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Le goût du monde
Du Sud des États-Unis à Paris : l'héritage afro-américain au cœur de la cuisine de Mashama Bailey

Le goût du monde

Play Episode Listen Later Jun 13, 2026 31:27


Parades et célébrations le 19 juin 2026 aux États-Unis : le pays célèbre Juneteenth : l'émancipation et la liberté pour tous les esclaves dans tous les États du pays annoncée en 1865 au Texas, dernier État à avoir appris la nouvelle. Une fête célébrée cette année à Paris aussi à l'Arrêt, le restaurant de la cheffe afro-américaine Mashama Bailey et Johno Morisano, un restaurant aux saveurs du sud des États-Unis, à l'image de celle proposée dans le restaurant original à Savannah dans l'État de Géorgie.  Mashama Bailey est notre invitée. Pour une autre lecture de l'émission, ces time codes ont été notés pour vous permettre d'aller directement aux sujets qui vous intéressent. L'émission s'ouvre à Savannah en Géorgie, chez Mashama Bailey, sous le porche de sa maison, un après-midi de printemps avec ses parents, à partager un petit goûter salé de pâté en croûte et de quiche, héritage de ses années françaises peut-être. Aux origines du goût. Avant d'être cheffe, Mashama Bailey est une enfant qui mange. Dans la cuisine de sa mère et surtout de sa grand-mère, elle découvre sans le savoir une certaine idée du goût : des produits de saison, du fait maison, et une cuisine ancrée dans le quotidien, une cuisine rurale et végétale, fraîche et intuitive, pas tout à fait l'image caricaturale de la cuisine de la soul food, et du Sud. (3'30) Les racines de cette cuisine se trouvent dans la nature même de la ville de Savannah, au sud-est des États-Unis, un port né il y a un peu plus de 2 siècles, un refuge pour de nombreuses communautés. Ce melting pot constitue le socle de la tradition culinaire avec un plat emblématique : le Country Captain. Les légumes au cœur de la cuisine du Sud (8'00) : Choux, feuilles de moutarde, navets, maïs, patates, douces… Les légumes, les greens sont un pilier, les marqueurs d'une identité culinaire et culturelle, et sa grand-mère les lui a transmis. Elle n'avait pas de jardin mais connaissait les maraichers, les jardiniers, les pêcheurs, et il y avait toujours une casserole sur le feu, quant à Mashama, elle passe sa vie dehors, à cueillir les fruits chauffés par le soleil à même l'arbre. C'est en France que le déclic opère (12'03), Mashama cheffe privée pour une famille new yorkaise a l'impression de régresser et saisit l'opportunité de partir en France, en Bourgogne, pour se former. Elle redécouvre en Bourgogne les marchés, cette proximité entre le champ et l'assiette. De retour à Savannah, Mashama part à la rencontre de cette vraie cuisine du Sud, dont le reflet n'est pas le poulet frit que le marketing propose à toutes les sauces -quand à l'origine, il s'agit d'un plat de fête très long à préparer. « Quand je suis rentrée, j'ai compris tout ce que j'avais à apprendre sur cette cuisine du Sud, et on ne pouvait pas l'apprendre dans les restaurants. Pour la découvrir et la goûter, il fallait rencontrer des gens, être invitée chez eux, regarder, pour apprendre ces recettes du Sud, comme les pains de maïs, ou le succotash, c'est un ragout de légumes d'été. »   Fière de ses racines africaines, qui l'honorent et l'obligent. (15'27) Mashama Bailey revendique aujourd'hui une cuisine personnelle, qui raconte l'histoire des Afro- Américains, de ses racines noires, et en valeur cet précieux. Elle insiste sur la nécessité de préserver et transmettre ces recettes, notamment auprès des jeunes générations. Elle rappelle le rôle fondamental des Afro-Américains dans la construction des États-Unis, de la société, et de la culture culinaire américaine, ce qu'elle s'emploie à mettre en valeur et transmettre. (21'28) Transmettre, préserver, honorer ses racines et la mémoire afro-américaine. La rencontre avec The GREY, la station de bus à Savannah. The Greyhound bus station, (22'10) une station construite et utilisée pendant la ségrégation. En allant la visiter, la cheffe très émue a ressenti étonnamment qu'il y avait eu de la joie dans l'espace réservé aux Noirs, aux « gens de couleur », elle a alors compris qu'elle allait à son tour faire résonner la joie dans cet endroit, et la mémoire d'un peuple, qu'elle allait cuisiner. La cheffe raconte sa relation amicale et d'associés avec Johno Morisano, (24'40) puis revient sur son restaurant parisien L'Arrêt, où elle cherche à faire découvrir une cuisine du Sud contemporaine et exigeante, adaptée au contexte français mais fidèle à ses racines. Puis il est question de Juneteenth, des raisons pour lesquelles beaucoup d'États américains connaissent encore mal cette fête, très largement célébrée dans le Sud, dans les États esclavagistes, et de la fête organisée à Paris ! Johno Mosisano et Mashama Bailey ont ouvert l'Arrêt à Paris, 36 rue de l'Université, dans le 7ème arrondissement. Mashama Bailey a été sacrée meilleure cheffe des États-Unis le 13 juin 2022, par la fondation James Beard, soit plus haute distinction gastronomique du pays. La série Chef's table avec Mashama Bailey série qui a contribué à révéler la cheffe américaine. Le livre : Black, white and the Grey, éditions Random House. ► Pour aller plus loin : - Black Food, de Bryant Terry, Hachette cuisine - Shrimps and Grits, plat emplématique du Sud, ces crevettes et ce gruau de maïs, nous en avions parlé avec Mashama ici - Les racines africaines de la cuisine américaine - High on the hod, de Jessica B Harris et la série Netflix inspirée du livre : La part du lion en français. Programmation musicale : - Pata pata, de Miriam Makeba - Georgia on my mind, de Ray Charles. La recette :

Le goût du monde
Du Sud des États-Unis à Paris : l'héritage afro-américain au cœur de la cuisine de Mashama Bailey

Le goût du monde

Play Episode Listen Later Jun 13, 2026 31:27


Parades et célébrations le 19 juin 2026 aux États-Unis : le pays célèbre Juneteenth : l'émancipation et la liberté pour tous les esclaves dans tous les États du pays annoncée en 1865 au Texas, dernier État à avoir appris la nouvelle. Une fête célébrée cette année à Paris aussi à l'Arrêt, le restaurant de la cheffe afro-américaine Mashama Bailey et Johno Morisano, un restaurant aux saveurs du sud des États-Unis, à l'image de celle proposée dans le restaurant original à Savannah dans l'État de Géorgie.  Mashama Bailey est notre invitée. Pour une autre lecture de l'émission, ces time codes ont été notés pour vous permettre d'aller directement aux sujets qui vous intéressent. L'émission s'ouvre à Savannah en Géorgie, chez Mashama Bailey, sous le porche de sa maison, un après-midi de printemps avec ses parents, à partager un petit goûter salé de pâté en croûte et de quiche, héritage de ses années françaises peut-être. Aux origines du goût. Avant d'être cheffe, Mashama Bailey est une enfant qui mange. Dans la cuisine de sa mère et surtout de sa grand-mère, elle découvre sans le savoir une certaine idée du goût : des produits de saison, du fait maison, et une cuisine ancrée dans le quotidien, une cuisine rurale et végétale, fraîche et intuitive, pas tout à fait l'image caricaturale de la cuisine de la soul food, et du Sud. (3'30) Les racines de cette cuisine se trouvent dans la nature même de la ville de Savannah, au sud-est des États-Unis, un port né il y a un peu plus de 2 siècles, un refuge pour de nombreuses communautés. Ce melting pot constitue le socle de la tradition culinaire avec un plat emblématique : le Country Captain. Les légumes au cœur de la cuisine du Sud (8'00) : Choux, feuilles de moutarde, navets, maïs, patates, douces… Les légumes, les greens sont un pilier, les marqueurs d'une identité culinaire et culturelle, et sa grand-mère les lui a transmis. Elle n'avait pas de jardin mais connaissait les maraichers, les jardiniers, les pêcheurs, et il y avait toujours une casserole sur le feu, quant à Mashama, elle passe sa vie dehors, à cueillir les fruits chauffés par le soleil à même l'arbre. C'est en France que le déclic opère (12'03), Mashama cheffe privée pour une famille new yorkaise a l'impression de régresser et saisit l'opportunité de partir en France, en Bourgogne, pour se former. Elle redécouvre en Bourgogne les marchés, cette proximité entre le champ et l'assiette. De retour à Savannah, Mashama part à la rencontre de cette vraie cuisine du Sud, dont le reflet n'est pas le poulet frit que le marketing propose à toutes les sauces -quand à l'origine, il s'agit d'un plat de fête très long à préparer. « Quand je suis rentrée, j'ai compris tout ce que j'avais à apprendre sur cette cuisine du Sud, et on ne pouvait pas l'apprendre dans les restaurants. Pour la découvrir et la goûter, il fallait rencontrer des gens, être invitée chez eux, regarder, pour apprendre ces recettes du Sud, comme les pains de maïs, ou le succotash, c'est un ragout de légumes d'été. »   Fière de ses racines africaines, qui l'honorent et l'obligent. (15'27) Mashama Bailey revendique aujourd'hui une cuisine personnelle, qui raconte l'histoire des Afro- Américains, de ses racines noires, et en valeur cet précieux. Elle insiste sur la nécessité de préserver et transmettre ces recettes, notamment auprès des jeunes générations. Elle rappelle le rôle fondamental des Afro-Américains dans la construction des États-Unis, de la société, et de la culture culinaire américaine, ce qu'elle s'emploie à mettre en valeur et transmettre. (21'28) Transmettre, préserver, honorer ses racines et la mémoire afro-américaine. La rencontre avec The GREY, la station de bus à Savannah. The Greyhound bus station, (22'10) une station construite et utilisée pendant la ségrégation. En allant la visiter, la cheffe très émue a ressenti étonnamment qu'il y avait eu de la joie dans l'espace réservé aux Noirs, aux « gens de couleur », elle a alors compris qu'elle allait à son tour faire résonner la joie dans cet endroit, et la mémoire d'un peuple, qu'elle allait cuisiner. La cheffe raconte sa relation amicale et d'associés avec Johno Morisano, (24'40) puis revient sur son restaurant parisien L'Arrêt, où elle cherche à faire découvrir une cuisine du Sud contemporaine et exigeante, adaptée au contexte français mais fidèle à ses racines. Puis il est question de Juneteenth, des raisons pour lesquelles beaucoup d'États américains connaissent encore mal cette fête, très largement célébrée dans le Sud, dans les États esclavagistes, et de la fête organisée à Paris ! Johno Mosisano et Mashama Bailey ont ouvert l'Arrêt à Paris, 36 rue de l'Université, dans le 7ème arrondissement. Mashama Bailey a été sacrée meilleure cheffe des États-Unis le 13 juin 2022, par la fondation James Beard, soit plus haute distinction gastronomique du pays. La série Chef's table avec Mashama Bailey série qui a contribué à révéler la cheffe américaine. Le livre : Black, white and the Grey, éditions Random House. ► Pour aller plus loin : - Black Food, de Bryant Terry, Hachette cuisine - Shrimps and Grits, plat emplématique du Sud, ces crevettes et ce gruau de maïs, nous en avions parlé avec Mashama ici - Les racines africaines de la cuisine américaine - High on the hod, de Jessica B Harris et la série Netflix inspirée du livre : La part du lion en français. Programmation musicale : - Pata pata, de Miriam Makeba - Georgia on my mind, de Ray Charles. La recette :

Revue de presse internationale
À la Une: l'équipe iranienne de football autorisée à entrer aux États-Unis

Revue de presse internationale

Play Episode Listen Later Jun 6, 2026 4:23


Dans le contexte actuel de forte tension entre les États-Unis et l'Iran, l'information n'est pas passée inaperçue. Le New York Times résume ainsi la situation : « Après des mois d'incertitude quant à leur participation, les joueurs iraniens ont obtenu leurs visas pour les États-Unis quelques jours seulement, avant le début de la Coupe du monde. » Feu vert donc pour les 26 joueurs, mais pas pour le staff (« entraîneurs, préparateurs physiques, personnel médical »). Douze membres de ce staff se sont vu refuser l'entrée aux États-Unis, de même que le président de la Fédération iranienne de football, qui se trouve être également un ancien commandant des Gardiens de la révolution islamique, l'un des piliers du régime des mollahs. Le refus de lui attribuer un visa n'est donc guère surprenant. Quant aux footballeurs iraniens, ils ont donc dû attendre quasiment le dernier moment pour être sûrs de pouvoir se rendre aux États-Unis. Le New York Times raconte « qu'un responsable iranien a été dépêché en urgence, hier, pour récupérer les passeports des joueurs », moins d'une semaine avant le début de la Coupe du Monde. À lire aussiCoupe du monde 2026: qui verra l'Amérique? Colère des Afro-Américains Les Afro-Américains sont visés par le redécoupage électoral aux États-Unis. C'est dans la rubrique Opinions du New York Times, signée de l'une de ses collaboratrices régulières, Mara Gay, qu'il est question de ce redécoupage. Mara Gay qui parle d'une « trahison » dont sont victimes les Afro-Américains. En effet, explique-t-elle, « des millions d'Américains vivent dans des états où les Républicains redessinent les cartes électorales, réduisant ainsi le poids des électeurs noirs et de ceux qui partagent leurs intérêts. » « Mardi dernier, précise la collaboratrice du New York Times, la Cour suprême a autorisé l'Alabama à supprimer l'un de ses deux seuls districts à majorité noire [...] D'ici les élections de la mi-mandat, en novembre, et très probablement d'ici la prochaine élection présidentielle, de nouvelles cartes électorales seront en vigueur ». Mara Gay s'est rendue samedi dernier à Montgomery, la capitale de l'Alabama, au sud des États-Unis, où des milliers de personnes ont manifesté. Elle raconte : « Des personnes âgées noires ont défilé sous une chaleur accablante, confiant pour certaines avoir déjà participé à des manifestations depuis des décennies. Des parents portaient leurs enfants endormis et tentaient de les protéger de la chaleur. Des Américains blancs étaient également présents [...] avec des pancartes proclamant : "Non aux cartes ségrégationnistes". » Mara Gay ne décolère pas : « De mémoire d'homme, dit-elle, cette tentative d'anéantir le pouvoir des Noirs dans le Sud compte parmi les plus grandes trahisons commises par le gouvernement fédéral envers les Afro-Américains et leurs électeurs. » À lire aussiEn Alabama, une manifestation contre des redécoupages électoraux défavorables aux minorités Incroyable série de négligences « Meurtre de Lyhanna : autopsie d'un naufrage judiciaire », titre Le Parisien. Le journal explique que « les premiers éléments des précédentes plaintes ayant visé Jérôme Barella, le suspect du meurtre de Lyhanna, démontrent une incroyable série de négligences ». Il avait en effet « été visé par deux précédentes plaintes pour viol, en 2017 et 2022 », plaintes qui n'ont eu aucune suite judiciaire, de même qu'une troisième déposée en août dernier. « En première ligne, remarque Le Monde, le gouvernement reconnaît "un échec" et pointe des "défaillances" ». À qui attribuer la faute ? Les regards se tournent vers les magistrats. Le journal Libération accuse : « Il est plus confortable de pointer des responsabilités individuelles que de s'interroger sur la responsabilité d'une équipe au pouvoir depuis neuf ans vis-à-vis de l'état de délabrement de la justice. » Nos voisins européens s'intéressent aussi à cette affaire. Comme El País, qui semble penser que l'Espagne peut servir de modèle à la France : « Récemment, nous dit le quotidien, le ministre français de la Justice s'est rendu en Espagne, afin de s'inspirer de certaines mesures du système espagnol de protection des victimes. » À lire aussiFrance: une autopsie confirme la découverte du corps de Lyhanna, Gérald Darmanin «présente ses excuses»

Reportage International
En Alabama, une manifestation contre des redécoupages électoraux défavorables aux minorités

Reportage International

Play Episode Listen Later May 17, 2026 2:39


Dans le sud des États-Unis, en Alabama, des milliers de manifestants ont dénoncé, samedi 16 mai, des redécoupages électoraux pouvant entraîner une régression du droit de vote des minorités, après une décision récente de la Cour suprême fragilisant une loi historique de 1965. Une mobilisation qui souligne les tensions persistantes autour des droits civiques aux États-Unis. De notre envoyé spécial à Montgomery, Des milliers de manifestants se sont réunis à Montgomery, en Alabama, samedi 16 mai 2026, pour réclamer la protection du droit de vote des minorités. Le rassemblement dans cette ville du sud des États-Unis était organisé pour dénoncer la récente décision de la Cour suprême. La majorité conservatrice de l'institution a annulé un passage clé du « Voting Rights Act », loi de 1965 adoptée pour garantir l'accès aux urnes et une meilleure représentation des minorités. Ce texte historique permettait notamment de mettre en place des circonscriptions avec une meilleure représentation de ces populations. Depuis cette décision, plusieurs États du Sud, comme le Tennessee, l'Alabama ou encore la Louisiane – tous dirigés par des Républicains –, se sont mis à retracer les cartes électorales, en particulier pour les élections au Congrès. L'objectif, selon les critiques, est de diminuer le nombre d'électeurs issus des minorités, qui votent majoritairement pour le Parti démocrate. Ces nouvelles circonscriptions pourraient ainsi basculer en faveur des Républicains. Des actions dénoncées par les manifestants comme une attaque directe envers leurs droits. Avant le rassemblement à Montgomery, berceau du mouvement des droits civiques, une marche et une prière ont eu lieu à Selma, une ville voisine qui est également un lieu historique dans la lutte pour le droit de vote des Afro-Américains. La journée a débuté dans une église, où plus d'une dizaine de pasteurs se sont succédé derrière le pupitre pour dénoncer la régression du droit de vote des minorités. L'élue démocrate au Congrès Terri Sewell a pris la parole pour alerter sur les conséquences de la récente décision de la Cour suprême. « Ce qu'on voit depuis cette décision de la Cour suprême, c'est une offensive coordonnée pour effacer des avancées obtenues de haute lutte et pour faire taire la voix des Noirs et des minorités », a-t-elle déclaré. Plusieurs centaines de personnes se sont ensuite mises en marche en direction du pont Edmund Pettus. C'est sur ce même pont qu'en 1965, des militants avaient réclamé l'accès aux urnes pour les Afro-Américains lors d'une marche violemment réprimée par les autorités. Les images de cette répression avaient choqué le pays et contribué à l'adoption de la loi sur le droit de vote. Parmi les manifestants, Candace Howard tenait une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « J'enseigne l'histoire, mais je ne m'attendais pas à devoir la répéter. » « J'ai eu la chance de connaître tous mes arrière-grands-parents et mes grands-parents, et ils m'ont raconté à quel point c'était difficile, a-t-elle témoigné. Ils ne pouvaient pas voter, entrer dans certains restaurants, ils devaient boire à des fontaines réservées aux Noirs qui n'étaient pas propres. Ils ne pouvaient jouer qu'à certains endroits, ils ne pouvaient pas faire du vélo librement. Pour moi, ce moment est important : il montre que ce pour quoi ils se sont battus ne peut pas être effacé. » Un immense rassemblement était également organisé à Montgomery, ville emblématique où Martin Luther King a prêché et où le refus de Rosa Parks de céder sa place dans un bus avait lancé un boycott historique contre la ségrégation. Pour Ashley Edwards, la perte d'élus démocrates aurait des conséquences directes pour les habitants de ces régions, souvent marquées par de fortes inégalités. « On a des taux d'illettrisme très élevés, des taux de pauvreté très élevés, des gens qui ne mangent pas à leur faim, a-t-elle expliqué. Et moi, j'ai peur que toutes ces politiques publiques censées aider les gens disparaissent si l'État de l'Alabama devient complètement républicain. » Pendant plusieurs heures, des prises de parole se sont enchaînées, avec notamment la présence d'invités d'honneur comme l'élue de New York, Alexandria Ocasio-Cortez. « Ce n'est qu'à partir de l'adoption du Voting Rights Act qu'on a pu avoir une démocratie dans ce pays », a-t-elle souligné. En conclusion, les organisateurs ont appelé à une mobilisation massive lors des élections de mi-mandat en novembre prochain, espérant une « vague bleue » – une participation et une victoire démocrates suffisantes pour contrer les efforts des républicains visant à maintenir leur majorité au Congrès. À lire aussiÉtats-Unis: la justice annule un redécoupage électoral favorable aux démocrates

Reportage international
En Alabama, une manifestation contre des redécoupages électoraux défavorables aux minorités

Reportage international

Play Episode Listen Later May 17, 2026 2:39


Dans le sud des États-Unis, en Alabama, des milliers de manifestants ont dénoncé, samedi 16 mai, des redécoupages électoraux pouvant entraîner une régression du droit de vote des minorités, après une décision récente de la Cour suprême fragilisant une loi historique de 1965. Une mobilisation qui souligne les tensions persistantes autour des droits civiques aux États-Unis. De notre envoyé spécial à Montgomery, Des milliers de manifestants se sont réunis à Montgomery, en Alabama, samedi 16 mai 2026, pour réclamer la protection du droit de vote des minorités. Le rassemblement dans cette ville du sud des États-Unis était organisé pour dénoncer la récente décision de la Cour suprême. La majorité conservatrice de l'institution a annulé un passage clé du « Voting Rights Act », loi de 1965 adoptée pour garantir l'accès aux urnes et une meilleure représentation des minorités. Ce texte historique permettait notamment de mettre en place des circonscriptions avec une meilleure représentation de ces populations. Depuis cette décision, plusieurs États du Sud, comme le Tennessee, l'Alabama ou encore la Louisiane – tous dirigés par des Républicains –, se sont mis à retracer les cartes électorales, en particulier pour les élections au Congrès. L'objectif, selon les critiques, est de diminuer le nombre d'électeurs issus des minorités, qui votent majoritairement pour le Parti démocrate. Ces nouvelles circonscriptions pourraient ainsi basculer en faveur des Républicains. Des actions dénoncées par les manifestants comme une attaque directe envers leurs droits. Avant le rassemblement à Montgomery, berceau du mouvement des droits civiques, une marche et une prière ont eu lieu à Selma, une ville voisine qui est également un lieu historique dans la lutte pour le droit de vote des Afro-Américains. La journée a débuté dans une église, où plus d'une dizaine de pasteurs se sont succédé derrière le pupitre pour dénoncer la régression du droit de vote des minorités. L'élue démocrate au Congrès Terri Sewell a pris la parole pour alerter sur les conséquences de la récente décision de la Cour suprême. « Ce qu'on voit depuis cette décision de la Cour suprême, c'est une offensive coordonnée pour effacer des avancées obtenues de haute lutte et pour faire taire la voix des Noirs et des minorités », a-t-elle déclaré. Plusieurs centaines de personnes se sont ensuite mises en marche en direction du pont Edmund Pettus. C'est sur ce même pont qu'en 1965, des militants avaient réclamé l'accès aux urnes pour les Afro-Américains lors d'une marche violemment réprimée par les autorités. Les images de cette répression avaient choqué le pays et contribué à l'adoption de la loi sur le droit de vote. Parmi les manifestants, Candace Howard tenait une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « J'enseigne l'histoire, mais je ne m'attendais pas à devoir la répéter. » « J'ai eu la chance de connaître tous mes arrière-grands-parents et mes grands-parents, et ils m'ont raconté à quel point c'était difficile, a-t-elle témoigné. Ils ne pouvaient pas voter, entrer dans certains restaurants, ils devaient boire à des fontaines réservées aux Noirs qui n'étaient pas propres. Ils ne pouvaient jouer qu'à certains endroits, ils ne pouvaient pas faire du vélo librement. Pour moi, ce moment est important : il montre que ce pour quoi ils se sont battus ne peut pas être effacé. » Un immense rassemblement était également organisé à Montgomery, ville emblématique où Martin Luther King a prêché et où le refus de Rosa Parks de céder sa place dans un bus avait lancé un boycott historique contre la ségrégation. Pour Ashley Edwards, la perte d'élus démocrates aurait des conséquences directes pour les habitants de ces régions, souvent marquées par de fortes inégalités. « On a des taux d'illettrisme très élevés, des taux de pauvreté très élevés, des gens qui ne mangent pas à leur faim, a-t-elle expliqué. Et moi, j'ai peur que toutes ces politiques publiques censées aider les gens disparaissent si l'État de l'Alabama devient complètement républicain. » Pendant plusieurs heures, des prises de parole se sont enchaînées, avec notamment la présence d'invités d'honneur comme l'élue de New York, Alexandria Ocasio-Cortez. « Ce n'est qu'à partir de l'adoption du Voting Rights Act qu'on a pu avoir une démocratie dans ce pays », a-t-elle souligné. En conclusion, les organisateurs ont appelé à une mobilisation massive lors des élections de mi-mandat en novembre prochain, espérant une « vague bleue » – une participation et une victoire démocrates suffisantes pour contrer les efforts des républicains visant à maintenir leur majorité au Congrès. À lire aussiÉtats-Unis: la justice annule un redécoupage électoral favorable aux démocrates

Dans le Tempo
Pourquoi le jazz est-il une musique profondément politique ? (avec Flore Benguigui et Leïla Olivesi)

Dans le Tempo

Play Episode Listen Later May 6, 2026 122:20 Transcription Available


▶ Monte le Son, le podcast # 115 Le podcast des passionnés de musique continue son exploration du jazz ! Et cette fois, Salman et Daz ont voulu mettre en valeur une dimension passionnante de cette musique : le politique. En effet, dès ses débuts, le jazz véhicule des idées sur la société, et des combats. On pense forcément à sa naissance dans un contexte de ségrégation aux États-Unis, et l'importance que revêt cette musique pour les Afro-Américains et les autres afro-descendants. Mais, loin des clichés, le jazz a su également embrasser d'autres causes, des formes politiques moins explicites, et largement dépasser le clivage "raciale". Plus que jamais, le jazz est synonyme d'ouverture, de partage, et s'avère être le contrepoint parfait à une musique parfois moins incarnée, marquée par la prise de pouvoir des acteurs du numérique et de l'IA. Et pour discuter de tous ces sujets, MLS a fait appel à deux musiciennes de talent : Flore Benguigui et Leïla Olivei. Flore est chanteuse, auteure et compositrice, plutôt issue du milieu de la pop, notamment avec son ancien groupe L'impératrice. Aujourd'hui, elle revient au jazz avec un nouvel album, tout en portant de nombreux projets féministes et musicaux, comme son collectif "Cherchez la femme". Quant à Leïla, cette pianiste, cheffe d'orchestre et compositrice multirécompensée est également une femme engagée. Grande connaisseuse de l'histoire du jazz et de Duke Ellington, la diplômée en philosophie et musicologie met régulièrement en lumière ses racines africaines, et les grands poètes de la négritude. N'hésitez pas à naviguer entre les chapitres en fonction de vos intérêts ! ▶ Sommaire : 00:00 Introduction 02:24 Présentation Flore Benguigui 07:36 Présentation Leïla Olivesi 14:53 Les premiers amours jazz de Flore 22:45 Les premiers amours jazz de Leïla 28:13 Aimer le jazz = être en décalage ? 31:53 Les origines politiques du jazz 42:24 Le premier enregistrement jazz… par des blancs ! 48:36 Mary Lou Williams, jazz et féminisme 1:03:05 S'entourer de femmes pour faire un album jazz 1:07:39 Les voyages, l'Afrique, et la négritude 1:14:54 Streaming, IA… Produire un album aujourd'hui, un acte politique ? 1:31:29 Financer la musique (participatif, subventions, live, etc.) 1:31:45 Le futur du jazz est politique ? 1:42:05 Recommandations 1:58:57 i-330, la machine maison de Flore Technique : La Bouclette Montage : François Brétéché :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: ▶ La playlist des reco : https://open.spotify.com/playlist/39BlEIIxhGNmUfNkjkNY6M?si=21ab521b99e548fb (les autres plateformes arrivent bientôt) ▶ Le répondeur : https://www.speakpipe.com/MonteLeSon_Podcast

Invité de la mi-journée
Armée américaine: «La plupart des licenciements de hauts gradés concernent des femmes ou des Afro-Américains»

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Apr 3, 2026 7:39


En pleine guerre en Iran, l'administration Trump poursuit sa purge au sein de l'armée aux États-Unis. Trois officiers écartés, dont le chef d'état-major de l'armée de terre. La décision du secrétaire à la Défense, qui a déjà mis de côté plusieurs hauts-gradés, souvent des Afro-Américains ou des femmes, est en train de modeler son armée idéale blanche, chrétienne et virile. Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé « ministère de la Guerre », a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. L'analyse de Tara Varma, directrice du programme de prospective stratégique du German Marshall Fund of the United States (GMF). RFI : La purge au sein de l'armée aux États-Unis se poursuit. Trois officiers remplacés, dont le chef d'état-major de l'armée de terre limogé par le Pentagone, sans raison officielle communiquée. Comment est-ce que vous vous l'expliquez ? Tama Varma : C'est difficile à expliquer. Au-delà de l'explication la plus claire que vous avez évoquée, qui est celle de la purge qui a démarré rapidement, en réalité, après la prise de fonction de l'administration républicaine en janvier 2025. Ce qui est surprenant, c'est qu'aucune justification officielle n'est apportée à ce limogeage. Ce n'est que le dernier d'une série de plus d'une douzaine de licenciements de généraux et d'amiraux de haut rang par Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense, depuis son entrée en fonction l'année dernière. Randy George, qui était jusqu'à hier le chef d'état-major de l'armée de terre, avait survécu à la première vague de licenciements en février dernier, au cours de laquelle le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait déjà écarté des hauts responsables militaires tels que l'amiral Lisa Franchetti et le général CQ Brown, qui était le président du comité des chefs d'état-major, qui est Afro-Américain. Ce qu'on constate jusque-là c'est que la plupart des licenciements de hauts gradés ou des refus de promotions concernent des femmes ou des Afro-Américains. Il y a une distinction claire dans cette purge qui est conduite par l'administration américaine. Randy George, c'est un peu l'exception. J'imagine que son limogeage a à voir avec les développements militaires dans la guerre en Iran aujourd'hui, qui ne sont pas aussi favorables aux États-Unis qu'il l'espérait. Cette purge a été entamée dès le retour au pouvoir de Donald Trump. Des hauts gradés ont été écartés parce qu'on estimait qu'ils n'étaient pas assez loyaux. On a vu qu'il s'agissait de femmes ou d'Afro-Américains. La mise à l'écart de militaires qui n'entraient pas dans le moule viriliste a été vantée par le président américain et son équipe. Cela s'est-il poursuivi ? Oui, on le voit dans les différents discours que Pete Hegseth a prononcés depuis son entrée en fonction l'année dernière. Il parle d'éthique de la létalité, de virilisme. Il dit que, sous sa direction, le Pentagone n'autorisera plus les hommes à s'habiller en femme, à porter des robes. Il a beaucoup d'exigences sur la manière dont les militaires doivent être rasés, sur la manière dont ils doivent s'habiller. Il parle beaucoup de cette éthique de la virilité, de la létalité, mais ce sont des considérations assez superficielles malgré tout. Il a envie de se débarrasser de gens qui, selon lui, ne rentrent pas dans ce moule étroit qu'il a lui-même défini, des gens qui le mettraient mal à l'aise et qui questionneraient son leadership et sa capacité à prendre des décisions qui mettent en valeur les intérêts stratégiques des États-Unis. Il a régulièrement remis en cause l'idée que des femmes puissent être compétentes pour occuper des postes à responsabilité. Il a aussi remis en cause le fait que des Afro-Américains seraient en mesure de prendre des décisions qui auraient trait aux intérêts stratégiques américains, à la conduite de la guerre. Il est dans l'affirmation d'une politique nativiste et raciste, dont les hauts gradés du Pentagone font les frais. Il y a, à la fois, une volonté de suppression de toute forme de désaccord, et une forme de révisionnisme clair. Dans le Pentagone de Pete Hegseth, il faut être un homme, blanc et chrétien. Pour approfondir ce point, parmi les personnes qui viennent d'être écartées, il y a aussi l'aumônier en chef de l'armée de terre. Or, on sait qu'il y a eu des crispations récemment parce que le secrétaire à la Défense impose désormais aux aumôniers d'afficher sur leur uniforme non plus leur grade, mais leur religion. Pourrait-il y avoir un lien ? Oui, je pense que, là aussi, le rôle de la religion, c'est la défense d'une Amérique blanche et chrétienne. Même si le rôle de la religion est évidemment bien plus présent aux États-Unis dans le débat public qu'il ne l'est certainement en France, mais aussi dans un certain nombre de pays d'Europe, l'idée d'afficher la religion participe à l'accentuation de cette définition très étroite de ce que c'est qu'être américain. Sachant que cela met tous les hauts gradés – et les moins gradés aussi – dans une situation d'embarras, puisque l'armée aux États-Unis, en théorie, répond à la Constitution. Elle ne répond ni au secrétaire à la Défense, ni au président ou aux exigences, aux vicissitudes, turpitudes de ces deux personnes. On voit une volonté de redéfinition, de la part de l'administration Trump, du rapport hiérarchique de l'armée américaine. Il ne souhaite pas que ce soit la Constitution, il souhaite que ce soit bel et bien au secrétaire à la Défense et au président Donald Trump. Ce qui suscite des tensions… C'est difficile de le savoir. En France, on appelle l'armée « la grande muette ». C'est un peu la même chose aux États-Unis, les hauts gradés doivent s'exprimer sous couvert d'anonymat. À la fin de l'année 2025, le secrétaire à la Défense avait convoqué l'ensemble des hauts gradés pour un discours. Il n'avait pas été applaudi pendant ce discours qui était retransmis en direct, et il s'était plaint auprès de son public, qui était donc constitué principalement des plus hauts gradés américains, qu'il n'avait pas été applaudi et qu'ils devaient l'applaudir. Il y a eu ensuite un peu d'applaudissements, mais quand même faibles. On voyait un peu se dessiner une forme de contestation non dite, non exprimée par des mots de la part d'un certain nombre de hauts gradés. Je pense qu'il y a une volonté d'excès pour faire sortir tout le monde du bois. Il aimerait que les généraux et les amiraux qui sont en désaccord avec lui s'affichent pour pouvoir ensuite les licencier afin de constituer une base, au sein de l'armée américaine, de fidèles et loyaux au président Trump et à sa politique. Un journaliste français vient de publier un livre sur l'armée américaine dans lequel il décrit les changements à l'œuvre, notamment en ce qui concerne les règles d'enrôlement. Ces règles ont permis, selon lui, l'enrôlement de militants suprémacistes blancs, de néonazis. Quelles en sont les conséquences au quotidien, conjuguées à l'arrivée au pouvoir de Donald Trump et de personnalités comme Pete Hegseth ? Il y a un recrutement sur la base d'une idéologie. C'est totalement contraire à la pratique depuis la Constitution des États-Unis et de la Constitution de l'armée américaine, depuis plus de 250 ans. Il y a un certain nombre de pratiques qui ont été réintroduites par Pete Hegseth, notamment des pratiques de bizutage et de harcèlement physique. Cela a des effets assez rapides sur les comportements et le fonctionnement de cette armée, qui pourrait être déployée de nouveau à l'étranger. Nous, Européens, nous verrons assez directement les effets de ces changements de comportements et de cette idéologie dans nos interactions avec l'armée américaine. À lire aussiÉtats-Unis: Trump demande au Congrès un colossal budget de défense de 1500 milliards de dollars pour 2027

Revue de presse Afrique
À la Une: la traite des esclaves Africains, le plus grave crime contre l'humanité

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 26, 2026 4:04


« Un moment diplomatique majeur. (…) Pour l'Afrique, ce 25 mars 2026 est le point de départ d'une nouvelle exigence de vérité », s'exclame Afrik.com. « À l'initiative du Ghana et de plusieurs États africains, l'Assemblée générale des Nations unies a (donc) adopté hier une résolution proclamant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l'humanité, relève le site panafricain. Ce vote vise à transformer la mémoire de l'esclavage en levier politique et juridique. Bien que non contraignante, cette reconnaissance ouvre la voie à de nouvelles revendications sur les réparations, la restitution des biens culturels et la lutte contre les discriminations héritées de cette histoire. (…) Le texte a été adopté à une large majorité de 123 voix pour, précise encore Afrik.com. Cependant, on observe une fracture persistante entre le Sud global et certaines puissances occidentales. Trois pays se sont opposés frontalement à la résolution : les États-Unis, Israël et l'Argentine. Parallèlement, 52 nations, dont les membres de l'Union européenne et le Royaume-Uni, ont choisi la voie de l'abstention ». Pour l'Occident : pas de réparation… En effet, précise Le Monde Afrique, « ces dernières années, les États membres de l'UE se sont globalement montrés réticents à la perspective des réparations. Seul le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, avait reconnu, en 2024, "l'entière responsabilité" de son pays dans les crimes coloniaux et affirmé qu'il devait "en payer le prix". Ces déclarations avaient immédiatement provoqué un tollé dans l'opposition portugaise, et le dossier n'a depuis plus été abordé dans le pays. En France, pointe le journal, la loi Taubira, adoptée en 2001, reconnaît la traite et l'esclavage comme un "crime contre l'humanité". Comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas, Paris s'est excusée pour son implication passée dans la traite transatlantique, tout en rejetant la perspective de compensations financières. Quant à la Belgique, elle n'a jamais présenté d'excuses officielles pour l'esclavage ni pour les crimes commis pendant la colonisation ». Les États-Unis ont donc dit non à cette résolution. Il faut dire, précise encore Le Monde Afrique, « qu'au niveau fédéral, une proposition de loi visant à créer une commission chargée d'étudier les modalités possibles des réparations pour les Afro-Américains est bloquée au Congrès depuis 37 ans. L'ancien président Joe Biden avait esquissé un premier pas en 2021, déclarant qu'il soutenait une étude visant à déterminer si les descendants des personnes réduites en esclavage aux États-Unis devaient recevoir des réparations. Mais cette perspective est désormais très éloignée de la ligne dure assumée par le gouvernement de Donald Trump ». Le Pays au Burkina Faso s'interroge : « maintenant que l'ONU a franchi le pas, quelle sera la suite pour le continent africain en termes de réparations ? Les jours ou les mois à venir nous le diront. En attendant, on peut dire que c'est un ouf de soulagement pour les Africains qui sont nombreux à porter les stigmates de la traite transatlantique ».  Guinée : le décès en prison de Toumba Diakité À la Une également, la mort en prison à Conakry de Toumba Diakité… L'ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara purgeait une peine de dix ans de prison pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009. Il devait être libéré l'année prochaine. Les médias guinéens, à l'instar de Ledjely, se contentent de publier le communiqué officiel qui précise que Toumba est décédé suite à des douleurs abdominales. La presse ouest-africaine est dubitative… Notamment WakatSéra à Ouagadougou : « qui avait peur que Toumba Diakité se retrouve en liberté ? En savait-il trop sur cette armée guinéenne dont les irruptions fréquentes sur la scène politique n'en font plus une "Grande Muette" ? » Des interrogations légitimes, renchérit Aujourd'hui, d'autant qu'un autre protagoniste dans l'affaire du 28-Septembre est lui aussi mort en prison en janvier dernier : le colonel Claude Pivi dit Coplan. « Deux morts en l'espace de deux mois, ça commence à sentir la boule puante et mortelle, s'exclame le quotidien ouagalais, et la vérité pourrait être au-delà des versions officielles ! »

Revue de presse Afrique
À la Une: la traite des esclaves Africains, le plus grave crime contre l'humanité

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 26, 2026 4:04


« Un moment diplomatique majeur. (…) Pour l'Afrique, ce 25 mars 2026 est le point de départ d'une nouvelle exigence de vérité », s'exclame Afrik.com. « À l'initiative du Ghana et de plusieurs États africains, l'Assemblée générale des Nations unies a (donc) adopté hier une résolution proclamant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l'humanité, relève le site panafricain. Ce vote vise à transformer la mémoire de l'esclavage en levier politique et juridique. Bien que non contraignante, cette reconnaissance ouvre la voie à de nouvelles revendications sur les réparations, la restitution des biens culturels et la lutte contre les discriminations héritées de cette histoire. (…) Le texte a été adopté à une large majorité de 123 voix pour, précise encore Afrik.com. Cependant, on observe une fracture persistante entre le Sud global et certaines puissances occidentales. Trois pays se sont opposés frontalement à la résolution : les États-Unis, Israël et l'Argentine. Parallèlement, 52 nations, dont les membres de l'Union européenne et le Royaume-Uni, ont choisi la voie de l'abstention ». Pour l'Occident : pas de réparation… En effet, précise Le Monde Afrique, « ces dernières années, les États membres de l'UE se sont globalement montrés réticents à la perspective des réparations. Seul le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, avait reconnu, en 2024, "l'entière responsabilité" de son pays dans les crimes coloniaux et affirmé qu'il devait "en payer le prix". Ces déclarations avaient immédiatement provoqué un tollé dans l'opposition portugaise, et le dossier n'a depuis plus été abordé dans le pays. En France, pointe le journal, la loi Taubira, adoptée en 2001, reconnaît la traite et l'esclavage comme un "crime contre l'humanité". Comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas, Paris s'est excusée pour son implication passée dans la traite transatlantique, tout en rejetant la perspective de compensations financières. Quant à la Belgique, elle n'a jamais présenté d'excuses officielles pour l'esclavage ni pour les crimes commis pendant la colonisation ». Les États-Unis ont donc dit non à cette résolution. Il faut dire, précise encore Le Monde Afrique, « qu'au niveau fédéral, une proposition de loi visant à créer une commission chargée d'étudier les modalités possibles des réparations pour les Afro-Américains est bloquée au Congrès depuis 37 ans. L'ancien président Joe Biden avait esquissé un premier pas en 2021, déclarant qu'il soutenait une étude visant à déterminer si les descendants des personnes réduites en esclavage aux États-Unis devaient recevoir des réparations. Mais cette perspective est désormais très éloignée de la ligne dure assumée par le gouvernement de Donald Trump ». Le Pays au Burkina Faso s'interroge : « maintenant que l'ONU a franchi le pas, quelle sera la suite pour le continent africain en termes de réparations ? Les jours ou les mois à venir nous le diront. En attendant, on peut dire que c'est un ouf de soulagement pour les Africains qui sont nombreux à porter les stigmates de la traite transatlantique ».  Guinée : le décès en prison de Toumba Diakité À la Une également, la mort en prison à Conakry de Toumba Diakité… L'ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara purgeait une peine de dix ans de prison pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009. Il devait être libéré l'année prochaine. Les médias guinéens, à l'instar de Ledjely, se contentent de publier le communiqué officiel qui précise que Toumba est décédé suite à des douleurs abdominales. La presse ouest-africaine est dubitative… Notamment WakatSéra à Ouagadougou : « qui avait peur que Toumba Diakité se retrouve en liberté ? En savait-il trop sur cette armée guinéenne dont les irruptions fréquentes sur la scène politique n'en font plus une "Grande Muette" ? » Des interrogations légitimes, renchérit Aujourd'hui, d'autant qu'un autre protagoniste dans l'affaire du 28-Septembre est lui aussi mort en prison en janvier dernier : le colonel Claude Pivi dit Coplan. « Deux morts en l'espace de deux mois, ça commence à sentir la boule puante et mortelle, s'exclame le quotidien ouagalais, et la vérité pourrait être au-delà des versions officielles ! »

Franck Ferrand raconte...
Harriett Tubman, la rébellion d'une esclave

Franck Ferrand raconte...

Play Episode Listen Later Mar 2, 2026 22:27


Jeune esclave du Maryland, Harriet Tubman s'enfuit pour rejoindre l'état abolitionniste de Pennsylvanie avant la guerre de Sécession. Elle emprunte un réseau d'évasion, l'Underground Railroad, dont elle deviendra une figure.Alors qu'elle n'est qu'une enfant, Harriett Tubman, surnommée Mint, subit les mauvais traitements de sa maîtresse dans une plantation du Maryland. Battue et maltraitée depuis son plus jeune âge, elle rêve de liberté et saisit sa chance lorsque la plantation est sur le point d'être vendue. À 22 ans, elle s'échappe et rejoint l'Underground Railroad, un réseau clandestin qui aide les esclaves à fuir vers le Nord abolitionniste et le Canada.Mais Harriet, comme elle se fait désormais appeler, ne s'arrête pas là. Courageuse et déterminée, elle retourne à de multiples reprises dans le Sud esclavagiste pour libérer sa famille et d'autres esclaves, bravant les dangers et la prime mise sur sa tête. Surnommée "Moïse" par les milieux abolitionnistes, elle mène avec succès jusqu'à 19 expéditions, libérant près de 70 personnes.Pendant la Guerre de Sécession, elle met ses compétences au service de l'armée de l'Union. Devenue espionne et guide, elle participe à des raids qui permettent de libérer des centaines d'esclaves.

SBS French - SBS en français
Personnage : Jesse Jackson

SBS French - SBS en français

Play Episode Listen Later Feb 28, 2026 8:13


Figure majeure du combat pour les droits civiques aux États-Unis, Jesse Jackson s'est éteint ce mardi 17 février. Du Sud ségrégationniste de son enfance à ses campagnes présidentielles, il n'a cessé de défendre la justice sociale et l'engagement politique des Afro-Américains. Pasteur, militant et orateur reconnu, il a poursuivi l'héritage de Martin Luther King tout en traçant sa propre voie, fondée sur le rassemblement et la participation démocratique. Pendant plus de cinquante ans, son action a marqué la vie politique américaine et inspiré de nouvelles générations de militants.

Reportages par SBS French - Reportages par SBS French

Figure majeure du combat pour les droits civiques aux États-Unis, Jesse Jackson s'est éteint ce mardi 17 février. Du Sud ségrégationniste de son enfance à ses campagnes présidentielles, il n'a cessé de défendre la justice sociale et l'engagement politique des Afro-Américains. Pasteur, militant et orateur reconnu, il a poursuivi l'héritage de Martin Luther King tout en traçant sa propre voie, fondée sur le rassemblement et la participation démocratique. Pendant plus de cinquante ans, son action a marqué la vie politique américaine et inspiré de nouvelles générations de militants.

Revue de presse internationale
À la Une: la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver 2026

Revue de presse internationale

Play Episode Listen Later Feb 7, 2026 4:18


Chacun y va de son commentaire ce matin dans la presse internationale, après la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Pour Le Devoir, au Canada, ce fut « une cérémonie à échelle humaine, imaginative, sympathique et éparpillée ». Il est vrai que l'événement se tenait « dans quatre lieux différents ». « Deux vasques olympiques inspirées des travaux de Léonard de Vinci ont été allumées simultanément, l'une à Milan, l'autre à Cortina. » Le Devoir concède cependant qu'on était « loin des dimensions grandioses et de l'audace de la cérémonie d'ouverture des Jeux d'été de Paris, en 2024 ». À lire aussiLa flamme olympique allumée, les JO d'hiver 2026 de Milan-Cortina sont lancés Playback Die Welt a la dent encore plus dure. Et se moque de la prestation de la star américaine Mariah Carey, « un sosie de Beyoncé », grince le quotidien allemand, elle a chanté « juste » mais « en playback ». Plus enthousiaste, le Guardian parle « d'un spectacle d'ouverture époustouflant », « d'une élégance naturelle, envoûtante et divine, une véritable déclaration d'amour à l'Italie et un plaidoyer pour l'espoir et l'harmonie dans un monde fracturé. » Mais le quotidien britannique ne manque pas de signaler « les huées », qui ont retenti dans le stade de San Siro, « lorsque les caméras de télévision ont fait un panoramique sur le vice-président américain JD Vance et son épouse Usha ». Il est vrai, rappelle le Guardian, que « toute la semaine, Milan a résonné de sifflets stridents et de colère, depuis qu'elle a appris que des agents de l'ICE, la police de l'immigration américaine, accompagneraient Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio » en Italie. « Je n'ai pas fait d'erreur » Le New York Times s'indigne d'une vidéo « ouvertement raciste », « présentant l'ancien président Barack Obama et l'ancienne première dame Michelle Obama comme des singes ». Le journal précise que « l'extrait, accompagné de la chanson "The Lion Sleeps Tonight" (« Le lion dort ce soir »), a été inséré vers la fin d'une vidéo de 62 secondes propageant des théories du complot sur l'élection présidentielle de 2020. » Il s'agit, précise encore le New York Times, « du dernier épisode d'une série de publications de Donald Trump visant à diffuser des images offensantes et des propos injurieux à l'encontre des Afro-Américains et d'autres communautés ». Comme souvent, le président américain joue les étonnés. Il a déclaré « n'avoir vu que le début de la vidéo », sous-entendu, pas le passage concernant le couple Obama ». Ceci étant, remarque le New York Times, « Donald Trump n'a exprimé aucun remords », lorsque les journalistes l'ont interrogé à ce sujet. « Non, je n'ai pas fait d'erreur », a assuré le président américain. Une phrase qui fait aujourd'hui la Une du New York Times. À lire aussiDonald Trump retire une vidéo raciste sur le couple Obama de son réseau Truth Social Jack Lang sous pression En France, l'ancien ministre Jack Lang, personnalité politique et du monde de la culture, est sous les feux des projecteurs, dans l'affaire Epstein. Révélation du Parisien ce matin. « Jack Lang et sa fille Caroline, visés par une enquête du PNF, le Parquet national financier, pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée" ». Le PNF, précise le journal, « a ouvert une enquête après la révélation de l'existence d'un fonds créé par Jeffrey Epstein et Caroline Lang. Celle-ci figure aussi sur un testament du criminel ». Le quotidien français rappelle que « Jack Lang a assuré mercredi qu'il ignorait tout du passé criminel d'Epstein quand il l'a rencontré, "il y a une dizaine d'années" par l'entremise du réalisateur Woody Allen ». Jack Lang assure également, nous dit Mediapart, qu'il n'était pas « ami avec le criminel sexuel ». Le journal en ligne n'en a pas moins retrouvé un courriel datant de septembre 2017, dans lequel il est dit que Jack Lang a « insisté personnellement » pour que Jeffrey Epstein « vienne à son anniversaire ». La pression s'accroît sur celui qui est, depuis 2013, président de l'Institut du monde arabe, une institution prestigieuse. Selon Le Parisien, « l'exécutif veut pousser Jack Lang à la démission ». L'ancien ministre, qui s'y refuse, est convoqué demain au ministère des Affaires étrangères.  À lire aussiAffaire Epstein : Jack Lang convoqué au Quai d'Orsay à la demande de l'Élysée et de Matignon

Journal d'Haïti et des Amériques
États-Unis: «Tous les Haïtiens, légaux ou illégaux, ont peur de l'ICE»

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Feb 4, 2026 30:00


Dans l'espoir de calmer les critiques, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem a indiqué que tous les agents de l'ICE allaient désormais être équipés de caméras-piétons. Mais leur présence inquiète toujours une partie de la population, en particulier les immigrés. Et notamment les Haïtiens. « Tous les Haïtiens, légaux ou illégaux, ont peur des activités de l'ICE à Minneapolis, témoigne David Policard, directeur de l'ONG VanneSé, auprès de notre envoyé spécial Vincent Souriau. Beaucoup ont abandonné leur boulot par crainte d'être interpellés en se rendant au travail. » Pour ces personnes sans emploi, s'alimenter devient difficile. Conduire les enfants à l'école s'avère également périlleux. « Donc, nous, on fait tout : la livraison de nourriture, déposer les gens au travail…, confie David Policard. Parce que moi, je passe pour un Afro-Américain. Je ne suis pas la cible. Les personnes ciblées, on sait qui elles sont : les Latinos, les Somaliens, les Asiatiques. »   L'arme secrète de la Sécurité intérieure Le département de la Sécurité intérieure déploie une arme secrète contre les citoyens ordinaires. Jon a découvert son existence à ses dépens. C'est le Washington Post qui nous le raconte. Jon, c'est un jeune retraité de 67 ans qui vit en banlieue de Philadelphie. En octobre 2025, il apprend en lisant son journal qu'un réfugié afghan est menacé d'expulsion. Et ça, Jon ne peut pas laisser faire. Il se dit que l'Amérique en laquelle il croit ne peut pas tenir si les citoyens comme lui ne s'expriment pas. Alors il rédige un mail au procureur depuis sa messagerie Google. Un mail tout à fait correct où il lui rappelle la situation en Afghanistan. Il lui demande de faire preuve de bon sens et de décence. Et il envoie. Cinq heures et une minute plus tard, mail de Google. L'entreprise l'informe qu'elle a reçu une assignation administrative du département de la Sécurité intérieure. Elle doit lui transmettre des informations relatives au compte de Jon. Jon ne comprend pas. Il pense d'abord à une erreur. Et puis il se demande : ce n'est quand même pas à cause de ce mail ? L'assignation administrative, explique le Washington Post, c'est une procédure que les agences fédérales peuvent déclencher sans l'ordre d'un juge ou d'un grand jury. Ça leur permet d'agir vite. Par exemple contre un prédateur sexuel ou un trafiquant de drogue. Mais pour les organisations de défense des droits, ça sert surtout à étouffer la liberté d'expression. Les experts estiment que la Sécurité intérieure en émet des dizaines de milliers chaque année. Pour identifier des utilisateurs d'Instagram qui se sont exprimés sur les interventions de l'ICE, par exemple. Ou pour exiger les informations personnelles de 7 000 travailleurs de la santé du Minnesota qui ont protesté contre l'intrusion de la police de l'immigration dans un hôpital. Et tout cela, sans aucun contrôle. Trois navires de guerre dans la baie de Port-au-Prince En Haïti, trois navires de guerre états-uniens sont arrivés dans la nuit dans la baie de Port-au-Prince. « Leur présence reflète l'engagement indéfectible des États-Unis en faveur de la sécurité, de la stabilité et d'un avenir meilleur pour Haïti », déclare un communiqué de l'ambassade des États-Unis en Haïti. Ce déploiement intervient six jours après une audition de Marco Rubio au Congrès. Le chef de la diplomatie états-unienne avait évoqué la « posture de guerre » que l'administration Trump voulait adopter contre les organisations criminelles opérant en Haïti et dans la région. Mais ce déploiement a lieu aussi à quatre jours du 7 février, qui signe la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition. Alors le rédacteur en chef du Nouvelliste, Frantz Duval, s'interroge : ces navires sont-ils des bâtons ou des carottes ? « Il va falloir attendre et voir si ce déploiement vise à marquer un tournant au plan politique sécuritaire et/ou à dissuader toute aventure politique désespérée », écrit-il. « Toutes les initiatives pour peser sur la prochaine transition vont se mener sous l'œil vigilant et armé des bateaux américains. Certains y voient la politique du gros bâton, d'autres l'opportunité d'une carotte comme une main tendue pour aider Haïti à passer un mauvais moment. »   Étudiants et proches de prisonniers politiques manifestent à Caracas Une manifestation convoquée notamment par les étudiants s'est tenue hier (3 février 2026)  au sein de l'Université centrale du Venezuela. En présence aussi de proches de détenus. C'est El Nacional qui le rapporte. Parmi les manifestants, il y avait Fanny Lozada, qui a raconté les tortures qu'avaient subies son petit-fils... âgé de seulement 15 ans. Une manifestation qui s'est donc tenue un mois tout pile après l'enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores par l'armée états-unienne. TalCual, justement, consacre tout un dossier à ce mois sans Maduro. Sur le site du journal, vous pourrez trouver un article qui décrit les conditions d'incarcération du couple dans sa prison de Brooklyn. Un autre sur la façon dont la présidente par intérim Delcy Rodriguez et son frère, qui est président de l'Assemblée nationale, étendent leurs pouvoirs en écartant des fidèles de Maduro. Et un troisième sur un pays partagé entre la prudence et l'espoir. Pendant ce temps, la présidente par intérim Delcy Rodriguez assure « travailler intensément » sur la loi d'amnistie générale qu'elle a proposée la semaine dernière. Pour le moment, les remises en liberté se font au compte-gouttes, et les défenseurs des droits humains attendent le vote de ce texte qui devrait permettre de blanchir tous les détenus pour des motifs politiques. Notre correspondante à Caracas, Alice Campaignolle, a rencontré des familles qui attendent la libération de leurs proches.   La Bolivie se forme au tourisme La Bolivie, elle, se prépare pour le carnaval d'Oruro, l'un des événements touristiques les plus importants du pays. Ce sera ce week-end. L'an dernier (2025), le carnaval avait attiré près d'un demi-million de visiteurs, et généré plus de 50 millions d'euros de revenus pour cette ville située à un peu plus de 200 kilomètres de La Paz. Le nouveau président, Rodrigo Paz Pereira, veut justement développer la place du tourisme dans l'économie, pour faire face à la crise qui touche le pays. Un programme de formation des personnels dans les bars, cafés et restaurants d'Oruro a d'ailleurs été mis en place, ces dernières semaines, et il devrait être étendu à toute la Bolivie. C'est un dossier de Nils Sabin.

Invité Afrique
Côte d'Ivoire: pendant l'Ivoire Black History Month, «on est dans la célébration des patrimoines ivoiriens»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 8:54


On célèbre pendant tout le mois de février le Black History Month. Et cette année, l'événement fête son centenaire ! Ce rendez-vous culturel a été lancé en 1926 aux États-Unis pour commémorer et enseigner à la jeunesse afro-américaine les grands moments de son histoire, de la traite négrière et l'esclavage, aux luttes de libération, tout en abordant tout ce qui est lié au patrimoine afro-américain sous toutes ses formes. Depuis quelques années, le Black History Month est aussi célébré en dehors des États-Unis, et en Afrique bien entendu. En Côte d'Ivoire par exemple, où plusieurs jeunes motivés ont lancé l'Ivoire Black History Month. Le rendez-vous culturel en est à sa 7e édition. Mais loin de copier-coller le modèle américain, il s'agit au contraire de mettre en avant toute la diversité des cultures et des patrimoines ivoiriens. Serge Alain Nhiang'O est le directeur exécutif de l'iBHM. Il est le grand invité Afrique de Sidy Yansané. RFI : Serge Alain Nhiang'O, vous célébrez la septième édition de l'Ivoire Black History Month. Tout d'abord, expliquez-nous pourquoi vous passez par le Mois de l'Histoire noire, un concept afro-américain, pour mettre en avant le patrimoine culturel de votre pays, la Côte d'Ivoire ? Serge Alain Nhiang'O : Le Black History Month est effectivement né aux États-Unis, mais il est né pour réparer une absence historique. Ce prolongement débute avec la traite qui s'est déroulée en Afrique. Du coup, l'Afrique ne peut pas rester en marge d'un mouvement qui veut de réparer des absences historiques. Les injustices vécues par les Afro-Américains sont liées à celles vécues par les Ouest-Africains le continent en général durant la colonisation. Comme on veut créer des ponts entre tous les peuples noirs et les peuples opprimés, c'était important pour nous de contextualiser ce mois de célébration, de prendre en fait toute l'essence de Carter Godwin Woodson, mais pour célébrer l'héritage ivoirien. Carter G. Woodson, l'initiateur du Black History Month il y a pile un siècle. Et depuis que vous avez lancé ce rendez-vous, de quelle manière le public ivoirien se l'approprie ? Au début, il y avait beaucoup de curiosité. Effectivement, les gens se demandaient pourquoi célébrer un Black History Month en Côte d'Ivoire alors que ce ne sont pas du tout les mêmes contextes. Mais au final, beaucoup de jeunes d'Abidjan, où réside notre grande base, ont adhéré à l'idée. Aujourd'hui, on part dans d'autres villes de la Côte d'Ivoire comme Yamoussoukro, Bouaké, etc. où l'initiative est accueillie sans appréhension. Vous avez choisi pour thème cette année « Entre cinéma et patrimoine : une même lutte pour la mémoire ». Alors la mémoire, on comprend. Mais pourquoi une lutte ? On se rend compte que la plupart des personnes qui ont milité pour que notre histoire soit revalorisée ont mené des luttes. Il n'y a jamais eu de circonstances passives où l'histoire est donnée. Même le support de base qui nous sert de réflexion, à savoir l'Histoire générale de l'Afrique (Ed. Présence Africaine / Edicef / Unesco), on se rend compte à quel point des pionniers comme Joseph Ki-Zerbo ont lutté, ont milité auprès des institutions compétentes comme l'Unesco pour que notre histoire puisse être racontée par nous-mêmes. Et ça n'a pas été un acquis. Du coup, on s'inscrit dans une forme de lutte pour réparer la mémoire et de façon très contemporaine, comme la plupart des jeunes d'Afrique. Les jeunes que je rencontre n'aiment plus trop l'idée de lutte. Ils ont l'impression que c'est compliqué, quand on voit des figures qui ont lutté, qui ont fini par perdre la vie. Du coup, même si on parle de lutte dans le Black History Month, on le fait avec beaucoup plus de médiation et on est plus trop dans la lutte au sens strict du terme. On est plutôt dans la célébration du patrimoine. L'idée pour nous, c'est aussi de rappeler vraiment que le cinéma un médium qui répare des injustices mémorielles, et ça passe par la lutte. Vous avez d'ailleurs lancé une initiative originale cette année : un kino, c'est-à-dire une résidence express de création audiovisuelle, d'où vous avez sorti sept courts-métrages, tous tournés à Grand-Bassam, l'ancienne capitale coloniale. C'était volontaire de le faire là-bas ? Oui, c'était volontaire pour essayer aussi de décoloniser l'histoire de Bassam, qui est aujourd'hui une sorte de résidu de la colonisation française. Quand un Ivoirien lambda va à Bassam, on lui explique beaucoup plus l'histoire des colons que des cultures locales N'zima (peuple akan de Côte d'Ivoire). Et même si cette ville est une ville classée au patrimoine mondial de l'Unesco beaucoup promue pour son histoire, elle n'est pas tant promue pour l'histoire des gens qui y vivent. Vous travaillez essentiellement avec des jeunes. Est-ce à dire que c'est votre public cible? Ou alors que ce sont les jeunes qui désormais essayent de se réapproprier leur propre histoire, les aînés ayant peut-être échoué à leur transmettre ? La Côte d'Ivoire, c'est un pays qui est majoritairement jeune, à plus de 70 %. Et effectivement, on a l'impression que la plupart de ceux qui dirigent les instances culturelles et mémorielles ne sont pas forcément en phase avec nous. La plupart de nos administrateurs ont une moyenne d'âge de 60 à 70 ans. Pendant que la population a une moyenne d'âge de 18 ans. C'est important pour nous de ne pas se limiter à la complainte, il faut aussi être force de proposition. Nous, jeunes Africains, on a l'impression qu'on a la capacité de faire beaucoup de choses. On a les ailes pour voler très loin, mais ce qu'il nous manque souvent, ce sont nos racines. Il faut rappeler à cette jeunesse que pour voler loin, il faut s'enraciner avec tout notre patrimoine historique. À lire aussiCôte d'Ivoire: en 2021, lancement de la 2e édition de l'Ivoire Black History Month

Travelling - La 1ere
The Cotton Club, Francis Ford Coppola, 1984

Travelling - La 1ere

Play Episode Listen Later Jan 25, 2026 56:29


Cotton Club de Francis Ford Coppola sorti en 1984 est un film à grand spectacle qui fait revivre les années folles, lʹessor du jazz, la Prohibition, la ségrégation, les débuts du cinéma parlant et les guerres de gangs. Coppola plonge dans lʹhistoire de New York et propose un film dʹaction musical musclé. Le Cotton club, fondé par un gangster en 1923, est un club de jazz en vogue à la fin des années 20. Tous les artistes sont noirs, tous les clients sont blancs. Dans ce cabaret, la pègre, les politiciens, les vedettes du moment boivent un alcool interdit et clandestin et sʹencanaillent avec des filles pas farouches. Dans les années 20, le Cotton club de New York permet au jazz né à Chicago et à New Orleans de se populariser. Les personnages à lʹécran sont inspirés de ce microcosme multiculturel dʹHarlem. Italiens, Juifs, Russes, Irlandais, Afro-Américains, ils sont bandits, acteurs, danseurs, chanteurs. Ceux qui connaissent pourront sʹamuser à retrouver des doubles étonnants de Duke Ellington et de Cab Calloway. On y croise Charlie Chaplin et des barons de la pègre. Coppola ajoute dʹautres personnages inventés pour faire avancer son histoire. Derrière cette superproduction, on trouve Robert Evans. Il y aura de gros dépassements de budget, des tensions. Le tournage est chaotique, souvent improvisé, Richard Gere boude pendant plus dʹune semaine, Coppola menace de tout abandonner, dʹautres financiers sont contactés, on finit par retirer la production à Robert Evans. Toutes ces embrouilles participeront à la légende du film, plutôt bien accueilli à sa sortie, légende que nous allons vous raconter. REFERENCES Francis Ford Coppola & William Kennedy Discuss The Cotton Club, 2019 New York State Writers Institute https://www.youtube.com/watch?v=KnlURHhRo24 DOUIN, Jean-Luc, Cotton club, Panache, Glamour et frénésies, in Télérama No 1825 du 2 janvier 1985

Journal d'Haïti et des Amériques
Bolivie : le retour de la droite au pouvoir aura des conséquences sur la culture de coca

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Oct 17, 2025 30:00


Dimanche (19 octobre 2025), la Bolivie basculera officiellement à droite. Le second tour de l'élection présidentielle verra s'affronter le conservateur Jorge Quiroga et le candidat de centre-droit Rodrigo Paz Pereria. Tous les deux ont beaucoup parlé pendant la campagne de la lutte contre le trafic de drogue qui augmente dans le pays depuis quelques années, promettant une approche musclée. Après 20 ans de politiques favorables aux cocaleros, le retour de la droite au pouvoir devrait marquer un vrai tournant dans un pays où la culture de coca est légale par endroits. Reportage de notre correspondant, Nils Sabin.   Départ de l'amiral américain chargé de superviser les frappes dans les Caraïbes Les États-Unis ont à nouveau bombardé ce jeudi (16 octobre) un navire qui, selon eux, transportait de la drogue, et naviguait dans les Caraïbes. C'est la sixième frappe de ce genre depuis début septembre 2025 et le déploiement de navires de guerre américains dans la zone, et pour la première fois, il y aurait des survivants, selon CBS, CNN et NBC. Cette stratégie agressive des États-Unis est loin de faire l'unanimité. L'amiral Alvin Holsey, commandant des forces américaines pour l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale, quittera la Marine le 12 décembre. Il part au bout d'un an alors que normalement, on reste trois ans à ce poste, et alors qu'est en cours la plus grosse opération qu'il ait eue à gérer pendant ses 37 ans de carrière, relève le New York Times. C'est un «départ soudain et surprenant», renchérit le Washington Post. Alvin Holsey n'a pas justifié sa décision, mais d'après le New York Times, l'amiral n'est pas d'accord avec cette intervention dans les Caraïbes. Une intervention décidée par la Maison Blanche sans qu'il ne soit vraiment consulté et dont la légalité interroge, rappelle encore le quotidien. Pour de nombreux experts, Donald Trump n'a pas le droit de tuer des trafiquants de drogue présumés comme s'ils appartenaient à une armée ennemie. Il devrait les arrêter et les traduire en justice. Le journal souligne également qu'Alvin Holsey a rendu public son départ au lendemain de l'annonce par Donald Trump d'opérations clandestines de la CIA au Venezuela.   A. Holsey poussé vers la sortie ? Pour le Washington Post, Alvin Holsey ne serait pas parti de lui-même. Il aurait été poussé vers la sortie par Pete Hegseth qui voulait s'en débarrasser depuis un mois. Le ministre de la Défense estime que l'armée en a trop fait en matière d'inclusion et de diversité. Or, Alvin Holsey est noir. C'est même le premier Afro-Américain à occuper le poste de commandant des forces américaines pour l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale, insiste le Miami Herald. Le New York Times, lui aussi, y voit un facteur d'explication : comme Alvin Holsey, une douzaine de hauts responsables militaires américains ont quitté l'armée depuis le retour de Donald Trump au pouvoir et la plupart d'entre eux étaient noirs, précise le journal. Ou bien des femmes, complète le Washington Post.   La vice-présidente vénézuélienne dément négocier avec Washington le départ de Nicolas Maduro «FAKE !!», a écrit Delcy Rodriguez sur Telegram après des révélations du Miami Herald qui affirme que la vice-présidente a offert aux États-Unis à deux reprises, en avril et en septembre, de remplacer le président vénézuélien. Des offres de services faites par l'intermédiaire du Qatar et avec l'accord de Nicolas Maduro. Delcy Rodriguez se serait présentée comme «une version adoucie du chavisme conçue pour permettre une transition sans rupture brutale et sans démanteler les structures fondamentales du régime», explique encore le Miami Herald.   Nouvelle flambée de choléra en Haïti Gazette Haïti a pu consulter une note officielle publiée le 15 octobre par le ministère de la Santé. Selon ce document, 112 cas suspects ont été recensés. 10 sont confirmés. Il y a déjà eu 2 décès et 43 personnes sont hospitalisées. «Après plusieurs mois de relative accalmie, la maladie refait surface dans plusieurs communes de la région métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Delmas, Cité-Soleil et Pétion-Ville, désormais placées en alerte rouge par les autorités sanitaires», explique Gazette Haïti. Le ministère de la Santé a lancé des actions, comme la désinfection de sources d'eau. Mais, écrit le journal, «cette résurgence du choléra rappelle la fragilité du système sanitaire haïtien face aux crises hydriques et environnementales, mais aussi la nécessité d'une mobilisation collective pour éviter une propagation à grande échelle.» Toujours la faim en Haïti Près de la moitié de la population haïtienne souffre de faim aiguë, tant dans les zones rurales que dans les villes. Pour remédier à cette situation, il faut non seulement une aide d'urgence mais aussi un soutien plus durable pour que les Haïtiens arrivent à préserver des moyens de se nourrir et à produire de meilleurs aliments. C'est le message de la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Alice Froussard a interviewé son représentant en Haïti, Pierre Vauthier.   Le Chili à la conquête de l'IA Après Chat GPT ou Gemini aux US, Deepseek en Chine ou encore Mistral en France, il y aura peut-être bientôt Latam GPT. Le Chili qui espère se faire une place dans le secteur crucial de l'intelligence artificielle générative, multiplie les projets et investit dans des infrastructures. C'est un reportage de Naïla Derroisné.   Le journal de la 1ère Construire un avenir différent à condition de le faire ensemble. C'est l'appel lancé ce jeudi (16 octobre 2025) par le président de l'Association Martiniquaise pour la promotion de l'industrie.

Journal d'Haïti et des Amériques
Les patrons de la tech, des «libertariens autoritaires qui ont prêté allégeance à Donald Trump»

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Oct 8, 2025 30:00


À l'occasion de la sortie d'«Apocalypse nerds» (Éditions Divergences), Anne Cantener reçoit Olivier Tesquet, co-auteur du livre avec Nastasia Hadjadji, et aborde avec lui la manière dont les magnats de la tech s'impliquent dans la politique américaine ou plutôt contre elle. «Pendant longtemps, les dirigeants comme Jeff Bezos et Mark Zuckerberg, ont été perçus comme des libertariens inoffensifs. On les pensait proches des démocrates. Mais depuis le deuxième mandat de Donald Trump, on assiste à un ralliement des patrons de la tech, voire à une génuflexion devant leur seigneur», explique le journaliste. La Silicon Valley est imprégnée depuis très longtemps de l'idée qu'il existerait une sorte d'élite intellectuelle naturelle, le tout agrémenté d'une morale viriliste. «Le libertarianisme a toujours oscillé entre la gauche et la droite. Mais depuis ces dernières années, un libertarianisme autoritaire prend le dessus avec l'idée que l'État doit s'investir le moins possible et que l'exercice du pouvoir doit être très fort et très vertical», poursuit Olivier Tesquet. Peter Thiel, l'un des oligarques sur lesquels les deux journalistes se sont penchés, estime ainsi que la liberté et la démocratie ne sont pas compatibles. Ce projet de civilisation dans lequel les entreprises se substituent en quelque sorte à l'État, s'accompagne d'une idée de transcendance. «Il faut sans cesse repousser les limites du corps, selon eux. Ils sont obsédés par la natalité et la longévité», précise Olivier Tesquet.   Au Venezuela, marche pour la Palestine et contre les États-Unis À Caracas, des centaines de personnes se sont réunies à l'appel du gouvernement ce mardi (7 octobre 2025), pour soutenir le peuple palestinien. Une marche jusqu'à l'ambassade de la Palestine, reconnue par le Venezuela depuis 2009. L'opportunité pour le pouvoir et ses partisans, de défendre les droits du peuple vénézuélien face à ce qu'ils qualifient d'impérialisme américain. Reportage d'Alice Campaignolle.  À écouter aussiVenezuela: rassemblement pour la liberté des peuples palestinien et vénézuélien Des policiers haïtiens blessés bloqués à Cuba Une vingtaine d'agents de la Police nationale d'Haïti sont, en ce moment, à Cuba pour recevoir des soins, après avoir été blessés en luttant contre les gangs, explique Ayibopost. Ceux que le média en ligne a pu contacter «dénoncent leur abandon par l'État haïtien, le manque d'argent, de médicaments et la cherté de la vie à Cuba, ainsi qu'un flou persistant sur un montant de cinq millions de gourdes censé être disponible à l'Office d'Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité [l'assureur de la PNH]  pour les policiers ayant besoin de soins dans un pays étranger». De l'argent qui n'arrive pas. Ces policiers doivent, donc, «dépenser leurs économies pour se faire soigner», précise le journal. L'un d'entre eux a même dû hypothéquer l'un de ces biens. Un inspecteur de police, atteint d'un cancer, est «mort seul dans sa chambre d'hôpital, implorant ses soignants de le transférer chez lui en Haïti pour ses derniers jours», raconte encore Ayibopost qui rappelle qu'au moins 33 policiers ont été tués, dont près de la moitié lors d'opérations contre des gangs armés, entre juin 2024 et juin 2025, selon le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). Tout n'est, toutefois, pas la faute de l'État haïtien. Une «partie des problèmes rencontrés» par ces policiers «vient du contexte sociopolitique à Cuba», note le journal. La pénurie de médicaments s'explique ainsi par l'embargo américain sur l'île. Mais «cela soulève des questions sur le choix de Cuba [par les autorités haïtiennes] comme destination privilégiée pour soigner les policiers blessés», estime Ayibopost. «Nous sommes traités comme des pièces de rechange», déplore l'un d'entre eux.   Le coup de pub de trop de LeBron James Comme le raconte le Washington Post, LeBron James a fait croire qu'il allait prendre sa retraite. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux lundi (6 octobre 2025), il a prévenu qu'il annoncerait «la décision des décisions» hier, mardi. Une référence à «la décision» de 2010. Il avait alors décidé de quitter Cleveland pour Miami. Aussitôt, le monde du sport s'est enflammé. Le prix des billets pour le dernier match à domicile de la saison des Los Angeles Lakers a explosé. Mais en réalité, il s'agissait juste d'un partenariat avec une marque de cognac. Un de plus, un de trop ! C'est, en tout cas, ce que juge le Washington Post pour qui «chaque post stupide sur les réseaux sociaux, chaque campagne de pub absurde abîme son héritage». LeBron James est un «bouffon», s'énerve le quotidien. Il n'a rien de mieux à faire ? s'agace encore le Washington Post qui rappelle que la star mondiale de la NBA s'est déjà mis en scène à de nombreuses reprises dans des pubs. «Sa voix comptait» avant, se désole le quotidien qui rappelle les prises de positions de la star en faveur d'Hillary Clinton, l'association qui incite les Afro-américains à aller voter qu'il a créée, ou bien encore l'école qu'il a financée dans sa ville natale. Mais alors que sa carrière touche à sa fin, le King ne pense qu'à ses propres intérêts, déplore le Washington Post. Il a fait la promotion d'un site de paris en ligne alors même que les Noirs-Américains sont ceux qui parient le plus sur des sports et qui «risquent ainsi de perdre leurs moyens de subsistance», explique le journal. Aujourd'hui, LeBron James fait la promotion d'une marque de cognac, boisson que les stéréotypes associent aux Afro-Américains, et il défend ainsi des clichés. «Parcourir son fil d'actualité, c'est comme se promener virtuellement sur la Cinquième Avenue», poursuit le journal. «Les seules interruptions qui percent ce nuage mercantile sont ses rares publications, truffées d'émojis, qui expriment les pensées insignifiantes d'un fan de sport», tacle encore le quotidien qui conclut : «C'est ainsi que LeBron a décidé de mettre fin à son règne : en tant que vendeur pour n'importe quelle marque et en tant qu'exhibitionniste en quête de n'importe quel public. Le King n'est ni mort ni à la retraite. Il est simplement à vendre.»  À lire aussiNBA: LeBron James annonce une "décision" pour mardi, fait monter les rumeurs de retraite Le journal de la 1ère En Guyane, la sénatrice et ancienne maire de Cayenne, Marie-Laure Phinéra-Horth, comparaît devant la justice pour détournement de fonds publics.

ComicsDiscovery
Dr Wertham : l'homme qui a failli tuer les comics – ComicsDiscovery S10E02

ComicsDiscovery

Play Episode Listen Later Sep 16, 2025 69:31


Dr Wertham : Le comics choc signé Eric Powell et Harold Schechter On poursuit cette saison de ComicsDiscovery avec un nouvel épisode consacré à Dr Wertham, un comics français publié chez Delcourt, signé Harold Schechter et Eric Powell. Ce récit revient sur Fredric Wertham, une figure controversée du monde du comics et de l'histoire du neuvième art. Qui était le docteur Wertham ? Fredric Wertham est devenu tristement célèbre dans les années 1950 pour sa lutte contre les comics. Ses prises de position conduisent à la création du Comics Code Authority, organisme de censure qui a profondément marqué l'industrie. Dans Dr Wertham, la narration alterne entre la vie personnelle du psychologue et la mise en scène de crimes sanglants, comme ceux du tueur en série Albert Fish. Wertham considérait la société — et notamment les comics — comme responsable de l'émergence de ces monstres. Paradoxalement, il fut aussi un militant pour les droits civiques des Afro-Américains, ce qui complexifie son héritage et son image publique. Une bande dessinée à chargeDès les premières pages, Eric Powell et Harold Schechter imposent un ton incisif. Le docteur Wertham y est présenté comme un homme manipulateur, arriviste et souvent méprisant. Même ses épisodes de vie plus “positifs” sont aussitôt contrebalancés par un portrait glaçant. Le style des auteurs Eric Powell : connu pour la série culte The Goon, il mêle horreur, humour noir et critique sociale. Son style graphique expressif et brutal donne toute sa force aux excès du psychologue. Harold Schechter : écrivain et biographe américain spécialisé dans le crime et les tueurs en série. Sa connaissance pointue des figures criminelles et des débats moraux enrichit le récit.Leur collaboration produit un comics dense et corrosif, qui ne laisse aucune place à la nuance concernant Wertham.Violence et horreur : pourquoi ce choix graphique ?Un autre point marquant de Dr Wertham est la représentation de la violence. Les scènes de meurtres, parfois choquantes, peuvent dérouter certains lecteurs. Elles semblent parfois déconnectées du propos principal, donnant plus une impression de provocation que d'explication du parcours du psychologue.Cette approche laisse le lecteur dans une ambiguïté : s'agit-il de dénoncer l'homme et ses contradictions, ou simplement de livrer un récit noir et sanglant ? Quoi qu'il en soit, le comics suscite débats et discussions parmi les amateurs de bande dessinée et d'histoire du neuvième art.Autres œuvres d'Eric Powell à découvrirVous aimez Eric Powell ? Découvrez d'autres épisodes de ComicsDiscovery consacrés à ses œuvres : Ed Gein : Autopsie d'un tueur en série

Journal d'Haïti et des Amériques
En Haïti, les gangs appellent les habitants de Port-au-Prince à rentrer chez eux

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Sep 1, 2025 30:00


À Port-au-Prince, des habitants ont décidé de regagner leur domicile. Le gang « Viv Ansanm » promet de faire taire les armes pour permettre le retour des citoyens. Et la population a répondu à l'appel. Des retours qui traduisent la détresse des habitants, fatigués des conditions de vie dans les camps de déplacés, et la volonté de recommencer à vivre normalement malgré les risques.  Dans les quartiers de Solino, Delma 30 et Nazon, d'anciens habitants découvrent les dégâts laissés par la violence, d'autres, la joie de rentrer chez eux après avoir été chassés. Des comités locaux se sont déjà activés pour nettoyer les quartiers. Si du côté des autorités, c'est le silence total, des organisations de défense des droits humains dénoncent cette démarche. C'est le reportage de Peterson Luxama, notre correspondant à Port-au-Prince. Au Guyana, une élection sous tension Alors que le pays élit, ce lundi, son président, le média guyanais Kaieteur News revient sur une attaque qu'il qualifie « d'effrontée » et qui a eu lieu dimanche. Des responsables de la commission électorale ont été visés par des tirs venant de la frontière entre le Guyana et le Venezuela. Ils étaient en train de transporter une urne dans la région de l'Essequibo, à l'ouest du pays. Le territoire est riche en ressources naturelles et convoité par Caracas depuis des décennies. Kaieteur News fait le lien entre cet événement et la multiplication des attaques de gangs vénézuéliens sur le territoire guyanais. Et CNN Latinoamérica s'interroge : « Pourquoi ces élections suscitent-elles autant d'attention que celles d'une nation plus grande et plus active en termes géopolitiques ? » La réponse est simple. Le pays devrait connaître la plus forte croissance de production pétrolière au monde durant les dix prochaines années. En 2015, une compagnie pétrolière avait découvert un gigantesque gisement de pétrole. Mais ce n'est pas la seule raison de l'intérêt porté à cette journée, selon CNN Latinoamérica. Cette élection est la première d'une série de scrutins qui devraient changer la face du continent sud-américain entre aujourd'hui et 2026 et bouleverser les collaborations de la région avec les États-Unis. À lire aussiGuyana : une élection présidentielle sur fond de manne pétrolière Une réunion en urgence entre les pays d'Amérique du Sud Les États-Unis ont dépêché des navires de guerre à proximité du Venezuela la semaine dernière. Un pas de plus dans la lutte contre le trafic international de drogue menée par Donald Trump. Ce lundi, la Celac se réunit à la demande de la Colombie, qui en assure la présidence tournante. Le média El Colombiano refait le point sur cette rencontre dépêchée d'urgence. Les membres doivent évoquer la situation et rappeler le rejet total de l'ingérence dans la région. El Colombiano revient aussi sur la guerre que mène Donald Trump à Nicolas Maduro, et rappelle qu'il y a quelques semaines, Washington a augmenté la récompense pour la capture du chef d'État vénézuélien. La Maison Blanche le soupçonne d'être en lien avec les cartels. La nouvelle récompense s'élève à 50 millions de dollars. Pour le média d'opposition vénézuélien TalCual, les tensions avec les États-Unis ont atteint un point de non-retour. Il dénonce un déploiement militaire disproportionné pour lutter contre le trafic dans les Caraïbes. TalCual déplore la situation dans le pays où désormais, à l'inefficacité du gouvernement, la pauvreté et la corruption s'ajoutent la menace d'une intervention étrangère.  Medellín, future « Silicon Valley d'Amérique latine » Medellín, la capitale économique de la Colombie, a lancé un grand plan de transformation pour devenir « la Silicon Valley d'Amérique latine ». Les autorités et les entreprises mettent leurs forces en commun pour faire de Medellín un centre de technologie et d'innovation, une sorte de Medellín 4.0. Depuis la fin de la pandémie, les premiers changements sont notables, comme les immeubles de coworking et l'arrivée de nouvelles entreprises internationales. Même si le chemin est encore long, Medellín ne compte pas baisser les bras. C'est le dossier Amériques du jour de Najet Benrabaa, notre correspondante à Medellin.  Les femmes noires, principales victimes des coupes budgétaires de Donald Trump  Le New York Times met en Une les femmes noires, les principales victimes des coupes budgétaires de Donald Trump dans le gouvernement fédéral. Le quotidien américain dresse le portrait de quatre femmes afro-américaines, dont Peggy Carr. Elle est la première personne noire et la première femme à occuper le poste de commissaire du Centre national des statistiques de l'éducation. Après 35 ans de carrière, en février dernier, un officier de sécurité est monté dans son bureau, il lui a donné 15 minutes pour faire ses affaires et l'a escorté en dehors du bâtiment, devant ses collègues sous le choc. Dans chaque portrait, l'histoire se répète : des fonctionnaires remerciés quand Donald Trump a commencé à démanteler les agences d'État, trop woke, trop libérales à ses yeux. Selon le New York Times, depuis des décennies, le gouvernement fédéral sert d'ascenseur social aux Afro-Américaines, discriminées sur le marché du travail. Résultat des courses, à l'échelle nationale, plus de 300 000 femmes noires ont perdu leur emploi dans les secteurs public et privé depuis février 2025. Les hommes blancs, eux, ont enregistré le plus grand nombre d'emplois supplémentaires sur la même période aux États-Unis. Journal de la 1ère En Guadeloupe, comme sans doute dans tout l'outre-mer, la perspective d'un changement de gouvernement suscite la perplexité, pour ne pas dire l'inquiétude. 

Nota Bene
EXTRAIT - La Guinée pendant la Guerre Froide - Avec Elara Bertho

Nota Bene

Play Episode Listen Later Aug 22, 2025 3:37


Mes chers camarades, bien le bonjour ! En 1958 a eu lieu le référendum constitutionnel français, qui visait notamment à la création d'une Communauté française en Afrique française, en prévision de l'indépendance des anciennes colonies. Dans la foulée, la Guinée la refusa et prit très rapidement son indépendance. Quelques années plus tard, un couple de militants pour les droits des Afro-Américains arrivant des États-Unis vinrent s'y installer, et soutinrent le régime sur place : Miriam Makeba et Stokely Carmichael. Qui sont ces personnes, et comment s'est passée l'indépendance de la Guinée ? C'est ce que je vous propose de découvrir dans un nouvel entretien historique disponible dans quelques jours sur le podcast en compagnie d'Elara Bertho, une spécialiste de la question ! Pour le moment, je vous propose d'écouter Elara nous faire un point sur la Guinée dans le contexte de Guerre Froide de l'époque. Bonne écoute !

Invité Afrique
Bokar Ture: «Pour mon père Stokely Carmichael, la Guinée était le coin le plus révolutionnaire d'Afrique»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Aug 9, 2025 18:12


De Stokely Carmichael, figure des luttes noires du XXème siècle, on connaît surtout le combat aux États-Unis, comme dirigeant des Black Panther. On sait moins qu'en 1968, Carmichael a rejoint la Guinée avec son épouse, la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba. Il est alors devenu un proche collaborateur du président ghanéen en exil Kwame Nkrumah et s'est engagé aux côtés de la révolution guinéenne. Bokar Ture, fils de Stokely Carmichael, a accordé un entretien à RFI : il raconte les années africaines de la vie de son père. RFI : Votre père a été un acteur important des luttes noires du XXème siècle. Aux États-Unis, où il a été l'un des responsables des Black Panther… mais aussi dans son parcours transatlantique puisqu'il vient s'installer en 1968 en Guinée. Parlez-nous d'abord de lui. D'où vient-il ? Comment est née cette conscience militante noire ?  Bokar Ture : Kwame Ture est né Stokely Carmichael à Trinidad et Tobago, connu aussi en français comme Trinité-et-Tobago, en 1941. Il immigre plus tard aux États-Unis pour retrouver sa mère -donc ma grand-mère- qui y était déjà installée quelques années plus tôt. Elle avait pu avoir sa nationalité américaine parce qu'elle était née à Panama. Comment a commencé cette conscience ? Déjà, il avait un penchant politique très tôt. Il y a une de ses tantes qui racontait une anecdote : quand il était jeune, il la poussait à aller voter pour un syndicaliste à l'île de Trinidad. Et au lycée, aux États-Unis, il fréquentait déjà des groupes gauchistes. Un de ses amis de classe était le fils du président du Parti communiste américain dans les années 1952. Et donc, très tôt, il a pu découvrir les discours marxistes. Et bien sûr, il vivait au sud du Bronx, à côté de Harlem. Et la 125e rue de Harlem est une rue reconnue pour des discours politiques de tout genre, de différents groupes.  Il a été l'un de ceux qui ont travaillé l'idée de Black Power. Il a même coécrit, en 1967 avec Charles Hamilton, un ouvrage qui le théorise, intitulé Black Power, the politics of Liberation in America.  Effectivement, le concept de Black Power existait avant. Il y avait un livre qui s'appelait Black Power par Richard Wright, qui a été écrit pendant les années 1950 et qui était un ouvrage dédié à Kwame Nkrumah. Mais personne n'a rendu l'idée de Black Power aussi populaire que Kwame Ture - Stokely Carmichael à l'époque. Notamment durant une marche contre la peur au sud des États-Unis, aux côtés de Martin Luther King, où il disait, plus ou moins : « On est fatigué de mendier notre liberté, comme on l'a fait ces dernières années dans les droits civiques. Maintenant, ce qu'on va faire, c'est de demander le Black Power », le pouvoir noir, qui était un appel à une autodétermination en termes de structures politiques et économiques pour les personnes noires descendantes d'africains aux États-Unis.  En 1968, votre père épouse une première femme, la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba. Au-delà de la relation amoureuse qui s'est nouée entre eux, cette union reflète-t-elle aussi une pensée de votre père, de plus en plus tournée vers l'Afrique et vers le panafricanisme à cette époque ?  Ce n'est pas un tournant, c'est une continuité. Kwame Ture a toujours été Africain dans l'âme. Il vient d'un milieu où l'Afrique est centrale dans l'identité noire. Bien avant qu'il ne se marie avec Miriam Makeba. On le voit dans des photos au début des années 1960 avec ses camarades où il est en tenue africaine. Il se sentait toujours africain. Pour lui, être noir et africain, il ne voyait pas de distinction et toute sa vie était ainsi. Quand il a marié Tantie Miriam, comme je l'appelle, c'était juste une continuité. Après aussi, ma mère, Marlyatou Barry, qui était aussi une Guinéenne. C'était juste une continuité de sa façon de vivre.  Comment se fait concrètement la connexion entre votre père et le premier responsable guinéen, Ahmed Sékou Touré ? Stokely Carmichael, à l'époque, faisait une tournée mondiale et il a rencontré Shirley Graham Du Bois, qui était la veuve de W.E.B Du Bois, qui est aussi une légende de l'histoire de la lutte antiraciste et du développement du panafricanisme. Elle a invité Stokely Carmichael à venir en Guinée pour une conférence du Parti démocratique de Guinée pour rencontrer Kwame Nkrumah et Sékou Touré. Quand il est venu, il a rencontré les deux présidents. Il avait déjà beaucoup entendu parler de Kwame Nkrumah, parce que mon grand-père a travaillé dans un bateau un moment. Il est parti au Ghana et quand il est revenu à New York, il expliquait que c'était la première fois qu'il avait vu une nation noire, indépendante, avec sa propre armée, un président, etc. et il expliquait ceci à un jeune Stokely Carmichael. Cela a vraiment marqué sa pensée. Quelques années plus tard, ils se voient face à face avec Kwame Nkrumah. Après la conférence, en quittant la Guinée, il part dire au revoir à Sékou Touré, qui lui dit : « Écoute, mon fils. Ici, c'est chez toi, tu peux revenir quand tu veux. C'est ta maison. »  Il part voir Kwame Nkrumah qui lui dit « Écoute, moi, je cherche un secrétaire politique, donc si ça t'intéresse, tu es toujours le bienvenu. » Un an et demi plus tard, deux ans pratiquement, il était de retour avec sa nouvelle épouse, Miriam Makeba.  Qu'est ce qui fait qu'il vient s'installer à Conakry à cette époque ?  Pour lui, c'était le coin le plus révolutionnaire en Afrique. Lumumba a été assassiné très tôt donc il n'y avait plus le Congo. Après, il y a eu le coup d'État contre Kwame Nkrumah en 1966. Modibo Keïta en 1968. Quand lui est arrivé, le seul autre pays, c'était la Tanzanie, mais qui était beaucoup moins radicale. Donc il a choisi la Guinée. C'était le pays qui s'alignait le plus avec sa pensée du pouvoir noir à l'échelle mondiale.  Il est aussi menacé aux États-Unis. C'est aussi pour cela qu'il quitte les États-Unis ? De toute façon, mon père était prêt à se martyriser. Il a vu Malcolm X tué, il a vu Martin Luther King tué et les agences voulaient sa tête. Il a échappé à pas mal d'attentats. Mais ce n'était pas la raison centrale. Déjà, il y avait l'invitation. Ensuite, il ne voyait pas les États-Unis comme le centre de cette lutte à laquelle il a dédié sa vie. Il voyait l'Afrique comme étant une partie essentielle. Pour lui, en venant en Guinée, il rejoignait l'Afrique, il rejoignait la révolution africaine qui pouvait donner la dignité à tout le peuple noir à travers le monde.  Diriez-vous qu'il y a un vrai projet politique international derrière cette volonté de s'installer en Guinée ?  Il a toujours eu ce projet. Quand il parlait de Black Power, déjà, dans le livre dont vous avez parlé, il parlait aussi des colonies en Afrique. Dans Black Power, lui et Charles Hamilton faisaient le parallèle entre la situation que vivaient les Afro-Américains aux États-Unis et la situation que vivaient les Africains en Afrique et aux Caraïbes aussi. Il faisait ce parallèle. Dans sa tête, c'était quelque chose qui était un combat international dès le début.  Quelles sont les idées sur lesquelles votre père, Stokely Carmichael – Kwame Ture, une fois qu'il change de nom – et Ahmed Sékou Touré se retrouvaient ?  On parle de personnes qui avaient la même vision d'une Afrique unie, une Afrique libre où il n'y a pas d'inégalités. Ils étaient tous deux penchés vers des idées socialistes. Ils étaient totalement alignés idéologiquement. Sékou Touré était un de ses mentors, une de ces personnes qui l'ont formé dans cette idéologie.  Ils se retrouvent dans l'idée, qui est défendue par Ahmed Sékou Touré à l'époque, d'authenticité africaine ? À 100 %. Et il s'intègre à 100 %. Je peux vous dire que moi, par exemple, j'ai très peu de souvenirs de mon père en habit occidental. Il s'habillait en tenue africaine, cousue en Afrique. Il s'est enraciné dans la population africaine. Ce qui était quand même unique parce que tout le monde était tourné vers une façon de vivre occidentale. Et lui non, il voulait se réapproprier son héritage culturel.  Et la volonté de promouvoir les cultures africaines, de leur donner leur vraie place ? C'est exactement cela, revaloriser la culture africaine, la culture noire, se réapproprier celle-ci. Et ne pas avoir de complexes vis-à-vis des cultures européennes, dominantes et autres.  Depuis le début de cet entretien, on joue avec deux noms pour parler de votre père, Stokely Carmichael, Kwame Ture. À un moment donné de sa vie, il décide de passer du nom de Stokely Carmichael à celui de Kwame Ture. C'est une démarche qui dit aussi beaucoup de choses sur le lien qu'il a avec Kwame Nkrumah et Ahmed Sékou Touré.  Effectivement. Il y avait un précédent aux États-Unis. Il y avait pas mal d'Afro-Américains, notamment dans son milieu révolutionnaire, qui changeaient de nom. Notamment Malcolm X, Mohamed Ali. Bien sûr, le nom est inspiré de Kwame Nkrumah et de Sékou Touré. L'anecdote, c'est qu'il était en Tanzanie lors d'un entretien radio. Après l'entretien, apparemment, un vieil homme venu à pied d'un village lointain est venu le voir et lui a dit : « Écoute mon fils, j'ai vraiment aimé ton entretien. Mais il y a une chose : ton nom sonne un peu bizarre, un peu féminin, il faut le changer ». Il a alors pris le nom de Kwame Nkrumah et de Sékou Touré. Lorsqu'il venait l'annoncer à Sékou Touré et lui dire : « J'ai pris le prénom de Kwame », Sékou Touré lui a répondu : « C'est bien, parce qu'à chaque fois que nous avons des débats, tu prends toujours son parti. » Il lui a répondu : « Mais j'ai pris le nom Touré comme nom de famille. ». Ce qui était approprié, car c'étaient ses deux mentors. À lire aussiKwame Ture, le destin hors du commun d'un Black Panther parti s'installer en Guinée [1/2] Comment est-ce que vous décririez les liens qu'il entretenait avec Kwame Nkrumah et Ahmed Sékou Touré ? En Kwame Nkrumah, il voyait un symbole de cette lutte. Il était prêt à le suivre. Il a mené quelques opérations au Ghana pour essayer de voir s'il pouvait réinstaurer Kwame Nkrumah au pouvoir. Il était très proche de lui. Et Sékou Touré était comme un père pour lui. En 1970, votre père vit l'un des moments charnières de l'histoire de la Première République guinéenne, à savoir l'attaque contre Conakry du 22 novembre 1970. Savez-vous comment il a vécu ces journées ?  Je sais qu'il était un participant dans l'action de repousser les troupes portugaises. Il était armé ce jour et a dû utiliser son arme. Selon ce que j'ai appris, il était un des premiers à alerter les autorités, y compris le président, du fait qu'il y avait une attaque qui venait. Ca tirait sur sa case, donc il devait quitter sa maison. Lui et Miriam Makeba ont dû se réfugier quelque part d'autre où il l'a laissée et lui est ressorti pour aider à défendre la ville.  Cette opération conjointe de militaires portugais et de rebelles guinéens a conduit à la plus grande vague d'arrestations en Guinée de toute la Première République. La vie du pays va être rythmée pendant de longs mois par des confessions publiques de personnes présentées comme les complices d'un « complot impérialiste » aux ramifications tentaculaires. Comment est-ce que votre père se positionnait par rapport à cette thèse du complot permanent contre la Guinée ? Et plus généralement, quel regard portait-il sur l'État policier qu'était aussi devenu la Guinée de cette époque ?  C'est quelque chose de très complexe et malheureusement, la Guinée ne s'est toujours pas réconciliée avec ce passé et les positions sont assez ancrées. Maintenant, si on parle de Kwame Ture précisément, pour lui, c'était un régime panafricaniste, le seul régime panafricaniste radical. Et malgré toutes ses erreurs, c'était celui qui pouvait tenir jusqu'au bout cette conviction qu'il avait lui-même. Il était totalement d'accord avec le fait qu'il fallait conserver ce régime pour qu'il ne bascule pas dans un régime néocolonialiste.  À tout prix ? À tout prix.  En 1974, il y a un autre évènement important pour l'Afrique et plus généralement pour le monde noir, c'est le combat en Afrique, à Kinshasa, entre Mohamed Ali et George Foreman. Dans un livre de mémoires, votre père indique qu'il a été invité par Mohamed Ali lui-même à venir à Kinshasa pour le combat. Est-ce que vous savez ce que représentait cet affrontement pour votre père ?  Mohamed Ali était son ami. Il y avait ce symbole de Mohamed Ali qui représentait l'Africain fier et George Foreman qui était un peu l'opposé de cela. Mais après, il a rencontré George Foreman et il disait que George Foreman l'avait séduit avec son charme, l'a embrassé et tout. Je pense qu'au-delà du symbolique, mon père était beaucoup plus intéressé par ce qui se passait au Congo démocratique, c'est-à-dire le Zaïre à l'époque, et le fait que c'était sous le régime de Mobutu Sese Seko, auquel il était farouchement opposé par ce qu'il représentait en termes de corruption et d'alignement avec les puissances coloniales. Qui sont de manière générale les acteurs politiques qui fréquentaient le salon de votre père dans ces années 1970 et au début des années 1980, pendant la Première République en Guinée ? On parle d'un melting pot qui ne dit pas son nom. Que ce soit des artistes - Miriam Makeba et Nina Simone, qui était une de ses amies très proches - ou des activistes de partout dans le monde. Qui venaient à Conakry et qui venaient le rencontrer ? Qui venaient à Conakry ou qui y vivaient. Parce que vous savez qu'à une époque, Conakry était un centre du monde noir où on conciliait l'art, les mouvements de libération, etc. Il y avait un grand nombre de personnes qui y vivaient, comme Amilcar Cabral, comme Kwame Nkrumahn, avant même il y avait Félix-Roland Moumié du Cameroun, pour ce qui est de la politique. Concernant les arts et la littérature, il y avait Ousmane Sembène qui y vivait, il y avait Maryse Condé qui y vivait. C'était vraiment un centre… et il se retrouve chez lui avec toutes ces personnes, plus ou moins de différentes sphères. Moi, je peux raconter avoir vu des activistes exilés sud-africains, Tsietsi Mashinini, qui a commencé la révolte estudiantine de Soweto, qui était parmi d'autres exilés sud-africains. Il y avait beaucoup d'Afro-Américains, bien sûr, des Black Panthers exilés. Il y avait la diplomatie guinéenne, des diplomates de pays gauchistes et souverainistes, il y avait tout un monde. Mais aussi, il faut savoir que Kwame Ture était vraiment penché vers la masse, la masse populaire. Donc autour de tout ça, on voit un chef villageois qui est assis ou on voit la personne déshéritée du quartier qui est là, assise, qui peut recevoir un repas. Parce que notre maison était comme un centre communautaire pour la jeunesse du quartier. Il amenait tous les enfants du quartier à la plage chaque dimanche. Puis se retrouvait peut-être un mardi à saluer un chef d'État. Puis avait une conférence avec un groupe communautaire. Moi, j'ai vu tout cela dans cette maison. C'était quelque chose de magique. Il recevait où, justement ? Dans son salon, dans son bureau ? Y avait-il un rituel autour de la réception de ses amis politiques ? Déjà, il avait une véranda où il était assis… parce que c'était un bibliophile. Il lisait beaucoup, il écrivait beaucoup. Il ne lisait pas pour le plaisir, mais il lisait pour ses conférences. Après, il y a des gens qui venaient pour le rencontrer. Je sais qu'il y a eu Charles Taylor qui était venu de nulle part pour le rencontrer. C'était vraiment un melting pot.    À cette époque, votre père continue aussi ses voyages et ses tournées, il n'est pas tout le temps à Conakry ? Il était très organisé. Sur toutes ses photos, il écrivait les dates et les lieux. On se demande comment il pouvait parcourir toutes ces distances en si peu de temps. Un jour, on le voit au Connecticut. Le lendemain, on le voit à Paris, banni, chassé. En Angleterre, peut-être, d'où il est banni et chassé. Parce que c'était très compliqué pour lui d'avoir accès a beaucoup de pays. Après, on le voit en Californie... Il était partout. Sékou Touré disparaît en 1984. Mais votre père continue, lui, son engagement pour ses idées au sein du Parti démocratique de Guinée. Qu'est-ce qui a marqué ces années de militantisme politique sous Lansana Conté ? Le contexte a vraiment changé !  Et c'est là que l'on voit vraiment les convictions de l'homme. Parce que, du jour au lendemain, tout a changé. Il a été arrêté par le régime de Lansana Conté. Donc, il a perdu les privilèges qu'il avait, bien sûr, où il connaissait le président et était sous sa tutelle. Mais malgré cela, il a décidé de rester en Guinée. La moitié de sa vie guinéenne, quinze ans, s'est passée ainsi. Il a décidé malgré tout de rester en Guinée, d'être actif dans la vie politique guinéenne et la vie sociale de la Guinée.  … Et de rester fidèle à ses convictions.  Exactement. Vous êtes à l'époque enfant. Quel souvenir est-ce que vous gardez de ces années, de votre maison à Conakry, de ceux qui y passaient ? Quelle était l'ambiance ? Vous disiez tout à l'heure que tout le quartier se retrouvait chez vous…  C'est cela. Mon père était d'une gentillesse rare, d'un altruisme qu'on ne retrouve pas très souvent. Donc effectivement, c'était pour moi quelque chose de très formateur. Comment quelqu'un peut traiter un chef d'État avec le même respect qu'il traite la personne la plus déshéritée du quartier. Et toutes ces personnes pouvaient se retrouver chez lui, devant lui, avec le même respect, ou peut-être même le déshérité avec un peu plus d'amour.  Vous appelez régulièrement les Guinéens à se souvenir de votre père, Stokely Carmichael / Kwame Ture. Avez-vous le sentiment que son histoire a été oubliée en Guinée ?  Je parle de manière générale. Il y a une politique de mémoire en Guinée qui doit être améliorée. Stokely Carmichael est un pont unique entre l'Afrique et l'Amérique. On parle d'un personnage qui a passé la moitié de sa vie en Guinée. À ce stade, l'État guinéen n'a pas fait une seule initiative pour se réapproprier de l'héritage de cette personnalité.  Donc il y a un vrai chantier ? Il y a un chantier.  Une dernière question plus personnelle. Quel père a été Stokely Carmichael ? Quelle image retenez-vous de lui ?  Un père adorable, d'une gentillesse rarissime, qui m'a beaucoup appris, que j'ai profondément aimé. Quelqu'un qui était attaché à tout ce qui est beau dans le monde, à commencer par les enfants. ►A lire pour aller plus loin : BERTHO Elara, Un couple panafricain, Editions Rot-Bo-Krik, 2025 À (ré)écouterElara Bertho: «Replacer Conakry au centre des imaginaires, c'était un peu l'idée de cet ouvrage»

Journal d'Haïti et des Amériques
À Buenos Aires, sur les traces historiques des esclaves africains emmenés de force en Argentine

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later May 8, 2025 30:00


Au début du XIXe siècle, avant que l'Argentine ne commence à se construire et se représenter comme une nation issue de l'immigration européenne, un tiers de la population de Buenos Aires était de descendance africaine. En Argentine, les centaines de milliers d'esclaves africains emmenés de force sur les bords du Rio de la Plata dans les années 1800 ont façonné l'histoire du pays. Une histoire trop souvent oubliée ou méconnue. Notre correspondant Théo Conscience a suivi une visite guidée qui se propose de réhabiliter une histoire longtemps invisibilisée. « Jusqu'ici, dans un pays qui affirme qu'il n'a pas de population noire, je vous ai parlé de la mère de la nation et du premier président, qui étaient tous les deux noirs. Donc, il y a quelque chose de récurrent, et on peut se demander s'il n'y a vraiment pas eu de Noirs dans l'histoire du pays, ou s'il y a eu un effort pour "blanchir" cette histoire », explique Karl Almeida, l'un des guides de l'Afrotour de Buenos Aires.USA : les trois policiers accusés de la mort du jeune Afro-Américain Tyre Nichols, acquittés par un jury du TennesseeIl y a deux ans, Tyre Nichols, 29 ans, avait été battu par des officiers de police alors qu'il rentrait de son travail et était décédé trois jours plus tard de ses blessures. Les trois anciens policiers de Memphis, accusés, ont été acquittés par un jury du Tennessee de toutes les charges contre eux, y compris celle pour meurtre au second degré.Durant le procès, les avocats ont joué et rejoué les vidéos du drame, raconte le New York Times. vidéos qui avaient ravivé les appels à réformer la police aux États-Unis. « Le verdict du jour constitue une dévastatrice erreur judiciaire », se sont indignés les avocats de la famille de Tyre Nichols auprès du journal new-yorkais. La famille et les militants pour les droits civiques saluent tout de même la reconnaissance de quelques infractions fédérales même si les peines ne sont pas encore connues. Deux autres policiers ont plaidé coupable et n'ont pas encore reçu leur sentence, qui devrait être connue plus tard dans l'année.La République Dominicaine continue d'expulser massivement les Haïtiens« Il y a une chasse à l'homme sans pitié en République Dominicaine contre tous ceux qui sont ou qui semblent haïtiens », explique Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste, interrogé au micro d'Anne Cantener. Le journaliste haïtien revient aussi sur la présence du cardinal Chibly Langlois, actuellement au conclave à Rome. Une participation qui compte beaucoup aux yeux du président de la conférence des évêques haïtiens, interrogé par Le Nouvelliste. Cette présence au Vatican sera peut-être l'occasion de sensibiliser au sort d'Haïti – au cœur d'une rencontre entre représentants des US et de Colombie, écrit Le Nouvelliste, d'une étape de plus dans la recherche de solutions à la crise sécuritaire.Pérou : les journalistes sous le choc après l'assassinat d'un présentateur radio en AmazonieRaul Celis animait le programme matinal de la radio Karibeña à Iquitos, la plus grande ville d'Amazonie péruvienne. La Republica nous donne des détails sur le drame : hier matin, à 5h30. Raul Celis Lopez, 71 ans, a pris, comme d'habitude, son mototaxi, il est passé acheter le journal et était sur le point d'arriver à la radio quand deux tueurs à gages l'ont arrêté avant de l'exécuter de trois balles dans la tête. C'est un choc pour l'ensemble de la profession : « Nous sommes tous choqués par l'assassinat d'un journaliste péruvien. Le deuxième cette année en province. Raul Celis critiquait le gouvernement régional du Loreto. Un pays qui permet qu'on tue ses journalistes est un pays où il n'y a plus de liberté d'expression. À la différence d'autres pays de la région, le Pérou détenait le record de sept ou huit ans sans journaliste tué. Cette vague de violence fait de nouveau du journalisme une cible des tueurs à gage. Et que va pouvoir faire le gouvernement face à cela ? Il ne fait rien. », a déclaré Rosa Maria Palacios, l'une des journalistes les plus connues du Pérou, dans son programme quotidien Sin Guion.Une enquête a été ouverte, indique le média RPP pour interroger les témoins et demander l'accès aux images de vidéosurveillance. Toujours sur le site internet de RPP, on apprend que les dirigeants locaux demandent aujourd'hui au conseil des ministres de déclarer l'état d'urgence à Iquitos, face à cette vague de violence. Au Québec, le tutoiement des enseignants en questionDans son éditorial du jour, intitulé « Sauf votre respect », Le Devoir revient sur les annonces du ministre de l'Éducation québécois. Objectif : « Renforcer le respect et le civisme ». D'ici janvier prochain donc, les élèves seront obligés de vouvoyer les enseignants, dès le primaire. « Mais le vouvoiement est-il intrinsèquement lié au respect ? », interroge Salomé Corbo, autrice de l'article. Pas du tout, répond-elle. La mesure n'est que « cosmétique » et pourrait bien nuire « au lien de confiance si nécessaire » entre professeurs et élèves : « Si le ministre était réellement sérieux dans sa lutte contre l'incivilité, il mettrait sur pied un programme pédagogique (...) qui contiendrait les notions d'empathie, de solidarité, d'inclusion et d'écoute. » Et l'éditorialiste de rappeler que « l'irrespect et la politesse se conjuguent à tous les temps et à toutes les personnes ». La preuve par l'exemple. Salomé Corbo conclut ainsi son édito : « Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes sentiments les plus mitigés face à vos manières toujours un peu paternalistes, superficielles et sans envergure. » À la Une du journal d'Outre-mer, présenté par Benoit Ferrand de la 1èreEn Martinique, les rotations des « navettes maritimes » doivent reprendre, ainsi en a décidé ce mercredi le Tribunal administratif de Fort-de-France.

L’Heure du Monde
Universités, juges, avocats… comment Donald Trump attaque les contre-pouvoirs

L’Heure du Monde

Play Episode Listen Later Apr 3, 2025 21:47


En 2020, Muriel Bowser, la maire démocrate de Washington, commandait une gigantesque fresque « Black Lives Matter » (« les vies noires comptent ») à la mémoire de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc lors de son interpellation à Minneapolis (Minnesota).Cinq ans plus tard, la même édile a ordonné de retirer cette fresque, reflet d'une prise de conscience collective à propos des inégalités raciales aux Etats-Unis. Entre ces deux décisions, Donald Trump a eu le temps de quitter la Maison Blanche puis d'y revenir.Depuis qu'il a prêté serment pour son second mandat, le 20 janvier 2025, le ton s'est durci. Des attaques verbales contre les médias, les juges ou les universités, le magnat républicain et son administration sont passés aux menaces et à l'intimidation. Leur objectif : mettre au pas toutes les personnes et les institutions qui tentent d'exercer un contre-pouvoir ou un esprit critique.La fresque « Black Lives Matter » en est un exemple patent. Symbole de la lutte antiraciste, honnie par Donald Trump et ses supporteurs du mouvement MAGA (Make America Great Again, « rendre sa grandeur à l'Amérique »), elle était dans le collimateur de la Maison Blanche depuis janvier. Au début de mars, un représentant républicain a menacé de retirer les fonds fédéraux alloués à la ville si elle n'était pas retirée – ce qui a été fait dix jours plus tard.Dans cet épisode de « L'Heure du Monde », Gilles Paris, éditorialiste au Monde et ancien correspondant à Washington, analyse le climat de peur instauré par la nouvelle administration Trump.Un épisode de Jean-Guillaume Santi et Adélaïde Tenaglia. Réalisation : Quentin Tenaud. Présentation : Jean-Guillaume Santi. Rédaction en chef : Adèle Ponticelli.Cet épisode a été diffusé le 3 avril 2025.---Pour soutenir "L'Heure du Monde" et notre rédaction, abonnez-vous sur abopodcast.lemonde.fr Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d'informations.

Reportage Afrique
Le jazz africain, vedette du Dakar Music Expo

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Feb 22, 2025 2:36


Depuis jeudi 20 février, le Dakar Music Expo (DMX) se tient dans la capitale sénégalaise, un grand rendez-vous pour les professionnels de la musique d'Afrique et d'ailleurs. Au programme : des rencontres, des conférences et des concerts. Et pour sa 6ᵉ édition, le thème de cette année est le jazz africain, un genre musical qui reste assez niche sur le continent, mais qui peut très bien s'exporter avec une bonne stratégie. De notre correspondante à Dakar,« On pense qu'il n'y a pas de jazz en Afrique », c'est ce qu'affirme, volontairement provocateur, Mawuto Dick, du festival Togo jazz. Le genre souffre d'une mauvaise presse, et Kossi Mawun, batteur togolais, le ressent depuis qu'il s'est lancé en solo en 2019 : « C'est très difficile de gagner sa vie en tant que musicien de jazz en Afrique. Ici, en Afrique, on aime danser, on aime se défouler, écouter de la variété. Peu de personnes écoutent le jazz. »Pourtant, de nombreux rendez-vous existent sur le continent, comme à Saint-Louis ou à Ouagadougou, preuve d'une grande richesse du jazz africain. Mais il manque encore d'une promotion suffisante. « Il n'y a pas assez de représentations, il n'y a pas assez de marketing autour de ça, estime Dudu Sarr, l'un des créateurs du DMX. Il n'y a pas assez de ressources financières qui sont mises dans la promotion et l'exportation des musiques africaines. »À écouter dans le Grand invité AfriqueDudu Sarr (Dakar Music Expo): «La visibilité des artistes africains francophones est en baisse»Mettre en avant sa singularitéPour Dudu Sarr, l'un des arguments de vente du jazz africain est de réclamer la maternité de ce genre, créé par les Afro-Américains, descendants d'esclaves aux États-Unis. Il faut aussi mettre en avant sa singularité, inspirée des nombreuses traditions propres à chaque pays.« Lionel Loueke, qui est un guitariste très émérite, un Béninois qui accompagne Herbie Hancock, il fait du jazz, mais par contre, il s'inspire de sa tradition béninoise pour composer, argumente Mawuto Dick, de Togo Jazz. Même quand on prend Angélique Kidjo, certains de ses chants viennent des courants vaudous. »Un attrait des festivals étrangersLes festivals étrangers, comme Marseille jazz des cinq continents, veulent faire une place à ce jazz africain. Pour son directeur, Hugues Kieffer, le Dakar Music Expo est un lieu idéal de rencontres. Il veut montrer aux jeunes talents qu'il existe une grande scène jazz dans le monde : « Il faut qu'ils aient la conscience, je pense, de leur identité à travers la scène. Et justement, de ne pas singer ou de ne pas rentrer dans des modèles qu'on leur donnerait, défend le directeur du festival Marseille jazz des cinq continents. Sans atteindre justement les millions, on peut rencontrer une audience qui est intéressée. Et à travers le monde, il existe aussi une autre scène qui est aussi très intéressante et qui permet d'exprimer différemment, peut-être, ce qu'on est. »Dudu Sarr, également promoteur musical, se bat pour placer ses talents. Il a conclu un partenariat avec le grand festival allemand Jazzahead! et leur propose chaque année plusieurs artistes. À Marseille, le bassiste Alune Wade sera sur scène cette année.À écouter dans L'épopée des musiques noiresNduduzo Makhathini, héritier d'une spiritualité jazz sud-africaine

Journal d'Haïti et des Amériques
Cuba : José Daniel Ferrer « On ne peut pas appeler ça une libération »

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Jan 17, 2025 30:00


Cent vingt-sept prisonniers ont été remis en liberté à Cuba, dont le dissident José Daniel Ferrer, dans le cadre de l'accord négocié avec l'église catholique après le retrait de l'île de la liste noire américaine des pays soutenant le terrorisme. L'opposant historique âgé de 54 ans a été libéré jeudi matin (16 janvier 2025) de la prison de Mar Verde, à Santiago de Cuba. Dans une interview à RFI, José Daniel Ferrer dit son soulagement mais estime que sa libération n'en est pas vraiment une. « Je suis en liberté conditionnelle et je ne l'accepte pas pour une raison très simple : je n'ai commis aucun des délits qu'ils ont inventés. »L'opposant cubain a été emprisonné le 11 juillet 2021, date à laquelle il avait tenté de se joindre aux manifestations antigouvernementales qui secouaient le pays, les plus importantes depuis l'avènement de la révolution castriste en 1959.Un mois plus tard, un tribunal avait révoqué sa liberté conditionnelle et l'avait renvoyé derrière les barreaux pour terminer de purger une peine de quatre ans et demi de prison à laquelle il avait été condamné en 2020, accusé d'avoir frappé un homme, ce qu'il nie.«Ils m'ont dit que j'allais sortir de prison quoi qu'il arrive, et que si je ne me conformais pas aux termes de ma libération, que si je ne m'appliquais pas à mener une vie qui rentre dans les normes de la légalité socialiste, ils allaient de nouveau m'enfermer » confie-t-il, « je dois obéir une série de règles, comme me rendre tous les mois dans un tribunal pour déposer ma signature - ce que je ne ferai jamais, ou me présenter au tribunal pour qu'ils me confient tout travail qu'ils jugent approprié. Je refuse de travailler pour l'Etat pour une raison simple : mon temps, mon espace, je veux uniquement les consacrer à la lutte non-violente pour la démocratisation de mon pays. »Le régime cubain s'est engagé à relâcher 553 prisonniers. À Los Angeles, le retour difficile des habitants dans leurs quartiers dévastés par les flammes À Los Angeles, les incendies commencent peu à peu à être maîtrisés. Mais pour les sinistrés, la reprise d'une vie normale est un véritable défi. Notre envoyé spécial à Los Angeles a rencontré les habitants du quartier d'Altadena, qui a perdu un tiers de ses habitations, ravagées par le Eaton Fire. Le quartier est situé sur les hauteurs de la ville. Contrairement à Pacific Palisades, Altadena est un quartier modeste, avec une forte population d'immigrants, pour la plupart locataires. « Quand les incendies ont débuté dans les montagnes, je n'aurai jamais pensé qu'ils descendraient aussi vite », témoigne Selma, une habitante d'Altadena, « Nous avons tout perdu, mon quartier ressemble à un endroit où une bombe aurait explosé. C'est une tragédie ! Des gens sont morts et on ne sait même pas encore combien. Mon appartement c'était mon premier chez moi depuis 10 ans après mon divorce… et mon assurance habitation a annulé mon contrat, il y a un an et demi.». Comme beaucoup d'habitants, Selma a trouvé refuge dans des centres d'hébergement provisoire. Le sien est tenu par la Croix Rouge et accueille actuellement plus de 400 personnes. « Altadena, c'est une communauté très vulnérable », explique Diana Ramirez, la chargée de communication du centre d'accueil, « Il y a des Latinos, des Afro-Américains, des Asiatiques, des personnes âgées... beaucoup ont besoin de soins médicaux. Ici tout le monde est le bienvenu, quels que soient sa nationalité ou son statut, légal ou non. Car toutes les personnes qui sont ici, n'ont aucun autre endroit où aller. » Venezuela : la question migratoire au cœur de la relation avec Donald TrumpL'invité de ce vendredi est Thomas Posado, maître de conférences en Civilisation latino-américaine contemporaine à l'Université de Rouen Normandie. Il répond à RFI sur la situation au Venezuela après l'investiture contestée du président Nicolas Maduro et à quelques jours de l'investiture de Donald Trump aux États-Unis. RFI : Pensez-vous que l'administration Trump puisse appuyer Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat de l'opposition qui revendique la victoire à l'élection présidentielle vénézuélienne, de la même manière qu'elle l'avait fait avec Juan Guaido qui s'était auto-proclamé « président intérimaire » après la réélection contestée de Nicolas Maduro en 2018 ? Thomas Posado : Le cas du président Guaido a été un échec reconnu par l'ensemble des chancelleries occidentales, y compris par l'opposition vénézuélienne elle-même. Ce qu'on pressent, d'après les premières déclarations de Donald Trump, c'est la mise en avant de la question migratoire pour menacer de sanctions et pour faire un chantage concernant la déportation massive de migrants vénézuéliens présents sur le sol étatsunien. Il y aurait en échange le maintien de l'allègement des sanctions qu'a établi Joe Biden mais on reste pour l'instant sur des suppositions. Il faut dire que les Vénézuéliens sont devenus la première nationalité aux frontières des États-Unis et sachant le poids de de la question migratoire dans l'agenda de Donald Trump, il est possible qu'il s'en serve pour faire un chantage comme il va le faire à l'égard du Mexique et de l'Amérique centrale.RFI : La crise qui touche le Venezuela à cause notamment des sanctions américaines, a poussé ces dernières années près de 8 000 000 de personnes à fuir. C'est 1/4 de la population vénézuélienne et nombre d'entre eux sont installés aux États Unis. Aujourd'hui, Caracas refuse d'accueillir les migrants qui sont expulsés par l'administration américaine. Est-ce que cette position des autorités pourrait changer ? Thomas Posado : Les premières déclarations de Donald Trump laissent présager un chantage autour des migrants mais rien n'est sûr. Cela pourrait laisser entendre un règlement Trump/Maduro aux dépens des migrants vénézuéliens. Mais est-ce que Nicolas Maduro acceptera cela ? Au prix d'un bras de fer ? Au prix de négociations sans doute assez tendues ? La question est posée. C'est aussi possible que Donald Trump veuille maintenir la politique très offensive qu'il avait pendant son premier mandat et qu'il maintienne des sanctions quelle que soit l'issue des négociations sur la question migratoire.RFI : Donald Trump semble poussé par un certain nombre de chefs d'entreprise dont le mot d'ordre avait été repris, il y a quelques semaines, par le Wall Street Journal : « Plus de pétrole, moins de migrants » ?Thomas Posado : C'est en effet plutôt la tendance qui semble advenir. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, des négociations ont été mises en œuvre par l'administration Biden avec le gouvernement de Nicolas Maduro. Et désormais, le Venezuela exporte entre 200 000 et 300 000 barils de pétrole chaque jour aux États-Unis. Est-ce que ce commerce va se poursuivre ? C'est tout l'enjeu mais les États-Unis ne sont pas dépendants du pétrole vénézuélien même si cela a permis de peser à la baisse sur le prix du baril dont on sait qu'il a des conséquences sur l'économie américaine.RFI : Le président Nicolas Maduro a parlé de nouveau départ avec Donald Trump, est-ce que des contacts ont déjà été pris entre les deux présidences ? Thomas Posado : Je pense qu'il y a un effet un peu performatif dans les paroles de Nicolas Maduro. Dès l'élection de Donald Trump, il a essayé de le saluer et il essaie de d'amadouer Donald Trump, comme le font beaucoup de chefs d'État, avec un succès relativement limité à l'heure actuelle. Tout ce qu'on peut pressentir aujourd'hui, c'est que les personnes nominées dans l'administration Trump sont des personnes extrêmement hostiles au gouvernement de Nicolas Maduro et ils sont plutôt partisans de la ligne dure. Mais on sait que le fonctionnement de Donald Trump est assez imprévisible et qu'il peut prendre le contre-pied de toutes les personnes qu'il a nommées dans son administration pour décider lui-même d'une politique plus conciliante. C'est possible. Et d'autant plus qu'il n'a pas besoin de l'électorat anti-Maduro de Floride pour une possible réélection puisqu'il ne peut plus être réélu.RFI : Est-ce que cela peut s'inscrire dans une politique internationale plus large, avec notamment comme objectif de ne pas laisser le champ libre à la Chine et à la Russie, qui sont des soutiens de Nicolas Maduro ? Est-ce que les dernières années d'absence américaine ont profité à Moscou et à Pékin ? Thomas Posado : Jusqu'en 2018, avant les sanctions américaines les plus dures à l'encontre du Venezuela. Les États-Unis étaient le premier fournisseur, le premier client du Venezuela. Ces sanctions ont brutalement offert le Venezuela à la Chine et à la Russie. La Chine est désormais le premier client du pétrole vénézuélien. Si Donald Trump considère que sa priorité est l'affrontement avec la Russie et la Chine, il pourrait reconsidérer sa position. Donald Trump ne pourra sans doute pas maintenir des pressions aussi maximales à l'égard d'autant de pays qu'il a pu menacer avant son investiture. Mexique : la menace des taxes douanières Le Mexique se prépare également au retour de Donald Trump. Les relations entre les deux pays sont telles que leurs dirigeants n'ont pas vraiment d'autre choix que de s'entendre et de collaborer sur certains dossiers. Cela n'a pas empêché le président élu américain de menacer le Mexique comme le Canada de droits de douanes considérables : 25%, du jamais vu.Si 25% de frais de douanes étaient instaurés, cela aurait un impact énorme sur les industries automobiles et électroniques au Mexique, sans parler des fruits et des produits alimentaires, rapporte Gwendolina Duval, correspondante à Mexico de RFI.Mais Marcelo Ebrard, le ministre mexicain de l'Économie, se veut rassurant et met en avant l'interdépendance de chacun, premier partenaire commercial de l'autre : « On va avoir besoin l'un de l'autre et nous allons travailler ensemble. On a déjà vécu des situations avec des frais de douanes, des révisions de l'accord de libre-échange… On est liés comme dans un mariage. » Le départ d'un géant du cinéma David Lynch, réalisateur de la série «Twin Peaks», mais aussi de films aussi célèbres qu'étranges et nébuleux comme «Mulholland Drive», «Blue Velvet», «Elephant Man» ou «Dune». Il avait remporté la Palme d'or à Cannes en 1990 pour le film «Sailor et Lula».« Il était si visionnaire, si audacieux », écrit le magazine Variety « Qu'il était devenu difficile d'imaginer le monde sans lui. »Le journal vante « l'avant-gardisme de son cerveau que David Lynch avait laissé s'épanouir dans une esthétique ayant retourné les tripes d'Hollywood. »« À l'inverse de ses films », ajoute le Los Angeles Times,« Le charme désarmant de David Lynch est une œuvre d'art à part entière. »

7 milliards de voisins
Harlem se transforme ou perd sa mémoire?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Dec 24, 2024 48:30


Harlem, ce quartier de New York, centre des luttes pour les droits civiques des Afro-Américains, ne sera bientôt plus un quartier noir. En quelques décennies, ce quartier de Manhattan situé au nord de New-York a subi de profondes transformations. Lieu vivant de la culture noire américaine, mais aussi ghetto, abandonné des politiques publiques, Harlem a changé de visage. L'effet de la hausse des prix de l'immobilier, la pression des acteurs privés et les choix des gouvernements municipaux successifs, ont obligé les habitants les plus pauvres, en majorité noirs, à quitter le quartier. Comment ce phénomène de gentrification s'est-il déployé à Harlem, malgré les mobilisations et l'histoire culturelle du quartier ?  Cette émission est une rediffusion du 19 mars 2024Avec :• Charlotte Recoquillon, géographe, docteure en Géopolitique, enseignante à Science Po Paris et spécialiste des États-Unis, autrice de Harlem, une histoire de la gentrification (Editions de la Maison des sciences de l'Homme, 2024).Un reportage de Loubna Anaki sur la gentrification à Harlem  Et un entretien de Claire Bargeles sur le phénomène de la gentrification en Afrique du Sud.   En fin d'émission, on retrouve Mon premier stade. En cette année olympique, 8 milliards de voisins répond à toutes les questions que les enfants peuvent se poser sur le sport. Dans cet épisode, Juliette Brault répond à Raphaël, qui a une question sur le ping-pong.   Programmation musicale : • Harlem - Feu! Chatterton • Compare - Blinky Bill feat. Goldlink

7 milliards de voisins
Harlem se transforme ou perd sa mémoire?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Dec 24, 2024 48:30


Harlem, ce quartier de New York, centre des luttes pour les droits civiques des Afro-Américains, ne sera bientôt plus un quartier noir. En quelques décennies, ce quartier de Manhattan situé au nord de New-York a subi de profondes transformations. Lieu vivant de la culture noire américaine, mais aussi ghetto, abandonné des politiques publiques, Harlem a changé de visage. L'effet de la hausse des prix de l'immobilier, la pression des acteurs privés et les choix des gouvernements municipaux successifs, ont obligé les habitants les plus pauvres, en majorité noirs, à quitter le quartier. Comment ce phénomène de gentrification s'est-il déployé à Harlem, malgré les mobilisations et l'histoire culturelle du quartier ?  Cette émission est une rediffusion du 19 mars 2024Avec :• Charlotte Recoquillon, géographe, docteure en Géopolitique, enseignante à Science Po Paris et spécialiste des États-Unis, autrice de Harlem, une histoire de la gentrification (Editions de la Maison des sciences de l'Homme, 2024).Un reportage de Loubna Anaki sur la gentrification à Harlem  Et un entretien de Claire Bargeles sur le phénomène de la gentrification en Afrique du Sud.   En fin d'émission, on retrouve Mon premier stade. En cette année olympique, 8 milliards de voisins répond à toutes les questions que les enfants peuvent se poser sur le sport. Dans cet épisode, Juliette Brault répond à Raphaël, qui a une question sur le ping-pong.   Programmation musicale : • Harlem - Feu! Chatterton • Compare - Blinky Bill feat. Goldlink

Le Disque classique du jour
Lieder & Klaviermusik : William Grant Still - Yajie Zhang

Le Disque classique du jour

Play Episode Listen Later Dec 12, 2024 13:54


durée : 00:13:54 - Lieder & Klaviermusik : William Grant Still - Yajie Zhang - William Grant Still (1895-1978), originaire de Little Rock, fut un pionnier à bien des égards. Il a été le premier Afro-Américain à sortir avec succès des régions généralement concédées du jazz et de la pop, à assister à l'exécution d'une œuvre symphonique et d'un opéra.

En pistes ! L'actualité du disque classique
Lieder & Klaviermusik : William Grant Still - Yajie Zhang

En pistes ! L'actualité du disque classique

Play Episode Listen Later Dec 12, 2024 13:54


durée : 00:13:54 - Lieder & Klaviermusik : William Grant Still - Yajie Zhang - William Grant Still (1895-1978), originaire de Little Rock, fut un pionnier à bien des égards. Il a été le premier Afro-Américain à sortir avec succès des régions généralement concédées du jazz et de la pop, à assister à l'exécution d'une œuvre symphonique et d'un opéra.

Couleurs tropicales
Hommage à Quincy Jones, Légende aux multiples talents artistiques

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Nov 8, 2024 48:30


Nous allons rendre hommage à l'une des plus illustres figures du monde de la musique, de la production musicale, de la production audiovisuelle et cinématographique. Ce monument devenu plus discret dès les fin des années 90 est pourtant l'un des plus présents dans nos quotidiens, car son oeuvre est immense. Hommage à Mr Quincy Jones, Afro-Américain décédé le 3 novembre 2024 à l'âge de 91 ans. Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons :Quincy Jones - Ai no corridaQuincy Jones - One note sambaQuincy Jones - I'll be good to youGeorge Benson - Give me the nightQuincy Jones - Body heatQuincy Jones feat Patti Austin - Betcha wouldn't hurt meMichael Jackson - Don't stop till you get enoughMichael Jackson - ThrillerQuincy Jones et Chaka Khan - Keep reachinLubiana - Terre rougeRetrouvez notre playlist sur Deezer. 

Journal d'Haïti et des Amériques
Donald Trump et les Haïtiens

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Nov 8, 2024 30:00


À Port-au-Prince, la nouvelle de la victoire de Donald Trump a été accueillie comme un coup de tonnerre, entre sa promesse de mettre en œuvre « l'expulsion de masse la plus grande de l'histoire » et sa reprise, pendant la campagne, de fausses rumeurs sur les Haïtiens de Springfield. Peterson Luxama, le correspondant de RFI, a recueilli les réactions d'Haïtiens sur la promesse de campagne de Donald Trump d'expulser 20 millions d'immigrés. « Nous pourrions assister à une déportation massive des migrants haïtiens aux États-Unis, en particulier les bénéficiaires du programme humanitaire de l'administration Biden, qui n'ont pas de statut légal aux États-Unis », estime Mickerlson, étudiant à l'Université d'État d'Haïti. D'autres espèrent qu'il ne s'agit que d'un discours de campagne utilisé par le milliardaire pour gagner le scrutin. De toute façon, estiment certains, Donald Trump ou Kamala Harris, ce n'est pas cela qui va changer Haïti : les dirigeants haïtiens doivent s'entendre pour rétablir la paix et la sécuritéD'autant que, selon l'avocat Frandley Denis Julien, interrogé ce jeudi (7 novembre 2024) sur Magik 9 – et leNouvelliste s'en fait l'écho, « avec Trump, les sanctions contre les acteurs haïtiens risquent de perdre de leur force », car, juge-t-il, « les États-Unis ne feront plus la promotion de la démocratie nulle part ». Frandley Denis Julien rappelle aussi les difficultés rencontrées par les avocats spécialisés en immigration, « un domaine particulièrement ciblé sous la première administration Trump » : certains de ces avocats « qui avaient intenté des actions contre des abus au droit des migrants ont été ajoutés sur des listes de terroristes ». Textos racistesSur le sol américain, après l'élection de Donald Trump, des Afro-Américains ont reçu des textos racistes. Le Washington Post raconte comment Alyse McCall, une étudiante noire de première année à l'Université d'Alabama, a appelé en pleurs sa mère mercredi matin (6 novembre), lui disant qu'elle avait reçu un message affirmant qu'une fourgonnette allait venir la chercher pour l'emmener à la plantation de coton la plus proche. Ces textos ont été envoyés dans au moins une douzaine d'États, ainsi que la capitale Washington. Des écoliers ont aussi reçu des messages de menaces dans le Maryland et le district de San Francisco. Ces messages ont alarmé, écrit le Washington Post, « après une campagne pendant laquelle le président élu Donald Trump et son équipe de campagne ont utilisé un langage incendiaire contre les minorités ». Certains de ces messages étaient d'ailleurs signés par « un partisan de Donald Trump », ou même de « l'administration Trump » - ce qu'a énergiquement démenti l'équipe de campagne du président. Une réforme de Joe Biden sur l'immigration révoquéePendant ce temps, et alors que Donald Trump avait mis l'immigration au cœur de sa campagne, un juge du Texas révoque une des plus importantes réformes de l'immigration de Joe Biden. « Cette décision est un autre coup porté aux plans de Joe Biden de tenter de protéger des migrants illégaux contre les plans d'expulsion d'une prochaine administration », juge le conservateur Washington Times. Le nom de la mesure : « garder les familles ensemble ». Elle a été lance au mois d'août. Il s'agit, rappelle le New York Times, de permettre aux migrants sans papiers mariés à des citoyens américains et qui résident aux États-Unis depuis au moins dix ans, d'avoir une chance de récupérer la fameuse Green card sans quitter le pays. Des centaines de milliers de personnes sont concernées. Manifestations suspendues en BolivieEn Bolivie, les manifestations sont suspendues pour trois jours : une décision du syndicat à l'origine du mouvement porté par des partisans d'Evo Morales, qui affirment que le pouvoir veut mettre l'ancien président en prison.Ces blocages ont été suspendus mercredi, à la demande d'Evo Morales, qui a entamé une grève de la faim pour appeler au dialogue. Sont aussi invoquées, explique la correspondante de RFI Camille Bouju, des « raisons humanitaires » car dans tout le pays, l'accès aux biens de première nécessité, comme le poulet ou le riz, est devenu difficile. Et à La Paz, les files d'attente aux stations-service peuvent durer jusqu'à 12 heures.La situation économique difficile que connaît le pays a des racines plus anciennes, explique le politologue Franz Flores : « Le niveau des exportations a baissé, notamment les matières premières, ce qui signifie que les devises étrangères n'entrent plus sur le marché bolivien en quantité suffisante. C'est pourquoi les prix des dollars ont augmenté et cela provoque naturellement un processus inflationniste, une augmentation des prix qui se fait sentir dans les portefeuilles des gens »L'autre pan du conflit, c'est une lutte de pouvoir au sein du parti au pouvoir, le MAS, entre Evo Morales l'actuel président Luis Arce, tous les deux candidats pour la présidentielle de 2025. Justice environnementale en ArgentineEn Argentine, un jugement qui fera date dans la justice environnementale : un éleveur a été reconnu coupable ce jeudi de dommage environnemental et de cruauté animale pour avoir tué plus d'une centaine de manchots de Magellan, il y a trois ans. Le correspondant de RFI Théo Conscience explique comment cet éleveur de la province de Chubut a utilisé une pelleteuse pour défricher un terrain à côté de la réserve naturelle de Punta Tombo. Bilan : 105 manchots de Magellan tués, 292 nids détruits et des centaines d'œufs et de poussins écrasés.La justice argentine l'a donc reconnu coupable, soulignant les « dégâts irréversibles » de ses actes sur la faune et la flore autochtones. L'éleveur affirme que les manquements de l'État depuis 10 ans ne lui avaient pas laissé aucune autre option pour établir des voies d'accès et des délimitations entre son champ et la réserve. Au Guatemala, 2 860 années de prison requises contre un ex-général pour génocide« Selon le Parquet des droits humains », écrit La Hora, Benedicto Lucas Garcia, un général nonagénaire à la retraite, est responsable d'une série de disparitions forcées, au début des années 80, durant le régime de son frère, l'ex-président Romeo Lucas Garcia. Le Parquet affirme que Benedicto Lucas Garcia, avec d'autres militaires, a attaqué la population indigène Ixil, des Mayas, « prétendant qu'elle appartenait à la guérilla et, dans le cadre de plans coordonnés, a mis en place sa disparition, exécutant, possiblement, plus de la moitié de la population Ixil ». Benedicto Lucas Garcia purge déjà une peine de 58 ans de prison pour la disparition forcée d'un jeune homme et le viol et la torture de sa sœur. Le journal de la PremièreEn Guyane, État, Collectivité Territoriale et élus municipaux unissent leurs forces pour lutter contre les conséquences d'une sécheresse « historique ».

Couleurs tropicales
Hommage à Quincy Jones, Légende aux multiples talents artistiques

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Nov 8, 2024 48:30


Nous allons rendre hommage à l'une des plus illustres figures du monde de la musique, de la production musicale, de la production audiovisuelle et cinématographique. Ce monument devenu plus discret dès les fin des années 90 est pourtant l'un des plus présents dans nos quotidiens, car son oeuvre est immense. Hommage à Mr Quincy Jones, Afro-Américain décédé le 3 novembre 2024 à l'âge de 91 ans. Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons :Quincy Jones - Ai no corridaQuincy Jones - One note sambaQuincy Jones - I'll be good to youGeorge Benson - Give me the nightQuincy Jones - Body heatQuincy Jones feat Patti Austin - Betcha wouldn't hurt meMichael Jackson - Don't stop till you get enoughMichael Jackson - ThrillerQuincy Jones et Chaka Khan - Keep reachinLubiana - Terre rougeRetrouvez notre playlist sur Deezer. 

Un Jour dans l'Histoire
Les soldats noirs de Fort Huachuca

Un Jour dans l'Histoire

Play Episode Listen Later Nov 1, 2024 37:07


soldats noirs de Fort Huachuca Nous sommes le 14 juillet 1944, au Fort Huachuca, en Arizona. Le soldat James Rucker, qui s'apprête à rejoindre le front en Italie, écrit à son épouse : « Bientôt je tournerai le dos à la ségrégation américaine sans le moindre regret. Ce ne sera pas un adieu à Jim Crow puisque l'armée semble s'être engagée à ce que je propage Jim Crow jusqu'aux coins les plus éloignés de la terre. (Les lois Jim Crow sont des lois promulguées par les législatures des États du Sud des Etats-Unis entre 1877 à 1964. Elles ont été mises en place pour entraver l'exercice des droits constitutionnels des Afro-Américains acquis au lendemain de la guerre de Sécession.) James Rucker poursuit : Pour aucune autre raison que Jim Crow, je me suis retrouvé affecté au camp le plus isolé du pays, aussi éloigné de toi que des théâtres d'opérations les plus lointains. J'espère revenir dans un Amérique qui ne sera plus ségréguée (…) Ici, j'ai vu et enduré autant le fascisme que ce à quoi je pouvais m'attendre faire l'expérience en Allemagne ou en Espagne. J'ai vu des abus perpétrés par un peuple entier de la manière la plus cynique possible en mentant au reste du monde. Un peuple qui prétendait apporter la liberté à l'ensemble du monde. Adieu, Amérique de Jim Crow. » Entre 1941 et 1945, trente mille soldats afro-Américains ont été confinés dans un camp militaire d'Arizona, un « poste noir » situé à la frontière avec le Mexique, très loin de toute communauté blanche. Quelles ont été leurs conditions de vie ? Jusqu'à quel point la ségrégation a-t-elle été imposée ? Partons sur les traces des soldats de Fort Huachuca… Invitée : Pauline Peretz de l'Université Paris 8 Vincennes-saint-Denis, directrice adjointe de l'Institut d'histoire du temps présent. Autrice de : « Une armée noire – Fort Huachuca, Arizona » éditions Seuil. Sujets traités : Fort Huachuca, soldats , noirs, Arizona, James Rucker, ségrégation, Etats-Unis, Afro-Américains, Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be :https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Intéressés par l'histoire ? Vous pourriez également aimer nos autres podcasts : L'Histoire Continue: https://audmns.com/kSbpELwL'heure H : https://audmns.com/YagLLiKEt sa version à écouter en famille : La Mini Heure H https://audmns.com/YagLLiKAinsi que nos séries historiques :Chili, le Pays de mes Histoires : https://audmns.com/XHbnevhD-Day : https://audmns.com/JWRdPYIJoséphine Baker : https://audmns.com/wCfhoEwLa folle histoire de l'aviation : https://audmns.com/xAWjyWCLes Jeux Olympiques, l'étonnant miroir de notre Histoire : https://audmns.com/ZEIihzZMarguerite, la Voix d'une Résistante : https://audmns.com/zFDehnENapoléon, le crépuscule de l'Aigle : https://audmns.com/DcdnIUnUn Jour dans le Sport : https://audmns.com/xXlkHMHSous le sable des Pyramides : https://audmns.com/rXfVppvN'oubliez pas de vous y abonner pour ne rien manquer.Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.

RTL Soir
RTL INSIDE - Etats-Unis : le choix des Afro-Américains scrutés de près

RTL Soir

Play Episode Listen Later Nov 1, 2024 5:11


Nous continuons notre immersion en Géorgie :c'est peut-être un État clé de la Présidentielle américaine, où les sondages peinent à donner un favori, que tout va se jouer pour Kamala Harris et Donald Trump. En tout cas, les résultats des urnes y seront particulièrement scrutés dans 4 jour, et notamment le choix des Afro-Américains. C'est un électeur sur trois en Géorgie. On y retrouve notre envoyé spécial sur place, Vincent Serrano. Ecoutez RTL Inside avec Agnès Bonfillon du 01 novembre 2024.

Journal d'Haïti et des Amériques
États-Unis « Les électeurs afro-américains sont déçus du bilan démocrate »

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Oct 21, 2024 30:00


Chaque semaine, jusqu'à l'élection présidentielle aux États-Unis (5 novembre 2024), nous revenons avec un ou une invité(e) sur l'un des enjeux de la campagne. Après les thèmes de l'immigration et l'avortement, aujourd'hui l'enjeu du vote afro-américain avec Charlotte Recoquillon, géographe, journaliste et chercheuse de l'Institut français de géopolitique. Elle est l'autrice de « Harlem, une histoire de la gentrification » (éd. EMSH).  Si, selon les derniers sondages nationaux, Kamala Harris recueille la majorité des votes de la communauté afro-américaine, la candidate démocrate à la Maison Blanche remporte moins de suffrages auprès de cet électorat que les précédents candidats de son camp. Une « petite érosion » reconnaît notre invitée, Charlotte Recoquillon, qui s'explique par « la non réponse » de l'administration Biden à améliorer la qualité de vie des Afro-Américains, et un discours de Donald Trump qui « séduit une partie de l'électorat », notamment sur les questions économiques.

Reportage International
États-Unis: en Géorgie, l'objectif pour les démocrates, mobiliser l'électorat noir

Reportage International

Play Episode Listen Later Oct 5, 2024 2:38


La route vers la Maison Blanche passe par Atlanta… C'est ce qu'a déclaré Kamala Harris lors de son passage en Géorgie, il y a deux semaines, pour un meeting au sujet de la défense du droit à l'avortement. La Géorgie, c'est l'État qui compte le plus d'électeurs afro-américains acquis à la cause démocrate. À moins d'un mois de la présidentielle, la candidate démocrate mise sur le vote des Noirs pour remporter cet État pivot et ses 16 grands électeurs. Mais encore faut-il que les Afro-Américains se mobilisent le jour du vote. Beaucoup se sont abstenus aux dernières élections, or chaque voix compte dans cet État où la victoire risque de se jouer, comme en 2020, à seulement quelques milliers de voix de différence entre les candidats. Du coup, sur le terrain, de nombreuses associations se mobilisent pour mobiliser le vote noir. De notre correspondant à Atlanta,Kaleb Harden sillonne un quartier de la classe moyenne afro-américaine dans la banlieue d'Atlanta. Ici, les pelouses sont impeccables, les maisons alignées à l'identique. Cet étudiant afro-américain travaille pour l'organisation We Vote We Win qui cherche à mobiliser l'électorat noir en faveur des démocrates.Kaleb ne sonne pas à n'importe quelle porte. Sur son téléphone, une application lui indique uniquement les adresses d'électeurs noirs qui n'ont pas voté aux dernières élections. C'est le cas de Tyler Wallace, agent immobilier de 21 ans, qui pourrait voter pour la première fois de sa vie le 5 novembre prochain, mais qui n'a pas l'intention de se mobiliser : « Je ne sais pas, je ne m'intéresse pas trop à la politique. J'ai tellement de choses à gérer en ce moment. La vie, la carrière, tout ça… »Alors, pour tenter de la convaincre, Kaleb déploie son argumentaire pro-Kamala Harris : « D'un côté, tu as Donald Trump qui roule pour les riches, de l'autre, tu as Kamala Harris qui défend les travailleurs… »L'abstention des hommes noirs, défi majeur pour Kamala HarrisEn Géorgie, ils représentent un tiers de l'électorat. 90% votent démocrates, mais un tiers d'entre eux ne se sont pas mobilisés lors la dernière présentielle. Pire, certains comme Tyler Wallace ont encore du mal à imaginer une femme présidente des États-Unis : « J'y réfléchirais à deux fois avant de voter pour une femme. Je pourrais le faire, mais il faudrait que je sois sûr qu'elle ne prend pas ses décisions pour changer le pays sur le coup de ses émotions. »Tyler l'avoue, ses connaissances sur Kamala Harris sont plutôt limitées : « Je ne sais rien sur elle. Je crois qu'elle est Noire, non ? »En revanche, le jeune homme a une image plutôt positive de Donald Trump, forgée à coup de vidéos sur internet : « Tout ce que je sais sur lui, c'est ce qu'en montre internet. Les mèmes, les vidéos marrantes… Je ne sais pas si je l'aime bien, je ne sais pas ce qu'il fait pour nous, mais je le trouve marrant. »À l'inverse, sa petite amie Jordan est quant à elle bien décidée à voter le 5 novembre, même si elle n'est pas très sûre du nom de la candidate démocrate : « Je pense voter pour Kamala. C'est comme ça qu'on dit son nom ? Kamala ? Oui, je vais voter pour elle parce qu'elle défend les droits des femmes et qu'elle a la même couleur de peau que moi. »Cette différence entre le vote des femmes et des hommes noirs, c'est ce qu'on appelle le « gender gap » aux États-Unis. Un « gender gap » que Kamala Harris doit impérativement résorber, car chaque voix compte pour gagner la Géorgie. Dans cet État clé, en 2020, Joe Biden l'avait emporté avec seulement 12 000 voix d'avance sur Donald Trump.

Choses à Savoir
Pourquoi Malcolm X s'appelait-il ainsi ?

Choses à Savoir

Play Episode Listen Later Jul 24, 2024 2:04


Durant son adolescence, Malcolm tomba dans la délinquance. En 1946, il fut arrêté et condamné à dix ans de prison pour cambriolage. En prison, il découvrit la Nation of Islam (NOI), une organisation prônant l'autonomie des Afro-Américains et le rejet du christianisme comme religion des oppresseurs. Il adopta le nom de Malcolm X pour symboliser son rejet du nom de famille "Little", imposé par les esclavagistes blancs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Journal d'Haïti et des Amériques
En Haïti, commémoration des trois ans de l'assassinat de Jovenel Moïse

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Jul 8, 2024 30:00


Il y a trois ans, le président de la République d'Haïti, Jovenel Moïse, était tué par un commando armé, chez lui en banlieue de Port-au-Prince. Depuis, l'enquête haïtienne piétine. Les représentants du Conseil présidentiel de transition et du nouveau gouvernement se sont réunis dimanche 7 juillet 2024, à la Villa d'Accueil pour lui rendre hommage. Gazette Haïti montre les photos d'une assemblée constituée d'hommes et de femmes en chemise blanche, debout, le visage fermé, la tête penchée et les mains croisées en signe de recueillement. Au premier rang, « le Premier ministre Garry Conille est accompagné de la majorité des membres de son gouvernement », note le journal. À ses côtés, se tient Edgard Leblanc Fils, le président du Conseil présidentiel de transition « accompagné, lui, de plusieurs conseillers-présidents ». Gazette Haïti rapporte quelques extraits de son discours, notamment sur la crise politique qui a suivi l'assassinat : « le pays a alors expérimenté la violence sous toutes ses formes avec la multiplication des actions des gangs armés », s'est souvenu Edgard Leblanc Fils.« Les hommes et les femmes politiques, toutes tendances confondues, la nation entière, doivent apprendre à s'accepter, s'unir, vivre ensemble par-delà leurs différences, pour que plus jamais le pays ne soit exposé à pareille ignominie. Tous les assassins et complices de cet assassinat doivent être identifiés, traduits en justice et sévèrement punis », a demandé le président du Conseil présidentiel de transition.Mais le travail de la justice est difficile en Haïti, et depuis trois ans, l'enquête pour débusquer les auteurs de cet assassinat « demeure embourbée dans des obstacles juridiques et politiques », s'inquiète le National. « Depuis le début de l'enquête, cinq juges d'instruction se sont succédé, ils ont été déportés ou écartés du dossier », rappelle le journal. De son côté, « la justice américaine a déjà fait arrêter et extrader vers les États-Unis plusieurs suspects-clé pour les juger. » Certains ont d'ailleurs déjà été condamnés, comme Rodolphe Jaar. En Haïti, l'enquête a semblé s'accélérer depuis le début de l'année. Une cinquantaine de personnes, dont la veuve de Jovenel Moïse, ont été inculpées mais ont fait appel, suspendant la procédure.Joverlein Moïse, le fils de feu le Président, a annoncé la création de l'association de lutte contre l'impunité et l'injustice pour faire toute la lumière sur la mort de son père.Aux États-Unis, Joe Biden poursuit sa campagne coûte que coûteMais à quatre mois du scrutin, de plus en plus de voix démocrates lui conseillent de renoncer à sa candidature. Ce week-end, quatre démocrates à la Chambre des représentants le lui ont demandé, ils sont donc désormais neuf à souhaiter voir le président se retirer. « Et au moins 18 anciens et actuels dirigeants démocrates ont publiquement exprimé samedi leurs inquiétudes quant à l'aptitude de Joe Biden à exercer ses fonctions et à sa capacité à vaincre Donald Trump », assure le Washington Post. Ce week-end, le président était en Pennsylvanie, et a assisté à un office religieux entouré « de ceux qui ont toujours été son électorat le plus fidèle : les Afro-Américains », rapporte le Washington Post qui a rencontré trois générations de femmes afro-américaines. « Elles seront probablement la clé pour décider du vainqueur de l'élection de 2024. » peut-on lire. Mais, expliquent-elles au Washington Post, c'est surtout Kamala Harris qu'elles seraient ravies de voir prendre la tête de la campagne même si, à quatre mois de l'élection, un changement de candidat serait bien risqué, ont-elles aussi admis au journal.Ces derniers jours, des donateurs importants, comme le patron de Netflix ou l'héritière de Disney ont suspendu leur financement à la campagne, réclamant un changement de candidat démocrate. Pourtant, ces donations sont essentielles au bon déroulement des campagnes, explique notre invité Jérémy Ghez, professeur d'Économie et de Relations internationales à HEC à Paris. « Il y a une véritable culture de levées de fonds de la part des comités de campagne, mais aussi des « super pacs », ces instituts indépendants des candidats qui sont à même de lever des fonds de manière illimitée et de défendre l'un ou l'autre des candidats tant qu'ils ne sont pas en contact direct avec eux. » Cet argent est principalement utilisé pour la publicité, explique Jérémy Ghez. « Le message peut varier selon les médias pour s'adapter au public, car les Américains n'ont pas les mêmes préoccupations à New-York ou à Los Angeles par exemple ». Pour le moment, Donald Trump et Joe Biden sont au coude-à-coude avec une capacité financière d'environ 400 millions de dollars. À lire aussiPrésidentielle américaine: Joe Biden persiste à défendre sa candidature en interviewLe président argentin « appuie sur la pédale de frein »Le président argentin Javier Milei était au Brésil ce week-end, à l'occasion de la cinquième édition de la CPAC (Conférence d'action politique conservatrice), la version latino-américaine de l'évènement qui réunit l'ultra-droite du continent américain. Javier Milei a snobé son homologue brésilien de gauche, et a préféré rencontrer le prédécesseur de Lula, l'ancien président d'extrême-droite Jair Bolsonaro, qui est, selon lui, victime de persécution judiciaire. Malgré ces prises de position, la presse argentine s'est montrée plutôt soulagée. La Nacion titre « Ça aurait pu être pire », Pagina 12 affirme que « Javier Milei a appuyé sur la pédale de frein ». « Il a fait preuve de retenue dans son discours et a évité de mentionner Lula ou de l'offenser. Il a préféré critiquer plus généralement le socialisme d'Amérique latin », résume le journal en faisant allusion aux propos de Javier Milei contre le socialisme : «Le socialisme est l'idéologie du ressentiment, de l'envie et de la haine. En plus de tout cela, le socialisme est l'idée de l'échec. Personne ne le sait mieux que nos frères et sœurs latino-américains », a déclaré le président argentin. « De cette manière, explique Pagina 12, Javier Milei a évité de porter le conflit avec Lula à un niveau supérieur, ce qui mettrait les relations entre l'Argentine et le Brésil au bord de la rupture. »À lire aussiSommet de l'ultra-droite américaine au Brésil: Bolsonaro et Milei affichent leur complicitéLe journal de la 1èreComme en métropole, les résultats des élections législatives françaises aux Antilles et en Guyane ont été favorables à la gauche.À lire aussiLégislatives en France: la participation du second tour, clé du scrutin

Journal d'Haïti et des Amériques
Débat Biden - Trump : panique chez les démocrates

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Jun 28, 2024 30:00


Le président Joe Biden sort extrêmement fragilisé du premier débat télévisé avec son rival Donald Trump hier jeudi (27 juin 2024). Il n'y a qu'à lire l'éditorial implacable de Thomas Friedman, qui se décrit lui-même comme un « ami » du président américain, dans le New York Times. « Joe Biden, un homme bien, un bon président, n'est pas en position de briguer une réélection », écrit l'éditorialiste, qui dit avoir « pleuré » en voyant le démocrate de 81 ans avec la voix cassée, bafouiller, buter sur les mots pendant 90 minutes devant les caméras de CNN.Une débâcle pour Joe Biden« La débâcle de Biden lors du débat », titre le journal conservateur National Review. Selon le site d'information Politico, certains démocrates sont « en panique » et cherchent désespérément une alternative à Joe Biden. Notre correspondante à New York Loubna Anaki, qui a suivi le débat, explique que de nombreux alliés du président, notamment « la vice-présidente Kamala Harris ont pris la parole pour défendre sa faible performance assurant qu'il avait attrapé froid avant, d'où sa voix affaiblie, qu'il avait peut-être été lent à démarrer, mais qu'il avait assuré ensuite, et même Joe Biden a déclaré après : Je crois qu'on s'en est bien sortis, mais c'est difficile de débattre face à un menteur ».Selon le National Review, « l'égoïsme, l'entêtement, l'ambition et l'orgueil de Joe Biden ont rendu très probable l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis ». Mais, poursuit le magazine, « la sénescence de Biden n'était pas le seul élément consternant du débat. Aucun des deux candidats n'a expliqué ce qu'il comptait faire du pouvoir au cours des quatre prochaines années ». D'après une éditorialiste de USA Today, « dès que Joe Biden est monté sur scène,…et qu'il a commencé à marmonner d'une voix rauque, il est apparu clairement qu'il n'était pas à la hauteur de la fonction la plus importante du pays ». Et l'éditorialiste d'enfoncer le clou : « Joe Biden n'a rien à faire à la présidence. Le débat l'a prouvé ». Un débat marqué aussi par des attaques personnelles Le New York Times souligne que les deux rivaux, lorsqu'ils sont entrés sur scène, « ont refusé de se serrer la main. Leur aversion mutuelle a accompagné un échange rempli d'invectives et d'injures ». Et le New York Times de citer la réplique de Joe Biden « Vous avez la moralité d'un chat de gouttière ». L'équipe du président voulait que Joe Biden présente au public une vision des États-Unis radicalement opposée à celle de Donald Trump, écrit le New York Times. Le président devait alerter sur le fait qu'un second mandat de Donald Trump serait de plus en plus radical. Mais au lieu de tourner autour de ces sujets de fond, « le débat a dérapé au point que les deux hommes ont eu une discussion prolongée sur les handicaps au golf ». Les mensonges de Donald Trump…et de Joe BidenIl n'y avait pas de fact-checking en direct et les deux journalistes de CNN n'ont jamais interrompu les candidats pour rectifier ou corriger leurs propos. Mais la chaîne a vérifié leurs déclarations et publié un fact-checking sur le site internet. En résumé, Joe Biden et Donald Trump ont tous menti mais le candidat républicain beaucoup plus que son adversaire démocrate. CNN a compté plus de 30 propos de Donald Trump qui étaient faux. Parmi eux, l'affirmation que certains États dirigés par des démocrates autorisent que des bébés soient tués après leur naissance, que tous les juristes et tout le monde en général souhaitaient l'annulation du droit à l'avortement inscrit dans la Constitution, ou encore le mensonge selon lequel Joe Biden aurait qualifié pendant des années les Afro-Américains de « super prédateurs », sans oublier la fameuse « fake news » sur l'élection de 2020 qui serait entachée de fraudes, d'après Donald Trump. Mais Joe Biden a lui aussi pris quelques libertés avec la vérité, explique CNN en affirmant par exemple que le taux de chômage des Afro-Américains « n'a jamais été aussi bas depuis très longtemps ». Ce qui est tout simplement faux, il était effectivement plus bas sous la présidence de Donald Trump.Les micros coupés, un format qui a favorisé Donald Trump ?« Je pense qu'il a passé une très bonne soirée », explique l'historien et spécialiste des États-Unis Simon Grivet qui souligne une « violence rare » dans les propos de Donald Trump. « On avait l'impression qu'il était dans l'un de ses meetings, il a pu dire tout ce qu'il voulait ». Selon Simon Grivet, « il est techniquement possible de changer de candidat chez les Démocrates mais politiquement délicat ». Il faudrait que Joe Biden lui-même renonce à sa candidature et que les démocrates se mettent rapidement d'accord sur un autre candidat consensuel qui serait en mesure de mener une bonne campagne pour contrecarrer Donald Trump. Mais c'est compliqué, explique l'historien, et le plus probable est que Joe Biden reste pour l'instant le candidat officiel.  Journal de la 1èreLe tour des yoles risque d'être annulé en Martinique.

Journal d'Haïti et des Amériques
La Louisiane impose l'affichage des «Dix Commandements» dans les classes

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Jun 20, 2024 30:00


Aux États-Unis, le gouverneur de Louisiane promulgue une loi prévoyant l'affichage des « Dix Commandements » dans toutes les salles de classe des écoles publiques de l'État. De nombreuses associations comptent porter le dossier en justice. En Haïti, le tout premier Conseil des ministres du gouvernement Conille s'est tenu ce mercredi (19 juin 2024) à Port-au-Prince. Frantz Duval, du quotidien Le Nouvelliste, se penche sur ce premier Conseil des ministres. La première décision a été de remplacer, à la tête de la police, Frantz Elbé par Rameau Normil - un ancien directeur général de la PNH.Le Premier ministre Garry Conille prépare aussi, explique Frantz Duval, une retraite gouvernementale avec ses ministres pour qu'ils puissent faire connaissance, et prendre connaissance des règles de fonctionnement de ce nouveau gouvernement.Pendant ce temps, le Conseil Présidentiel de Transition et son actuel président Edgard Leblanc Fils s'est entretenu avec le dirigeant kenyan par visioconférence, sur le déploiement de la mission de sécurité. « Plus personne ne parle d'une date pour déploiement de la mission » d'appui à la PNH contre les gangs, rapporte Frantz Duval, « mais il est évident que quelque chose se rapproche : les États-Unis ont autorisé un décaissement de fonds, 109 millions de dollars, et Haïti et le Kenya font des échanges intenses – il y avait des policiers haïtiens au Kenya récemment ».Enfin, à 36 jours du coup d'envoi des JO de Paris, Le Nouvelliste se fait l'écho de l'appel lancé au nouveau gouvernement par le comité olympique haïtien : il n'a pas les fonds nécessaires pour appuyer la délégation haïtienne qui sera à Paris pour les JO.  La Louisiane impose l'affichage des « Dix Commandements » dans les salles de classeLe gouverneur républicain de Louisiane Jeff Landry a promulgué une proposition de loi qui prévoit l'affichage des « Dix Commandements » dans toutes les salles de classe des écoles publiques de l'État. Il s'en est expliqué lors d'une cérémonie de signature du texte : « si vous voulez respecter l'État de droit, vous devez commencer avec celui qui a écrit la loi en premier, Moïse » - des propos cités par le Washington Post. Le texte devra être affiché, précise USA Today, des salles de classe de maternelle aux amphithéâtres universitaires à partir de l'an prochain. La photo qui accompagne l'article représente le gouverneur à un pupitre, bras écartés et mains ouvertes, comme s'il était en train de prêcher. La majorité républicaine de Louisiane, écrit le Wall Street Journal, avait déjà fait passer l'an dernier une loi obligeant à afficher la devise « In god we trust », nous croyons en Dieu, dans toutes les classes.La Louisiane est le premier État à imposer l'affichage des « Dix Commandements », et sa décision, écrit le New York Times, « relance le débat sur le degré de porosité entre l'Église et l'État ». Cette loi est « ouvertement inconstitutionnelle », s'étranglent les critiques, qui écrivent dans The Advocate, un journal local de Louisiane, que « le Premier amendement promet de nous laisser décider nous-mêmes quelles croyances nous désirons embrasser, si nous voulons en embrasser une, sans pression du gouvernement ». Le Washington Post publie de son côté un dessin de presse montrant des enfants de maternelle regardant les Tables de la loi, sur lesquelles les Dix Commandements ont été remplacés par la phrase « Tu n'imposeras pas ta loi aux autres ». De nombreuses associations, dont l'Union américaine pour les libertés civiles, prévoient de porter le dossier devant la justice. Mais, note le quotidien, « c'est une bataille que les partisans de la loi se sont préparés à mener, et qu'ils ont même hâte de mener ». « Je suis impatient d'être poursuivi en justice », a même dit le gouverneur Jeff Landry – citation reprise par The Advocate.Rocky Myers, condamné à mort24 détenus condamnés à mort ont été exécutés aux États-Unis, l'année dernière (2023). Un chiffre en hausse, selon Amnesty International - même s'il reste parmi les plus bas de l'histoire du pays. Et l'application de la peine de mort suscite toujours autant d'interrogations quant aux failles de la justice américaine.RFI se penche sur le cas de Rocky Myers, un Afro-Américain en situation de handicap mental accusé du meurtre d'une dame âgée à la peau blanche et de l'agression d'une autre femme blanche. Il est détenu depuis 30 ans dans le quartier des condamnés à mort en Alabama. Une injustice, affirme son avocate Kacey Keeton qui ne cesse de clamer l'innocence de son client.Margaux Ratayzyk a rencontré Kacey Keeto, qui affirme que les premiers à avoir été informés de son handicap, pourtant diagnostiqué lorsqu'il avait onze ans, ne sont revenus sur son cas que plusieurs années après le début de la procédure.Elle estime que le cas Rocky Myers regroupe un grand nombre de problèmes que l'on retrouve aux États-Unis dans le système d'application de la peine de mort, mais aussi dans le système de justice pénale. « Parce qu'il était pauvre et qu'il n'avait pas les moyens de s'offrir les services d'un avocat », explique Kacey Keeto, « Rocky Myers s'en est vu désigner deux par l'État : l'un n'avait pas de réelle expérience en matière pénale, le second entretient des liens avec des groupes suprémacistes blancs ». Et ce dernier avocat « a tout fait au cours du procès pour créer un désaccord entre Rocky Myers et le jury, qui était majoritairement blanc ».L'exécution de Rocky Myers a été programmée une première fois en 2004, puis repoussée à 2015 à force de procédures d'appels et de lenteur administrative. Aucune nouvelle date d'exécution n'a été fixée pour le moment.Dix militaires à la retraite condamnés pour viol au Pérou« Nous avons lutté pendant vingt ans, mais je ne suis pas contente : dix ans de prison ne suffisent pas », dit une victime. Au Pérou, dix militaires à la retraite ont été condamnés à des peines de six à douze ans de prison pour crimes contre l'humanité. Ils ont été reconnus coupables du viol systématique de neuf femmes, parfois mineures. Des viols commis entre 1984 et 1985, lors du conflit armé mené dans le pays contre la guérilla maoïste du Sentier lumineux. Aucun des dix condamnés n'était présent à la lecture du jugement.L'Argentine donne au Brésil une liste de fuyardsEn Argentine, le gouvernement de Javier Milei donne au Brésil une liste des Bolsonaristes qui s'étaient enfuis après la tentative de coup d'État du 8 janvier 2023. Selon Folha de Sao Paulo, « le gouvernement de Milei confirme qu'une soixantaine de condamnés sont entrés en Argentine », et qu'une dizaine ont déjà quitté le pays. Les chiffres réels pourraient être plus importants. En tous cas, écrit Estadao, « le document a été immédiatement transmis au Tribunal suprême fédéral », alors que les enquêteurs brésiliens tentent de localiser 143 personnes condamnés pour avoir participé à la tentative de coup d'État.Selon Folha, les fugitifs qui cherchaient à rejoindre l'Argentine ont estimé que le gouvernement ultra-libéral de Javier Milei leur serait plus favorable. Carta Capital précise que le gouvernement argentin « nie l'existence d'un ‘pacte d'impunité' avec Bolsonaro pour protéger les fugitifs du 8 janvier ».En Équateur, panne générale d'électricité dans tout le paysPendant trois heures ce mercredi (19 juin 2024) quasiment tout le Pérou était sans lumière, écritVistazo, et le métro de Quito était bloqué. La raison : « une défaillance de la ligne de transmission Milagro Zhoray qui a provoqué un blackout sur le système national », a expliqué Robert Luque, le ministre de l'Énergie et des Mines. Qui affirme que la coupure aurait pu être évitée, rapporteEl Comercio : « c'est une preuve supplémentaire de la crise énergétique que nous traversons. Les coupures de ce mercredi sont dues à un manque d'investissement » - comprenez des gouvernements précédents. Cette « coupure surprise » du courant, rappelle Vistazo, intervient deux jours après que le gouvernement a exclu la possibilité de pannes d'électricité après l'arrêt de la centrale hydroélectrique Coca-Codo-Sinclair, c'est-à-dire du plus grand générateur du pays.Le journal de la 1èreL'Agence Régionale de Santé de la Martinique l'affirme : « Il n'y a pas d'épidémie de Covid en cours en ce moment dans le département ». 160 cas ont été recensés la semaine dernière.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] L'arrestation de deux Franco-Algériens peut-elle mettre à mal la détente entre Bangui et Paris ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jun 18, 2024 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également aux questions des auditeurs sur la condamnation de l'ancien n° 2 de la junte en Guinée, sur les tensions entre Israël et le Hezbollah et sur l'électorat africain-américain aux tats-Unis. Centrafrique : deux ressortissants franco-algériens arrêtésDeux ressortissants franco-algériens en possession d'armes ont été arrêtés à Bangui. Quelles sont les accusations portées contre ces deux hommes ?  Cette affaire pourrait-elle mettre à mal les tentatives de normalisation des relations entre la France et la Centrafrique ?Avec François Mazet, journaliste au service Afrique de RFI.Guinée : prison ferme pour l'ex-numéro 2 de la junte Le Général Sadiba Koulibaly, l'ex-chef d'état-major de l'armée guinéenne, vient d'être condamné à 5 ans de prison ferme pour « désertion ». Quels sont les faits qui lui sont reprochés ? A-t-il des moyens de recours dans cette affaire ? Avec Matthias Raynal, correspondant de RFI à Conakry.Hezbollah - Israël : faut-il craindre une deuxième guerre ?  Après la mort d'un de ses responsables, le Hezbollah a répliqué en tirant des centaines de roquettes sur Israël. Cette escalade de la violence pourrait-elle entraîner un conflit ouvert entre Israël et le Liban ?  Avec Nicolas Falez, journaliste au service international de RFI.États-Unis : Donald Trump courtise le vote noirCe week-end, Donald Trump s'est rendu dans une église afro-américaine de Détroit. Objectif : récupérer les voix de la communauté noire. Pourquoi vouloir séduire les Afro-Américains alors que cet électorat est majoritairement pro-démocrate ? Sa stratégie pourra-t-elle porter ses fruits ?  Avec Simon Grivet, historien des États-Unis, maître de conférences à l'Université de Lille.

Aujourd'hui l'économie
Pourquoi Donald Trump a retrouvé le soutien des grands patrons américains

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 18, 2024 3:04


Aux États-Unis, à cinq mois de l'élection présidentielle, Donald Trump séduit à nouveau les patrons. Un retour de flamme très opportuniste pour le candidat populiste comme pour les dirigeants des grandes entreprises américaines. Ils étaient environ deux cents la semaine dernière à participer à une réunion privée organisée par Business Round Table, leur outil d'influence, pour écouter les propositions des candidats. Joe Biden était représenté. Donald Trump est venu en personne, en candidat qui a le besoin urgent de recevoir les dons des sociétés américaines pour financer sa campagne. En avril, il a levé pour la première fois plus de fonds que Joe Biden. Un premier signe d'adhésion des milieux patronaux. Un virage à 180° par rapport à 2020. Après la victoire de Joe Biden, les dirigeants des plus grandes entreprises cotées condamnent l'insurrection du capitole et l'entêtement du président sortant incapable d'accepter sa défaite. À lire aussiPrésidentielle américaine 2024: CNN dévoile les règles du premier débat entre Biden et TrumpDes patrons séduits malgré le protectionnisme Mais depuis qu'il est officiellement le candidat des Républicains, il a retrouvé leur faveur. Les plus hardis, surtout dans le secteur de la finance, affichent dorénavant publiquement leur préférence. Les idées défendues par Donald Trump sont a priori contraires aux leurs. Les grands patrons américains sont majoritairement favorables à l'immigration alors qu'il veut expulser les étrangers sans papiers. Ils sont partisans de la globalisation alors qu'il veut instaurer une nouvelle taxe à 10 % sur tous les produits importés. Ils sont attachés à la paix sociale, plus propice aux affaires, tandis que le candidat des républicains tend à fracturer la société américaine.À lire aussiEtats-Unis: les grands patrons remontés contre la politique migratoire de Trump Des cadeaux fiscaux en perspectiveEn revanche, en matière d'impôt, Donald Trump est pour eux le meilleur candidat. C'est sur ce sujet qu'il marque des points dans le camp des patrons. Car il a promis de reconduire les cadeaux fiscaux qu'il a accordés aux entreprises en 2017. Ces avantages censés expirés à la fin de l'année prochaine ont permis aux entreprises américaines d'économiser 240 milliards de dollars en exonération de taxes entre 2018 et 2021. Cerise sur le gâteau, Donald Trump qui a réduit l'impôt sur les sociétés de 37 à 21 % veut encore l'abaisser à 20 %. Joe Biden lui veut au contraire relever cet impôt à 28 % et taxer davantage les successions au-delà de 400 000 dollars de patrimoine. Soutenir Donald Trump, c'est la perspective de nouvelles années de bombance fiscale, et donc de hausses substantielles des profits.Le rejet de la régulationLes grands patrons ont pourtant connu des années fastes pendant le mandat de Joe Biden. Malgré l'inflation et les hausses des salaires obtenues par leurs employés sur un marché de l'emploi tendu, leurs profits et leurs revenus personnels se sont envolés. Leurs augmentations ont été quatre fois plus forte que celle des salaires médians entre 2023 et 2022. Mais si l'économie américaine a poursuivi son cycle haussier avec Joe Biden, les entreprises ont dû aussi se soumettre à des contraintes accrues. Des régulations plus sévères sur le droit des salariés, sur le climat, sur la transparence des revenus. Et ces carcans, Donald Trump promet de les briser. À lire aussiEtats-Unis: à Detroit, Donald Trump à la conquête des voix des Afro-Américains  

Journal d'Haïti et des Amériques
En Haïti, «dès l'âge de 14 ans, certains garçons sont utilisés comme combattants de première ligne»

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Jun 17, 2024 30:00


En Haïti, le quotidien des enfants alarme les Nations unies. L'Unicef, le fonds de l'Onu pour l'enfance, déplore les écoles détruites ou mobilisées pour l'accueil des déplacés, les structures sanitaires manquantes, tout un système mis à terre à cause des attaques des gangs. Et les gangs n'épargnent pas les enfants, victimes de violences sexuelles, et enrôlés par les groupes criminels. L'Unicef estime que les gangs comptent entre 30 et 50% d'enfants dans leurs effectifs – des enfants recrutés en grand nombre à Port-au-Prince et dans l'Artibonite. Mikaël Ponge a joint Bruno Mass, le représentant de l'organisation en Haïti. Dans un rapport commandité par l'Unicef, explique-t-il, certains enfants se disent contraints de rejoindre les groupes armés pour leur protection, ou en raison de la menace de représailles. D'autres le font pour de la nourriture, ou pour disposer d'un revenu pour leurs familles. Certains disent avoir trouvé dans les gangs un sentiment d'identité et d'appartenance – dans un contexte où la violence devient « normale » pour les enfants.Selon le rapport, les garçons sont utilisés comme espions, pour transporter des munitions, pour surveiller les personnes enlevées… Les filles sont, elles, ciblées par la violence sexuelle pour affaiblir des groupes rivaux ou en échange de « protection ».En tous cas, explique Bruno Mass, certains garçons sont utilisés dès 14 ans comme combattants de première lignes. Enrôler des enfants de tous âges est, rappelle le responsable, « une violation flagrante du droit international ».Plutôt que d'engager des poursuites judiciaires, il est essentiel, insiste-t-il, de se concentrer sur le soutien au rétablissement et la réintégration de ces enfants, « souvent mis au ban de leur communauté et de leurs familles, sans avoir les moyens de surmonter ces expériences traumatisantes ».Le journal Ayibopost publie ce lundi (17 juin 2024) des témoignages d'enfants enrôlés dans les gangs. Un adolescent de 14 ans raconte comment il « fait les courses » pour le gang de Gran-Ravin ; et que des amis lui demandent constamment d'intégrer ce gang et de porter une arme. « Pour ce garçon, la mort représente une possibilité constante », écrit Ayibopost, qui précise que l'adolescent a perdu il y a quelques mois un de ses camarades lors d'une violente altercation avec un troisième ami, lui aussi recruté par les groupes criminels.Dans un éditorialpublié vendredi dernier (14 juin 2024), Le Nouvelliste se demande « qui fait le décompte des droits des enfants qui sont bafoués et violés » ces dernières années depuis le début de la crise sécuritaire.En plus des enfants enrôlés de force dans les gangs, Frantz Duval parle, pour beaucoup d'autres, de l'impossibilité d'aller à l'école ou de jouer en plein air ; de toutes les formes de violence dans le cadre familial à cause des restrictions que vivent les parents ; des violences sexuelles aussi – « dans un milieu normal un enfant est une proie, quand ça va mal les risques augmentent ».À lire aussiHaïti: de la rue aux gangs, le parcours des enfants livrés à eux-mêmesPatricia Bullrich au Salvador La ministre argentine de l'Intérieur Patricia Bullrich a visité ce dimanche (16 juin 2024), au Salvador, la plus grande prison d'Amérique centrale. Prison d'une capacité de 40 000 prisonniers, précise Clarin, qui vivent « sous un régime de contrôle strict et de droits minimums ». Les organisations de défense des droits de l'homme avaient sonné l'alarme lors de sa construction, rappelle La Nacion. Nayib Bukele, qui dirige le pays depuis 2019, a déclaré la « guerre » aux bandes armées, dont il a mis des dizaines de milliers de membres en prison. Le pays est, depuis 2022, sous un régime d'exception qui permet les détentions sans mandat.  De nombreuses photos montrent Patricia Bullrich devant les cellules remplies de détenus. La ministre, écrit le quotidien, a assuré qu'un des objectifs du gouvernement argentin est de construire des prisons à Buenos Aires qui copient le modèle salvadorien - particulièrement après l'escalade de violence due au trafic de drogue à Rosario, dans la province argentine de Santa Fe, précise El Cordillerano.Patricia Bullrich doit encore rencontrer plusieurs ministres, le chef de la police et le procureur général… Et le président Bukele, ce sera ce mardi (18 juin 2024) selon Clarin.Le vote difficile des Vénézuéliens installés en Argentine La présidentielle au Venezuela, c'est dans un peu plus d'un mois. Et les craintes sont grandes sur le déroulement du scrutin : sur la manière dont le président Maduro utilise l'État au service de sa campagne, mais aussi sur sa volonté d'exclure du scrutin un certain nombre de Vénézuéliens - ceux qui vivent à l'étranger notamment, plus à même de soutenir l'opposition. Ils sont plus de 7 millions et demi, et rencontrent aujourd'hui de très nombreuses difficultés pour s'inscrire sur les listes électorales. Le correspondant de RFI en Argentine Théo Conscience a ainsi rencontré Armando Noguera, qui s'est installé en Argentine en 2017 pour fuir le marasme économique de son pays. Mais il n'a pas pu s'inscrire pour la présidentielle de juillet : nous ne savons pas quand les inscriptions sur les listes électorales vont s'ouvrir, lui a dit le consulat vénézuélien à Buenos Aires, nous vous préviendrons sur les réseaux sociaux… « Ce qu'ils n'ont jamais fait », déplore le jeune homme de 34 ans. Deux jours avant la date limite, il apprend par un ami que les inscriptions ont finalement été ouvertes, mais il ne peut s'inscrire car son passeport est périmé – sa carte d'identité en cours de validité et nombre d'autres documents ne suffiront pas. Pour beaucoup de Vénézuéliens exilés parfois depuis des années, cette documentation peut s'avérer longue et couteuse à rassembler…Les quelque 150 000 Vénézuéliens en âge de voter résidant en Argentine n'ont finalement eu que 15 jours pour s'inscrire sur les listes électorales, au lieu des deux mois prévus initialement.Selon Alexander Galvis, le président de l'ONG Alianza por Venezuela, ces obstacles sont mis en place par le gouvernement de Nicolas Maduro pour entraver la participation des Vénézuéliens vivant en dehors de leur pays - que ce soit en Argentine ou ailleurs. Donald Trump et le vote noir Aux États-Unis, Donald Trump était en campagne ce week-end sur les terres démocrates à Detroit pour la bataille du vote des Noirs, dans le Michigan – un État-clé qu'il avait remporté en 2016, mais que Joe Biden avait récupéré en 2020. Dans cet État, la victoire se joue sur un écart d'à peine quelques milliers de voix… Et Donald Trump grignote de plus en plus le vote des Afro-Américains qui, depuis les années 60, ont toujours massivement voté démocrates. À Détroit, l'envoyé spécial permanent de RFI David Thomson a rencontré Randy : « Avant, je croyais que Trump était raciste et puis je suis allé dans un de ses meetings et tout le monde était sympa ! ». Randy, qui a longtemps voté démocrate, est maintenant persuadé que le républicain fera mieux que Joe Biden pour les Noirs.Après son meeting dans cette ville à 70% afro-américaine, Trump s'est rendu dans une église noire. Madeleine et Tracy, deux Afro-Américaines sexagénaires ont rencontré l'ancien président, et comptent aussi voter pour lui : « Les Noirs Américains donnent leurs voix aux démocrates depuis des années. Sauf que maintenant on réalise qu'avec eux, on existe uniquement au moment des élections ! » Aujourd'hui, près de 20% des Noirs se disent prêts à voter Donald Trump dans plusieurs États-clés. À lire aussiÉtats-Unis: à Detroit, Donald Trump à la conquête des voix des Afro-Américains Maryland et Marijuana Aux États-Unis, l'État du Maryland va annuler 175 000 condamnations prononcées au cours des dernières décennies pour consommation de marijuana. L'annonce a été faite dans leWashington Post par le gouverneur démocrate de cet État, Wes Moore. Environ 100 000 personnes condamnées pour possession de petites quantités de marijuana vont bénéficier de ce pardon. Le gouverneur le voit comme « une étape pour réparer des décennies d'injustice sociale et économique dont souffrent de manière disproportionnée les Noirs et autres minorités ». Wes Moore souligne que « les casiers judiciaires ont été utilisés pour les empêcher d'avoir un travail, un logement, d'aller à l'école – bloquant les familles longtemps après que les peines ont été purgées. » Le Baltimore Sun, un quotidien du Maryland, parle d'une décision « historique », et rappelle que les habitants de l'État ont voté en 2022 pour autoriser le cannabis récréatif - et que le gouverneur a signé l'an dernier (2023) une loi pour créer et réguler l'industrie du cannabis dans l'État.À lire aussiÉtats-Unis: le gouverneur du Maryland annule 175 000 condamnations pour usage de marijuana Aux États-Unis, le mouvement « Land Back »Le New York Times se penche sur le mouvement « Land Back » de réappropriation de terres par les tribus indiennes – plus particulièrement dans la région d'Owens Valley en Californie. Le quotidien parle d'un mouvement de « retour de terres » en plein essor. Il rappelle que lorsque les Européens sont arrivés, les tribus ont perdu presque toutes leurs terres – puis leur accès à l'eau, quand au début du XXème siècle ceux qui ont bâti la ville de Los Angeles ont construit un gigantesque aqueduc partant du lac Owens.Mais les tribus récupèrent peu à peu quelques terres – c'est aussi le cas dans l'Illinois et en Virginie. À Owens Valley, des groupes de défense de l'environnement travaillent avec les responsables indigènes pour que davantage d'eau reste dans la région – à cause de la demande en eau de Los Angeles, expliquent-ils, l'écosystème de la région survit à peine.À lire aussiEtats-Unis: les Amérindiens manifestent contre le pipeline du Dakota du Nord Le journal de La 1èreC'est la première fois dans l'histoire des JO que la flamme olympique traverse les Outremer : elle est arrivée dimanche soir en Martinique.

Journal d'Haïti et des Amériques
Inquiétudes sur les personnes transgenres au Pérou

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Jun 10, 2024 30:00


Comme chaque année, le mois de juin est synonyme de mois de Fiertés pour défendre les droits de LGBTQIA+. Dans de nombreux pays, marches et défilés sont organisés. Une des plus importantes du continent a eu lieu le 2 juin 2024 à Sao Paulo, au Brésil. Au Pérou, le défilé est annoncé pour la fin du mois, le 29 juin 2024. Il se tiendra avec un sentiment d'inquiétude pour les personnes transgenres. Le mois dernier, le ministère de la Santé péruvien a publié par décret une actualisation des schémas de soins. Les personnes transgenres y sont qualifiées comme ayant une « maladie mentale ». C'est le reportage de notre correspondante Juliette Chaignon. « Les yeux du monde devraient être sur Haïti » Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a repris ses activités à l'aéroport international de Port-au-Prince. Des vols humanitaires apportent à nouveau des produits de première nécessité, mais aussi des médicaments. Dans une interview avec RFI, réalisée par Aabla Jounaïdi, le chef du PAM, Jean Martin Bauer explique que l'organisation a réussi à fournir une aide alimentaire d'urgence à 93 000 personnes vivant à Cité Soleil. Selon Jean Martin Bauer, plus de cinq millions d'Haïtiens sont en situation d'insécurité alimentaire aiguë. Les besoins sont énormes. « Les yeux du monde devraient être sur Haïti pour pouvoir répondre à cette crise », souligne Jean Martin Bauer qui demande une stabilisation de ce contexte d'insécurité et souhaite qu'on apporte des réponses pour reconstruire les systèmes alimentaires haïtiens.3 policiers haïtiens tués à Delmas 18 Preuve de cette insécurité qui se poursuit, cet affrontement mortel entre forces de l'ordre et membres de gangs dimanche 9 juin 2024 à Delmas 18, le fief du chef de gang Jimmy Chérizier alias Barbecue. Trois policiers sont morts, c'est à la Une du Nouvelliste qui se fait aussi écho de l'état de santé du Premier ministre par intérim Garry Conille. Autre sujet dans la presse haïtienne, l'annonce du président kenyan William Ruto selon lequel le premier contingent kenyan en Haïti sera déployé dans les deux prochaines semaines.« L'effet Milei en Europe »Le résultat des élections européenne est commenté dans certains pays d'Amérique Latine, à commencer par l'Argentine, où le président Javier Milei s'est réjoui de la poussée de l'extrême droite. « Voilà une bonne nouvelle qui nous parvient du Vieux continent », a-t-il écrit sur son compte X, cité par le journal La Nacion. Le président argentin a aussi partagé plusieurs tweets de ses sympathisants qui parlaient d'un « effet Milei » en Europe.Un autre président latino-américain a choisi de commenter le résultat des élections européennes, mais c'était pour faire passer le message inverse : Il s'agit de Nicolas Maduro, en campagne pour sa réélection. Selon le dirigeant chaviste, ce sont des partis « néofascistes » qui ont remporté les élections européennes. Ces partis « gagneront là-bas, mais ils ne passeront pas ici », a déclaré Nicolas Maduro, en faisant allusion à l'opposition de droite au Venezuela. Des propos repris par El Nacional. Mais selon des sondages indépendants, cité par le journal El Pais, le rival de Nicolas Maduro, Edmundo Gonzalez Urrutia, avance de plus de 20 points le président sortant.Vers plus de protectionnisme ?Un autre pays qui regarde attentivement ce qui va se passer en Europe maintenant, c'est le Brésil. Oui, car l'Union européenne est le deuxième partenaire commercial du Brésil, derrière la Chine, rappelle Carta Capital. « La représentation accrue des partis d'extrême droite au Parlement européen se traduira par une pression plus forte en faveur de mesures protectionnistes telles que des droits de douanes plus élevés sur les produits provenant de l'extérieur de l'Europe ».Après sa condamnation, Donald Trump reprend les meetings de campagneDes millions de Trumpistes sont venus à Las Vegas hier, dimanche 9 juin 2024, acclamer leur candidat. L'ex président a notamment déroulé sa rhétorique anti-immigration, peut-on lire sur le site d'information Politico. Il a qualifié par exemple le Nevada, un État-clé de la présidentielle, de « décharge » pour les immigrés illégaux et a reproché au président Joe Biden d'avoir déclenché un « cauchemar » à cause de sa politique frontalière qui, selon Donald Trump, « a totalement détruit » les Afro-Américains et les Hispaniques.Le journal de La 1èreAux Antilles Guyane, le Rassemblement National a gagné du terrain dans ces élections européennes.

7 milliards de voisins
Reportage : Atlanta en lutte contre “Cop City”

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 27, 2024 48:30


A Atlanta dans le sud-est des États-Unis des manifestants écologistes et anti-racistes s'opposent à la construction d'un centre de formation pour la police et les pompiers. Voté en 2021 par la mairie démocrate d'Atlanta, ce lieu de formation s'étalerait sur 34 hectares d'une forêt située au sud de la ville pour un budget de 90 millions de dollars. Il doit inclure aussi un faux centre-ville pour que la police puisse s'exercer aux opérations urbaines, ce qui explique son surnom de « Cop City » : la ville des flics. Les opposants au projet constituent un mélange unique de militants écolo, de militants Afro-Américains et de Black Lives Matter ou avec d'autres revendications pour rediriger l'argent vers des programmes sociaux. Un long format d'Edward Maille, journaliste à Atlanta. Réalisation : Romain Dubrac. Programmation musicale :► Down in Atlanta – Pharell Williams et Travis Scott 

Un Jour dans l'Histoire
Les soldats noirs de Fort Huachuca

Un Jour dans l'Histoire

Play Episode Listen Later Mar 25, 2024 35:10


Nous sommes le 14 juillet 1944, au Fort Huachuca, en Arizona. Le soldat James Rucker, qui s'apprête à rejoindre le front en Italie, écrit à son épouse : « Bientôt je tournerai le dos à la ségrégation américaine sans le moindre regret. Ce ne sera pas un adieu à Jim Crow puisque l'armée semble s'être engagée à ce que je propage Jim Crow jusqu'aux coins les plus éloignés de la terre. (Les lois Jim Crow sont des lois promulguées par les législatures des États du Sud des , Etats-Unis, entre 1877 à 1964. Elles ont été mises en place pour entraver l'exercice des droits constitutionnels des Afro-Américains acquis au lendemain de la guerre de Sécession.) James Rucker poursuit : Pour aucune autre raison que Jim Crow, je me suis retrouvé affecté au camp le plus isolé du pays, aussi éloigné de toi que des théâtres d'opérations les plus lointains. J'espère revenir dans un Amérique qui ne sera plus ségréguée (…) Ici, j'ai vu et enduré autant le fascisme que ce à quoi je pouvais m'attendre faire l'expérience en Allemagne ou en Espagne. J'ai vu des abus perpétrés par un peuple entier de la manière la plus cynique possible en mentant au reste du monde. Un peuple qui prétendait apporter la liberté à l'ensemble du monde. Adieu, Amérique de Jim Crow. » Entre 1941 et 1945, trente mille soldats afro-Américains ont été confinés dans un camp militaire d'Arizona, un « poste noir » situé à la frontière avec le Mexique, très loin de toute communauté blanche. Quelles ont été leurs conditions de vie ? Jusqu'à quel point la ségrégation a-t-elle été imposée ? Partons sur les traces des soldats de Fort Huachuca… Invitée : Pauline Peretz de l'Université Paris 8 Vincennes-saint-Denis, directrice adjointe de l'Institut d'histoire du temps présent. Autrice de : « Une armée noire – Fort Huachuca, Arizona » éditions Seuil. Sujets traités : Fort Huachuca, soldats, noirs, James Rucker, Jim Crow, législatures, Etats-Unis, Sécession,fascisme Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be : https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement.

7 milliards de voisins
Harlem se transforme ou perd sa mémoire ?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Mar 19, 2024 48:30


Harlem, ce quartier de New York, centre des luttes pour les droits civiques des Afro-Américains, ne sera bientôt plus un quartier noir. En quelques décennies, ce quartier de Manhattan situé au nord de New-York a subi de profondes transformations. Lieu vivant de la culture noire américaine mais aussi ghetto, abandonné des politiques publiques, Harlem a changé de visage. L'effet de la hausse des prix de l'immobilier, la pression des acteurs privés et les choix des gouvernements municipaux successifs, ont obligé les habitants les plus pauvres, en majorité noirs, à quitter le quartier. Comment ce phénomène de gentrification s'est-il déployé à Harlem malgré les mobilisations, et l'histoire culturelle du quartier ?  Avec :• Charlotte Recoquillon, géographe, docteure en Géopolitique, enseignante à Science Po Paris et spécialiste des États-Unis, autrice de Harlem, une histoire de la gentrification (Editions de la Maison des sciences de l'Homme, 2024).Un reportage de Loubna Anaki sur la gentrification à Harlem  Et un entretien de Claire Bargeles sur le phénomène de la gentrification en Afrique du Sud.   En fin d'émission, on retrouve Mon premier stade. En cette année olympique, 8 milliards de voisins répond à toutes les questions que les enfants peuvent se poser sur le sport. Dans cet épisode, Juliette Brault répond à Raphaël, qui a une question sur le ping-pong.   Programmation musicale : • Harlem - Feu! Chatterton • Compare - Blinky Bill feat. Goldlink

C dans l'air
Trump : pourquoi l'Amérique en veut encore ? - L'intégrale

C dans l'air

Play Episode Listen Later Mar 6, 2024 62:33


C dans l'air du 6 mars - Trump : pourquoi l'Amérique en veut encore ? Mathématiquement, ce n'est pas encore fait, mais cela semble désormais pratiquement inéluctable. Comme en 2020, Joe Biden et Donald Trump devraient se retrouver face-à-face en novembre prochain lors de la présidentielle aux États-Unis. Les deux candidats ont multiplié les victoires lors du Super Tuesday, les primaires organisées hier dans quinze Etats. L'ancien président républicain a ainsi considérablement conforté son avance sur sa rivale Nikki Haley, qui n'a remporté que le Vermont cette nuit, et a annoncé son retrait de la course à l'investiture. Trois ans après l'assaut du Capitole et son départ mouvementé de la Maison Blanche, Donald Trump remporte donc un premier pari. Malgré ses nombreux procès judiciaires et ses premières condamnations, il s'est imposé, à 77 ans et en seulement deux mois, comme le grand gagnant des primaires républicaines, éliminant tour à tour ses rivaux. Il a d'ailleurs salué cette nuit « une soirée formidable » avant de dérouler ses thèmes de prédilection - la crise migratoire entre les États-Unis et le Mexique, la situation du pays - et de consacrer toutes ses attaques contre l'actuel président en répétant que les États-Unis étaient devenus ces trois dernières années un "pays du tiers-monde". Côté démocrate, Joe Biden a lui aussi fait le plein remportant mardi soir les treize premiers États en jeu, ainsi que l'Iowa qui organisait un vote par correspondance ces dernières semaines et a ciblé son adversaire. "Les résultats de ce soir donnent un choix très simple aux Américains : continuerons-nous à avancer ou laisserons-nous Donald Trump nous plonger dans le chaos, la division et l'obscurité comme il l'avait fait lors de son premier mandat ?", a interrogé le démocrate, accusant le milliardaire républicain d'être "déterminé à détruire la démocratie américaine". Le "match" retour entre Joe Biden et Donald Trump est cette fois bien lancé, même s'il ne soulève pas d'enthousiasme dans une large part de la population, et que la route des deux rivaux reste pavée d'embûches jusqu'à l'élection du mois de novembre. Tous deux vont devoir en effet rassembler au-delà de leurs très fidèles partisans. Dans un sondage de sortie des urnes en Caroline du Nord, par exemple, 62 % des électeurs républicains ont déclaré qu'ils ne voteront jamais pour Donald Trump le jugeant trop vieux et incapable. De son côté, dans un communiqué Nikki Haley a répondu à l'appel à rentrer dans le rang que "l'unité ne se décrète pas" et que «"beaucoup d'électeurs ont exprimé de profondes réserves". Donald Trump est par ailleurs empêtré encore dans de multiples affaires judiciaires. Il est visé par quatre inculpations pour un total de 91 chefs d'accusation, et ses prochaines semaines seront rythmées par les procès. Quant à Joe Biden, qui devait déjà convaincre que ses 81 ans ne sont pas un obstacle à sa réélection, il va devoir s'adresser aux nombreux électeurs qui ont choisi de déposés des bulletins blancs ("uncommitted"), en signe d'opposition à sa politique de soutien à Israël dans sa guerre contre le Hamas à Gaza. Un mouvement de protestation contre la politique de l'administration Biden au Proche-Orient qui englobe désormais des pans entiers du parti et des jeunes. Autre électorat qui pourrait être déterminant : les Afro-Américains qui représentent 13 % des électeurs. Selon un dernier sondage, Joe Biden reste en tête chez les Noirs américains, mais Donald Trump a grappillé 3 % et s'adresse depuis plusieurs semaines particulièrement à eux. LES EXPERTS : - Nicole BACHARAN - Historienne et politologue spécialiste des États-Unis, éditorialiste - Ouest France - Jean-Bernard CADIER - Ancien correspondant aux Etats-Unis, auteur de Joe Biden : de Scranton à la Maison Blanche - Gilles PARIS - Editorialiste – Le Monde, ancien correspondant à Washington, auteur de Amérique années Trump - Nicolas CONQUER - Porte-parole des Républicains Overseas en France - Mélissa BELL - Journaliste - Correspondante à Paris pour CNN DIFFUSION : du lundi au samedi à 17h45 FORMAT : 65 minutes PRÉSENTATION : Caroline Roux - Axel de Tarlé - REDIFFUSION : du lundi au vendredi vers 23h40 PRODUCTION DES PODCASTS: Jean-Christophe Thiéfine RÉALISATION : Nicolas Ferraro, Bruno Piney, Franck Broqua, Alexandre Langeard, Corentin Son, Benoît Lemoine PRODUCTION : France Télévisions / Maximal Productions Retrouvez C DANS L'AIR sur internet & les réseaux : INTERNET : francetv.fr FACEBOOK : https://www.facebook.com/Cdanslairf5 TWITTER : https://twitter.com/cdanslair INSTAGRAM : https://www.instagram.com/cdanslair/

Reportage International
États-Unis: l'histoire du racisme en Floride racontée dans les lieux de mémoire

Reportage International

Play Episode Listen Later Nov 1, 2023 2:33


En 2022, le gouverneur ultra-conservateur de Floride signait une loi visant à limiter l'enseignement du passé raciste dans les écoles de Floride. Selon Ron DeSantis, l'histoire de la ségrégation et de l'esclavage ne doit pas faire peser une culpabilité sur les épaules d'enfants qui n'en sont pas responsables. Cette loi baptisée le « STOP Woke Act » a déclenché un tollé parmi le corps enseignant et en particulier chez les historiens. Certains ont donc décidé de contre-attaquer en faisant visiter les lieux des lynchages pour affronter ce lourd héritage de l'ère ségrégationniste. C'est une rivière de Floride prisée des vacanciers, mais redoutée par les Afro-Américains. Douglas Udell 77 ans, a toujours refusé de s'y baigner : « Jamais, je ne mettrais les pieds dans la Suwannee River » dit ce vieil homme afro-américain né sous la ségrégation. « Car à cette époque, raconte-t-il, ces eaux maudites charriaient parfois des corps de victimes de lynchages racistes. Cette rivière a une mauvaise connotation pour ma famille. On nous a toujours dit de ne pas pêcher ici parce qu'on risquerait d'avaler un poisson qui s'est nourri de la chair des gens qui ont été lynchés et jetés dans la rivière. »Son grand-père a lui-même été lynché, alors aujourd'hui Douglas Udell fait son devoir de mémoire. Au bord de cette rivière, il accompagne un groupe d'étudiants. Le vieil homme leur raconte le passé raciste de l'Amérique, à travers une histoire dramatique, celle d'un adolescent de 15 ans tué ici en 1944 : « C'est ici que Willy James a été noyé. Il était accusé d'avoir envoyé une lettre d'amour à une fille blanche. Alors, ils sont allés le chercher chez sa mère. Ils ont pointé une arme sur elle et ils l'ont sorti. Ils l'ont conduit à la rivière. Ils lui ont attaché les mains et ils l'ont jeté à l'eau et il s'est noyé. Ces atrocités se passaient partout en Amérique. »« J'ai une question, demande Jonas, un étudiant, vous disiez que des corps ont été retrouvés un peu partout dans cette rivière. On a une idée du nombre de victimes ? »« Non, le chiffre est inconnu », répond Douglas. Aucun décompte des victimes ni aucune plaque commémorative. Ces étudiants de Floride n'en ont d'ailleurs jamais entendu parler à l'école et ce n'est pas par hasard selon eux, affirme cette étudiante : « Il y a beaucoup de "whitewashing", de blanchiment de l'histoire. Ils essayent de minimiser l'impact de tout cela sur les Afro-américains. »Ces étudiants suivent un historien afro-américain qui a décidé de partir en croisade contre les réformes éducatives du gouverneur ultra-conservateur de Floride. Ron DeSantis a restreint l'enseignement du passé raciste américain, accusé d'inciter les élèves à détester l'Amérique, il a aussi reformé l'enseignement de l'esclavage qui aurait eu, selon lui, des effets bénéfiques « Inacceptable », pour le professeur Marvin Dunn : « Quand l'État de Floride a demandé aux profs d'enseigner que l'esclavage avait été bénéfique pour les esclaves, je n'avais pas été aussi en colère depuis des années. Comment auraient-ils pu en bénéficier ? »Marvin Dunn conteste devant les tribunaux les réformes de ce gouverneur qu'il accuse de révisionnisme historique.