografía. Él mismo se consideraba un autodidacta. Esto no le impidió publicar más de 80 libros. En uno de los últimos, publicado en 2025, se preguntaba por las lecciones de la historia. Recibió más de 30 Honoris Causa, cerca de una decena de ellos en universidades de América Latina.Pero, ¿cómo una persona con una obra así sobre las espaldas, soñaba sus últimos momentos? Carlos Moreno intenta una respuesta evocando un deseo que Morin compartió con él en uno de sus cumpleaños. "Antes de llegar a los 100 años, Edgar reunió a un grupo de amigos en los que yo me encontraba con un objetivo: hacer una película. Él quería filmarla en América Latina. Su pensamiento ha iluminado muchas personalidades en América Latina. Allá es muy conocido. Le dicen Edgar 'Morín'. Su pensamiento está muy presente. Su obra ha sido traducida. Han sido creadas cátedras Edgar Morin. Él se rememoraba perfectamente los lugares que había visitado en América Latina, pero con detalles increíbles. Me decía: 'Carlos, te acuerdas en Recife, María, la que tenía trenzas y ojos claros'. Él quería rodar ese documental y llamarlo 'La despedida' porque decía: 'Lo mejor que me puede pasar es que, rodando esa película, me despida de todo el mundo'". Humanista creativo e inspirador Pero no ha sido así. Edgar Morin ha fallecido sin despedirse de sus amigos como él quería. Hoy varios de ellos le rinden homenaje. "A Edgar le encantaba estar jugando constantemente, creando nuevas palabras. Era generoso y egoísta al mismo tiempo, tierno e indiferente al mismo tiempo, ingenuo y muy oportunista al mismo tiempo, era curioso y chistoso. Un humanista ante todo; creativo, inspirador. Era un festival de inteligencia cuando uno conversaba con él", dice Nelson Vallejo Gómez. "Esa sensibilidad, ese cariño humano de Edgar Morin, estuvo muy presente en muchos de los que logramos estar en alguna convivencia con él. Siempre tenía un saludo muy afectuoso para todos los amigos. Le gustaba estar permanentemente rodeado de los amigos. Nunca negaba una conversación. Nunca, nunca. Eso nos animaba mucho porque uno se sentía con el amigo, no con el intelectual, el pensador. Además, siempre tenía un consejo para uno. Siempre, siempre. Y siempre andaba con una sonrisa, siempre andaba muy estimulado pese a todas las cosas que le tocaba trabajar en su devenir", sostiene Rubén Fontalvo. "Me hubiera encantado conocerlo", dice Virginia Gonfantini. "Hace 25 años que lo estudio. Estudié en una universidad dedicada a su pensamiento en México. Me parece que fue un pensador adelantado a su tiempo, pudo abordar diferentes dimensiones de análisis y construir un proyecto cognitivo adecuado a los signos de los tiempos". Desde Cuba, el profesor Jesús Delgado Díaz afirma que Morin "sobresalió por ser una persona curiosa, amable, una persona capaz de conversar con cualquiera. Era un hombre abierto al conocimiento y a los sentimientos humanos, a la pasión. Fue un hombre apasionado. Un hombre extraordinario. Su capacidad de escuchar era impresionante. La mirada al frente, siempre con una mirada abierta, unas muestras de curiosidad mezcladas con ternura e ingenuidad de niño".
durée : 00:15:58 - Journal de 12h30 - Philosophe, sociologue, Résistant aux combats humanistes, Edgar Morin s'est éteint à l'âge de 104 ans. L'anthropologue et sociologue Nicole Lapierre revient sur le parcours de ce précurseur de la sociologie du présent et éternel "outsider". - réalisation : La Rédaction de France Culture, Julie Pacaud, Aloïs Guérin Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Edgar Morin, uno de los filósofos e intelectuales más destacados del siglo XX y de este también, murió el viernes a los 104 años, dejando un legado que trascendió su Francia natal.
Nous étions le jeudi 24 juin 2021 Pour cette dernière émission de la première saison pour C Ce Soir nous avions reçu Edgar Morin pour une émission spéciale avec un homme qui a traversé le siècle.C'etait l'un de nos plus grands intellectuels, sociologue et philosophe. Que pensait l'homme qui a théorisé la pensée complexe de cette époque où le débat binaire a pris le dessus sur la nuance ? Que pensait l'homme qui s'est engagé dès l'âge de 17 ans dans la résistance de l'engagement ou du désengagement d'ailleurs caractérisé par la désertion des urnes dimanche dernier ? Enfin et peut-être surtout quelles leçons de vie pouvait-il nous léguer après ce siècle passé sur Terre ? On vous propose de redécouvrir cette émission spéciale, au lendemain de l'annonce du décès d'Edgar Morin à lâge de 104 ans, le vendredi 29 mai 2026.
Falleció el 30 de mayo 2026 Edgar Morin, una de las figuras más influyentes del pensamiento francés en los últimos 50 años, especialmente por su aporte al enfoque transdisciplinario y su teoría del pensamiento complejo. Nacido en París en 1921, Edgar Morin mantuvo lazos estrechos con América Latina. En los micrófonos de RFI varios profesores e intelectuales le rinden homenaje. Las ideas de Edgar Morin sobre la complejidad marcaron el pensamiento contemporáneo en ámbitos tan diversos como la sociología, la filosofía, la educación y la ecología. Fue el autor, entre otros, de "El método", obra monumental en seis tomos que terminó de publicar en 2004 y en la que desarrolla su teoría del pensamiento complejo. En 1999 publicó con la UNESCO uno de sus libros más comentados "Los Siete saberes necesarios para la educación del futuro". "Edgar Morin era el humanismo hecho persona. Con su benevolencia y su curiosidad no dejó nunca de iluminarnos. Pensamiento complejo, vida fecunda, espíritu universal", escribió este sábado el presidente Emmanuel Macron en un mensaje de condolencias a sus allegados. Para muchos, descubrir sus ideas fue una auténtica revelación. Éste fue el caso, entre otros, de Virginia Gonfiantini, doctora en Pensamiento Complejo de la Multiversidad Mundo Real Edgar Morin en México. "Conocí a Edgar Morin hace 25 años, cuando yo estaba comenzando a dar una clase de posgrado en Rosario, Argentina. Me llegó un texto que hacía referencia a la introducción del pensamiento complejo de Edgar Morin. Yo no lo conocía. Cuando empecé a leerlo, me estalló la cabeza porque presentaba una nueva teoría del conocimiento que tiene que ver con este ‘complexus', este entramado de elementos heterogéneos. Lo que construyó Morin fue cómo poder entrelazar los diferentes saberes que son necesarios para poder vivir en el siglo XXI". Al profesor colombiano Rubén Fontalvo, doctor en ciencias de la educación, la lectura de sus libros le permitió abrir su pensamiento: "Con Edgar Morin uno aprende a ser demócrata en el conocimiento, a comprender a los opositores, a los opuestos, a los contrarios". En Cuba, Carlos Jesús Delgado, profesor de filosofía en la Universidad de La Habana, destaca un pensamiento, "muy metafórico, muy rico en su naturaleza simbólica, pero al mismo tiempo muy preciso. Morin es un autor capaz de pensar la realidad desde sí mismo como autor, como hace cualquier otro autor, pero pensándola también en clave colectiva, en clave simbólica y cultural, es un autor profundamente francés y profundamente universal". Una vida de resistente Edgar Morin nació el 8 de julio de 1921 en París, en el seno de una familia judía sefardita. Su madre, llamada Luna, murió cuando él tenía diez años. Su padre era propietario de una mercería en la calle Abukir. Cuando empezó la Segunda Guerra Mundial, tenía 18 años. "Edgar Morin fue un resistente [contra la invasión nazi] durante la Segunda Guerra Mundial", recuerda Carlos Moreno, promotor de la ciudad de los 15 Minutos y miembro de la Academia Francesa de Tecnología. "Su apellido, Morin, viene de su alias. Era su nombre de guerra. Cuando alguien entra en resistencia, como fue en ese momento en la Segunda Guerra Mundial contra el fascismo, cuando ingresa a círculos de resistencia, sabe perfectamente que puede morir en cualquier instante", sostiene Carlos Moreno, quien sostuvo una relación intelectual y de amistad con el sociólogo francés. Esta etapa como resistente, tan joven, marcó el resto de su vida, según Moreno. "El motor principal de Edgar Morin siempre fue cuestionar el orden establecido. Esto fue lo que lo llevó a ser resistente, lo que lo llevó a ser comunista. Pero también es lo que llevó luego a dejar de ser comunista. Es lo que le llevó a apoyar las manifestaciones juveniles de ‘Mayo del 68'. Pero es lo que lo llevó a dejar de apoyar los postulados de Mayo del 68. Es lo que lo llevó a criticar los regímenes totalitarios; lo que lo llevó a apoyar los movimientos de lucha en América Latina contra las dictaduras". Lejos del comunismo, el guevarismo y el maoísmo En América Latina su pensamiento ha sido clave, según Moreno, porque "cuando en América Latina el guevarismo y el castrismo, el maoísmo, el comunismo, son fuentes de pensamiento de ciertos sectores de la población, Edgar Morin ofrece un pensamiento transversal que aporta claves para pensar desde un lugar en el que se puede vivir de una manera menos sectaria y mucho más abierta, mucho más asequible. Ofrece, digamos, un pensamiento no dogmático. Este es su principal aporte. Aquellos que toman el pensamiento de Edgar Morin como un elemento clave para el análisis socioeconómico, es la gente de mayor libertad de pensamiento, la gente más altruista, la menos sectaria. Esto es importante en América Latina porque forma parte del legado de Edgar Morin". Esto es lo que también resalta Rubén Fontalvo, profesor en la Universidad Simón Bolívar en Barranquilla: "Yo venía de las corrientes del pensamiento crítico clásico. Con Morin aprendí a ver que las cosas, muy a pesar de que eran contrarias, opuestas, a pesar de todo podían complementarse. Ese sentido de buscar la complementariedad en las cosas fue el activador para que yo me dedicara con más tiempo al pensamiento de Edgar Morin". En Cuba una visita de Edgar Morin a comienzos de los años 2000, fue clave para la difusión de su pensamiento, en particular en el campo de la educación, anota Jesús Delgado Díaz, profesor de Filosofía. "En el caso de Cuba fue muy notable su influencia cuando Morin vino a un congreso en 2004. En ese momento se produjo un giro total en el estudio de su pensamiento. Muchas personas se interesaron y se amplió el círculo de las personas que trabajamos en el pensamiento moral en el campo de la educación. Concretamente, en centrar la atención en el vínculo entre la educación y la vida. La moral no promueve una educación para el trabajo, sino para el trabajo y la vida. Es un aprender a vivir, un enseñar a vivir, a no perder de vista la vida cuando se estudia una carrera universitaria. Es una conexión profunda entre conocimiento, vida, reflexión humana, interpretación humana, simbolismo humano. Creo que ese es un legado fundamental en el campo de la educación". Pensamiento de Sur La influencia del pensamiento complejo de Edgar Morin en América Latina ha tenido muchos aspectos. Virginia Gonfantini, profesora de pensamiento complejo en varias universidades latinoamericanas, resalta una noción en particular. "Morin hace muchísimos años depositó la mirada en América Latina en función de los regionalismos y de esta concepción de pensamiento de Sur que acuñó. Esta concepción de las diferentes epistemologías que utilizamos para poder conocer la realidad de los pueblos originarios, de los pueblos europeos, los del norte y los del sur. Fue esa riqueza que le llamó la atención a Morin y por eso pudo concretar una epistemología, y una epistemología educativa, pensada desde Latinoamérica y nutrida también con algunos autores y algunas perspectivas teóricas de América Latina". Nelson Vallejo-Gómez, quien sostuvo una larga relación intelectual y de amistad con Morin, resalta su principal legado. "La urgencia de reformar de manera estructural la política y la sociedad a través lo que él llamaba la reforma educativa y que se encuentra en 'los Siete saberes necesarios para la educación del futuro'. Eso implica, desde su punto de vista, una reforma del entendimiento para tener lo que él llamaba una política de civilización que tiene como nudo central una ética de la civilidad. El legado de Morin para mí es, ante todo, la posibilidad de un comportamiento ético cotidiano desde la noción de civilidad, es decir, tejer aquello que religa la relación entre los seres humanos. Por eso a él le gustaba mucho citar la divisa de la Unión Europea 'Unidos en la Diversidad'", apunta Vallejo-Gómez, inspector del ministerio francés de la Educación. Autodidacta Edgar Morin obtuvo una modesta doble licenciatura en derecho e historia-geografía. Él mismo se consideraba un autodidacta. Esto no le impidió publicar más de 80 libros. En uno de los últimos, publicado en 2025, se preguntaba por las lecciones de la historia. Recibió más de 30 Honoris Causa, cerca de una decena de ellos en universidades de América Latina.Pero, ¿cómo una persona con una obra así sobre las espaldas, soñaba sus últimos momentos? Carlos Moreno intenta una respuesta evocando un deseo que Morin compartió con él en uno de sus cumpleaños. "Antes de llegar a los 100 años, Edgar reunió a un grupo de amigos en los que yo me encontraba con un objetivo: hacer una película. Él quería filmarla en América Latina. Su pensamiento ha iluminado muchas personalidades en América Latina. Allá es muy conocido. Le dicen Edgar 'Morín'. Su pensamiento está muy presente. Su obra ha sido traducida. Han sido creadas cátedras Edgar Morin. Él se rememoraba perfectamente los lugares que había visitado en América Latina, pero con detalles increíbles. Me decía: 'Carlos, te acuerdas en Recife, María, la que tenía trenzas y ojos claros'. Él quería rodar ese documental y llamarlo 'La despedida' porque decía: 'Lo mejor que me puede pasar es que, rodando esa película, me despida de todo el mundo'". Humanista creativo e inspirador Pero no ha sido así. Edgar Morin ha fallecido sin despedirse de sus amigos como él quería. Hoy varios de ellos le rinden homenaje. "A Edgar le encantaba estar jugando constantemente, creando nuevas palabras. Era generoso y egoísta al mismo tiempo, tierno e indiferente al mismo tiempo, ingenuo y muy oportunista al mismo tiempo, era curioso y chistoso. Un humanista ante todo; creativo, inspirador. Era un festival de inteligencia cuando uno conversaba con él", dice Nelson Vallejo Gómez. "Esa sensibilidad, ese cariño humano de Edgar Morin, estuvo muy presente en muchos de los que logramos estar en alguna convivencia con él. Siempre tenía un saludo muy afectuoso para todos los amigos. Le gustaba estar permanentemente rodeado de los amigos. Nunca negaba una conversación. Nunca, nunca. Eso nos animaba mucho porque uno se sentía con el amigo, no con el intelectual, el pensador. Además, siempre tenía un consejo para uno. Siempre, siempre. Y siempre andaba con una sonrisa, siempre andaba muy estimulado pese a todas las cosas que le tocaba trabajar en su devenir", sostiene Rubén Fontalvo. "Me hubiera encantado conocerlo", dice Virginia Gonfantini. "Hace 25 años que lo estudio. Estudié en una universidad dedicada a su pensamiento en México. Me parece que fue un pensador adelantado a su tiempo, pudo abordar diferentes dimensiones de análisis y construir un proyecto cognitivo adecuado a los signos de los tiempos". Desde Cuba, el profesor Jesús Delgado Díaz afirma que Morin "sobresalió por ser una persona curiosa, amable, una persona capaz de conversar con cualquiera. Era un hombre abierto al conocimiento y a los sentimientos humanos, a la pasión. Fue un hombre apasionado. Un hombre extraordinario. Su capacidad de escuchar era impresionante. La mirada al frente, siempre con una mirada abierta, unas muestras de curiosidad mezcladas con ternura e ingenuidad de niño".
durée : 00:13:17 - Les interviews d'Inter - par : Ali Baddou, Marion L'Hour - Après l'annonce de la mort d'Edgar Morin, figure du monde intellectuel français, le sociologue Jean Viard et le journaliste et écrivain Eric Fottorino lui rendent hommage. - invités : Jean Viard Sociologue, directeur de recherche associé au Cevipof-CNRS, Eric Fottorino Journaliste et écrivain Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:36:10 - CO2 mon Amour - par : Denis Cheissoux - Ce grand penseur est mort le 29 mai à l'âge de 104 ans. - réalisation : Xavier Pestuggia, Camille Blanès, Thierry Dupin Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 01:00:03 - par : Priscille Lafitte - A l'âge de 102 ans, le philosophe Edgar Morin a tenu à se déplacer à Radio France pour parler de musique, cet art qui lui importe plus qu'un autre. Beethoven "fait jaillir la force créatrice de l'univers", émotion fondatrice pour Edgar Morin adolescent, et qui continue de l'étreindre aujourd'hui. - réalisation : Claire Lagarde, Maud Noury Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France