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Le Nouvel Esprit Public
Quelle politique de Défense ? / Le retour du protectionnisme

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Jan 29, 2023 63:57


N°282 / 29 janvier 2023Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 27 janvier 2023.Avec cette semaine :François Bujon de l'Estang, ambassadeur de France.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. QUELLE POLITIQUE DE DÉFENSE ?A Toulon, le 9 novembre, le président de la République a présenté la nouvelle Revue nationale stratégique. Rédigée en urgence pour tirer des leçons du conflit en Ukraine, elle constitue une première étape avant les débats sur la prochaine loi de programmation militaire 2024-2030. Le document liste dix objectifs stratégiques pour la défense des intérêts français, du maintien de la crédibilité de la dissuasion jusqu'au renforcement de la résilience nationale. Les fonctions stratégiques consacrées à l'anticipation, la dissuasion, la protection, la prévention et l'intervention sont élargies à l'influence, en étroite coopération avec la diplomatie. Elles se déclinent notamment dans la modernisation de la dissuasion nucléaire, la capacité à conduire la guerre de haute intensité, l'affirmation comme un acteur cyber de premier rang, la riposte aux menaces hybrides, la résilience de la nation et la mobilisation de l'économie au service de la défense. Le président a énuméré les conditions nécessaires pour que la France reste une « puissance d'équilibres » qui ne soit « ni alignée ni vassalisée ». La République populaire de Chine est désignée très clairement comme la future puissance ennemie des Occidentaux, du fait de sa volonté de déstabiliser le leadership mondial occidental ainsi que la gouvernance mondiale. Désormais, la lutte anti-terroriste n'est plus la priorité numéro un, mais c'est le durcissement des armées en vue d'une possible participation à un conflit majeur qui dictera la prochaine loi de programmation militaire. En Afrique, la France veut changer de modèle pour n'agir qu'à la demande des autorités africaines et seulement en appui de leurs armées. Il s'agit de basculer les forces françaises vers l'Est, avec la volonté d'inscrire la France comme un partenaire de premier plan de l'OTAN et de l'Europe. Une page se tourne.Afin de mettre en œuvre cette stratégie, le 20 janvier, sur la base de Mont-de-Marsan, le Président a présenté les grandes orientations de la loi de programmation militaire (LPM). Les armées françaises bénéficieront d'un budget de 413 milliards d'euros (400 milliards de crédits budgétaires et 13 milliards de recettes extra-budgétaires), sur la période 2024-2030. Soit 40% de plus que l'enveloppe de la précédente LPM et une moyenne de 59 milliards d'euros par an consacrés aux dépenses militaires. « En 2030, le budget des armées aura doublé depuis 2017 », a tweeté le 20 janvier le ministre des Armées, Sébastien Lecornu. Afin de pouvoir anticiper et conserver une autonomie de décision, le président a promis une très forte hausse du budget alloué au renseignement militaire. Soit près de 60% sur la période 2024-2030. Emmanuel Macron souhaite en particulier la mise en place d'une stratégie nationale d'influence pour mieux protéger le pays contre les attaques hybrides, et notamment les attaques informationnelles. Il utilise le terme de « transformation » pour caractériser cette nouvelle LPM, après que la précédente (2019-2023) a été qualifiée de « réparation ».Le projet de loi de programmation militaire devrait être déposé courant mars à l'Assemblée nationale, en vue d'une adoption avant le 14 juillet.***LE RETOUR DU PROTECTIONNISMEAprès quarante ans de mondialisation, les Etats se mettent à protéger au niveau national des pans entiers de leurs industries et de leurs économies. Dès la crise de 2008, provoquée par une défaillance du système financier américain, les vieux réflexes protectionnistes avaient déjà refait surface. En 2013, les Chinois avaient programmé des centaines de milliards de dollars d'aide publique pour déployer, jusqu'en 2025, la chaîne complète de fabrication des semi-conducteurs de demain. Depuis trois ans, avec le Covid, la guerre en Ukraine, la transition climatique, un même mot d'ordre s'est imposé, de Pékin à Washington : celui de protéger les populations, mais aussi les marchés, des aléas extérieurs. Classiquement, le protectionnisme définit une politique qui vise à diminuer les importations. Le concept s'est élargi ces derniers temps jusqu'à embrasser toute mesure de soutien national dont l'augmentation des tarifs douaniers, la distribution de subventions, les mesures réglementaires ciblées, les politiques de soutien à l'industrie et à l'innovation... Avec un objectif principal : fabriquer soi-même les produits incontournables pour assurer croissance et souveraineté. Le prix à la consommation n'est plus l'unique critère du succès d'un service ou d'un bien. Les conditions de production comptent aussi notamment le souci de l'environnement, du maintien de l'emploi sur place, du raccourcissement des chaînes de production.Aux États-Unis, l'Inflation Reduction Act (IRA) de Joe Biden, visant à faciliter la transition énergétique, entré en vigueur le 1er janvier est doté de 369 milliards de dollars de subventions, de primes, d'exemption d'impôts pour les fabricants de batteries et de voitures électriques à condition qu'elles soient, les unes et les autres, assemblées aux Etats-Unis. Cette politique industrielle volontariste a suscité l'inquiétude des Européens, car l'IRA risque d'entraîner une diminution des exportations vers les Etats-Unis sur les produits aidés, une moindre attractivité de l'Europe en termes d'investissements étrangers et des délocalisations vers les Etats-Unis. A Bruxelles, une série de lois ont été adoptées contre les entreprises étrangères dopées aux subventions, contre la coercition économique, sur la réciprocité des marchés publics et sur la nécessité de protéger ses intérêts en cas de pénurie mondiale. On y parle désormais relocalisation, réindustrialisation, politique industrielle commune et même souveraineté économique. A Davos, le 17 janvier, la présidente de la Commission européenne a annoncé une législation sur une « industrie à zéro émission nette ». Elle a proposé la création d'un « fonds de souveraineté » européen qui permette l'accès de tous à des moyens comparables, y compris des « aides anti-délocalisation ». Pas question à ce stade de lever de nouveaux emprunts communs, après le plan de relance massif post-Covid à 750 milliards d'euros. Il s'agirait plutôt de recycler et de réorienter des reliquats de ce fonds, ainsi que des ressources du budget de l'UE. La Commission doit affiner ses propositions d'ici au début février et les chefs d'État et de gouvernements tenteront de trouver un accord lors d'un sommet extraordinaire les 9 et 10 février.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Le Nouvel Esprit Public
Retraites : une réforme mal accueillie / La relation franco-allemande

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Jan 22, 2023 60:01


N°281 / 22 janvier 2023Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 20 janvier 2023.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.RETRAITES : UNE RÉFORME MAL ACCUEILLIELe 10 janvier, la Première ministre a présenté les différentes mesures de sa refonte controversée du régime de retraites. Le recul de l'âge légal de départ de 62 ans actuellement, à 64 ans d'ici à 2030 sera couplé à un allongement de la durée de cotisation, qui interviendra plus rapidement que prévu : il faudra avoir cotisé quarante-trois ans dès 2027 au lieu de 2035 pour obtenir une pension de retraite à taux plein. Ce nouveau système actera par ailleurs « l'extinction des principaux régimes spéciaux ». Le minimum de pension sera relevé à 85 % du smic net, « soit près de 1 200 euros par mois dès cette année », pour les futurs retraités ayant une carrière complète, mais aussi pour ceux d'aujourd'hui. Un dispositif « carrières longues » sera préservé. Afin de favoriser le maintien au travail des seniors, le gouvernement veut créer un « index seniors ». Concernant le facteur pénibilité, les trois critères abandonnés en 2017 (port de charges lourdes, postures pénibles et vibrations mécaniques) devraient être réintégrés, sous réserve d'un examen médical. Les périodes de congés parentaux seraient désormais prises en compte. Selon le ministre de l'Économie, la réforme des retraites pourrait rapporter 17,7 milliards d'euros aux caisses des retraites d'ici à 2030 et pourrait créer 100.000 emplois d'ici à 2025. Selon ces calculs, l'exécutif disposera d'une cagnotte de 4,2 milliards d'euros pour financer des mesures d'accompagnement, dont quelque 3,1 milliards d'euros serviront à financer les départs en retraite anticipés pour inaptitude ou invalidité.Plus de deux tiers des Français (68 %) sont défavorables au report de l'âge légal, même à 64 ans, selon un sondage IFOP pour Fiducial. Dès l'annonce du plan, les dirigeants des huit grands syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU) ont appelé avec succès à une première journée de grève et de manifestation le 19 janvier. Les organisations syndicales sont opposées à tout relèvement de l'âge légal, estimant qu'il affecterait surtout les plus modestes, qui ont commencé à travailler tôt et ont déjà leurs trimestres à 62 ans. La droite, qui avait affirmé être prête « à soutenir une réforme » des retraites, à « quelques conditions », s'est dite « satisfaite d'avoir été entendue » par le gouvernement, notamment quant à la chronologie du report de l'âge de départ à la retraite et à la revalorisation des petites pensions. Le syndicat patronal Medef a salué « les décisions pragmatiques et responsables » tout en se disant « opposé au principe d'un index seniors ». Pour le leader de La France insoumise « la réforme Macron-Borne, c'est une grave régression sociale », tandis que le premier secrétaire du Parti communiste français a dénoncé un « projet brutal de recul de l'âge de départ en retraite ». La présidente du Rassemblement national a fait part de sa « détermination pour faire barrage » à la réforme « injuste » des retraites présentée par la Première ministre.***LA RELATION FRANCO-ALLEMANDE Ce dimanche à Paris, on célèbre le 60e anniversaire du Traité de l'Elysée, colonne vertébrale de la relation franco-allemande, signé le 22 janvier 1963 par le Général de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenauer pour sceller officiellement la réconciliation entre les deux pays. Cérémonie à la Sorbonne ce matin, suivie d'un Conseil des ministres franco-allemand à l'Élysée. Celui-là même qui avait été reporté fin octobre sur fond de dissensions bilatérales, et de glissement du cœur de l'Europe vers l'Est avec la guerre en Ukraine qui bouleverse l'équilibre du moteur franco-allemand.Les motifs d'incompréhension, voire de discorde, sont apparus depuis qu'Olaf Scholz a succédé à Angela Merkel en décembre 2021, notamment sur le prix du gaz, le nucléaire, le Système de combat aérien futur ou la défense antimissile européenne - pour laquelle Berlin prône une solution concurrente de celle de Paris. Emmanuel Macron n'a pas apprécié d'avoir été écarté de la visite du chancelier allemand à Pékin, le 4 novembre. Il n'a pas non plus été informé à l'avance de la mise en place d'un plan d'aide allemand de 200 milliards d'euros pour compenser la crise énergétique. Olaf Scholz reproche au président français d'avoir tué dans l'œuf le projet de gazoduc MidCat (Midi-Catalogne), soutenu par Berlin. En matière d'énergie, l'Allemagne a choisi une politique de transition vers le tout renouvelable, couplée au gaz, tandis que la stratégie française repose sur le nucléaire qu'Emmanuel Macron veut renforcer avec de nouveaux EPR. En août, à Prague, le chancelier a dessiné sa vision de l'Europe, comprenant de nombreux points de convergence avec celle d'Emmanuel Macron, mais sans mentionner une seule fois l'axe franco-allemand. Derniers incidents en date : Emmanuel Macron a annoncé la livraison de chars de combat légers à l'Ukraine le 4 janvier, sans crier gare, conduisant Berlin et Washington à sortir du bois avec la même annonce le lendemain, puis le 17 janvier, à Davos, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a détaillé la réponse de la Commission européenne à l'Inflation Reduction Act (IRA) américain, avec notamment la création d'un fonds commun pour soutenir les industries vertes et un assouplissement temporaire du cadre des aides d'Etat. Une solution défendue par Paris, mais critiquée par Berlin.Afin de rapprocher les points de vue, après Olaf Scholz, les partenaires de la coalition allemande ont été conviés pour la première fois à l'Élysée et Élisabeth Borne a pris le chemin de Berlin le 25 novembre. Un groupe de quelques Françaises et Français, dont le diplomate Maurice Gourdault-Montagne, et notre ami Matthias Fekl, a pris l'initiative de créer une Académie franco-allemande de Paris, comme il existe une Académie de Berlin depuis 2006.Il se murmure que le travail entamé à Paris en janvier pourrait aboutir à une visite d'État du président français en Allemagne l'été prochain.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Le Nouvel Esprit Public
8 milliards, est-ce tenable ? / L'avenir de la Nupes / n°272 / 20 novembre 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Nov 20, 2022 64:21


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 18 novembre 2022.Avec cette semaine :Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du quotidien La Croix.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.8 MILLIARDS, EST-CE TENABLE ?Selon l'estimation officielle des Nations unies, le cap des 8 milliards d'habitants a été franchi ce 15 novembre 2022, et devrait atteindre 10 milliards d'ici 2080. Le premier seuil est « un important jalon du développement humain » et un rappel de « notre responsabilité partagée de prendre soin de notre planète », a souligné le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, au moment même où se déroule la COP27 en Égypte. En à peine plus de 200 ans, la population mondiale a été multipliée par huit. 60% de la population mondiale vit dans des pays où le taux de fécondité est inférieur au seuil de remplacement de 2,1 enfants par femme. Les 2 milliards de Terriens supplémentaires attendus d'ici à la fin du siècle naîtront principalement en Asie, dans une bande entre Kazakhstan et Pakistan, mais surtout en Afrique, dont la population devrait tripler. D'ici à 2050, huit pays seulement concentreront la moitié de la croissance démographique : la RDC, l'Égypte, l'Éthiopie, l'Inde, le Nigeria, le Pakistan, les Philippines et la Tanzanie. Autant de zones particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique.Les ONG Global Footprint Network et WWF soulignent qu' aujourd'hui, nous consommons plus de ressources biologiques (forêts, poissons, terres...) que ce que la terre peut régénérer chaque année et cette surconsommation, notamment d'énergies fossiles, entraîne toujours plus d'émissions de CO2. Elles considèrent qu' il faudrait 1,75 Terre pour subvenir aux besoins de la population de façon durable. Si tout le monde vivait comme un habitant de l'Inde, l'humanité n'aurait besoin que de 0,8 planète chaque année, contre plus de 5 planètes pour un habitant des Etats-Unis, selon les deux ONG. Côté climat, le dernier rapport des experts climat de l'ONU (Giec) notait que si la croissance de la population est bien un des moteurs majeurs de la hausse des émissions de gaz à effet de serre, elle l'est toutefois moins que la croissance économique. En matière d'atteinte à l'environnement, le nombre importe considérablement moins que le mode de vie. Un Américain émet en moyenne 17 tonnes de CO2 par an, un Indien 1,76 et un Éthiopien 0,19... Selon l'économiste Alban Thomas, la planète dispose d'assez de ressources pour nourrir 10 milliards d'êtres humains, mais cela nécessiterait de profonds changements dans nos modes de production et nos régimes alimentaires.L'humanité va vieillir. Depuis 2018, les plus de 65 ans sont plus nombreux que les enfants de moins de 5 ans et en 2050, leur proportion aura doublé, ils pèseront 16 % de la population mondiale.***L'AVENIR DE LA NUPESEn six mois d'existence, la Nupes a déjà dû affronter plusieurs crises. Dès la rentrée, la France Insoumise s'est retrouvée dans la tourmente avec la mise en retrait du député Adrien Quatennens, qui avait reconnu des faits de violences conjugales. Les écologistes ont également été secoués par l'affaire Bayou. Selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, 64 % des Français estiment que ces incidents ont « décrédibilisé l'ensemble » de cette alliance. Ils sont également une majorité à le penser chez les sympathisants de gauche (52 %). Tandis que des divergences sont apparues sur Taïwan, sur la dénonciation de l'apartheid en Palestine ou encore sur la valeur travail, les partis de la coalition ont dû, dans la foulée, ferrailler ensemble contre le budget imposé par le gouvernement à coups de 49.3. Alors que la première motion de censure a été portée le 24 octobre par toute la Nupes, des désaccords sont apparus sur l'opportunité d'en déposer une à chaque utilisation du 49.3 par Élisabeth Borne. Le 31 octobre, le groupe LFI a voté comme un seul homme en faveur de sa nouvelle motion de censure, mais près de la moitié des députés PS (12 sur 31) a manqué à l'appel. La déperdition a été moindre au sein des communistes, puisque 6 membres sur 22 ont refusé de soutenir la motion Insoumise, comme chez les écologistes (4 sur 23). Chaque fois les voix du Rassemblement national se sont joints à celles de la Nupes.De nouvelles divergences apparaissent aujourd'hui au sein de l'alliance au sujet de la sécurité. Alors que le projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur est examiné depuis le 14 novembre à l'Assemblée nationale, la Nupes tente d'harmoniser sa stratégie malgré des positions discordantes de ses différentes composantes sur la sécurité. Le gouvernement propose d'investir 15 milliards d'euros d'ici 2027 pour recruter notamment 8.500 policiers et gendarmes sur cinq ans et pour la transformation numérique du ministère. Si les socialistes ne se prononcent pas contre ce texte, en revanche, les insoumis, les communistes et les écologistes le rejettent. Récits pluriels également sur l'immigration. Alors que l'affaire de l'Ocean-Viking, le navire transportant quelques 234 migrants, dont 37 enfants, accueilli le 11 novembre à Toulon, a rouvert le dossier de l'immigration, le gouvernement prépare un nouveau projet de loi sur le sujet. Différentes sensibilités émergent de nouveau au sein de la Nupes. Le PS ne voit pas d'un mauvais œil la mise en place d'un titre de séjour pour les métiers en tension tandis que Jean-Luc Mélenchon continue de surfer sur une ligne de crête, entre discours humanitaire et reconnaissance des frontières et que l'hypothèse d'un titre de séjour hérisse le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel.Dans les mois à venir, plusieurs échéances internes attendent les différentes composantes de la Nupes. À partir du 10 décembre, les écologistes seront en congrès. Le même jour, la France Insoumise tiendra son assemblée représentative. Les socialistes suivront en janvier, alors que la ligne tenue par Olivier Faure est contestée par un certain nombre d'entre eux. Le Parti communiste fermera le ban avec son congrès en avril.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Thématique : Jamais frères ? Ukraine et Russie : une tragédie postsoviétique / n°271 / 13 novembre 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Nov 13, 2022 59:30


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 7 octobre 2022.Avec cette semaine :Anna Colin Lebedev, chercheuse spécialiste des questions post-soviétiques, maîtresse de conférences à l'université Paris-Naterre.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.Six mois après l'invasion russe en Ukraine, Anna Colin Lebedev, chercheuse française « d'origine soviétique », comme vous aimez à vous présenter, maîtresse de conférences à l'université Paris-Nanterre et spécialiste des sociétés post-soviétiques, dans votre ouvrage « Jamais frères ? (Le d'interrogation est important) Ukraine et Russie : une tragédie postsoviétique », vous vous attachez à déconstruire le mythe des « frères » slaves. Vous décryptez les similarités entre les sociétés russe et ukrainienne, le poids des traumatismes du XXe siècle et les trajectoires de plus en plus divergentes que les deux pays ont suivies depuis 1991.A l'époque de l'Union soviétique, vous rappelez-vous, la Russie était le centre, et l'Ukraine une périphérie. L'homogénéisation s'est faite en écrasant un certain nombre de différences, l'histoire commune avait été écrite en gommant certains aspects gênants qui ne rentraient pas dans le récit officiel. Les trajectoires contraires suivies par les sociétés russe et ukrainienne ne sont pas un argument suffisant pour expliquer la guerre entre les deux pays, observez-vous. Mais un certain nombre de sujets aident à comprendre ce qui se joue aujourd'hui. Sujets que vous passez au crible : rapport à l'histoire soviétique, construction d'une mémoire de la grande famine et de la Seconde Guerre mondiale, place des communautés juives et de la mémoire de la Shoah, rapport au pouvoir politique, rapport à la violence, place des langues. Votre livre décrit également la fracture entre les deux sociétés, lorsque Russes et Ukrainiens ont cessé, en 2014, de partager la même vision de ce qui se joue entre les deux pays, en Crimée et dans le Donbass. En 2022, la fracture s'est transformée en rupture.Ce qu'on présentait comme une fraternité, disent les Ukrainiens, s'est révélé un rapt. Côté russe, l'Ukraine serait une Russie transformée en anti-Russie par l'Occident hostile. La ligne de fracture que dessinent les deux discours montre bien, soulignez-vous, la nature existentielle d'une guerre qu'on ne peut réduire à une volonté de conquête territoriale ou d'accès à des ressources naturelles ou économiques. Existentielle, car pour l'Ukraine : soit elle parvient à vaincre la Russie - ce qui veut dire que Moscou renonce à toute prétention territoriale et d'influence sur l'Etat ukrainien - soit elle cesse d'exister. Contrairement à la société ukrainienne, la société russe, en grande partie aveugle à cette guerre conduite en son nom, n'a pas l'expérience de protestations qui auraient réussi. Vous dressez le portrait d'une société russe convaincue de son impuissance et soutenant sans enthousiasme une guerre qu'elle ne peut pas ou peu critiquer et qui ne réalise pas encore la profondeur de la déchirure, qui est pourtant entérinée du côté de l'agressé, l'Ukraine. Pour les Ukrainiens, désormais, tout ce qu'il pourrait y avoir de commun avec les Russes – la langue, les références culturelles partagées, la mixité, les souvenirs de l'époque soviétique - n'est plus vu que comme l'effet d'une domination ou d'une oppression. On avait pensé, à tort, les comptes de l'Union soviétique soldés lorsqu'elle s'était dissoute sans conflictualité majeure en 1991 écrivez-vous, le vrai prix à payer nous est donné aujourd'hui.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Brouille franco-allemande / Transition écologique : quel pilote quelles étapes ? / n°269 / 30 octobre 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Oct 30, 2022 65:51


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 28 octobre 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. BROUILLE FRANCO-ALLEMANDEA trois mois du soixantième anniversaire du traité de l'Élysée, qui a scellé la réconciliation entre la France et l'Allemagne, et jeté les bases de la coopération entre les deux pays, les relations bilatérales entre Paris et Berlin sont au point bas. Les sujets de discorde se sont accumulés ces dernières semaines, poussant au report inopiné à janvier 2023 du conseil des ministres franco-allemand prévu à Fontainebleau le 26 octobre, le premier depuis l'accession du dirigeant social-démocrate Olaf Scholz au pouvoir. Il s'agit d'une décision sans précédent depuis l'institution de ces rendez-vous annuels instaurés en 2003 par Jacques Chirac dans le cadre du traité de l'Élysée. Une annulation symptomatique d'un « dialogue dysfonctionnel », estime Éric-André Martin, secrétaire général du Comité d'étude des relations franco-allemandes. La liste des différends qui secoue le « couple » franco-allemand mais qu'on appelle ainsi seulement du côté français, est aujourd'hui très longue.Dans la défense, plusieurs projets communs font du surplace, qu'il s'agisse de l'avion du futur ou de la prochaine génération de chars. Le projet de bouclier antimissiles conduit par l'Allemagne au sein d'un groupe de 14 pays dont les États-Unis et Israël, mais sans la France qui mène le sien propre, a tendu encore un peu plus les relations. Dans l'énergie, au nom de la défense des mécanismes du marché, Berlin bloque sur le principe d'un plafonnement du prix du gaz poussé par la France, tandis que Paris ne veut pas entendre parler d'un projet de gazoduc reliant l'Espagne au reste de l'Europe pour alimenter l'industrie allemande. Sur le plan économique, la France n'a pas apprécié que le chancelier allemand annonce sans prévenir un plan de soutien à son économie de 200 milliards d'euros, interprété comme une remise en question des principes de concurrence au sein de l'Union européenne. Paris est également agacé par le refus allemand d'un financement communautaire des dépenses énergétiques de l'UE, qui serait analogue au fonds de relance mis en place naguère par Angela Merkel et Emmanuel Macron dans le cadre de la pandémie de Covid-19. Même le rythme de la construction européenne fait l'objet de débats. Quand Berlin défend un élargissement vers l'est, Paris plaide pour un approfondissement de l'intégration, sans craindre une Europe à plusieurs vitesses. La guerre en Ukraine est en train de modifier les équilibres en Europe, déplaçant son centre de gravité vers l'est.En conséquence, seule une entrevue restreinte entre le président Emmanuel Macron et le chancelier Olaf Scholz a finalement été organisée à Paris, le 26 octobre. A l'issue, la France et l'Allemagne ont salué un « dialogue constructif » malgré l'annulation de la conférence de presse commune. L'Élysée a ajouté que la rencontre avait conduit à la mise en place de groupes de travail en matière d'énergie, de défense et d'innovation.***TRANSITION ÉCOLOGIQUE : QUEL PILOTE QUELLES ÉTAPES ?Candidat à sa réélection, Emmanuel Macron avait promis « mon second mandat sera écologique ou ne sera pas ». Ancienne ministre de la Transition écologique, la Première ministre a présenté le 21 octobre la méthode du gouvernement pour « planifier » la transition écologique. « Un défi immense » souligne-t-elle, alors que « nous devons faire en huit ans plus que ce que nous avons fait en trente-deux ans ». Pour atteindre les objectifs de sortie des énergies fossiles, de réduction de 55 % de nos émissions de gaz à effet de serre dès 2030 et de neutralité carbone en 2050, Elisabeth Borne appelle à une mobilisation générale, sous la bannière « France nation verte ». Elle se déclinera à travers vingt-deux chantiers, allant du transport au logement, en passant par la façon de produire, de consommer, mais aussi par la préservation de la biodiversité et des écosystèmes. Ils feront chacun l'objet d'un « plan d'actions ». Aux ministres en charge d'engager des concertations avec les acteurs économiques et politiques concernés avant mi-novembre, pour aboutir d'ici la fin de l'année à des feuilles de routes de la transition. Indicateurs, tableaux de bord et rendez-vous réguliers doivent permettre de suivre l'avancement des différents chantiers. Grâce à un site Internet on pourra connaître l'avancement des mesures à partir de la fin de l'année. Certaines ont déjà été lancées, comme le plan sobriété ou le projet de loi sur les énergies renouvelables qui doit venir en débat le 31 octobre au Sénat. Les milliards investis, dans la rénovation thermique des bâtiments, dans le plan vélo, dans l'hydrogène, étant déjà connus, la Première ministre a tracé de grandes lignes sans rentrer dans le détail des mesures : développement des véhicules électriques, du train, de l'avion bas carbone, du recyclage, d'une nouvelle gestion de l'eau, de l'hydrogène, de l'isolation des bâtiments, des investissements verts...Parallèlement, le gouvernement prévoit sept chantiers « transversaux » : financements, accompagnement social, emplois, sobriété, exemplarité des services publics et planification territoriale. Ces « chantiers » seront pilotés directement depuis Matignon, sous l'égide du Secrétariat général à la planification écologique créé fin mai et dirigé par Antoine Peillon. Afin de plancher sur les mesures, le gouvernement s'appuiera sur un Conseil national de la refondation climat et biodiversité - un organe supplémentaire de consultation lancé le 21 octobre - regroupant des représentants de la société civile et des secteurs économiques. À terme, il devrait se décliner à l'échelon territorial. Etat, collectivités locales, entreprises et ménages, tous doivent apporter leur contribution et faire converger leurs efforts.Les plans climat dont s'est déjà dotée la France s'enchaînent : après la stratégie nationale bas carbone, le plan national d'adaptation au changement climatique, bientôt la loi de programmation énergie climat qui doit être adoptée d'ici juillet 2023.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Le Nouvel Esprit Public
Bada # 157 : Les questions du public (guerre en Ukraine et futur budget) / 5 octobre 2022

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Play Episode Listen Later Oct 5, 2022 31:55


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l'École alsacienne le 2 octobre 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Le Nouvel Esprit Public
Guerre en Ukraine, après l'annexion de quatre régions / Peut-on dépenser sur tous les fronts ? / n°265 / 2 octobre 2022

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Oct 2, 2022 66:09


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l'École alsacienne le 2 octobre 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit. GUERRE EN UKRAINE, APRÈS L'ANNEXION DE 4 RÉGIONS Face aux succès de la contre-offensive ukrainienne, notamment entre Kharkiv et Izioum, ces dernières semaines, Vladimir Poutine a choisi l'escalade. Après avoir annoncé la tenue de référendums dans quatre régions ukrainiennes contrôlées par Moscou en Ukraine, après avoir décrété le 21 septembre la « mobilisation partielle » des réservistes de son armée, entre 300.000 et 1 million d'hommes selon les sources - une initiative sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale – le président russe a de nouveau procédé à un chantage nucléaire.L'appel à la mobilisation a provoqué un vent de panique en Russie : des manifestations contre l'appel sous les drapeaux se sont déroulées dans une quarantaine de villes du pays, notamment au Daguestan, dans le Caucase, l'une des régions ayant payé le plus fort tribut à la guerre en Ukraine en hommes tombés au front. Plusieurs centres d'appel sous les drapeaux à Nijni-Novgorod, Orenbourg et Saint-Pétersbourg, ont été incendié. Plus de 2.400 personnes ont été arrêtées depuis l'annonce de la mobilisation. Des milliers de jeunes Russes se sont rués dans les aéroports et aux frontières pour tenter d'échapper à l'enrôlement. Cette nouvelle vague d'exode a déferlé sur les pays voisins, telle la Géorgie, avant que certains ne ferment leurs frontières, à l'exemple de la Finlande et des pays Baltes. Le Kazakhstan a indiqué mardi que 98.000 Russes avaient déjà trouvé refuge sur son territoire.Les scrutins ont été organisés en urgence du 23 au 27 septembre, dans les régions de Zaporijjia, Kherson, Louhansk et Donetsk. Mardi, les autorités prorusses revendiquaient la victoire avec 93%, 87%, 98% et 99% de « oui » à l'annexion à la Russie. Les fraudes et les pressions ont été patentes : les agents électoraux se sont déplacés au domicile des électeurs, accompagnés de soldats ; les bureaux de vote, également placés sous haute surveillance, ne disposaient souvent pas d'isoloirs. Qualifiés de « mascarades » par Paris et de « simulacres » par l'Ukraine, ils ont suscité de la réprobation jusqu'à Pékin et Ankara.Vendredi Poutine a officialisé l'annexion des quatre régions ukrainiennes et promis de les défendre « par tous les moyens possibles » tout en se disant prêt à retourner à la table des négociations. Il s'est ensuite livré à une diatribe non plus contre Kiev mais contre l'Occident tout entier, accusant les Etats-Unis et l'Union européenne d'être des puissances « russophobes », « haïssant la vérité » et « colonisatrices », qui imposent un « diktat sur le monde » en usant de « racisme », de « barbarie » et même de « satanisme ».Peu après, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que son pays était candidat à rejoindre au plus vite l'Otan. Pour Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie-Nouveaux Etats indépendants, à l'Institut français des relations internationales, « le risque d'une confrontation potentielle directe entre la Russie et l'OTAN n'a jamais été si élevé ».***PEUT-ON DÉPENSER SUR TOUS LES FRONTS : DÉFENSE, ÉCOLOGIE, ÉDUCATION, SANTÉ ? Le 26 septembre, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a présenté un budget 2023 de « protection » et de « plein emploi », calculé « à l'euro près ». Le projet de loi de finances entérine une hausse de 24 milliards des crédits ministériels et une augmentation des effectifs de l'État de plus de 10.000 postes l'an prochain. Le bouclier tarifaire sera reconduit en 2023, mais les particuliers devront encaisser une augmentation de 15 % des factures de gaz et d'électricité.Le ministère du Travail et de l'Emploi en passant de 14,5 à 20,7 milliards d'euros, bénéficie de la hausse de crédits la plus importante. Ses effectifs devraient aussi gonfler d'un millier de personnes. L'éducation voit son budget renforcé et passe de 56,5 milliards d'euros à 60,2 milliards. Avec la dégradation spectaculaire de l'équilibre international, le budget des armées a été augmenté de 3 milliards et atteindra 43,9 milliards d'euros. Le ministère de l'Agriculture sera doté d'un budget de 5,987 milliards d'euros, en hausse de plus de 20%. Dans ce budget qui fait la part belle aux ministères régaliens, celui de la Justice voit sa dotation passer de 8,9 à 9,6 milliards d'euros. Cette augmentation s'explique principalement par le recrutement de 2.300 personnels supplémentaires. Le budget 2023 du ministère des Outre-mer est en hausse de 11%, atteignant les 2,4 milliards d'euros de crédits budgétaires, avec notamment une augmentation des crédits du service militaire adapté. Avec la création de 3.100 postes supplémentaires, le ministère de l'Intérieur est celui qui enregistrera la plus grande hausse d'effectifs en 2023. Le budget alloué aux « Sécurités » passe ainsi de 14,7 à 15,8 milliards d'euros. Les quelques rares ministères perdants sont celui de l'Économie qui voit ses crédits passer de 4,1 à 3,7 milliards d'euros et la suppression de 508 postes ; le budget du ministère des Anciens combattants passe, lui, de 2,1 à 1,9 milliard d'euros. Enfin, certains plans d'investissements vont réduire la voilure en 2023.Au total, l'exécutif prévoit un bond des dépenses de près de 40 milliards d'euros entre la loi de finances initiale en 2022 et le projet de loi de finances 2023 passant de 461,5 milliards d'euros à 500,2 milliards d'euros l'année prochaine. Cette enveloppe pourrait être amenée à gonfler en fonction de l'évolution du contexte géopolitique et des prix de l'énergie. Le Haut Conseil des finances publiques, un organisme indépendant rattaché à la Cour des comptes a jugé « peu ambitieuse » la trajectoire de maîtrise des finances publiques sur les cinq prochaines années. Il estime que « l'effort de la maîtrise de la dépense n'est que partiellement documenté ». En 2022, le taux d'endettement public est de 116 % du PIB, le déficit public de l'ordre de 5,5 % du PIB.Plusieurs partis d'opposition (Nupes, Rassemblement national) ont déjà fait savoir qu'ils n'allaient pas voter ce budget.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Refondation nécessaire ? Concertation possible ? / Tensions à Taïwan / n°262 / 11 septembre 2022

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Play Episode Listen Later Sep 11, 2022 61:28


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 9 septembre 2022.Avec cette semaine :Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Richard Werly, correspondant à Paris du quotidien helvétique Blick. REFONDATION NÉCESSAIRE ? CONCERTATION POSSIBLE ?Le président de la République a lancé jeudi, à Marcoussis dans l'Essonne, le Conseil national de la refondation (CNR), symbole de sa « nouvelle méthode » : le dialogue. Selon l'Élysée, « il s'agit de revivifier notre démocratie et faire face à d'immenses défis », de « recréer la confiance ». Le Haut-Commissaire au Plan et principal allié de LREM François Bayrou (MoDem) en est le secrétaire général. Parmi les thèmes abordés figurent le plein emploi, l'école, la santé, le bien-vieillir et la transition écologique. Destiné à réunir acteurs politiques, syndicats, associations et citoyens pour réfléchir aux grands sujets du moment, le CNR est qualifié de « bidule macroniste » par Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, d'« objet politique non identifié », par le sénateur socialiste Patrick Kanner ou de « saison 2 du bla-bla » par le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. De LR au Rassemblement national en passant par les Verts, les « insoumis », les socialistes et les communistes, tous ont fait savoir qu'ils boycotteraient les discussions. Même l'ancien Premier ministre, Edouard Philippe sera absent. Le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher redoute que le CNR ne vise à contourner le Parlement. D'autres soulignent une instance à faible valeur ajoutée au regard du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Même si l'Élysée martèle qu'« il s'agit d'une méthode de concertation, et non d'une nouvelle structure ou institution ». En revanche, les principales associations d'élus ont finalement accepté de participer à son lancement après avoir obtenu des réunions régulières avec Emmanuel Macron. Le Medef, La CFDT, la CFE-CGC et la CFTC ont également répondu à l'invitation.L'idée, de ce CNR avait été lancée par Emmanuel Macron juste avant les élections législatives de juin dernier. Le « clin d'œil » au Conseil national de la résistance est assumé. Fondé par Jean Moulin en 1943, il avait adopté en 1944 un programme pour relever la France anéantie par l'occupation nazie. Un programme qui dessinait notamment les contours de l'État-providence. Regroupant tous les mouvements politiques de la Résistance intérieure, ce fut un moment rare d'union nationale avant que la politique et ses divisions ne reprenne ses droits en 1947. « Nous vivons un temps comparable, a assuré Emmanuel Macron. Nous sommes dans une ère historique qui impose de changer profondément de modèle et puis la guerre est là ».La journée de jeudi a démarré par un état de la situation du pays : une présentation des finances publiques par Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, de l'économie par François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, et des enjeux climatiques par Corinne Le Quéré, présidente du Haut Conseil pour le climat. Pour François Bayrou « ce qui est en jeu, c'est notre vie pour les années qui viennent et nos raisons de vivre pour les années qui viennent ».***TENSIONS À TAÏWANLa tension est montée d'un cran début août, après à la visite à Taïwan de la présidente américaine de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. En représailles, l'armée chinoise a lancé d'importantes manœuvres militaires, allant jusqu'à simuler un blocus de Taïwan. Le Parti communiste chinois s'insurge contre toute action diplomatique susceptible de conférer une légitimité à Taïwan et réagit avec une agressivité croissante aux visites de responsables occidentaux.L'élection à Taïwan, en 2016, de la démocrate Tsai Ing-wen plus souverainiste que son prédécesseur du Kouomintang traditionnellement ouvert à la Chine, a grandement mécontenté le président chinois Xi Jing Ping. Selon le dernier sondage d'opinion réalisé en juin 2022, seul 2% de la population taïwanaise est favorable à une réunification de l'île et du continent. Xi Jing Ping doit soigner sa stature d'homme fort avant le 20ème Congrès du PCC à l'automne et une session plénière de l'Assemblée nationale populaire en 2023 où il devrait briguer un troisième mandat présidentiel de cinq ans. Selon lui, l'« unification » avec Taïwan est une priorité qui « ne peut être laissée aux générations futures ». Le 10 août, Pékin a publié un Livre blanc consacré à Taïwan, le premier depuis 2000, et « le plus ferme jamais écrit » contre l'indépendance de l'île, d'après le journal nationaliste pékinois Huanqiu Shibao. Le spectre d'un conflit armé opposant Pékin et Taipei plane sur le détroit de Formose depuis 70 ans, lorsque les troupes nationalistes du Kuomintang se sont installées sur l'île, fuyant l'avancée des communistes de Mao.En 2022, Taïwan a porté son budget militaire à un niveau record, près de 15 milliards de dollars, mais selon le think-tank américain Council on Foreign Relations, « les dépenses de la Chine seraient environ vingt-deux fois supérieures à celles de Taïwan ». L'armée chinoise, l'Armée populaire de libération compte plus de deux millions d'hommes et de femmes d'active, dont près d'un million rattachés à l'armée de terre, à quoi s'ajoutent 500.000 paramilitaires mobilisables et 500.000 réservistes. En comparaison, l'armée taïwanaise aligne 169.000 militaires d'active, mais peut compter sur près de 1,66 million de réservistes, selon le rapport 2022 de l'International Institute for Strategic Studies. Début septembre, la Chine a demandé aux Etats-Unis de renoncer « immédiatement » à la vente, pour 1,1 milliard de dollars d'armes à Taïwan menaçant dans le cas contraire de prendre des « contre-mesures ».Traditionnellement, les Etats-Unis avaient adopté une position d'« ambiguïté stratégique » consistant à ne pas dire clairement s'ils défendraient Taïwan en cas d'attaque chinoise. Mais depuis deux ans le président Joe Biden a affirmé à plusieurs reprises que son pays défendrait l'île si la Chine l'attaquait.Le piège de Thucydide, qui veut qu'une puissance dominante soit souvent poussée à entrer en guerre avec une puissance émergente, va-t-il se refermer sur les Etats-Unis et la Chine ?Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Thématique : les Téméraires, avec Bart Van Loo / n°260 / 28 août 2022

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Play Episode Listen Later Aug 28, 2022 63:18


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 8 avril 2022.Avec cette semaine :Bart Van Loo, écrivain, auteur de Les Téméraires Quand la Bourgogne défiait l'Europe.Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée Nationale.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Les Téméraires, quand la Bourgogne défiait l'EuropeBart Van Loo, vous êtes écrivain, vous avez enseigné le français et écrit plusieurs livres sur l'histoire et la littérature française. Vous êtes aussi Belge, néerlandophone, et marié à une Bourguignonne. Votre dernier livre est dédié à votre femme : « À mon épouse bourguignonne, rentrée chez elle en Flandre ». Dans cet ouvrage vous retracez l'histoire des ducs de Bourgogne et montrez leur rôle dans la genèse des Plats Pays, qui deviendraient plus tard les Pays-Bas et la Belgique. Ce livre, traduit en français sous le titre Les Téméraires. Quand la Bourgogne défiait l'Europe, s'est vendu à plus de 300 000 exemplaires dans plusieurs pays européens. Remarquant que la Bourgogne est souvent laissée pour compte dans l'histoire de France, et également mal connue en Belgique, vous avez entrepris de revenir sur les traces des ducs bourguignons : Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire. Bien que vous ayez fait des études de philologie romane, c'est ici plus en conteur que vous traversez les siècles, de l'arrivée des Burgondes en Occident en 506 à la naissance de Charles Quint en 1500. Le duché de Bourgogne est né autour de la région française du même nom, et même plus précisément de la Bourgogne-Franche-Comté « réunifiée » par la réforme administrative de 2016 qui a reproduit de manière fortuite des frontières proches de celles du royaume de Gondebaud aux Ve et VIe siècles. Mais les efforts des ducs de Bourgogne aux XIVe et XVe siècles se sont surtout déployés vers les Plats Pays : des terres marécageuses des Flandres, ils ont su faire une région prospère que vous qualifiez même de berceau du capitalisme en Europe occidentale. Les ducs de Bourgogne ont progressivement unifié ces territoires qui forment ce qu'on appelle à partir de Charles le Téméraire les « Dix-Sept Provinces » et qui deviendront au XVIe siècle les Pays-Bas espagnols et les Provinces-Unies. Ils y mènent des réformes juridiques, financières, et répriment fréquemment les soulèvements des villes comme Bruges et Gand. L'histoire du duché de Bourgogne que vous racontez, c'est aussi celle de ses rapports avec la France, marqués par des guerres et des meurtres. Celui de Jean sans Peur qui ordonne l'assassinat de Louis d'Orléans en 1407, avant d'être à son tour exécuté en 1419, en présence du Dauphin de France, le futur Charles VII. En pleine Guerre de Cent Ans, l'Angleterre s'immisce dans ces rivalités, et les Bourguignons oscillent entre alliances avec les Anglais et réconciliation avec la France, comme ce fut le cas à Arras en 1435. Votre fresque retrace toutes les stratégies d'alliance et de mariages qui ont permis, le hasard aidant, que le dernier bourguignon soit aussi le plus grand roi de l'époque moderne, régnant sur un empire immense, Charles Quint. Pour introduire notre conversation, j'aimerais vous demander, Bart Van Loo, quel accueil ce livre qui aborde à la fois l'histoire des Pays-Bas, de la Belgique, de la France et, dans une moindre mesure de l'Angleterre, a reçu dans ces différents pays.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Thématique : L'agriculture, avec Florence Pinton / n°258 / 14 août 2022

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Play Episode Listen Later Aug 14, 2022 56:56


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 4 mars 2022.Avec cette semaine :Florence Pinton, sociologue et enseignante.David Djaïz, essayiste et enseignant à Sciences Po.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Richard Werly, correspondant à Paris du quotidien helvétique Le Temps.AGRICULTURE Avec plus de la moitié de son territoire couvert par des activités agricoles, et une production représentant 18% du total européen, la France est le premier pays agricole de l'Union européenne. Alors qu'on compte aujourd'hui environ 400 000 exploitations en France, leur nombre ne cesse de décroître, à un rythme de 2% par an, tandis que leur surface s'étend davantage. 10% des plus grandes exploitations représentent ainsi 45% de la production nationale. La part de l'emploi agricole a fortement diminué en quarante ans, passant de 7% en 1982 à 1,5% aujourd'hui.Cette baisse du nombre d'agriculteurs s'accompagne d'un vieillissement de la profession, dont un tiers des représentants a plus de 60 ans ou atteindra cet âge d'ici cinq ans. La jeune génération représente une faible proportion, avec seulement 1% des agriculteurs âgés de moins de 25 ans, ce qui est imputable en partie à l'allongement des études : un agriculteur sur deux est aujourd'hui titulaire du baccalauréat et plus de 25% sont diplômés de l'enseignement supérieur.Confronté au défi de nourrir 9,7 milliards d'humains à l'horizon 2050 tout en prenant en compte les questions environnementales, le secteur agricole connait des évolutions importantes. L'agriculture biologique se développe en France et représente désormais 8,5% de la surface agricole. La nécessité d'investir pour la mise aux normes des outils de production et l'achat d'instrument plus performants, associée à une augmentation du coût de la terre, a conduit à une augmentation du taux d'endettement des agriculteurs, qui est passé de 35% en moyenne en 1990 à 43% en 2015.Cet endettement a accéléré la financiarisation de l'agriculture, avec des fonds d'investissement et des groupes industriels agroalimentaires effectuant des placements dans le foncier agricole, considéré comme un actif sûr, ou entrant dans le capital d'exploitations importantes. Si les corporate farms, détenues uniquement par des actionnaires, représentent encore une portion infime des exploitations en France, de plus en plus de fermes sortent du modèle familial pour adopter un mode de fonctionnement s'apparentant à celui de firmes industrielles.Au-delà de ces entreprises agricoles, la situation économique des agriculteurs demeure préoccupante, avec près d'un ménage agricole sur cinq vivant sous le seuil de pauvreté. Pour répondre à ce problème, le Parlement a adopté en octobre 2021 la loi EGALIM 2 visant à protéger la rémunération des agriculteurs. Elle prévoit entre autres une sanctuarisation du prix des matières premières au profit des agriculteurs et instaure une clause de révision automatique des prix dans les négociations entre producteurs et acheteurs.Florence Pinton, vous êtes enseignante et chercheuse en sociologie rurale – vous avez été formée chez et par Henri Mendras - et en sociologie de l'environnement. Vous vous intéressez aux conditions d'accès aux ressources naturelles et à leur mode de valorisation, aux politiques de conservation de la biodiversité et à la diffusion de l'agroécologie dans les systèmes agricoles, au Nord comme au Sud. Vous travaillez et vous avez travaillé en France, singulièrement en Bourgogne, mais aussi au Brésil, l'un de vos centres d'intérêt est la transition écologique et les « « systèmes agricoles alternatifs ». De quoi sont faits ces systèmes ?Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Thématique : Camus et l'Algérie, avec Agnès Spiquel / n°257 / 7 août 2022

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Play Episode Listen Later Aug 7, 2022 58:32


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 8 avril 2022.Avec cette semaine :Agnès Spiquel, spécialiste d'Albert Camus.Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit. CAMUS ET L'ALGÉRIE Né le 7 novembre 1913 à Mondovi, dans l'Est de l'Algérie, Albert Camus grandit à Belcourt, quartier populaire de la banlieue d'Alger. Il est élève au lycée Bugeaud puis obtient en 1936 un diplôme d'études supérieures à l'université d'Alger. L'année suivante, il refuse un poste de professeur au collège de Sidi-Bel-Abbès et se tourne vers le journalisme, collaborant au journal Alger républicain à partir de 1938.Adhérent au Parti communiste de 1935 à 1937, Camus est à l'origine du « Manifeste des intellectuels d'Algérie en faveur du projet Viollette » pour une démocratisation de l'Algérie, une assimilation de la population et l'accès à la citoyenneté française pour un certain nombre de musulmans d'Algérie. Sensible à la question sociale, il réalise en 1939 un reportage de onze articles intitulé « Misère de la Kabylie » dans lequel il décrit la grande pauvreté de cette région.Albert Camus dénonce la répression que subissent les nationalistes algériens et l'étouffement des revendications du Parti du peuple algérien. En mai 1945, à la suite des émeutes dans le Constantinois, il publie dans Combat plusieurs articles dans lesquels il prend la défense de nationalistes algériens comme Ferhat Abbas et Messali Hadj.Camus quitte l'Algérie en 1940 ; il revient vivre à Oran quelques mois puis reste en France à partir de la guerre. Avant la Seconde Guerre mondiale, ses amis rapportent qu'il indiquait être de nationalité algérienne lorsqu'il remplissait des fiches d'hôtel à l'étranger. Dans son « Petit guide pour des villes sans passé » publié en 1947, il écrit « J'ai avec l'Algérie une longue liaison qui sans doute n'en finira jamais, et qui m'empêche d'être tout à fait clairvoyant à son égard. »Son absence de prise de parti en faveur de l'indépendance au moment de la Guerre d'Algérie lui est reproché. En janvier 1956, il propose une trêve civile afin de pacifier provisoirement la situation. Il préconise une solution fédérale dans laquelle l'Algérie serait constituée par des peuples fédérés et reliée à la France. Il dénonce aussi les violences perpétrées pendant la guerre, autant les pratiques de torture et de représailles de l'armée française que les actions terroristes du FLN.En juin 1958, il publie ses Chroniques algériennes, rassemblant ses articles sur l'Algérie, et une mise au point sur sa position. Il y décrit la politique de la France comme le résultat d'un aveuglement politique ayant conduit à une suite d'échecs. Il meurt deux ans plus tard, en 1960, avant la fin de la guerre et l'exode des pieds noirs. Agnès Spiquel Courdille vous enseignez la littérature, vous avez collaboré à l'édition des œuvres de Camus dans La Pléiade, vous êtes un membre très actif de la société d'études camusiennes qui compte des membres dans 24 pays à travers les cinq continents, vous en étiez la présidente jusqu'en 2020. Dans un entretien au Monde, en 2012, vous déclariez. : « Le Premier Homme. Dans ce roman, pourtant inachevé, complètement nourri de la vie et de l'expérience de Camus lui-même, vous percevrez l'intensité de ses souvenirs d'enfance, son amour pour l'Algérie, son déchirement devant la guerre, sa méditation sur la dignité des pauvres, son questionnement sur le dur chemin à inventer pour devenir un homme ; tout cela dans une écriture somptueuse, tantôt nette et sèche, tantôt frémissante et lyrique, toujours gorgée de vie et de sensation. » Comment caractériseriez-vous la place de l'Algérie dans l'œuvre de Camus ?Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Thématique : Henry Kissinger, avec Jérémie Gallon / n°255 / 24 juillet 2022

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Play Episode Listen Later Jul 24, 2022 59:16


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 8 avril 2022.Avec cette semaine :Jérémie Gallon, diplomate et enseignant.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Richard Werly, correspondant à Paris du quotidien helvétique Le Temps. Henry Kissinger. L'Européen Jérémie Gallon, vous êtes directeur de la branche européenne du cabinet de conseil géopolitique McLarty Associates, vous enseignez les relations internationales à Sciences Po et vous avez été conseiller auprès de l'Ambassadeur de l'Union européenne aux États-Unis de 2015 à 2017. Après votre premier livre qui était le Journal d'un jeune diplomate dans l'Amérique de Trump, paru en 2018, vous avez publié en 2021 Henry Kissinger. L'Européen chez Gallimard.Dans ce livre, vous dressez le portrait d'un homme qui vous a marqué et qui, selon vous, devrait représenter une source d'inspiration majeure pour bâtir la diplomatie européenne de demain. Vous rappelez les origines européennes d'Henry Kissinger, né en 1923 à Fürth, à quelques kilomètres de Nuremberg, et vous insistez sur ce qui le rapproche du vieux continent. Il admirait le général de Gaulle et avait des convergences intellectuelles avec Raymond Aron qui s'est séparé de lui à propos du Sud Viêtnam dont il n'a pas accepté l'abandon et du Chili, dont il na réprouvé le soutien au coup d'État. Son action diplomatique a toujours été teintée d'un réalisme européen dans un pays où nombre d'hommes politiques préféraient une approche idéaliste des relations internationales, fondée sur la croyance en la vocation messianique de leur pays.Le rapport d'Henry Kissinger à l'Europe a aussi été nourri par l'histoire, et par ses travaux de doctorat sur le Congrès de Vienne, dans lesquels il a cherché à comprendre comment Metternich et le vicomte de Castlereagh ont bâti les fondations d'un équilibre durable en Europe après la défaite de Napoléon. Ces travaux, et la carrière universitaire qui a précédé la vie d'homme d'État de Kissinger lui ont conféré, selon vous, une densité intellectuelle et humaine qui manque aujourd'hui à la plupart des dirigeants mondiaux.Cette densité lui a permis de voir loin et de ne pas céder au court-termisme de l'opinion, d'être l'architecte de la politique de Détente avec l'URSS là où nombre de ses compatriotes y voyaient une capitulation de l'Occident. Il a aussi participé au rapprochement des États-Unis avec la Chine et, encore aujourd'hui, prône un apaisement des relations entre Pékin et Washington.Dans votre livre, Jérémie Gallon, vous vous faites le défenseur de celui que certains n'ont pas hésité à accuser de crimes contre l'humanité : entre les bombardements au Cambodge, la guerre du Vietnam et le soutien au coup d'État de Pinochet au Chili, vous considérez que le secrétaire d'État américain n'est pas indéfendable. Votre expérience de diplomate de l'Union européenne à Washington vous a conduit à considérer que ce qui est impardonnable pour un diplomate est plutôt l'impuissance et la résignation à laisser sombrer dans le déclin la puissance qu'il sert. Vous qui vous faites l'apôtre d'une politique de puissance contre une diplomatie des bons sentiments et qui semblez admirer Henry Kissinger aussi bien pour son action diplomatique que pour sa capacité à penser les relations internationales, pourriez-vous, pour introduire notre conversation, revenir sur la notion de realpolitik, notion souvent mal comprise qui est associée à la personne d'Henry Kissinger.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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G7 et OTAN face à la guerre en Ukraine / Algérie : 60 ans après l'indépendance / n°252 / 3 juillet 2022

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Play Episode Listen Later Jul 3, 2022 61:12


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 1er juillet 2022.Avec cette semaine :Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.G7 ET OTAN FACE À LA GUERRE EN UKRAINEQuatre mois après le début de la guerre en Ukraine, au G7, de dimanche à mardi en Allemagne, puis lors du sommet de l'OTAN, de mardi soir à jeudi à Madrid, les Occidentaux ont tenté de surmonter les tensions et divergences que le prolongement de la guerre risque de creuser. A Elmau, en Bavière, les sept dirigeants des pays les plus riches ont décidé de frapper l'économie russe en « travaillant » sur un plafonnement du prix du pétrole russe et en imposant des restrictions à l'importation de l'or russe. Les dirigeants du G7 ont promis de soutenir l'Ukraine « tant qu'il le faudra » sur le plan militaire, financier, humanitaire ou diplomatique. Ils sont prêts à injecter cette année jusqu'à 28 Mds€ dans le budget de l'Etat ukrainien. Depuis le début de la guerre, le 24 février, les pays du G7 ont déjà promis l'équivalent de plus de 2,6 Mds€ d'aide humanitaire. Bien que le G7 joue un rôle central dans la coordination des sanctions engagées contre la Russie et dans l'aide apportée à l'Ukraine, il est tenu de composer avec les nombreux pays asiatiques, africains et latino-américains qui refusent de choisir leur camp et s'inquiètent des conséquences du retour de la guerre en Europe. Raison pour laquelle cinq dirigeants du Sud ont été invités lundi au sommet du G7.Le sommet de l'OTAN à Madrid, du 28 au 30 juin, s'est ouvert par la levée du veto turc sur l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'OTAN. Puis, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi de nouveaux renforts militaires terrestres, maritimes et aériens américains en Europe afin de muscler les capacités de défense de l'OTAN face à la Russie, même si certaines de ces annonces viennent parachever des projets amorcés depuis plusieurs années. L'OTAN veut pouvoir mobiliser plus de 300 000 soldats en Europe. Dans une interview à l'ARD, le chancelier Olaf Scholz a assuré que la Bundeswehr allait devenir « la plus grande armée conventionnelle » d'Europe. Désormais, la stratégie de « défense avancée » de l'Otan consiste à déployer à l'Est une puissance de feu suffisante pour empêcher les chars russes de percer en premier. L'Alliance retrouve ainsi sa mission première : la défense du territoire de ses pays membres contre la menace russe. Le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg a déclaré que la Russie représente « la menace la plus importante et la plus directe » pour la sécurité de la coalition militaire occidentale. Invité par visio-conférence aux deux sommets, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté chaque fois les Occidentaux à intensifier les livraisons d'armements lourds à l'Ukraine et les sanctions contre Moscou afin que la guerre menée par la Russie dans son pays prenne fin avant l'hiver. Cependant, l'OTAN prévoit une guerre longue.Outre les chefs d'Etat et de gouvernement des 30 pays membres de l'OTAN, ainsi que ceux des deux nouveaux candidats, Finlande et Suède, pour la première fois, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud et le Japon ont été invités à participer au sommet de l'Alliance sous l'impulsion des Etats-Unis.***ALGÉRIE : 60 ANS APRÈS L'INDÉPENDANCE Le 5 juillet 1962, la France quittait l'Algérie après plus d'un siècle de domination coloniale. La célébration de cet anniversaire intervient dans un climat social morose. Les espoirs de libéralisation nés en 2019 lors du départ du président Abdelaziz Bouteflika, poussé par le Hirak un mouvement de protestation populaire, à renoncer à briguer un cinquième mandat après vingt ans de pouvoir, ont fait long feu. Depuis, le régime a embastillé journalistes et défenseurs des droits humains. Au cours des six premiers mois de 2022, près de 300 Algériens ont été placés derrière les barreaux pour délit d'opinion, selon l'organisme Algerian Detainees. Depuis 2019, plus de 600 citoyens ont été arrêtés pour avoir manifesté ou même simplement soutenu l'opposition au régime en place. Après les militants du Hirak, les manifestants, les leaders des partis d'opposition et les journalistes, premiers dans la ligne de mire du pouvoir en place, ce sont désormais les avocats des accusés qui se retrouvent inculpés. Le divorce entre le peuple et ses dirigeants a été illustré par la participation indigente au référendum constitutionnel de novembre 2020. Moins du quart du corps électoral s'est déplacé. La pandémie a aggravé les vulnérabilités de l'économie, qui s'est contractée de près de 5 % en 2020. Les déficits des comptes publics se creusent, l'inflation galope, le chômage affecte un jeune sur quatre et la dépendance absolue au pétrole et au gaz (qui fournissent plus de 90 % des recettes d'exportation) rend nécessaire une reconversion profonde de l'économie que le pouvoir semble incapable d'engager. Dans ce pays de 45 millions d'habitants où les moins de 30 ans représentent plus de la moitié de la population, la jeunesse vote avec ses pieds : au moins 10 000 Algériens ont rejoint l'Espagne clandestinement depuis le début de 2021. Sur cet arrière-plan de crise politique, économique et sociale, le pouvoir cherche son salut dans le durcissement extérieur. Avec Paris, il a engagé un bras de fer sur l'épineuse question mémorielle. Il a coupé les liens avec le Maroc, avec qui la relation était déjà déplorable. La rupture a été matérialisée par la fermeture, depuis le 31 octobre 2021, du gazoduc qui alimentait le royaume chérifien et, au-delà, l'Espagne.Le quotidien algérien El Watan observe que « l'idéal post-indépendance tant imaginé par les pères fondateurs de la nation algérienne n'est pas encore atteint […] La question sociale, celle du patriarcat, la condition des femmes, la place du religieux dans l'ordre social et politique ou la question de la diversité linguistique et culturelle sont autant d'interrogations qui conditionnent le devenir du pays ».Toutefois, la hausse des cours des hydrocarbures provoquée par la guerre en Ukraine offre au pouvoir une marge de manœuvre en matière de redistribution. Selon les prévisions du Fonds monétaire international, les recettes de l'Algérie devraient atteindre 58 milliards de dollars en 2022, contre 34 milliards en 2021 et 20 milliards en 2020. Même si les prix du blé et des autres produits alimentaires importés explosent, la situation financière s'améliore nettement permettant d'acheter la paix sociale.Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Thématique : Mark Zuckerberg, avec Julien Le Bot / n°250 / 19 juin 2022

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Play Episode Listen Later Jun 19, 2022 61:50


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 22 avril 2022.Avec cette semaine :Julien Le Bot, journaliste spécialiste des questions numériques.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit.THÉMATIQUE Mark Zuckerberg Julien Le Bot, vous êtes journaliste et spécialiste des questions numériques. Vous pilotez depuis 2015 le programme « Tous les internets », produit par Arte et Premières lignes et vous avez publié en 2019 un livre consacré à un acteur incontournable du monde numérique : Mark Zuckerberg. Vous vous êtes plongé Dans la tête de Mark Zuckerberg, c'est le titre de votre livre, et vous avez publié votre enquête aux éditions Actes Sud et Solin dans une collection dirigée par Michel Eltchaninoff et Michel Parfenov qui se propose de rentrer dans la tête d'un certain nombre de grandes figures du monde actuel.Vous revenez sur le développement de Facebook, de ses débuts en 2004 sur le campus de Harvard jusqu'au scandale Cambridge Analytica en 2018, qui a révélé le vol massif de données à des fins d'ingérence électorale. Cette plateforme dont le projet initial était de créer un trombinoscope universel est devenue incontournable dans les interactions sociales et compte désormais plus de 2,9 milliards d'utilisateurs.Mark Zuckerberg n'est pas seulement le fondateur de Facebook ; il en est aussi le président-directeur général, le président du conseil d'administration et l'actionnaire majoritaire. Il a racheté ses concurrents Instagram en 2012 et Whatsapp en 2014 puis le groupe qu'il dirige a changé de nom en 2021, Facebook devenant Meta afin de dissocier l'entreprise du réseau social et de montrer son ambition de construire un métavers. Si la fortune de Mark Zuckerberg s'élève aujourd'hui à plus de 74 milliards de dollars, vous expliquez, Julien Le Bot, que l'argent n'est pas le premier moteur du créateur de Facebook. Le but de ce passionné d'informatique est avant tout de connecter les gens et de leur permettre de partager librement des informations. Il lui a été reproché de placer ce souhait de connexion du monde entier au-delà de toute autre considération et face à la prolifération de contenus violents, de fausses informations ou encore la création de faux comptes à des fins de manipulation, la réponse apportée par Facebook a été jugée insuffisante.Face aux tempêtes qu'a pu traverser Facebook depuis 2016, Mark Zuckerberg ne s'est pas départi de l'optimisme qui le caractérise. Celui pour qui le culte du progrès et la culture de l'entrepreneuriat vont de pair a des sources d'inspiration variées. Vous expliquez, Julien Le Bot, qu'il éprouve un intérêt certain pour les hackers mais aussi pour les empereurs romains, et notamment le premier d'entre-eux, Auguste.Dans votre portrait de Mark Zuckerberg vous insistez aussi sur la part de naïveté en lui. On peine à comprendre si celui qui a bâti un véritable empire et qui avait pour projet de créer une cryptomonnaie portant le nom de libra, en hommage à la monnaie romaine, poursuit une stratégie consciente d'extension de son pouvoir. Pour introduire notre conversation, je voudrais donc vous demander, Julien Le Bot, si dans la tête de Mark Zuckerberg il y a une soif de pouvoir, et de quel pouvoir ?Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Thématique : Le Métavers ou l'autre monde, avec Bruno Patino / n°249 / 12 juin 2022

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Play Episode Listen Later Jun 12, 2022 59:03


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 15 avril 2022.Avec cette semaine :Bruno Patino, journaliste, écrivain et président de la chaîne Arte.David Djaïz, essayiste et enseignant à Sciences Po.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.LE MÉTAVERS OU L'AUTRE MONDEBruno Patino, Vous êtes journaliste, actuellement président de la chaîne Arte, et vous avez été directeur Général de France Télévision, et de 2007 à 2020, Directeur de l'Ecole de Journalisme de Sciences Po. En 2019, la publication chez Grasset de votre livre « La Civilisation du poisson rouge, petit traité sur le marché́ de l'attention » a rencontré un succès remarquable. En janvier 2022, vous avez publié́ la suite de ce premier tome, intitulée « Tempête dans le bocal, la nouvelle civilisation du poisson rouge ».Le monde compte désormais 4,2 milliards de comptes actifs sur les réseaux sociaux et 53% de la population mondiale a recours à ces outils. Les utilisateurs des réseaux sociaux ont en moyenne des comptes sur huit plateformes différentes et y consacrent 2h30 par jour. La pandémie a augmenté sensiblement le temps d'écran de toutes les classes d'âge, avec une hausse de 60% chez les 6-10 ans, de 70% chez les adolescents et de 40% chez les adultes. Aujourd'hui, 74% des Français se considèrent dépendants de leurs outils connectés.Dans vos livres, vous expliquez les effets prédateurs du modèle économique basé sur la publicité des grandes plateformes du numérique. Ce modèle, optimisé par le « data-mining », l'analyse des données personnelles, permet d'assurer la gratuité des services proposés aux utilisateurs. Cependant, il pousse les plateformes numériques à chercher à capter un maximum de leur attention pour les exposer à la publicité et recueillir un maximum de leurs données. Vous dénoncez cette course au « temps de cerveau disponible », dangereuse pour la santé des individus et la démocratie.Vous exposez un certain nombre de pathologies nées de la dépendance aux réseaux sociaux. L'espace numérique étant façonné par des algorithmes entièrement tournés vers la promotion des publications au bruit numérique le plus fort, vous dites que la démocratie des réseaux sociaux est une « émocratie », qui rend performatives nos émotions, et les font envahir l'espace public, aux dépends de la raison, de la vérité et de la confiance.Si les écrans nous ont sauvé pendant la pandémie, nous permettant de maintenir des liens sociaux et certaines activités professionnelles, vous expliquez que la société hyper- connectée est une société de la fatigue. Selon l'Observatoire National de l'Activité Physique et de la Sédentarité, le confinement s'est traduit par une hausse de 60% de temps d'écran chez les 6-10 ans, 70% chez les adolescents, et 40% chez les adultes.Plutôt que de tomber dans le déterminisme technologique, vous appelez à demander des comptes aux dirigeants de ces plateformes. Plutôt que de prétendre corriger leurs nuisances en se limitant au filtrage des messages ou des utilisateurs, vous insistez sur la nécessité de s'attaquer aux algorithmes, dont le fonctionnement et les biais doivent être transparents et régulés.Enfin, vous rappelez l'importance de l'existence d'offres alternatives à celles des grandes plateformes, et notamment celle du service public, qui peut s'émanciper du modèle publicitaire et de captation de l'attention propre aux acteurs privés. A la tête d'Arte, vous tentez de faire vivre cette offre alternative avec succès, mais comment peut-elle être transposée dans le monde des réseaux sociaux ?Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Pap Ndiaye : nouveau ministre ou nouvelle politique ? / Crise alimentaire mondiale / n°248 / 5 juin 2022

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Play Episode Listen Later Jun 5, 2022 62:02


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 3 juin 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Richard Werly, correspondant à Paris du quotidien helvétique Blick. PAP NDIAYE : NOUVEAU MINISTRE OU NOUVELLE POLITIQUE ? La nomination, le 20 mai, de Pap Ndiaye comme ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse a provoqué une vague de critiques venant de l'extrême droite et d'une partie du monde intellectuel. L'historien de 56 ans, jusqu'ici à la tête du Musée national de l'histoire de l'immigration, serait un « indigéniste assumé » pour Marine Le Pen, tandis qu'Éric Zemmour déclare : « Emmanuel Macron avait dit qu'il fallait déconstruire l'histoire de France. Pap Ndiaye va s'en charger. » Une partie du monde intellectuel reproche à l'auteur de La Condition noire. Essai sur une minorité française, d'avoir importé des États-Unis - où il a étudié - une analyse des minorités sous le prisme des études américaines, faisant la part belle à la notion de « race ». « L'arrivée de Pap Ndiaye tranche assurément avec le républicanisme radical de M. Blanquer, souligne le sociologue Michel Wieviorka. Mais arrêtons de caricaturer une pensée nuancée et complexe sur un champ politique jusque-là ignoré dans notre pays : la condition noire. »Ce chercheur reconnu, né d'un père sénégalais et d'une mère française, est ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d'histoire et titulaire d'un doctorat de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il a passé sept ans aux États-Unis à l'université de Virginie. Professeur à Sciences Po et à l'EHESS, il est spécialiste des questions liées aux minorités. Sa participation à la fondation du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) en 2005 et ses prises de position en faveur des statistiques ethniques et de politiques de discriminations positives font polémique. M. Ndiaye, « est une personnalité extrêmement respectée, un très grand universitaire », a souligné le député du MoDem, Jean-Louis Bourlanges, avant d'estimer au sujet de sa nomination : « Nous passons quand même d'une culture politique exigeante en matière de laïcité à une culture politique très différente. […] Je ne voudrais pas que les valeurs fondamentales de laïcité et la liberté de l'esprit ne soient pas défendues avec la même énergie ».Principal syndicat enseignant du second degré, le Snes-FSU s'est félicité, à travers cette nomination, d'une « rupture avec Jean-Michel Blanquer à plus d'un titre ». Mais « l'Éducation nationale ne se gouverne pas uniquement à coup de symboles », a mis en garde le syndicat.La Première ministre Elisabeth Borne défend « la compétence, l'énergie et la détermination » de son ministre « un républicain très engagé, quelqu'un qui croit aux valeurs de la République et c'est bien évidemment ce qu'il va porter en tant que ministre de l'éducation nationale ». Sa sœur, l'écrivaine Marie Ndiaye, prix Goncourt 2009, le définit comme « l'homme du consensus, ou du compromis ».***CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE « Le nombre de personnes souffrant d'insécurité alimentaire grave a doublé, passant de 135 millions avant la pandémie à 276 millions aujourd'hui », observe le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM), David Beasley alerte : « Les conflits armés, la crise climatique et le Covid-19 ont créé une tempête à laquelle s'ajoute la guerre en Ukraine. Des millions de personnes dans des dizaines de pays sont poussées au bord de la famine ». Le directeur adjoint du PAM, Gian Carlo Cirri rappelle qu'en 2008 « l'augmentation spectaculaire des coûts (des denrées alimentaires) allait provoquer des émeutes de la faim qui, en s'accentuant encore en 2011, allait s'achever avec les Printemps arabes. Le danger de déstabilisation politique et sociétale est aujourd'hui énorme. On le voit déjà au Sri Lanka, au Pérou ou en Tunisie. Certains gouvernements doivent se faire de gros soucis. » La Banque mondiale a annoncé, le 18 mai, qu'elle allait consacrer, au cours des quinze prochains mois, 12 milliards de dollars à de nouveaux projets de réponse à la crise alimentaire. Elle promet plus de 30 milliards de dollars disponibles pour les quinze prochains mois.En proie à une sécheresse exceptionnelle, l'Inde a annoncé, le 14 mai, suspendre ses exportations de blé, déstabilisant un marché déjà en tension et faisant redouter une envolée des prix. En effet, la sécheresse au Canada et aux Etats-Unis a affecté le « blé d'hiver », tandis que la faible pluviométrie du printemps laisse craindre une baisse des rendements en France. La guerre menée par la Russie en Ukraine a rendu plus critique la situation, les deux pays assurant à eux seuls 30% du commerce mondial de blé. En mars, le panier de produits alimentaires de la FAO avait déjà crû de 33,6 % sur un an, record absolu depuis la création de cet indice il y a plus de trente ans. Hausse des prix et pénuries font planer un risque de famine et de troubles sociaux. Les plus touchés sont l'Afghanistan, l'Éthiopie, la République démocratique du Congo, le Nigeria, le Pakistan, le Yémen, l'Angola et la Somalie. Les trois premiers sont également les pays où le nombre des enfants sous-alimentés est le plus élevé.Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a accusé Moscou de se servir de la nourriture comme d'une arme en Ukraine, en prenant « en otage » les livraisons alimentaires destinées à des millions d'Ukrainiens, mais aussi à des millions de personnes dans le monde dépendantes des exportations du pays. Moscou a rétorqué que ce n'est en aucun cas l'entrée de son armée en Ukraine qui provoquait une crise alimentaire, mais les sanctions occidentales décidées en représailles.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Thématique : Molière, avec Georges Forestier / n°247 / 29 mai 2022

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Play Episode Listen Later May 29, 2022 58:39


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 1er avril 2022.Avec cette semaine :Georges Forestier, homme de lettres, spécialiste du XVIIème siècle et biographe de Molière.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, titulaire de la chaire « Union Européenne » au CNAM.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.MOLIÈREGeorges Forestier, vous êtes agrégé de lettres classiques et docteur d'état, vous avez enseigné au Portugal à Rouen à Reims, à la Sorbonne nouvelle puis à Sorbonne université et vous avez dirigé le centre d'étude de la langue et des littératures françaises. Vous êtes l'inventeur de la génétique théâtrale, sur laquelle vous vous êtes appuyé pour étudier Pierre Corneille puis Jean racine puis Molière. Votre livre sur Molière paru chez Gallimard a reçu un excellent accueil, il a été précédé d'un Molière à Paris, il y a une trentaine d'années et, il y a une dizaine d'années, c'est sous votre direction associée à Claude Bourqui que La Pléiade a publié les œuvres complètes de l'auteur du Tartuffe. De ce Tartuffe, vous avez établi ce que vos recherches vous ont amené à considérer comme la version interdite, une version en trois actes, qui se termine par la victoire de Tartuffe et qui a été représentée cet hiver et ce printemps par la Comédie française dans une mise en scène d'Ivo van Hove donnée pour la première fois le 15 janvier dernier, date anniversaire de la naissance de Molière. Nous en parlerons assurément.Dans le très précieux journal de la littérature en ligne « En attendant Nadeau », Dominique Guy-Blanquet introduit son élogieuse analyse par ce chapô : « Si vous pensez tout savoir de Molière, l'auteur le plus joué en France avant d'être devancé depuis quelques décennies par Shakespeare, détrompez-vous. Georges Forestier rectifie des faits qu'on croyait établis, déplace les projecteurs, tel un éclairagiste judicieux et nous fait découvrir un nouveau Molière au sein du paysage théâtral qu'il a animé : les gazetiers se bousculent pour exploiter son succès, le grand Corneille s'en inquiète, les princes le font jouer à domicile, Boileau l'encourage contre les esprits chagrins, le jeune Racine le salut au lever du roi. »Sans aucun doute, la lecture de votre Molière fait voler en éclats quantité de représentations répandues dans le public depuis sa mort. Sa mort qui n'est pas le sujet de la moindre de ces légendes d'autant plus tenaces qu'elles se nourrissent de clichés sur les artistes maudits, ou en tout cas réprouvés et qu'elles s'en nourrissent en retour. Mais votre livre est aussi un portrait de Paris et de ceux, petits et grands dont Molière reproduira les travers et les qualités, les ridicules et les délicatesses.À une époque où il est fréquent que des comédiens écrivent eux-mêmes les pièces qu'ils jouent, Donneau de Visée remarque que Molière se distingue en faisant « des farces qui réussirent un peu plus que des farces et qui furent un peu plus estimées dans toutes les villes que celles que les autres comédiens jouaient ». Molière fut aussi parmi les premiers à ne pas se contenter d'écrire des farces, de petites pièces comiques en un acte dont les scènes sont à peine ébauchées.Georges Forestier, vous avez, en quelque sorte, dépouillé Molière des différentes couches d'oripeaux dont on l'avait revêtu au fil des 349 ans qui nous séparent de sa mort. Pour introduire notre conversation, j'aimerais savoir ce qui vous a le plus surpris dans vos découvertes.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Thématique : La Chine, avec Jean-Philippe Béja / n°242 / 24 avril 2022

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Play Episode Listen Later Apr 24, 2022 56:30


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 4 mars 2022.Avec cette semaine :Jean-Philippe Béja, chercheur au CNRS.Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du quotidien La Croix. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit.LA CHINEAlors qu'il a fait supprimer par l'Assemblée nationale populaire en 2018 la limitation à deux des mandats du président et fait inscrire sa pensée dans la charte du Parti, Xi Jinping briguera à l'automne prochain un troisième mandat lors du Congrès du Parti. Au pouvoir depuis près de dix ans, il a consolidé son autorité en luttant contre ses potentiels opposants et a révisé la Constitution en 2017 pour y indiquer que « le Parti dirige tout ». En 2021, la Commission centrale disciplinaire a indiqué que 25 cadres de haut rang du PCC avaient fait l'objet d'enquêtes, c'est le chiffre le plus élevé depuis 2017. Des personnalités émettant des critiques à l'encontre du régime ont disparu provisoirement, comme Jack Ma, le créateur d'Alibaba et, plus récemment, la joueuse de tennis Peng Shuai. Le régime a renforcé le contrôle de sa population avec la généralisation en 2020 du système de crédit social sur l'ensemble du territoire et l'installation de 600 millions de caméras de surveillance à travers le pays. Mis en place pour lutter contre les incivilités et maintenir l'ordre, ce système qui repose sur la notation des citoyens peut empêcher les moins bien notés de contracter des crédits bancaires ou de voyager. En 2018, 5 millions de citoyens ont été interdits de prendre le train à grande vitesse, et 17 millions n'ont pas été autorisés à prendre l'avion. Le contrôle de la population a pris une autre dimension dans la province du Xinjiang où la population Ouïghoure, majoritairement musulmane, est réprimée. Depuis 2017, au moins un million de Ouïghours ont été envoyés dans des « camps de rééducation » où ils sont contraints de lire les textes du Parti communiste, doivent abjurer leur religion et où des femmes sont stérilisées de force. Le 20 janvier 2022, l'Assemblée nationale a reconnu que la Chine se rendait coupable de génocide dans le Xinjiang, faisant de la France le 8e pays à reconnaitre le traitement subi par les Ouïghours comme un crime contre l'humanité.La politique chinoise est aussi marquée depuis 2020 par la lutte contre la pandémie et la poursuite d'une stratégie « zéro covid » conduisant à des arrêts fréquents de l'activité. Le FMI a mis en garde Pékin contre le risque d'essoufflement de la croissance qui pourrait en résulter, d'autant que la situation économique chinoise inquiète en raison des fragilités du secteur immobilier.Le PCC semble être soutenu par une majorité de la population et affirme sa volonté d'étendre son emprise sur Hong-Kong et Taiwan. À Hong-Kong, la promulgation d'une loi sur la sécurité nationale en juillet 2020 puis son renforcement en mars 2021 ont fortement réduit l'autonomie de la région. Concernant Taiwan, le président Xi Jinping considère l'île comme une province sécessionniste chinoise et a appelé en octobre 2021 à une réunification pacifique, quoiqu'il ait précisé en 2019 que l'usage de la force demeurait une option.Jean-Philippe Béja, vous avez travaillé au CNRS, au Centre d'études français sur la Chine contemporaine, au Centre de recherches internationales et vous vous êtes particulièrement intéressé aux combats de la société pour la démocratie, mais aussi à la politique étrangère chinoise. Avant de vous demander de répondre à une question que vous aviez posée lors d'une conférence à Montréal, « Comment le parti communiste chinois parvient-il à tenir le pays ? », j'aimerais vous demander quel sens peut avoir, si elle en a un, l'expression de national confucianisme, qui est assez souvent utilisée pour caractériser l'évolution du PCC.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Débat du jour
Y a-t-il encore un front républicain?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Apr 21, 2022 29:30


Nous sommes le 21 avril. En France, une date synonyme de l'accession au second tour de la présidentielle d'un candidat d'extrême droite. C'était pour la première fois, il y a 20 ans : Jean-Marie Le Pen face à Jacques Chirac. Dès l'annonce de cette affiche, des manifestations spontanées dans toute la France, des grands titres dans la presse le lendemain, la plupart des partis politiques à l'unisson pour faire front, pour faire barrage au FN, pour créer un front républicain. 20 ans plus tard, Marine Le Pen est pour la deuxième fois au tour décisif de la présidentielle. Le front républicain est-il toujours d'actualité ? Ou alors s'est-il fissuré ?     Avec nos invités :  - Marc-Olivier Padis, directeur des études du Think Tank Terra Nova - Jean Philippe Derosier, constitutionnaliste, professeur de Droit public à l'Université de Lille, auteur du Blog « La constitution décodée » - Nicolas Roussellier, historien, maître de conférences à Sciences Po. Auteur du livre «La force de gouverner : le pouvoir exécutif en France (XIXe – XXIe siècles)», Gallimard.

Débat du jour
Y a-t-il encore un front républicain?

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Nous sommes le 21 avril. En France, une date synonyme de l'accession au second tour de la présidentielle d'un candidat d'extrême droite. C'était pour la première fois, il y a 20 ans : Jean-Marie Le Pen face à Jacques Chirac. Dès l'annonce de cette affiche, des manifestations spontanées dans toute la France, des grands titres dans la presse le lendemain, la plupart des partis politiques à l'unisson pour faire front, pour faire barrage au FN, pour créer un front républicain. 20 ans plus tard, Marine Le Pen est pour la deuxième fois au tour décisif de la présidentielle. Le front républicain est-il toujours d'actualité ? Ou alors s'est-il fissuré ?     Avec nos invités :  - Marc-Olivier Padis, directeur des études du Think Tank Terra Nova - Jean Philippe Derosier, constitutionnaliste, professeur de Droit public à l'Université de Lille, auteur du Blog « La constitution décodée » - Nicolas Roussellier, historien, maître de conférences à Sciences Po. Auteur du livre «La force de gouverner : le pouvoir exécutif en France (XIXe – XXIe siècles)», Gallimard.

Le Nouvel Esprit Public
Thématique : Les Juifs en France 1940-1945, avec Jacques Semelin / n°240 / 10 avril 2022

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Play Episode Listen Later Apr 10, 2022 59:24


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 18 février 2022.Avec cette semaine :Jacques Semelin, historien, politologue, directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste des processus de résistance civile au sein des dictatures ainsi que de l'analyse des massacres et génocides.Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du quotidien La Croix. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.« Comment se fait-il que tant de Juifs ont pu survivre en France malgré le gouvernement de Vichy et les nazis ? », demandait Simone Veil en 2008 à l'historien spécialiste des crimes de masse et de la Shoah, Jacques Semelin. Dans « Une énigme française, Pourquoi les trois quarts des Juifs en France n'ont pas été déportés », l'historien explique cette exception française. Si Serge Klarsfeld a établi que trois quarts des Juifs en France ont échappé à la mort (chiffre exceptionnel en Europe), ce n'est pas l'action des quelque 4 000 Justes français qui pouvait à elle seule l'expliquer. Pas davantage une imaginaire mansuétude de Vichy : vous démontrez que ce n'est pas grâce, mais en dépit de Vichy que la très grande majorité des Juifs en France ont pu survivre. Transformant cette abstraction des 75% en nombre, vous rapportez qu'au moins 200 000 juifs sont toujours en vie en France à la fin de l'occupation, à l'automne 1944. Beaucoup se sont dispersés à la campagne, tandis qu'au moins 40 000 sont restés à Paris. Des filières de sauvetage (juives et non juives) ont contribué à sauver environ 10 000 vies, notamment celles d'enfants. Mais l'engagement de ces organisations de résistance ne peut rendre compte de la survie d'au moins 200 000 personnes, soit 65% des Juifs étrangers et 90% des Juifs français. D'autres explications doivent donc être trouvées.Sans jamais minimiser l'horreur du crime, vous écrivez votre enquête dans la mémoire des Juifs non déportés, votre analyse des circonstances de l'époque. Vous dégagez plusieurs facteurs d'explication : la chronologie de la persécution, les statuts politiques et militaires des territoires, les géographies et cultures des régions, de l'évolution de la guerre et de la situation internationale. L'histoire culturelle et politique de la société française : l'intégration des Israélites à la nation, le rôle de l'école et de la culture républicaine, l'ouverture ou le rejet des étrangers en lien avec les besoins économiques et démographiques du pays, la propagation des idées xénophobes et antisémites, l'influence du christianisme (antijudaïsme, charité). La structure des rapports occupants-occupés, les capacités de réactivité à la persécution des individus stigmatisés comme Juifs en fonction de leur nationalité (française ou non), leur âge et situation familiale, leurs ressources linguistiques, financières et sociales. La réactivité sociale des populations non juives vis-à-vis des Juifs sur les bases de l'intérêt (économique et financier) ou des ressorts de la compassion. La formation d'une opinion hostile aux opérations les plus brutales de la persécution (arrestations et déportations des juifs apatrides), ayant provoqué une dissension publique au sein des élites catholiques, par ailleurs favorables à l'Etat collaborateur. L'influence de cette prise de parole publique sur la politique de collaboration des dirigeants français. La capacité des Juifs et non Juifs à s'organiser collectivement pour créer des réseaux clandestins de résistance civile visant au sauvetage des victimes désignées, en premier lieu des enfants. Le développement d'une « société parallèle » qui, imbriquée à la « société officielle », contribue à la protection des pourchassés et persécutés du régime. De toute cette période et sur toutes ces questions, quelle vous semble être la réalité la plus difficile à faire reconnaître par l'opinion ?See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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L'impératif du réarmement / Les rapports Pékin - Moscou / n°236 / 13 mars 2022

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Play Episode Listen Later Mar 13, 2022 61:56


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 11 mars 2022.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, titulaire de la chaire « Union Européenne » au CNAM.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.L'IMPÉRATIF DU RÉARMEMENT : POURQUOI ET COMMENT ?A l'issue d'un Conseil de défense, le 26 février, Emmanuel Macron a décidé de livrer des équipements militaires supplémentaires et du carburant à Kiev. Le communiqué de l'Elysée ne donne pas de détails sur ces armements. Selon l'état-major, plus de 9 500 soldats ont été directement mobilisés ou mis en alerte en fin de semaine dernière. Quelque 500 soldats ont été déployés en Roumanie, en plus des 300 déjà actifs en Estonie, où une centaine d'autres accompagnent l'arrivée de 4 avions de chasse Mirage 2000-5 destinés à « renforcer la défense aérienne des pays baltes ». 600 soldats sont également mobilisés pour des vols au-dessus de la Pologne. Environ 8 000 militaires français sont « d'alerte dans le cadre de la force de réaction rapide de l'Otan » dont la France assume le commandement en 2022.Pour faire face à la montée des tensions en Europe, Emmanuel Macron s'est engagé le 2 mars à augmenter fortement les moyens des armées. Depuis des mois, le chef d'état-major des armées, le général Thierry Burkhard reconnaît que la France ne saurait faire face à un conflit durable et/ou de haute intensité. Les failles de la défense française sont nombreuses : graves insuffisances de nos munitions, quasi-impasse sur les drones, format limite de notre marine et de notre aviation, fortes dépendances extérieures pour la projection de nos forces... Bien que très conséquentes, les sommes prévues dans la loi de programmation sont jugées insuffisantes par les députés Jean-Louis Thiériot (LR) et Patricia Mirallès (LREM), qui ont publié un rapport parlementaire le 17 février. Leur évaluation des forces et faiblesses de l'armée française, en cas de guerre conventionnelle de grande ampleur, comme celle en Ukraine, leur fait dire qu'un effort supplémentaire de 40 à 60 milliards d'euros sur douze ans serait nécessaire.Pendant vingt ans, comme ses voisins européens, la France a diminué ses dépenses en tirant les « dividendes de la paix » à la suite de l'effondrement de l'Union soviétique et de la fin de la guerre froide. Après les attentats de 2015, le budget des armées est reparti à la hausse. Désormais, la France satisfait aux exigences de l'Otan, investissant en 2020 l'équivalent de 2% du PIB en dépenses militaires. La loi de programmation militaire 2019-2025 a été augmenté de 1,7 milliard d'euros chaque année depuis 2017, pour atteindre 40,9 milliards d'euros en 2022. Une deuxième phase doit débuter en 2023 et devrait s'élever à plus de 3 milliards d'euros par an, portant ainsi le budget de l'Armée à 50 milliards dès 2025. Il s'agit notamment d'honorer la facture du renouvellement de la politique de dissuasion nucléaire (nouvelle génération de sous-marins, modernisation des missiles balistiques et de croisière) mais aussi de faire face aux nouveaux besoins : la cyberguerre et l'espace, deux domaines qui n'étaient pas encore conçus comme des terrains d'affrontement il y a cinq ans. Pour la première fois, le gouvernement a respecté la loi de programmation militaire et l'effort est sans précédent. Mais il reste dans une logique de rattrapage. L'attaque de la Russie pose la question d'aller plus loin, dans une logique de réarmement.***LES RAPPORTS PÉKIN – MOSCOU Le 4 février, lors d'une visite à Pékin, Vladimir Poutine ratifiait en bloc les thèses chinoises sur l'Asie-Pacifique - de Taiwan à l'Australie, sans oublier le Japon. De son côté, Xi Jinping soutenait la demande russe de « garanties juridiques de sécurité en Europe », sans aucune mention de l'Ukraine. Un tournant pour Pékin, qui s'était jusque-là abstenu de reconnaître l'annexion de la Crimée et n'avait pas soutenu la Russie dans la guerre de Géorgie en 2008. Une première pour la Russie qui n'avait jamais encore pris le parti de la Chine sur Taïwan. Dans leur communiqué joint, les Russes ont signé avec les Chinois un accord de fourniture de gaz et de pétrole de 117,5 Mds de dollars (104 Mds d'euros).Après le début de l'offensive russe contre l'Ukraine, le 24 février, Pékin s'est gardé de toute condamnation, mais a insisté sur le droit de Moscou à sauvegarder sa sécurité tout en critiquant l'attitude occidentale et surtout américaine. Le ministre chinois des Affaires étrangères a affirmé que « la Chine ne veut pas la guerre » précisant dans un communiqué du ministère que « la situation actuelle est quelque chose que nous ne voulons pas voir. » Mais le 7 mars, il a assuré que « l'amitié entre les deux peuples est solide comme un roc et les perspectives de coopération future sont immenses ».Alors que l'Union européenne représente 37 % des échanges commerciaux de la Russie en 2020, la Chine n'est pas le premier partenaire économique de Moscou qui pèse pour 15 % de ses exportations et 20 % de ses importations. Le PIB chinois est près de dix fois supérieur au PIB russe. Mais les produits phares que la Russie exporte sont justement ceux dont la Chine est friande : hydrocarbures et céréales. Dès l'annonce de l'opération militaire russe, les Bourses chinoises ont chuté, signalant la nervosité des marchés asiatiques.Dans le même temps, la Chine refuse de couper les ponts avec l'Ukraine, un allié de sa nouvelle route de la soie, qui lui fournit des technologies militaires précieuses et dont il est devenu le premier partenaire commercial. Les investissements chinois dans la construction d'infrastructures sont considérables, l'Ukraine est un important fournisseur d'armes à la Chine et un marché-clé pour les entreprises chinoises de télécommunication, dont Huawei. Le 4 janvier, Xi Jinping avait envoyé au président ukrainien Volodymyr Zelenski un message à l'occasion du 30ème anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays indiquant notamment « attacher la plus grande importance au développement du partenariat stratégique Chine-Ukraine ».Quant aux enseignements que la Chine pourrait tirer de l'Ukraine pour Taïwan, le sinologue Jean-Pierre Cabestan les résume ainsi : « En attaquant Taïwan, la Chine mettrait à bas l'ordre économique mondial ». Alors que le ministère des Finances chinois a annoncé, le 5 mars, que le budget militaire du pays augmentera cette année de 7,1%, un sondage publié le 22 février sur le site Taiwan News indiquait que 63 % des Taïwanais ne croyaient pas à une attaque chinoise en cas d'agression russe de l'Ukraine.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Le retour de l'inflation / Biden en proie à ses radicaux / n°229 / 23 janvier 2022

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Play Episode Listen Later Jan 23, 2022 63:26


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 21 janvier 2022.Avec cette semaine :Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, titulaire de la chaire « Union Européenne » au CNAM.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.LE RETOUR DE L'INFLATIONL'inflation est de retour, à des niveaux inconnus depuis vingt-cinq ans pour la zone euro (+ 5 %) et depuis quarante ans pour les États-Unis (+ 7 % en rythme annuel) et + 3 % en France. Cette inflation découle d'un redémarrage rapide de l'activité économique de la zone euro, qui a entraîné de fortes augmentations des prix des carburants, du gaz et de l'électricité. La composante énergie a contribué pour environ la moitié au taux d'inflation actuel, a souligné Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) : + 10,5 % pour l'énergie, + 13,5% pour les produits pétroliers, détaille l'Insee. Les prix du gaz naturel et de ville se sont également envolés de 24 % en 2021. L'habillement et les chaussures sont concernés par cette hausse, ainsi que l'ameublement, les appareils ménagers et les voitures. Les prix des services ont de leur côté eux augmenté de 1,2%, tandis que les prix alimentaires ont grimpé de 1,4%.Avec une reprise de la production très inégale d'un secteur à l'autre, d'un pays à l'autre, en fonction des errances du virus et des politiques menées, des pénuries sont apparues tout au long des longues chaînes de production mondiale. Les entreprises ont surenchéri pour acheter les maillons manquants - puces, fret maritime, gaz, bois de construction, etc. Et quand elles en trouvent, elles forment des stocks de précaution, ce qui pousse encore plus la demande.La forte inflation ampute le pouvoir d'achat des Français, alertent les économistes. Un sujet placé désormais au cœur de la campagne présidentielle. Du fait de l'inflation, le SMIC et les retraites de base seront automatiquement revalorisés tandis que les salaires plus élevés, les retraites complémentaires et les revenus de l'épargne ne le seront pas. D'ores et déjà, la Banque de France anticipe une hausse annuelle de l'ordre de 3 % des salaires, contre 2 % avant la crise sanitaire.La Banque de France estime que si l'inflation devrait reculer progressivement vers 2 % à la fin de l'année après avoir atteint un pic, elle devrait aussi changer de nature. Elle sera moins portée par les prix volatils comme ceux de l'énergie, mais davantage par ceux des services, qui vont devoir rehausser leurs tarifs sous la pression des revendications salariales. On ne reviendrait alors pas à une inflation basse comme on l'a connue sur la dernière décennie, mais à une inflation plus proche de ce qu'elle était avant la crise financière de 2007, un peu en dessous de 2 %. Ce scénario rose est toutefois loin d'être assuré. Des facteurs structurels vont en effet continuer à pousser les prix vers le haut. Parmi ceux-ci, le coût de la transition énergétique, la réforme de la politique agricole, les relocalisations et, surtout, le maintien des taux d'intérêt à un bas niveau qu'il est impossible de remonter brutalement sans provoquer une tempête financière.***BIDEN EN PROIE A SES RADICAUXToute l'année 2021, l'aile modérée et la frange la plus à gauche du parti démocrate se sont opposées à Washington, mettant en échec le président Biden, qui visait le rassemblement autour de ses priorités. Elles ont perpétué un débat idéologique qui déchire le parti depuis des années : la guerre entre démocrates centristes et progressistes. Depuis les premiers jours de sa présidence, Biden doit effectuer une sorte de grand écart entre ces deux pôles, sur la ligne de crête d'une majorité qui ne tient, au Sénat, qu'à la voix de la vice-présidente Kamala Harris, ajoutée aux 50 sénateurs démocrates face à leurs 50 homologues républicains, plus portés à l'obstruction que jamais. Mais c'est dans son propre camp que Joe Biden ne parvient pas à faire tenir et marcher ensemble sa supposée majorité.En annonçant, fin décembre, son opposition au plan « Build Back Better » (construire mieux), le sénateur démocrate de Virginie occidentale, Joe Manchin a porté un coup d'arrêt aux transformations voulues par Joe Biden : un plan de transition écologique et de réformes sociales. Le sénateur Manchin a jugé ce plan trop dispendieux en période d'inflation. Fin 2021, le principal acquis de la première année d'exercice de Biden aura été le vaste plan de rénovation des infrastructures voté par le Congrès mi-novembre, au prix d'une promesse faite à l'aile progressiste de la maison démocrate : que Build Back Better suivrait immanquablement. Promesse non tenue à ce stade. Déjà l'aile gauche du parti Démocrate montrait des signes d'agacement à force de voir d'autres engagements de campagne s'effriter (l'abrogation de la dette étudiante, la rupture avec les politiques migratoires de Trump). Avec la volte-face de Manchin, la gauche démocrate a hurlé à la trahison. Le chef de file des républicains au Sénat, Mitch McConnell, en a même profité pour appeler Joe Manchin à rejoindre ses rangs.Voyant son projet de réforme sociale et climatique s'enliser, le président américain a lancé le 11 janvier un nouveau projet de loi sur l'accès au vote, destinée à fixer un cadre fédéral commun aux droits des électeurs plutôt que de concéder à chaque État le soin d'organiser les élections comme il l'entend. Des réformes électorales décidées ou planifiées dans plusieurs États conservateurs du sud des États-Unis, sont accusées par les associations de défense des droits civiques de compliquer l'accès aux urnes des minorités, considérées comme plus favorables aux démocrates. Le projet de loi démocrate, adopté par la Chambre, bute au Sénat sur la perspective d'une flibuste, c'est-à-dire sur la possibilité pour un parlementaire de prolonger le débat et de retarder ou d'empêcher le vote d'un projet de loi. Depuis 1917, cette possibilité ne peut être abolie au Sénat que par 60 voix sur 100, là où la majorité présidentielle n'en a que cinquante.L'opposition de deux sénateurs démocrates, Joe Manchin et Kyrsten Sinema, à l'abolition du flibustier, fait douter de la capacité de Biden à imposer sa volonté à la Chambre haute.. Dans quelques mois, le président américain risque par ailleurs de perdre toute majorité au Congrès lors des élections législatives de mi-mandat qui se dérouleront le 8 novembre.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Thématique : l'Église après le rapport Sauvé (avec Isabelle de Gaulmyn) / n°226 / 2 janvier 2022

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Play Episode Listen Later Jan 2, 2022 55:38


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 15 décembre 2021.Avec cette semaine :Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix.David Djaïz, essayiste et enseignant à Sciences Po.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.L'ÉGLISE APRÈS LE RAPPORT SAUVÉLe 5 octobre 2021, la Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l'Église catholique (CIASE) remettait à Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, un rapport « accablant ». Selon les recherches menées pendant trois ans par les douze hommes et dix femmes composant la commission avec le concours de l'Inserm, depuis 1950 216.000 personnes auraient été agressées par un prêtre ou un religieux alors qu'elles étaient mineures. Le chiffre monte à 330.000 si l'on inclut les victimes de laïcs liés à l'Église Catholique. Elle a estimé que le nombre de clercs et religieux ayant commis des violences sexuelles était compris entre 2 900 et 3 200.Lors de leur assemblée plénière à Lourdes début novembre les évêques de France admis que « ces violences ont une dimension systémique au sens où elles ne sont pas seulement le fait d'individus isolés, mais ont été rendues possibles par un contexte global ».Pour y répondre, ils ont mis en place une Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), animée par des bénévoles aux compétences médicale, et psychologiques en matière de violences sexuelles, mais aussi de juristes et de victimes elles-mêmes.La commission a formulé 45 propositions afin de prévenir de futures agressions. Elles portent sur la gouvernance de l'Église, la formation des clercs, et la doctrine de l'Église en matière de sexualité. Jean-Marc Sauvé a également affirmé son souhait de mettre fin au secret de la confession pour les cas d'abus sexuels.Les travaux de la commission ont suscité des critiques, notamment de certains membres de l'Académie catholique de France. Huit d'entre eux, sur une soixantaine, dont le président de l'académie, Hugues Portelli, ont adressé au pape François une lettre dans laquelle ils pointent les « faiblesses méthodologiques » et les « raisonnements hasardeux » de la commission Sauvé. Après la réception de cette lettre, le pape a annulé la venue des membres de la commission, invoquant des problèmes d'agenda. En désaccord avec ce texte, plusieurs membres ont démissionné de l'Académie catholique.Certaines victimes, dont le cofondateur du collectif Prévenir et protéger Arnaud Gallais, en appellent à une réponse plus large impliquant directement l'État. Il a déclaré à l'Obs : « Le rapport Sauvé est une bombe. 330 000 victimes, ce sont 12 enfants par jour victimes de pédocriminalité de la part de l'Église […]. On pouvait s'attendre à un branle-bas de combat, l'ouverture d'une enquête, des missions de contrôle et d'inspection, des fermetures administratives… Au lieu de ça, on assiste au désengagement total de l'État ».See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Bada # 114 : Les questions du public (coalition allemande et relations France - UK) / 8 décembre 2021

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Play Episode Listen Later Dec 8, 2021 20:02


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public le 2 décembre 2021 à Évron.Avec cette semaine :Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit.Richard Werly, correspondant à Paris du quotidien helvétique Le Temps. See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Rouge, Vert, Jaune : la méthode allemande / France - Grande-Bretagne : le torchon brûle / n°222 / 5 décembre 2021

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Play Episode Listen Later Dec 5, 2021 61:15


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public le 2 décembre 2021 à Évron.Avec cette semaine :Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit.Richard Werly, correspondant à Paris du quotidien helvétique Le Temps. ROUGE,VERT, JAUNE : LA MÉTHODE ALLEMANDE En Allemagne, après moins de deux mois de négociations, les Verts, les sociaux-démocrates (SPD) et les libéraux (FDP) se sont entendus le 24 novembre sur un contrat de coalition de 177 pages. Baptisé « Oser plus de progrès - alliance pour la liberté, la justice et la durabilité », ce contrat a pour priorités immédiates la relance et la réorganisation de la lutte contre l'épidémie autour de l'obligation vaccinale, alors que le pays connaît une flambée des contaminations. Le programme de gouvernement concerne la lutte contre le changement climatique et la limitation de la hausse des températures à 1,5 °C, qui devient un objectif général pour les ministères de l'agriculture, du logement et de l'énergie. La couverture de 80 % de la consommation d'électricité par des énergies renouvelables est prévue dès 2030 contre 40 % aujourd'hui. La coalition insiste sur la nécessité d'investir massivement dans la modernisation du pays, dont les infrastructures, en particulier numériques, sont vétustes, un plan d'investissement sans hausse des impôts et du déficit. Le contrat prévoit deux mesures sociétales auxquelles seront sensibles les jeunes, principal électorat des Libéraux et des Verts : le droit de vote à partir de 16 ans et la légalisation du cannabis, en distribution contrôlée pour les majeurs. Les trois partis s'accordent sur une hausse du salaire minimum de 9,35 euros à 12 euros, sur la réforme des retraites et sur la construction de 400 000 logements par an. En Europe, le nouveau gouvernement souhaite s'engager dans une politique volontaire et active. Il ouvre la voie à une révision du pacte de stabilité et prévoit de consacrer 3 % du PIB à l'action internationale ce qui est compatible avec la hausse de l'effort de défense.Le poste de chancelier revient au social-démocrate Olaf Scholz, qui a permis au SPD de terminer en tête des élections du 26 septembre dernier - il doit encore recevoir l'onction du Bundestag, a priori la semaine prochaine. Le portefeuille des Finances est attribué au FDP. Leur chef, Christian Lindner, fervent défenseur de l'orthodoxie budgétaire, est pressenti pour l'occuper. Les Verts obtiennent les Affaires étrangères, qui devraient échoir à leur co-leader Annalena Baerbock, ainsi qu'un « super-ministère » regroupant Economie et Climat, qui devrait être dirigé par l'actuel coprésident des Verts Robert Habeck, qui deviendra vice-chancelier. Les Verts ont également obtenu les portefeuilles de l'Agriculture et de l'Environnement, et celui de la Famille. C'est la première fois qu'une coalition de trois formations va diriger l'Allemagne. Après avoir franchi avec succès l'étape des négociations le SPD, les Verts et le FDP doivent désormais convaincre les membres de leurs propres partis d'approuver le texte pour former un gouvernement.Le contrat de coalition est une tradition allemande qui remonte à 1961. Un document qui n'est pas juridiquement contraignant. Sous la dernière grande coalition de la chancelière sortante Angela Merkel, près de 20 % des objectifs inscrits en 2018 dans le contrat liant la CDU-CSU au SPD n'ont pas été réalisés.***FRANCE - GRANDE-BRETAGNE : LE TORCHON BRÛLELa relation diplomatique franco-britannique s'est envenimée après le naufrage d'une embarcation qui a coûté la vie à vingt-sept migrants. Le lendemain, Boris Johnson a rendu publique sur Twitter une lettre à Emmanuel Macron avant qu'elle ne soit remise à son destinataire. Le Premier ministre britannique y demandait à la France de reprendre les immigrés arrivant sur les côtes de la Grande-Bretagne... « On ne communique pas d'un dirigeant à l'autre sur ces questions-là par tweets et par lettres qu'on rend publiques », a dénoncé le président français. En représailles, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annulé l'invitation de son homologue britannique à une réunion consacrée aux migrants à Calais. A l'issue de celle-ci, le ministre de l'Intérieur a appelé le Royaume-Uni à ouvrir un « accès légal à l'immigration » et à prendre « ses responsabilités », rappelant que, chaque année, 30 000 demandes d'asile sont enregistrées en Grande-Bretagne contre environ 150 000 en France. Il a précisé que la France n'entend pas remettre en cause les accords du Touquet de 2004. Ces accords placent la frontière britannique côté français et stipulent que Paris ne peut pas laisser les migrants traverser la Manche. En 2018, est venu s'ajouter le traité de Sandhurst en vertu duquel le Royaume-Uni a accepté de verser chaque année quelque 50 millions d'euros pour renforcer la protection et la surveillance des côtes françaises. Si les Britannique dénombrent 20 000 tentatives de traversées interceptées par les services français en 2021, Emmanuel Macron évoque, lui, 47 000 tentatives ininterrompues et 7 800 migrants sauvés par les services de secours.Au-delà de la crise des migrants, les tensions se sont accumulées à propos de la pêche. Selon les accords du Brexit, les pêcheurs européens ont toujours accès à certaines eaux britanniques, et une licence doit leur être accordée pour peu qu'ils apportent la preuve qu'ils y pêchaient déjà auparavant. Mais Paris estime que les Français ont été délibérément lésés dans l'octroi de ces permis, notamment les petits chalutiers, qui peinent à apporter les preuves nécessaires de leurs anciennes activités dans les 6 à 12 milles nautiques des côtes britanniques et autour des îles anglo-normandes. Selon le président, 40 % des demandes de licence sont encore en attente, onze mois après la signature de l'accord commercial, tandis que le Royaume-Uni soutient avoir délivré 98 % des permis demandés par la flotte européenne. Les pêcheurs français ont lancé le 26 novembre, une opération de blocage de ports et des accès au fret du tunnel sous la Manche, côté français, pour exiger le règlement de ce litige avec le Royaume-Uni.La crise de confiance bilatérale s'était déjà aggravée en septembre lorsque Paris a découvert que Londres avait négocié en secret avec les États-Unis et l'Australie un accord de partenariat stratégique, Aukus, qui a précipité l'annulation d'un contrat de vente de sous-marins français à Canberra.See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

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Primaire LR : à droite toute ! / Loukachenko : la politique des otages / n°220 / 21 novembre 2021

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Play Episode Listen Later Nov 21, 2021 61:52


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 19 novembre 2021.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Richard Werly, correspondant à Paris du quotidien helvétique Le Temps.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.PRIMAIRE LR : À DROITE TOUTE !Un peu plus de 125 000 adhérents, à jour de cotisation, vont choisir par vote électronique le prochain candidat du parti Les Républicains à la présidentielle, lors du congrès prévu le 4 décembre prochain. Deux des quatre débats télévisés prévus jusqu'au 30 novembre entre Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Michel Barnier, Éric Ciotti et Philippe Juvin se sont tenus. De l'un à l'autre, les prétendants ont durci leurs discours, notamment sur les thèmes de l'immigration et de la sécurité. Fin août, le patron des Hauts-de-France, Xavier Bertrand a alerté sur « le combat engagé par l'islamisme radical contre notre civilisation » et proposé un référendum sur l'immigration. La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse a multiplié les propositions, comme l'instauration de quotas d'immigration ou la généralisation des comparutions immédiates pour les flagrants délits. L'ex-commissaire européen, Michel Barnier a surpris son monde en proposant l'instauration d'un « moratoire sur l'immigration » associé à « un bouclier constitutionnel » pour éviter toute condamnation par la justice européenne. Le député des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti a plaidé pour « une priorité nationale et communautaire européenne sur l'emploi, les allocations et le logement », reprenant à son compte un concept défendu par le Front national et le Rassemblement national depuis des années et a préconisé d'ouvrir un « Guantanamo à la française » outre-mer. Seul le maire de La Garenne-Colombes dans les Hauts-de-Seine, Philippe Juvin s'est abstenu de propositions et de formules chocs, affirmant sa volonté d'être « très ferme » sans être « caricatural ».Tous les candidats plaident pour une souveraineté française renforcée par rapport aux règles européennes. Dès le 9 septembre, l'ancien négociateur du Brexit, Michel Barnier a défendu la nécessité de retrouver une « souveraineté juridique » en matière d'immigration « pour ne plus être soumis aux arrêts de la Cour de justice de l'UE ou de la Cour européenne des droits de l'homme ». Une critique qui a ulcéré ses anciens collègues à Bruxelles. Valérie Pécresse a contesté la primauté du droit européen sur les « identités constitutionnelles » des Etats membres de l'Union européenne, tandis que Xavier Bertrand a proposé d'introduire dans la Constitution « un mécanisme de sauvegarde des intérêts supérieurs de la France. Éric Ciotti a souhaité « modifier l'article 55 de la Constitution pour affirmer la primauté de la Constitution sur les décisions européennes ».***LOUKACHENKO : LA POLITIQUE DES OTAGESDepuis le mois d'août, les Européens accusent le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, d'alimenter la crise migratoire en délivrant des visas à des migrants et en affrétant des vols, notamment au départ de la Turquie, pour se venger des sanctions occidentales imposées en 2020 à la suite de la brutale répression d'opposants qui contestent sa réélection. Alors que la Pologne a déployé 15 000 militaires, érigé une clôture surmontée de fil de fer barbelé et approuvé la construction d'un mur à la frontière, Moscou et Minsk mènent des exercices militaires communs près de la frontière polonaise. Varsovie a refusé l'aide de Frontex, l'agence européenne de gardes-frontières et de garde-côtes. Elle a aussi interdit aux ONG et journalistes l'accès à la zone frontalière. Également membre de l'UE, la Lituanie a, comme la Pologne, décrété l'état d'urgence à sa frontière avec la Biélorussie, tandis que l'Ukraine, pays voisin de la Biélorussie, a annoncé le déploiement de 8 500 militaires supplémentaires à la frontière.Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en urgence le 11 novembre. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, ont accusé Minsk de vouloir « déstabiliser les pays voisins » et « détourner l'attention de ses propres violations croissantes des droits humains ». Le président biélorusse, soutenu par la Russie, a démenti toute instrumentalisation des migrants. La Turquie, carrefour aérien majeur entre Europe et Moyen-Orient, a annoncé le 12 novembre que les Irakiens, Syriens et Yéménites ne seraient plus autorisés à embarquer pour la Biélorussie à partir de ses aéroports « jusqu'à nouvel ordre ».Sur le terrain, les migrants sont pris en étau entre les forces biélorusses qui, selon Varsovie, les contraignent à avancer en tirant parfois des coups de feu en l'air, et les gardes-frontières polonais qui les refoulent sans ménagement. Entre 3 000 et 4 000 personnes sont coincées du côté biélorusse, dont des femmes et des enfants. Ils occupent des camps de fortune par des températures voisines de zéro. Depuis le début de cette crise migratoire, au moins onze migrants sont décédés, dont sept du côté polonais de la frontière, selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza.Le 15 novembre, les ministres des affaires étrangères de l'UE se sont mis d'accord sur une modification du régime actuel de sanctions, en l'élargissant aux pratiques qui consistent à « organiser ou contribuer aux activités du régime de Loukachenko qui facilitent le franchissement illégal des frontières extérieures de l'Union ». Actuellement, 166 personnes et 15 entités biélorusses, sont visées, dont Alexandre Loukachenko, son fils et conseiller à la sécurité nationale, ainsi que des membres du système judiciaire et des acteurs économiques. Le 17 novembre, le patron de Frontex a annoncé que la Pologne était en train d'organiser le rapatriement vers l'Irak de 1 700 migrants et a prévenu que l'UE doit se préparer à ce que ce genre de crise se répète « de plus en plus fréquemment ».See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.